L’Art du vol aquatique : Immersion dans l’univers du foil

Le domaine des sports nautiques a connu une révolution silencieuse, mais radicale, avec l’avènement du foil. Ce qui n’était autrefois qu’une curiosité technique réservée aux voiliers de course de haute performance s’est démocratisé pour transformer notre manière d’interagir avec l’élément liquide. Surf, kitesurf, planche à voile… ces sports nautiques vous disent bien sûr quelque chose. Et si on y ajoutait un foil ? Pour de nouvelles sensations et l’impression de voler au-dessus de l’eau, découvrez le surf avec un foil, de plus en plus répandu !

Comprendre la mécanique du vol : Qu’est-ce qu’un foil ?

Avant de se lancer en mer, faisons un petit point définition. Un foil, qui se prononce “foyl”, est le raccourci du mot hydrofoil. Foil signifie “aile portante”, et hydro se rapporte à l’eau. Un hydrofoil est alors une aile immergée qui, par sa position et son profilage, permet avec le déplacement de l’eau de créer une force portante. L’origine des foils n’est pas certaine car ils ont évolué et leur forme première n’aurait rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. On peut parler de foil à partir du 19e siècle. Les foils tels qu’ils sont maintenant ont été inventés dans les années 1980. C’est ensuite grâce au navigateur Eric Tabarly et son trimaran à foil puis l’apparition des hydroptères que les foils se démocratisent.

Issu du monde nautique, notamment des voiliers de courses, le foil est apparu ensuite en Windsurf et Kitesurf avant de toucher finalement presque toutes les disciplines de glisse sur l’eau. C’est là le but de notre association, analyser, sélectionner et partager tout ce qui concerne ces disciplines « foil-friendly ».

L’apprentissage progressif : Le parcours de Thomas

Thomas, papa de deux enfants et touche-à-tout sportif (natation, snowboard, kitesurf), a franchi la porte du Dunkerque Flying Club pour tester ce sport. Son expérience permet de structurer un parcours d’apprentissage, basé sur des séances de 2h30, essentiel pour quiconque souhaite débuter avec rigueur.

La découverte du vent et de la wing

Lors de la 1ère séance, l’objectif est de sentir le vent sur la plage. “Je démarre sur la plage et j’apprends simplement à me diriger avec la wing (la voile). C’est important car la voile se plante dans le sable et je réapprends à sentir le vent. J’ai ensuite appris à glisser sur le sable avec une voile à l’aide d’un “speedsail”, un skate géant. Il m’a fallu une trentaine de minutes pour être à l’aise et changer de sens. C’est très progressif.”

Lire aussi: Le guide complet de la planche à voile iQFOiL

Le conseil de Thomas est crucial ici : “Prendre des cours à l’endroit où vous êtes susceptible de pratiquer par la suite pour vous habituer aux courants, aux vents, aux spécificités de la mer…”

Le simulateur de foil

La 2ème séance se concentre sur le simulateur de foil. “Un bateau me tracte avec une barre comme en ski nautique. J’ai donc le foil mais pas la voile. La première étape de cette séance est d’essayer de rester sur sa planche et se stabiliser à genoux puis de faire lever la planche. C’est loin d’être évident car la planche est petite. Il faut s’imaginer le foil comme une planche à repasser à laquelle on a retiré un pied. Je me fais des repères imaginaires pour le placement des pieds. Puis je tente la même chose debout. Quand je lève le foil, il faut à nouveau le stabiliser en gérant son inclinaison. Sinon, je pique directement dans l’eau. Après quelques belles gamelles et de très nombreux essais, j’ai réussi à voler, à planer pour la première fois debout. J’ai senti une légèreté et une sensation de bien-être.” Thomas ajoute un conseil pratique : “Je recommande vivement la combinaison pour ne pas avoir froid”.

La maîtrise du support sur l’eau

Lors de la troisième séance, le pratiquant glisse sur l’eau avec une voile, mais sans foil. “Lors de cette troisième séance, j’ai ajouté la wing (l’aile) en étant sur l’eau pour la première fois, mais sur un paddle. Il permet davantage de stabilité car il n’y a pas de foil. J’ai pu prendre mes marques sur le changement de direction et la maîtrise de la voile en mer.”

L’union du vol et de la navigation

La 4ème séance marque l’aboutissement : la wing et le foil réunis. “Enfin, pour la dernière séance, je pars en mer avec la wing et le foil. Le but, dans un premier temps, est de maîtriser la navigation pour ensuite tenter de planer. Cette deuxième phase a mis plus de temps à arriver. Mais à force de répétition, je me suis senti de plus en plus à l’aise. Je remontais plus facilement. Et pour la première fois, j’ai réussi à me lever en wing foil complet. Mon premier envol en quatre séances. Les sensations sont incroyables et j’ai encore du mal à les décrire.”

Le Wing Foil : Un hybride moderne

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du wing foil ? Également appelé wing surf, ce sport s’est démocratisé il y a quelques années. C’est un hybride entre plusieurs disciplines. Le wingfoileur tient une aile, qu’il place dans le vent. Ce n’est ni un cerf-volant comme en kitesurf, ni une voile fixe comme la planche à voile. Quant à la planche, c’est une planche avec un foil. Associer le foil et l’aile permet de maximiser cette sensation de vol. C’est pourquoi le wing foil est rapidement devenu populaire.

Lire aussi: Guide pratique du Foil Surf

D’un point de vue technique, le wingsurf présente de nombreuses similitudes aussi bien avec la planche à voile puisque l’aile est contrôlée directement, qu’avec le kitesurf pour ses fonctionnalités similaires à celles d’un cerf-volant de traction. L’aile est faite de tissu de cerf-volant léger ou de tissu spi qui est étiré par des tuyaux d'air gonflables, appelés boudins et protégés par des fourreaux de dacron. Concernant les planches, les constructions sont diverses, mais de manière générale un pain de mousse usiné par machine-outil à commande numérique est ensuite drapé de matériaux composites, comme du carbone ou de la fibre de verre.

La plage de vent utilisable va de moins de 10 nœuds à plus de 30, même si les novices se cantonneront à une plage de 15 à 20 pour les premières sessions. Aujourd'hui, les pratiquants les plus chevronnés atteignent des vitesses approchant, voire dépassant les 30 nœuds.

Variantes et évolutions du matériel

Il n’y a pas que le wing foil qui vous permet de tester les sensations du foil. Voler au-dessus de l’eau, c’est à peu près possible avec tous les sports nautiques de glisse. Le surf devient surf foil, le kite surf devient kite foil et le paddle devient SUP foil. Petite contrainte cependant, tous les foils et toutes les planches ne se ressemblent pas.

En ce qui concerne les ailes de foil, le choix est vaste. À titre d'exemple, le Seven Seas 1400 est souvent plébiscité pour son « glide » et sa facilité de manœuvre. Par rapport à des modèles plus anciens ou moins performants, la différence se fait sentir au niveau du freinage : une aile bien conçue permet une glisse constante même dans les sections plus molles. Le Seven Seas 1200 est également une découverte appréciée pour sa tolérance aux réglages, offrant un comportement « plug & play ». Certains utilisateurs comparent différentes marques, notant que si la performance pure est parfois similaire, le ressenti diffère : certaines configurations sont plus sportives et énergisées, tandis que d'autres restent plus relaxantes.

Il est important de noter que les mâts et les fuselages influencent grandement le comportement. Les foils sont majoritairement construits en fibres carbone préimprégné, mais il existe des versions avec des mâts en aluminium.

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L’e-Foil : La technologie au service du vol

L’eFoiling combine les principes de base du foiling traditionnel, dans lequel une planche de surf est équipée d’une aile hydrodynamique (foil) sous l'eau, avec la technologie électrique moderne. L’eFoil se compose d’une planche, d’une propulsion électrique et du foil. La batterie, rechargeable, est intégrée à la planche.

L’un des défis de l’eFoiling est la courbe d’apprentissage initiale. Garder l’équilibre et s’adapter à la vitesse et aux mouvements de l’eFoil peut être un défi pour les débutants. En fait, l’eFoiling est plus accessible que de nombreux sports nautiques traditionnels, car il requiert moins de force physique et d’endurance et peut être pratiqué dans des conditions d’eau très différentes. L’industrie se caractérise par une innovation constante, notamment avec l’introduction de la propulsion par jet.

Un exemple marquant est le Flitescooter de chez Fliteboard. Il est l’aboutissement d’années de recherche et de développement dans le domaine des sports nautiques. Sa planche, avec une capacité de 200 litres, offre une grande stabilité, ce qui en fait un choix parfait pour ceux qui débutent. Le véritable secret derrière le Flitescooter réside dans son foil électrique qui permet à la planche de s’élever au-dessus de l’eau, réduisant ainsi la résistance. Outre ses performances, le Flitescooter se distingue par son autonomie et son engagement envers l’environnement, ne produisant aucune émission polluante.

Précautions et mises en garde

Bien que l’idée de surplomber les vagues puisse en séduire plus d’un, petit topo de mise en garde néanmoins. Avant de vouloir maîtriser une planche avec un foil, il faut avoir de bonnes bases sans le foil. Savoir manier la planche, la direction, se maintenir debout : il faut savoir le faire à même l’eau avant de prendre de la hauteur. D’autant plus que la sensation peut être impressionnante et les risques plus importants qu’habituellement. Les chutes se font de plus haut et se prendre le foil sur une partie du corps peut avoir de graves conséquences.

Il convient également de vérifier les réglementations locales. L’autorisation du foil électrique dépend des lois qui peuvent varier selon les régions, les zones de protection de l’eau et les règles de sécurité en vigueur.

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