Guide complet de la plongée sous-marine : de l’initiation aux explorations marseillaises

La découverte du monde sous-marin représente une expérience singulière, alliant émerveillement, maîtrise technique et respect de la biodiversité. Que vous soyez un néophyte souhaitant réaliser un baptême ou un plongeur confirmé cherchant à explorer des épaves historiques, la pratique de cette activité repose sur une progression structurée.

Les fondamentaux de la formation en plongée

Toutes ces formations se déroulent à votre convenance, séance par séance, lorsque vous l’avez choisi : c’est le contrôle continu. Il est aussi possible de bloquer quelques jours pour suivre un stage condensé. Cela dépend bien sûr de votre disponibilité.

Le baptême au contact de la faune et de la flore sous-marine, c’est l’émerveillement garanti, la découverte de nouvelles sensations. Pour ceux qui ont été enchantés par cette première immersion mais qui manquent de temps pour passer un niveau complet, le Plongeur Encadré 12m (PE12) est la porte d’entrée idéale. Cette première formation permet de découvrir les plaisirs de la plongée en toute sécurité sur des fonds peu profonds.

Le Niveau 1 (PE20) constitue la base indispensable. Il permet d’évoluer avec d’autres plongeurs, accompagné d’un guide de palanquée, jusqu’à 20 mètres de profondeur. C’est ici que l’on apprend les rudiments nécessaires pour réaliser son rêve et découvrir les fonds marins en toute liberté. Une fois cette étape franchie, l’envie d’autonomie devient naturelle.

Le Plongeur Autonome 20m (PA20) est la première qualification de la plongée récréative et autonome. Vous y acquérez les compétences fondamentales pour planifier vos plongées et découvrir le monde sous-marin en autonomie avec un ou deux autres plongeurs de même niveau. Parallèlement, le Plongeur Encadré 40m (PE40) s’adresse aux plongeurs ayant une expérience dans l’espace 0-20 mètres, leur permettant d’accéder à la zone suivante sous la supervision d’un guide.

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Le Niveau 2 (PA20/PE40) fusionne ces compétences : vous devenez autonome à 20 mètres en palanquée de deux ou trois personnes, tout en pouvant explorer les fonds à 40 mètres accompagné d’un guide. La théorie et la pratique se concentrent sur les règles de sécurité, la prévention, la détection et le traitement des incidents, ainsi que les bases de l’orientation.

Pour ceux qui souhaitent pousser plus loin, le Plongeur Autonome 40m (PA40) permet d’organiser ses propres excursions dans l’espace 0-40 mètres, incluant la gestion des paliers de décompression obligatoires. Enfin, le Niveau 3 (PA60) représente l’aboutissement du cursus de plongeur. Il permet d’organiser sa propre plongée en l’absence de directeur de plongée et intègre un module de secourisme essentiel pour gérer la mise en sécurité d’un plongeur et assurer les premiers soins.

L’optimisation de la plongée passe également par l’utilisation de mélanges spécifiques. Le Nitrox élémentaire, enrichi en oxygène et appauvri en azote, permet de sécuriser votre plongée, de faire moins de paliers et de diminuer la fatigue, ce qui est idéal lors de vos « voyages plongée » où vous enchaînez plusieurs jours consécutifs. Lors d'une plongée sous-marine profonde, avec l’utilisation d’une seule bouteille, la désaturation est peu optimisée. Vous apprendrez donc à analyser votre gaz, à identifier les bouteilles et à utiliser un ordinateur multi-gaz.

Marseille : berceau et capitale de la plongée de loisir

L’année 1936 marque le lancement d’une nouvelle activité ludique et sous-marine en France : la plongée de loisirs. Tous les éléments essentiels qui composent l’équipement du plongeur sont créés et des personnalités émergent : Yves le Prieur, puis Philippe Tailliez, Frédéric Dumas et Jacques-Yves Cousteau. Mais déjà en 1934, à Marseille, François Cluzot ouvre dans son magasin du Cours Lieutaud un rayon dédié au matériel de plongée, le futur mythique « Au vieux plongeur ». Pierre Vogel prend la relève en 1967 et durant 50 ans cette boutique sera la caverne d’Ali Baba des plongeurs de France et de l’étranger.

La même année, Georges Beuchat lance sa société de fabrication de matériel sous-marin et Marseille abritera dès 1948 une fédération sportive dédiée à la plongée. Durant la seconde guerre mondiale, deux plongées marquent l’année 1943. Tout d’abord Georges Commeinhes, inventeur du tout premier appareil respiratoire, plonge le 30 juillet à l’Estaque et atteint, avec son détendeur avec masque facial intégré, une profondeur de 53 mètres.

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Cité maritime depuis sa fondation il y a 2 600 ans, Marseille s’est distinguée comme berceau de la plongée subaquatique moderne. En 1962, l’ingénieur Henri-Germain Delauze crée à Marseille la Comex ainsi qu’un centre hyperbare. En 1991, Henri Cosquer déclare la découverte d’une grotte engloutie ornée de peintures préhistoriques. En 2020, une équipe de plongeurs emmenés par Laurent Ballesta plongeait dans la zone des -100 mètres durant 28 jours consécutifs.

Géographie et secteurs de plongée marseillais

Marseille possède une façade maritime qui s’étend sur 57 km, un espace de découverte incommensurable pour les plongeurs et les clubs de plongée. Pour s’orienter facilement, la zone se découpe en quatre secteurs principaux. Les départs se font en bateau depuis la Pointe-Rouge, le Vieux-Port, le Frioul, l’Estaque et Corbières.

Les sites de la Côte-Bleue

La Côte-Bleue offre une variété de reliefs exceptionnelle. L’Aragnon est un site composé de nombreux rochers remontant jusqu’à la surface, formant des failles, des voutes et des tunnels, remplis d’anfractuosités. Il offre une merveilleuse découverte de la plongée pour les baptêmes. Le jardin de Sausset, situé le long de la promenade de Sausset-les-Pins sur 14m, permet de découvrir une faune abondante au travers de petits tunnels. Le Bois de Carry, situé entre 27 et 33 mètres, offre grâce à sa proximité avec la réserve naturelle protégée la possibilité d’apercevoir beaucoup de vie. Le Petit et le grand Mornas sont deux roches côte à côte où toute la faune et la flore de la mer Méditerranée sont représentées. L’écueil de Méjean présente un large plateau rocheux et madréporaire de 6 à 24 mètres de profondeur.

La rade de Marseille et le Frioul

La rade de Marseille englobe l’archipel du Frioul qui se positionne en son centre. Cet espace comptabilise 12 sites de plongée. Le Planier est un phare planté sur un îlot, éloigné de 5 milles nautiques des côtes. La majorité des spots se concentrent le long de sa côte nord. Le Dalton, cargo anglais de 70 mètres de long, gît entre 15 et 30 mètres de profondeur. Le Chaouen, propriété de la compagnie Marocaine de Navigation, s’est échoué en 1970 ; c’est une épave magnifique, bien conservée, où l’on peut pénétrer.

Le secteur des Calanques et Riou

Le Grand Conglué est particulièrement connu en raison des fouilles archéologiques menées en 1952 par le Commandant Cousteau. La Pierre de Cassis, partant vers 30 mètres de fond, propose une langue rocheuse spectaculaire. Le « bec de l’aigle », une formation architecturale sous-marine, descend jusqu’à 60 mètres au sable. De chaque côté de cette langue de roche, deux tombants verticaux sont complètement recouverts de gorgones pourpres.

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Le Liban, paquebot de 91 mètres de long, a coulé en 1903 devant l’île Maire. L’épave est étalée sur une surface de 20 mètres par 100 mètres. Les Pharillons, au sud de l’île de Maire, offrent deux arches poissonneuses et un très beau tombant. La grotte du CNRS est une immense grotte dont le fond est à 35 mètres, permettant la visite à plusieurs plongeurs.

Épaves historiques : vestiges du passé

La région marseillaise est riche en épaves témoignant de l’histoire maritime et militaire. La barge de la Comex, affrétée pour transporter des tubes de pipe-line, repose intacte à 35 mètres de profondeur. Le San Domenico, construit en 1893, coule près de Marseille en 1897 et atteint le fond 33 mètres plus bas. Le Junkers 88, bombardier bimoteur utilisé durant la seconde guerre mondiale, repose à 53 mètres de profondeur sur du sable. La Drôme, navire de commerce, saute sur une mine en 1918 et s’échoue sur 51 mètres de fond ; l’épave est brisée en deux parties. Le Messerschmitt 109, avion de chasse allemand abattu pendant la seconde guerre mondiale, repose à 45 mètres de profondeur.

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