Plongée Profonde dans l'Univers Envoûtant de La Belle et la Bête : Des Origines aux Adaptations Célèbres

Le conte de "La Belle et la Bête" est une histoire éternelle qui a traversé les âges et les cultures, captivant l'imagination de millions de personnes. Il fait partie de ces récits qui se transmettaient à l'oral dans le monde entier, dont la première occurrence datée par les experts remonte au IIème siècle. L'histoire de Belle a été contée à maintes reprises par différents auteurs, chacun y apportant sa propre sensibilité et ses interprétations. Ce récit intemporel explore des thèmes universels tels que l'amour, la rédemption, le sacrifice et la capacité de voir au-delà des apparences, des leçons essentielles de la vie qui résonnent aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Les Racines Littéraires et la Profondeur Symbolique du Conte

L'une des premières versions écrites et datées provient de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve qui, après avoir entendu une femme de chambre raconter l'histoire lors d'un voyage en Amérique, décida de la publier en France en 1740 dans son recueil "La Jeune Américaine et les contes marins". Cependant, "La Belle et la Bête" accède véritablement à la célébrité lorsque l’auteure de contes Marie Leprince de Beaumont s’en empare et l’abrège en 1756 pour un manuel d’éducation. Cette version a servi de modèle aux adaptations ultérieures, bien que le conte d’origine soit différent de l’adaptation finale des studios Disney, les thèmes abordés ont été conservés.

Dans sa version littéraire, très largement diffusée par les colporteurs au XIXe siècle, Madame Leprince de Beaumont propose avant tout un projet éducatif. Il s'agissait, conformément à la mentalité de son siècle, d'apprendre aux jeunes filles à voir au-delà des apparences et à distinguer la beauté physique de la beauté intérieure, afin de justifier les mariages arrangés entre des hommes mûrs, souvent veufs, et de très jeunes filles. Mais dans les versions de tradition orale, l'histoire ne s'arrête pas là. L'époux disparaît à la suite d'une transgression commise par la jeune fille ou un membre de sa famille. Selon les versions, l'époux revêt diverses formes : serpent, citrouille, lézard, lion, crapaud, ou corbeau. Après son départ, la Belle s’engage dans un long voyage pour le retrouver. Il lui faudra user deux paires de chaussures de fer et affronter de nombreuses épreuves pour parvenir jusqu’à lui, aidée par des animaux reconnaissants, par les éléments naturels ou par des fées rencontrées sur son chemin.

La forêt est un élément récurrent et symbolique dans ces récits. Dans de nombreux contes de tradition orale, l’événement qui fait basculer le destin de la jeune fille survient au cœur de la forêt. Par exemple, dans une version canadienne, "Le château de Félicité", c’est le père qui, en ramassant des branches, déplaît au maître de la forêt : celui-ci lui réclame alors une de ses filles, espérant se libérer de son apparence de lièvre grâce à l’amour qu’elle lui portera. La forêt est donc un lieu dans lequel l’initiation et la transformation de l’héroïne peuvent débuter, loin de la maison paternelle.

L'Éclat Poétique de l'Adaptation de Jean Cocteau (1946)

En 1946, Jean Cocteau a fait de cette histoire le sujet de son chef-d’œuvre cinématographique, avec Jean Marais dans le rôle de la Bête. Cette adaptation est fidèle à la symbolique de la forêt dans les contes, la traversée de la forêt par le père permettant cette transition d’un monde à l’autre. En quittant la maison familiale imprégnée de la peinture hollandaise et des œuvres de Vermeer, on entre dans une forêt inquiétante et sauvage inspirée des gravures de Gustave Doré. Le monde réel nous y présente une petite comédie humaine dont les personnages pourraient venir de Molière, à l'image de ces deux sœurs « précieuses ridicules » de province, avec leurs « petits laquais » et leurs volontés de se pousser dans l’aristocratie. À côté de ce tableau de l’époque classique s’étend l’autre monde, celui qui ne connaît aucune limite dans le temps, dans l’espace, ni dans l’être.

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Incarnée par Jean Marais, la Bête est bien plus qu'un hybride humain-animal ; cet être est d’essence divine, païenne, panthéiste. Il anime de son âme, de son souffle chaque élément de son univers (miroir, décors, cheval, fumées) qui apparaissent comme les prolongements vivants, les « actants » polymorphes de sa puissance. Il était initialement question de donner à la Bête une tête de cerf, mais l’idée fut écartée au profit d’un visage de félin. Majestueuse dans sa tenue de prince, elle est aussi capable d’une profonde bestialité lorsque, vaincue par ses instincts, elle apparaît avec une biche abattue à ses pieds, la chemise tâchée de sang et les mains fumantes - signe, dans l’univers magique inventé par Cocteau, que le chasseur a répondu à l’appel de sa nature. La Belle répond à cet amour qui ignore les limites humaines et abolit tout autre « règne » que le sien.

Le film, avec la musique de Georges Auric et la production d'André Paulvé, reste l’un des films qui illustrent le mieux la « magie » du cinéma. Il réalise admirablement l’envoûtement poétique, onirique, dans lequel fusionnent réel et irréel, monde imaginaire ou fabuleux et monde concret. À travers ses images, comme celles du Magnifique, par exemple, qui nous font simultanément admirer l’élégance racée, le dressage parfait d’un beau coursier, et vivre le transport de Belle par ce nouveau Pégase, dans un univers où démons et merveilles se confondent comme dans les rêves ou les croyances enfantines. Ce retour au « bain lustral de l’enfance » auquel fait appel le cinéaste pour se et nous replonger dans l’univers d’une poésie spontanée, immédiate, intuitive dont les secrets ou les mystères deviennent familiers, limpides, irrigue tout le film. Nous croyons au miroir qui « réfléchit pour nous » si on « réfléchit pour lui », aux statues muettes mais vivantes qui accompagnent du regard les hôtes du château. Nous ressentons enfin l’attraction magnétique qu’exerce la Bête sur Belle, notamment par son regard. Parce qu’elle est à l’image des désirs les plus secrets, archaïques, enfouis dans un inconscient qui se révèle ici sous une forme faussement naïve et mythologique.

Le miroir, dans l'œuvre de Cocteau, fait plus que donner l’image des pensées de la Belle : il les interprète. Sa logique du merveilleux est plus complexe et plus subtile. Le miroir est cette prothèse du regard qui est capable de voir là où je ne suis pas et aussi, de voir le sens de ce qui est vu (on voit le père malade, la Belle furtive et dissimulée, la Bête désespérée). Il est donc lié, souterrainement mais explicitement, à la gamme extraordinairement riche et significative du jeu des regards entre les deux protagonistes : l’interdit du regard dans les yeux, deux fois proféré par la Bête (pour ne pas laisser lire son désir ? pour ne pas être ébloui par la beauté ?) ; ses regards féroces et comme hallucinés à d’autres moments ; inversement, les expressions, plus pauvrement humaines, mais parfois teintées d’une sensualité véritablement animale, des yeux de la jeune fille ; et leur concrétisation visible sous forme de larmes de diamants, pure émotion devenue matérielle et précieuse.

Réalisé quinze ans après "Le Sang d’un Poëte", auquel son caractère expérimental conférait une audience limitée, "La Belle et la Bête" témoigne à la fois du « métier » acquis par Cocteau dans ses collaborations à d’autres films, de sa maîtrise des moyens d’expression purement cinématographique, et de l’utilisation très personnelle qu’il fait de ces moyens à des fins poétiques. De tous ses films, il reste sans doute celui dont la poésie - qui prend souvent chez Cocteau une forme raffinée à l’extrême pouvant aller jusqu’à l’ésotérisme - trouve auprès du public les moyens d’un accès direct, immédiat, sensible qui en font une œuvre populaire. Avec "La Belle et la Bête", Cocteau a donné au 7ème art (la « 10ème muse » selon lui) l’une des plus belles et envoûtantes versions cinématographiques du conte merveilleux.

Le Chef-d'œuvre Animé des Studios Disney (1991)

En 1991, ce conte donne naissance au 39ème film d’animation de Walt Disney, un chef-d'œuvre absolu qui souffle ses trente bougies. "La Belle et la Bête" est un classique Disney de référence pour beaucoup de raisons, et après l'avoir vu, on comprend pourquoi. Il fait partie de ces grands chefs-d'œuvre Disney de l'âge d'or des studios durant les années 90, réunissant les ingrédients principaux qui font de ces films de petites merveilles à voir au moins une fois, que l'on soit enfant ou adulte. Ce film est sans doute l'un des meilleurs Walt Disney, si ce n'est le meilleur, entraînant avec ses magnifiques chansons, éblouissant par ses décors et ce monde enchanteur, et touchant par son histoire. Ce dessin animé ne laisserait personne indifférent, et les petits comme les grands pourront en tirer une leçon essentielle de la vie. Les personnages sont attachants, tous autant qu'ils le sont, et l'on prend un réel plaisir à suivre ce dessin animé.

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L'histoire commence avec ces mots magiques : "Il était une fois, dans un pays lointain, un jeune prince qui vivait dans un somptueux château…". Un prince au caractère égoïste et coléreux refuse, un soir, l'hospitalité à une vieille dame transie de froid. Celle-ci s'avère être une fée qui ensorcelle, en guise de représailles, le prince caractériel. Celui-ci devra vivre le reste de ses jours sous l'apparence d'une effrayante bête, à moins qu'il ne trouve l'élue de son cœur avant qu'une rose, laissée par la fée, ne se fane. Dans un village voisin, Belle, jeune femme au caractère généreux, mène, en compagnie de son père, inventeur de génie, une existence paisible.

Le projet "La Belle et la Bête" a une longue histoire au sein des studios Disney. Depuis les années 1930, Walt Disney a tenté de réaliser le célèbre conte de la Bête et son château enchanté. Après le succès de "Blanche-Neige et les Sept Nains" en 1937, le cinéaste commença le projet puis l’abandonna. De nouveau dans les années 1950, Walt Disney réunit son équipe mais ne parvint pas à manier le projet comme il le voudrait. C’est après le succès de "La Petite Sirène" en 1989 que les studios redonnèrent sa chance à cette histoire d’amour devenue culte. Plusieurs dizaines d’adaptations du chef-d’œuvre littéraire existaient déjà, dont la version légendaire de Jean Cocteau. Le projet fut confié à deux novices de la réalisation : Kirk Wise et Gary Trousdale.

La Caractérisation de Belle : Intelligence, Grâce et Débats

Belle est une jeune fille sensible et imaginative, qui passe ses journées plongée dans la lecture et qui repousse obstinément les avances de Gaston, un bellâtre musclé et vaniteux. Seul Maurice, son père, un inventeur farfelu, compte dans sa vie. Un jour que ce dernier se perd dans la forêt, il doit se réfugier dans un château pour échapper à une meute de loups. Irrité par son intrusion, le maître des lieux, une Bête gigantesque et terrifiante, le jette dans un cachot.

De 1991 à aujourd’hui, Belle fait partie des princesses les plus populaires de l’univers Disney. Même dans l’adaptation de 2017 en prises de vue réelles, tous les ingrédients qui ont su séduire le public sont là. Belle est une jeune fille intelligente avec un fort caractère et une grâce propre aux héroïnes Disney. Pour créer le personnage, l’animateur en charge de l’héroïne, James Baxter, s’est inspiré des danseuses de ballet européennes : « J’ai regardé beaucoup de vidéos de danseuses classiques pour voir comment elles se déplaçaient. Je voulais que Belle soit gracieuse et qu’elle ait l’air de se mouvoir comme sur une scène d’opéra. » Mais la jeune fille n’est pas seulement une belle plante, elle a aussi une tête bien faite. Paige O’Hara, la voix de Belle dans la version originale, la décrivait comme intelligente et un peu à part : « C’est une intellectuelle qui ne se sent pas à sa place dans la société. Et je pense que beaucoup de gens s’identifient à son personnage. » Cet aspect rebelle et savant est accentué dans le remake du film avec Emma Watson où Belle enseigne la lecture aux petites filles du village.

Cependant, la personnalité de Belle a parfois fait l'objet de débats et d'interprétations diverses. Certains estiment que la morale du film, qui insiste sur l'amour au-delà des apparences, est le fondement même du film et du conte original, et qu'elle ne peut pas être remise en cause. Belle et la Bête, un des commentateurs, plussoie totalement ces propos et estime que déformer cette morale en suggérant que Belle est intéressée est une erreur, car "à partir de ce moment-là, toutes les princesses le sont, on peut extrapoler pendant des heures." Selon ce point de vue, "c'est dommage et triste de voir de l'intérêt là où il n'y a qu'innocence et vérité dans les sentiments de Belle."

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D'autres ressenti le scénario différemment. Un utilisateur, Hydrangea, exprime son point de vue personnel : "Moi, je regrette, mais je ne vois pas d'intérêt de la part de Belle." Elle reconnaît que les réalisateurs ont évidemment voulu montrer un amour sincère et la capacité de voir au-delà des apparences, mais que "moi je ne ressens pas le scénario comme ils auraient espéré que je le ressente parce que je trouve qu'il y des choses qui ne collent pas." Un autre, Daisy_Pie, adopte une approche plus critique de Belle, la décrivant comme "hautaine" et notant qu'elle "n'adresse pas la parole aux gens, hausse les épaules quand ils se désintéressent de sa conversation 10s et se remet la mèche de façon bien biatch". Elle interroge également la perception de Belle sur Gaston, "grossier, ordinaire, sûr de lui, non papa il n'es pas pour moi", suggérant que Belle "se croit supérieure à lui pour le traiter comme ça."

Cette même personne met en doute la qualité unique de Belle de ne pas juger sur le physique, arguant que "ce n'es pas pour son physique qu'elle rembarre Gaston mais pour son caractère et sa façon d'être". Elle estime que les autres princesses "ont juste eu comme scénario d'avoir de beaux princes dès le départ", et que "si BN avait eu affaire à un même genre de situation avec le grand cœur qu'elle a elle aurait également tenté de faire qqch pour la bête sans se soucier de l'apparence." Le fait qu'elle prenne la place de son parent dans le cachot n'est pas vu comme une qualité exclusive, car "quelle princesse n'aurait pas également pris la place de son parent dans le cachot, ça ne donne pas à Belle une qualité qu'elle a en plus sur les autres."

Concernant l'intégration de Belle dans le village, DaisyPie observe qu'elle "vit dans sa bulle, elle ne partage rien avec les autres villageois". Elle se demande si "c'est une raison pour rester dans son petit monde? Se dire bon bah j'ai rien à leur dire je me retranche dans mes livres." Le boulanger lui dit bonjour en premier et ne lui répond qu'un "très intéressant" quand elle lui parle de son livre. Pour DaisyPie, "si elle ôtait un peu le nez de son livre en marchant elle pourrait peut-être paraître plus accessible pour parler aux gens." Elle note également que Gaston lui propose de venir à la taverne, impliquant que "c'est elle qui ne veut pas s'y intégrer (ha oui c'est vrai la vie provinciale c'est pourri, tous des paysans illettrés et y'a rien à y faire!!)".

Quant aux rapports de Belle avec la Bête, il est suggéré qu'elle n'est pas "intéressée uniquement mais faut pas se mentir elle se trouve dans un beau château luxueux enchanté avec des objets qui bougent et parlent, elle a de belles robes, elle mange bien, une belle et grande bibliothèque donc oui tu m'étonnes qu'elle ait envie de rester après tout!". Il y a pour Daisy_Pie un "certain intérêt" lié au fait qu'elle a son "histoire de magie et de prince ensorcelé loin de sa vie provinciale qu'elle voulait tant". Elle se permet aussi des choses, notamment dans la scène de l'aile ouest : "Mlle est prisonnière, elle a quand même le droit à une jolie chambre et de se balader seule dans le château sauf dans un endroit bien précis mais non fallait qu'elle se croit tout permis et qu'elle y aille dans cette pièce!! Et après bien sûr ça réplique que si on ne m'avait pas fait peur je ne me serais pas sauvée!! mais tu n'avais rien à y fouttre dans cette pièce et la bête ne t'aurais pas fait peur merde alors!!"

Le fameux portrait du prince intrigue Belle. Lylou déclare être "sure que Belle ne s'est absolument pas rendu compte que c'était la bête ! elle a bugé à cause des yeux certes mais après elle a l'histoire des loups etc qui lui enlève cette histoire de la tête." Selon elle, "à la fin quand elle voit la bête en homme elle ne le reconnait pas… et elle le reconnait à cause de ses yeux, si c'était en partie à cause du tableau il y aurait eu un flash back dessus !" Cependant, Izitmi pense que ce n'est pas un hasard et que "Belle est convaincue qu'elle se doute de quelque chose puisque ses sentiments commenceront à naître après ce passage (et que la Bête se soit battu contre les loups)". Daisy_Pie partage l'avis que Belle "commence à émettre des soupçons à ce moment là" car "un château avec des objets enchantées et une créature surnaturelle elle doit quand même avoir 2 sous de jugeotte pour se douter qu'il se trame qqch". Elle souligne que "on ne voit que les yeux du prince et c'est grâce à ses yeux qu'elle le reconnaît à la fin."

La question de la moralité et de l'amour est également abordée de manière provocatrice. Daisy_Pie affirme : "Une humaine qui éprouve des sentiments amoureux pour une bête j'appelle ça de la zoophilie!!". Pour elle, Belle "n'éprouve qu'une énorme amitié pour la bête (renforcé en cela bien sûr par le syndrome de Stockholm développé durant tout le film) donc son je t'aime est le je t'aime que l'on pourrait dire à son ami le plus cher, à un membre de la famille ou à un frère, bref à qq1 de qui on est très proche mais pas avec des sentiments amoureux." Wendy Moira Angela confirme qu'elle avait aussi pensé à cette "chose" du syndrome de Stockholm. Elle suggère que les héroïnes les plus à même de ne pas juger sur l'apparence seraient Kida et Madeleine, qui "ont elles toutes 2 choisi des mecs au physique disgracieux", ou même Jane avec son "homme singe". Car, même si le débat bête ou prince divise, "Belle a quand même gagné au change et au final elle se retrouve avec un mec plutôt pas mal… cultivé, avec une bonne éducation et riche de surcroît (avec le titre de prince bien sûr pour avoir le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la vache et la laiterie avec!!)".

La Création d'un Monstre Attachant : La Bête et son Évolution

Après la jolie et ingénieuse Belle, les équipes d’animation ont dû s’attaquer au plus gros morceau : la Bête. Comment rendre attachant ce personnage monstrueux, sauvage et amer ? Glen Keane, l’animateur en charge de la Bête, explique : « C’est un personnage qui est piégé entre deux mondes : il est humain et animal et il n’est à l’aise dans aucun de ces états. Le design devait montrer le côté humain avec cette chaleur, cette habilité à aimer et le confronter à sa bestialité par le mouvement. » Celui qui avait été chargé d’animer Ariel s’inspire des chimères mythologiques pour dessiner ce nouveau personnage. Une queue et des pattes de loup, une tête et des cornes de buffle, une crinière de lion, des bras et un corps d’ours et des défenses de phacochères… la Bête est un mélange de différents animaux. Son seul atout physique humain ? Des yeux bleus et expressifs que Belle reconnaît lorsque la Bête redevient le prince Adam. Pour rendre le personnage crédible, il fallait trouver sa voix. Après avoir fouillé tout Hollywood et tout New York à la recherche du baryton parfait, Kirk Wise et Gary Trousdale rencontrent Robby Benson.

Concernant le prince Adam, Lylou note que beaucoup de gens le trouvent "assez vilain" en tant qu'humain, mais elle ajoute : "on s'en fiche, c'est ça la moral du film !!". Cependant, un invité et Daisy_Pie, parmi d'autres, trouvent Adam "à mon goût" et assument des goûts "différents de la majorité".

Les Éléments Enchantés : La Robe Légendaire et le Château Vivant

Parmi les tenues les plus cultes du cinéma, l’impressionnante robe de bal de Belle côtoie les robes de Scarlett O’Hara ou encore les looks de cabaret de Satine dans "Moulin Rouge". Cette tenue qui continue de faire rêver les petites filles du monde entier a demandé un travail de précision. Brian McEntee, directeur artistique sur le film, décrypte la création de la robe d’apparat la plus célèbre de l’univers Disney : « Nous avons choisi de colorer la robe de Belle en doré pour que la lumière suive chacun de ses mouvements. » Si l’aspect métallique de l’or est extrêmement difficile à reproduire en animation, la robe de Belle n’en reste pas moins légendaire. D’ailleurs, côté ventes sur les parcs à thème Disneyland, le costume jaune éclatant talonne de près la tenue bleue glaciale de "La Reine des neiges".

Ce qui rend "La Belle et la Bête" aussi mouvementé, coloré et magique, ce sont évidemment tous les personnages secondaires du film. De Madame Samovar la théière à Lumière le chandelier en passant par Big Ben l’horloge, les objets du château ont contribué à rendre "La Belle et la Bête" surprenant et enchanteur. Le réalisateur Kirk Wise explique : « Ce qui nous a le plus excité en terme d’animation, c’est la création des objets qui peuplent le château. » Plus que des objets, ils sont l’âme du palais et participent à l’évolution de l’histoire. Selon Angela Lansbury, qui interprète Madame Samovar, la théière est une figure maternelle pour l’ensemble des domestiques, mais également pour Belle, privée de mère durant l’enfance. L’animateur Nik Ranieri s’est inspiré de Maurice Chevalier, Gene Kelly et Fred Astaire pour créer Lumière, un personnage séducteur, sophistiqué et théâtral coincé dans le corps d’un chandelier. Quant à Big Ben, plusieurs versions ont été dessinées par Will Finn avant de trouver la bonne. Son inspiration principale ? David Ogden Stiers, l’acteur choisi pour doubler le personnage.

La Magie Musicale et l'Héritage d'Howard Ashman

"Partir là-bas", "Sous l’océan", "Prince Ali", "Il était une fois New York City"… Derrière ces titres cultes piochés dans l’univers Disney se cache un parolier : Howard Ashman. Dans les années 1980, il a participé au grand retour des studios Disney sur le devant de la scène, notamment grâce au succès inattendu de "La Petite Sirène". En duo avec le compositeur Alan Menken, Howard Ashman s’attaque aux chansons légendaires de "La Belle et la Bête", dont la plus romantique, "Histoire éternelle" ("Beauty and the Beast"), interprétée par Angela Lansbury.

Cependant, les paroles originales des chansons peuvent parfois prêter à confusion lors de l'adaptation. Par exemple, lorsque Belle chante en français : "Y a quelque chose dans son regard D'un peu fragile et de léger Comme un espoir…", Simba souligne qu'en VO c'est : "There's something sweet and almost kind But he was mean and he was coarse and unrefined". En gros : "Il fait preuve de douceur et presque de gentillesse Pourtant il était goujat, grossier et rustre". Simba explique que l'adaptateur français a choisi "espoir" probablement uniquement parce que ça rimait avec "regard", mais que le reste des paroles n’a malheureusement pas grand-chose à voir avec une quelconque notion de suspicion ; c’est juste une constatation de la part de Belle. Elle conclut même son couplet en se demandant comment elle a fait pour ne pas voir tout ça avant ! Belle et la Bête, un des commentateurs, reconnaît que la VO ne trompe pas et "appuie le fait que Belle est totalement désintéressée lorsqu'elle tombe amoureuse". Malgré cette divergence d'interprétation, Izitmi maintient que "comme il s'agit d'un conte français, il n'y aura que cette version qui aura une légitimité dans mon cœur!".

Également impliqué comme producteur exécutif sur le film, Howard Ashman ne verra jamais son œuvre terminée. Atteint du sida, il décède le 14 mars 1991, soit quelques mois avant la première. Une dédicace a été ajoutée au générique de "La Belle et la Bête" : « À notre ami, Howard, qui a donné sa voix à une sirène et son âme à une bête, nous serons pour toujours reconnaissants. » En 2001, Howard Ashman est devenu une « Disney Legend » à titre posthume.

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