Plongée dans les profondeurs : analyse du phénomène En Eaux Très Troubles

L'industrie cinématographique mondiale a connu, au cours de la dernière décennie, un regain d'intérêt spectaculaire pour les créatures marines gigantesques. Au cœur de cette tendance, la franchise portée par Jason Statham occupe une place singulière, oscillant entre le blockbuster à grand spectacle et le divertissement assumé pour un public en quête d'adrénaline pure. Cet été, préparez-vous à une décharge d’adrénaline avec EN EAUX TRÈS TROUBLES ! Film d’action survolté, ce deuxième opus plus gigantesque encore que le blockbuster de 2018 plonge le spectateur dans des eaux toujours plus profondes, où grouillent de redoutables megalodons, et bien plus…

La genèse d'un succès abyssal

Le succès de cette saga ne doit rien au hasard. En 2018, En eaux troubles, film au budget estimé à 130 millions de dollars, en a rapporté 530. Ce premier volet a totalisé 530 millions de dollars dans le monde pour un budget estimé à 130 millions. Warner Bros. a ainsi vu une suite voir le jour en 2023, En eaux très troubles. Libre adaptation du roman de Steve Alten, Megalodon, le premier film a su capter l'imaginaire collectif autour du roi déchu des océans. La suite, réalisée par Ben Wheatley, trouve là encore son origine dans un livre, Meg - La Fosse, toujours du même auteur.

Avec 530 243 742 $ de recettes mondiales, le premier volet de The Meg intitulé en France En eaux troubles (Jon Turteltaub, 2018) a été un joli succès. Dans nos contrées, le métrage aux dents acérées a croqué plus de 1,6 million de baigneurs, confirmant l’attractivité du film auprès du public international. Toujours coproduit par la Chine, le film est cette fois-ci réalisé par le Britannique Ben Wheatley, cinéaste que l’on n’attendait pas à la tête d’une telle entreprise, tant son œuvre paraît à des années-lumière de la franchise.

Mythologie et réalité : le Mégalodon

Mais qu'est-ce que le Mégalodon ? Le Mégalodon est un requin préhistorique géant qui a disparu il y a plusieurs millions d'années et qui est l'ancêtre probable du grand blanc (au centre de films comme Les Dents de la mer). Les fossiles trouvés par les scientifiques suggèrent que cette créature pouvait mesurer jusqu'à 20 mètres ! C'est ce prédateur terrifiant que les spectateurs retrouvent à l'écran.

Pire, il sera également question d'un gigantesque mégalodon. Une espèce de requins géants n'existant plus depuis des millions d'années mais reprenant dangereusement vie à l'écran. Cette dimension fantastique permet aux scénaristes de laisser libre cours à une imagination débridée. « Fun island », « un megalodon avec une cicatrice sur le visage (hommage à scarface) », « pouvoir nager à 7500 mètres juste en bloquant ses sinus »… le film a surpris tout le monde par ses choix narratifs audacieux.

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L'implication de Jason Statham dans le grand bleu

Partez à la découverte de régions inconnues avec Jason Statham et Jing Wu, à la tête d’une équipe de chercheurs partie explorer les profondeurs de l’océan. Leur périple tourne à la catastrophe lorsqu’une opération d’extraction minière illégale met en péril leur mission - et leur vie. Confrontés à d’immenses megalodons et à des bandits sans pitié, nos héros doivent échapper aux terribles prédateurs en gardant toujours un temps d’avance sur eux dans une terrifiante course contre la montre.

Jason Statham, en véritable tête brûlée des mers, joue sur nos peurs les plus primaires. Néanmoins, sachez que pour se préparer au mieux à ce rôle, endossé pour la première fois dans En eaux troubles, en 2018, Jason Statham aura donné de sa personne. En effet, l’ancien plongeur britannique, afin de donner plus d’épaisseur à sa performance, a réellement nagé avec une vingtaine de requins, sans aucune caméra, du côté des îles Fidji. Une expérience partagée par l’acteur au micro du Daily Star : « Nager à proximité d’un gros requin de trois mètres devrait être recommandé à tout le monde. On devient très calme. Quand on est dans cet environnement, c’est une chose plutôt tranquille. C’est remarquable d’en faire l’expérience. »

Une lecture environnementale : entre fiction et réalité

Il est intéressant de noter le contraste entre la fiction cinématographique et les enjeux écologiques réels de nos côtes. Si le film met en scène des scientifiques défenseurs de l’environnement s'opposant à des méchants affairistes, la réalité du terrain offre parfois des images tout aussi troublantes. Par exemple, une sortie d’émissaire de station d’épuration filmée par le Cade illustre une pollution bien réelle. « Ça crache. On dirait des fumées d’usine », pointe du doigt Pascal Burgues, membre du Cade Commission eau et industrie.

Mais, c’est dans l'océan, à quelque 200 mètres du littoral basque que ces volutes brunes sortaient début mai. Elles provenaient de deux émissaires de station d’épuration, celle de l’Uhabia à Bidart, et de la Milady à Biarritz. Filmés par des plongeurs qui ont aussi senti quelques odeurs nauséabondes, entre huit à dix mètres de profondeur au large des plages basques. Le Cade qui demande des bilans journaliers des stations d’épuration dénonce la politique de l’autruche qu’induisent ces émissaires en mer. « En les mettant aussi loin, c’est comme si on mettait la poussière sous le paillasson. »

Analyse critique : le divertissement à l'épreuve du genre

En eaux très troubles est un film que j'ai bien apprécié. L'histoire est sympa et reste dans la même lancée que le précédent long-métrage. Les personnages sont attachants et certains dialogues sont plutôt drôles. Toutefois, dans la lignée du précédent segment, En eaux très troubles est un divertissement nanardesque sympathique et impressionnant, malgré une écriture grossière.

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Si le film est largement financé par la Chine, qui en profite pour passer un message pas trop subtil sur ses « préoccupations environnementales », le résultat reste un pur produit de consommation. Le véritable grand héros invincible, sans peur et sans reproche comme un chevalier Bayard de l’Empire du milieu, est un scientifique chinois génial, interprété par Jing Wu. Tandis que tous les gros méchants sont d’horribles capitalistes occidentaux qui veulent exploiter clandestinement les richesses du sous-sol marin.

Heureusement, la dernière partie du film tient enfin toutes les promesses de la bande-annonce : la dévastation de « Fun Island », un paradis touristique pour Chinois fortunés, par trois mégalodons, un kraken et quelques salamandres préhistoriques et carnivores, est l’un des plus beaux moments WTF de cette année 2023. On se régale à voir Statham trucider les mégalodons à coup de pales d’hélicoptère arrachées ou d’explosifs confectionnés en trente secondes. Divertissement total et surtout décérébré, En eaux très troubles est donc une suite dans la lignée du précédent volet porté par un Jason Statham toujours aussi charismatique.

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