La pratique de l’apnée, également appelée plongée libre, est un mode de plongée sous-marine qui se caractérise par un arrêt volontaire de la ventilation. Bien au-delà de la simple performance physique, la plongée en apnée apporte de nombreux bienfaits pour le corps et l’esprit. Elle s’impose comme une discipline exigeante, nécessitant une compréhension profonde de la physiologie humaine, une préparation mentale rigoureuse et le strict respect de règles de sécurité fondamentales.
Les disciplines de l’apnée
Il existe différentes disciplines, qui se pratiquent en milieu naturel ou en piscine.
Disciplines en piscine
En piscine, l’apnée statique pratiquée en surface consiste à retenir le plus longtemps possible sa ventilation. L’apnée dynamique se réalise avec des déplacements horizontaux en palmes, monopalme ou sans palmes (brasse).
Disciplines en milieu naturel
En milieu naturel, les disciplines consistent à atteindre la plus grande profondeur en poids constant, c'est-à-dire avec sa seule force musculaire sans modification de poids, en bi-palmes, monopalme ou sans palmes. La descente et la remontée se font en nageant le long d’un câble de sécurité sur lequel le sportif est longé. La profondeur annoncée est une profondeur maximale à laquelle le sportif sera stoppé par un « arrêtoir ». Il existe aussi la discipline de l’immersion libre qui, à la différence du poids constant, permet de se tracter sur le câble de sécurité à la descente comme à la remontée. Elle s’effectue exclusivement sans palme.
Préparation et déroulement d'une séance
Pour une bonne séance d'apnée, il faut être un peu préparé. Une séance d’apnée se déroule en général en groupe mais peut aussi se pratiquer individuellement. Elle dure environ 1h30. Il n’y a pas vraiment de séance type, car cela dépend de la discipline pratiquée.
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Avant la séance, il est nécessaire de pratiquer des échauffements musculaires et respiratoires : les premiers permettent de gagner en amplitude en étirant les muscles en douceur, tandis que les deuxièmes améliorent la flexibilité de la cage thoracique. Pour ces derniers, on réalise une respiration sur « 3 étages » : il s’agit de faire des ventilations complètes en remplissant d’abord le bas des poumons (en gonflant le ventre), puis le volume central puis le haut des poumons. Le tout sans forcer ni créer de tension.
La séance continue avec différents exercices de renforcement et techniques pour travailler par exemple la position des bras et de la tête afin de garantir l’hydrodynamicité en apnée dynamique, organiser ses mouvements et fonctionner dans la décontraction musculaire. En apnée statique, on se concentre sur le relâchement et on travaille des séries d’apnée plus ou moins importantes, poumons pleins, mi-pleins, ou vides.
Les piliers de la pratique : détente et renforcement
La détente est un élément central. C’est une discipline particulièrement propice au bien-être qui oblige ou aide à lâcher-prise. Le fait d’être sous l’eau, l’adaptation du corps et la baisse du rythme cardiaque liées à l’arrêt de la ventilation favorisent le calme et l’apaisement. La pratique de l’apnée aide ainsi à réduire la fatigue et le stress. Plus vous serez calme en arrivant, meilleure sera votre séance.
Concernant le renforcement musculaire, sa pratique fait travailler les muscles du haut du corps (triceps, dorsaux, abdos…) mais surtout ceux de la ventilation (ouverture de la cage thoracique, meilleure ventilation) et du bas du corps (cuisse, fessiers…). C’est aussi une pratique qui fait travailler le système cardiovasculaire.
Risques et sécurité : le socle de la pratique
La pratique de l'apnée comporte des risques qu'il est impératif de maîtriser.
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La syncope hypoxique
Il existe un risque principal qui est la syncope hypoxique. C’est la conséquence directe de l’arrêt de la ventilation. Il s’agit d’une perte de connaissance liée à la baisse des apports en oxygène. La personne fait un malaise avec perte de connaissance, consécutif à l’hypoxie. Habituellement sans gravité, la syncope se révèle dangereuse lors d’une plongée sans binôme, c’est pourquoi on ne pratique jamais l’apnée seul, en raison du risque de noyade, consécutif à la syncope.
Prévenir les accidents
L’accident le plus courant et le plus redouté en plongée libre est la perte de connaissance. La meilleure façon de l’éviter consiste à être conscient des règles de base de la plongée en apnée, à se connaître et à respecter consciencieusement ses propres limites. Il est possible de remédier à pratiquement toutes les syncopes sans conséquences graves si vous avez près de vous un binôme qui peut vous aider en sortant votre visage de l’eau.
L’hyperventilation désigne le fait d’effectuer une série de respirations régulières afin de réduire la quantité de dioxyde de carbone présente dans le sang. Il est très important pour un plongeur en apnée d’être conscient de ce phénomène car un plongeur doit toujours être à l’écoute des réactions de son organisme aux stimuli respiratoires. Par ailleurs, l’hyperventilation n’augmente pas la quantité d’oxygène dans le sang, et ne présente dès lors aucun avantage en plongée libre. Si pendant la respiration, vous constatez des fourmillements dans les mains et le visage, arrêtez votre préparation et attendez quelques minutes.
Être heurté par un bateau représente un risque majeur, étant donné que le plongeur en apnée passe beaucoup de temps en surface. Les bouées de signalisation constituent le seul moyen d’indiquer votre présence.
Barotraumatismes et santé ORL
Les traumatismes de l’oreille sont des complications possibles liées à l’apnée. Les barotraumatismes, en relation avec les variations de pression hydrostatique, concernent l’ensemble des cavités aériennes de l’organisme (systèmes ORL, thoracique ou digestif). Ils sont responsables de douleurs tympaniques, sinusiennes et dentaires. Habituellement, ils s’expliquent par un défaut de connaissance du fonctionnement anatomique, par un état inflammatoire/congestif des muqueuses ORL ou certaines susceptibilités individuelles, dont la dysperméabilité tubaire.
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L’équilibrage des oreilles doit pouvoir être effectué sans forcer. Un effort d’équilibrage excessif peut provoquer un barotraumatisme de l’oreille avec un risque de rupture de la membrane tympanique ou de dommages plus graves, voire irréversibles. En cas d’accident, l’interrogatoire et l’examen otoscopique apporteront des éléments contribuant au diagnostic.
Cadre réglementaire et médical
La connaissance de ces accidents en apnée est un préalable à la rédaction d’un certificat médical d’absence de contre-indication (CACI). Pour les disciplines à « contraintes particulières », la rédaction du certificat reste annuelle.
- Présentation d’un CACI de moins de 1 an à la date de la demande de délivrance de la première licence.
- Certificat médical établi par tout médecin, qu’il s’agisse d’accéder à une pratique de loisir ou bien à la compétition.
Si l’apnée est pratiquée en milieu naturel au-delà de 6 mètres de profondeur, le certificat doit être renouvelé chaque année. Cela inclut la pratique de l’apnée en fosse si la profondeur excède 6 mètres. Pour la pratique du hockey subaquatique, du tir en piscine et l’apnée piscine (moins de 6 m), le certificat est valable 3 ans.
Il existe un consensus sur l’intérêt de faire rédiger ce certificat par un médecin sensibilisé à l’activité. La pratique de l’apnée est contre-indiquée aux personnes souffrant de pathologies cardiaques (cardiopathie congénitale, insuffisance cardiaque) ou des affections ORL. Un examen médical détaillé permettra de s’assurer que vous ne présentez aucun problème cardiaque, respiratoire ou lié à votre métabolisme.