Le nom "La Planche des Belles Filles" intrigue et éveille l’imaginaire, un lieu où la beauté naturelle des Vosges rencontre des récits poignants et des exploits sportifs de renommée mondiale. Situé au cœur des Vosges Saônoises, ce sommet, qui culmine à 1148 mètres d’altitude, est bien plus qu'une simple colline : c'est un point de convergence d'histoires anciennes, de transformations industrielles et d'une renaissance touristique propulsée par le cyclisme.
La Légende des Origines : Un Nom Chargé de Tragédie
Pour quiconque entend ce nom pour la première fois, l’étonnement est immédiat. Le nom à lui seul suscite l’imagination : “La Planche des Belles Filles”. Est-ce un hommage à de jeunes héroïnes, une expression régionale ou le fruit d’une simple déformation linguistique ? La version la plus populaire plonge ses racines au XVIIe siècle, en pleine guerre de Trente Ans. Dans les chaumières, il se raconte qu'au cœur de l’hiver glacial de 1635, les troupes suédoises, précédées d’une sinistre réputation de pilleurs et de violeurs, s’installent dans le village voisin de Plancher-les-Mines. Cette période de conflits ravagea une grande partie de l’Europe, et les mercenaires suédois, réputés pour leur brutalité, pénétrèrent jusqu’aux confins de la Haute-Saône.
C’est dans ce contexte que la légende raconte le destin tragique d’un groupe de jeunes filles. Traquées par les soldats ennemis, elles se réfugièrent dans les montagnes, espérant trouver un abri sûr. Terrorisées, les jeunes filles se réfugient au sommet de la montagne pour échapper aux outrages des envahisseurs. Hélas, il laissa dans sa fuite quelques traces dans la neige. Piste que les Suédois eurent tôt fait de suivre. Quand le chef de ces derniers, menant sa troupe au combat, aperçut la belle Inès, il fut comme subjugué. Elle aussi le trouva très beau, malgré l’effroi qu’il lui suscita. Mais Inès, comme les femmes du village, avait résolu de ne pas tomber vivante entre les griffes des Suédois. On les savait violeurs, tourmenteurs et assassins.
Pour échapper aux sévices, elles se jettent dans un étang en contrebas. De concert, les jeunes filles de Plancher-Bas se jetèrent dans l’eau glacée de l’étang. Elles y périrent toutes, noyées. Depuis, le site se serait appelé la Planche-des-Belles-Filles. La jolie Rose n'a pas vingt ans et refuse de mourir en ce jour d'hiver. Elle se dissimule de justesse dans la faille d'une roche. Ce n'est qu'une fois le danger écarté qu'elle redescend dans la vallée pour raconter ce récit. Ce matin, l'étang des Belles Filles avait sinistre allure.
Une version plus romancée ajoute que le chef des mercenaires, tombé amoureux d’Inès, l’une des jeunes filles, tenta de la sauver en vain. Trop tard. Il ne remonta des eaux glacées qu’un corps sans vie. Ivre de tristesse à la perte de sa bien-aimée, il fendit de son épée et de rage un rocher en deux. Puis il prit une planche sur laquelle il décida de graver un hommage au courage des belles filles comtoises de Plancher-Bas. Les puristes goûtent peu cette version. L’artiste, Jacques Pissenem, originaire de Plancher-les-Mines, qui a sculpté dans le chêne cette légende la trouve peu crédible. Tout comme la triste fin de ces jeunes filles. La topographie rendant improbable un saut dans l’étang.
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Au fil des siècles, d’autres anecdotes sont venues enjoliver la légende pimentant la tragédie d’un brin d’un romantisme. Une deuxième légende évoque la visite dans les chaumières lors des veillées des siècles passés de charmantes jeunes filles. Celles-ci égayaient les soirées et disparaissaient dans la forêt à minuit. On murmurait que c’était des fées.
Au-delà du mythe, certains historiens avancent une explication plus rationnelle et linguistique. Pour les plus pragmatiques, l’appellation les « Belles Filles » dériverait de « fahys » signifiant « hêtraies » du latin « fagus ». Le lieu étant déjà mentionné dans les écrits du XVIe siècle comme « lieu peuplé de belles fahys ». À 3 km à vol d’oiseau se trouve le village de Belfahys. Le mot “Planche” désigne en patois local un plateau ou une surface plane, ce qui correspond à la géographie du sommet. Ce genre de modification est fréquent dans la toponymie rurale, surtout dans les zones où les dialectes locaux influencent fortement la langue française.
Aujourd'hui, une sculpture imposante de plus de quatre mètres coiffe le sommet de la Planche. C'est un hommage aux Belles Filles, mais aussi à la belle aventure de cette terre haut-saônoise devenue haut-lieu du cyclisme de montagne. Dans la main de la belle fille, un petit vélo en métal et dans sa généreuse chevelure, un skieur. Visiblement, la légende de La Planche a nourri l’imaginaire de Jacques Pissenem mais il l’a enrichie de deux symboles : le vélo qui a placé La Planche comme une étape mythique du Tour de France et le ski qui fait les beaux jours de la station vosgienne. « C’est une commande du Conseil départemental pour remplacer une sculpture réalisée en 2005 mais qui n’a pas survécu », confie l’artiste. À l’époque, le gérant de l’hôtel-restaurant de la Planche lui demande de réaliser une sculpture d’un sapin de 1,60 m qui avait été coupé à la Planche. La tragédie des Belles Filles s’impose. « C’était une de mes premières sculptures. J’ai réalisé une femme qui se jette dans le vide ». Malheureusement, l’œuvre n’a pas résisté aux outrages du temps. Il fallait donc la remplacer. Cette fois, le sculpteur a utilisé du chêne durable de la région. Il a ajouté quelques détails : à regarder de près, un doigt de la belle fille représente un sexe d’homme et un autre les griffes d’un animal.
Un Territoire Façonné par l'Histoire et l'Industrie
Bien avant son essor touristique, la Planche des Belles-Filles fut un territoire d’exploitation minière dès le XVe siècle, donnant naissance au village de Plancher-les-Mines. Toute cette région se développe grâce aux gisements de minerais métalliques. La montagne est truffée de galeries de mines qui ont été exploitées durant le Moyen-Age jusqu'à nos jours. Ce sont les mines de plomb, de cuivre et d'argent qui ont largement contribué à la prospérité des Vosges méridionales avant que les filatures ne prennent le relais. Après la fermeture des mines au XVIIIe siècle, la région se tourne vers l’exploitation forestière et la production de charbon de bois.
La région a également été marquée par des épisodes sombres de l'histoire. Durant la Seconde Guerre mondiale, le massif devient un refuge pour les maquisards. En septembre 1944, plus de 1 000 résistants s’y regroupent en attendant l’arrivée de l’armée française. La répression est terrible : 117 résistants y trouvent la mort, dont 74 exécutés. Un mémorial rappelle aujourd’hui ces événements. Au sommet, une stèle rappelle que Gaston Wurtz, 34 ans, est tombé au combat le 17 septembre 1944 contre les Allemands. Là, au fil des siècles, le courage et la résistance ont façonné le territoire ainsi que l’histoire et les légendes qui l’illustrent.
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La vallée, et notamment Plancher-les-Mines, a connu des périodes difficiles. Dans les années 70, Plancher-les Mines autrefois riche de son industrie de la métallurgie, de la petite fonderie, perd ses entreprises et son commerce florissant. La vallée retrouve le sourire même si les retombées ne sont pas immédiates. Aujourd’hui, le village sort de sa léthargie et renaît en douceur. Des Belges et des Luxembourgeois ont acheté des maisons sur les hauteurs. Des artisans s’installent, souligne le maire. Et d’insister : « Nous avons un médecin, un cabinet d’infirmières, quelques commerces… ». Mais il reste du pain sur la planche. Plancher-les-Mines est la commune au revenu moyen le plus faible par habitant de Haute-Saône et les perspectives de développement sont limitées. Il reste très peu de terrains constructibles. Sauf peut-être à aménager une aire pour cinq camping-cars. Pour le Tour, le village en accueillera exceptionnellement 200.
La Planche des Belles Filles : De l'Anonymat au Mythe du Tour de France
Le Tour de France a longtemps ignoré la Haute-Saône. Avec 2012, en 98 éditions, il y est parfois passé, mais ne s’y est arrêté qu’une seule fois, pour un départ en 1972. L'ascension de La Planche des Belles Filles est rapidement adoptée comme l’une des arrivées les plus spectaculaires de la Grande Boucle. « Depuis que j’avais fait connaissance avec Christian Prudhomme, je lui disais que ça serait bien que le Tour vienne en Haute-Saône », avoue Yves Krattinger, le président du Conseil départemental. « Mais il faut savoir que les coureurs disaient que les Vosges ne servaient à rien. » C’est le directeur du Tour de France, lui-même, qui a trouvé la bonne idée à partir des commentaires de participants à une cyclosportive. « Il m’a dit ‘’Ça a l’air dur. »
De la parole aux actes, il y a cependant un grand pas, car le site n’avait alors pas la capacité d'accueillir la plus grande course du monde. Il fallait le modeler et allonger la route avec près de 300 mètres de goudron supplémentaire. Impensable pour les organisations écologistes qui s’opposent à ces travaux, qu’elles tentent de faire interdire. Mais Yves Krattinger tenait à son arrivée du Tour autant qu’à son souhait de donner un nouvel élan à la station haut-saônoise. « On sait que ce type de station de moyenne montagne ne tournera plus tous les hivers. Il fallait donc développer le tourisme et les activités estivales. » La Planche des Belles Filles, ce nom légendaire intrigue et cette ascension courte, mais irrégulière fait alors peur. Dès leurs reconnaissances, les coureurs savent que c’est un piège pour les plus faibles qui y laisseront des plumes et des secondes.
Le 7 juillet 2012, c’est le grand jour. Le Tour de France vit sa première arrivée en Haute-Saône. Un Britannique inconnu, Chris Froome, l’emporte devant Cadel Evans, Bradley Wiggins et Vincenzo Nibali. Elle revient à Chris Froome qui se révèle et remporte là son premier succès sur l’épreuve. Il bat au sprint Cadel Evans et son leader Bradley Wiggins. Cela marque le début du règne de la formation Sky sur le Tour. « Aujourd’hui, ces quatre-là ont tous au moins un Tour de France à leur palmarès », rappelle avec plaisir Yves Krattinger qui a gagné une partie de son pari. La Planche des Belles Filles a joué le rôle espéré et reste un moment important de cette Grande Boucle.
En 2012, le premier passage du Tour de France à La Planche des Belles Fille est un succès qui en annonce d’autres. « Le lendemain de l’arrivée à Paris, Christian Prudhomme me dit que c’était très bien, que tout le monde était content et qu’il essayerait de revenir, peut-être trois fois en dix ans. J’étais déjà content, très content. En fait, ça s’est fait plus souvent… La Planche n’a jamais déçu ! » Le site a acquis une notoriété mondiale grâce au Tour de France. À six reprises - en 2012, 2014, 2017, 2019, 2020 et 2022 - cette montée a été choisie comme arrivée d’étape, se hissant ainsi au rang des étapes de montagne, au même titre que les plus grands cols alpins.
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Comme dans une histoire d’amour, il faut savoir innover, se renouveler. Pour ne pas lasser le public et l’organisateur, le président du Conseil départemental ne manque pas d’idées. « Fin 2017, Christian Prudhomme m’a dit que le Tour pouvait venir en 2019 et 2020. Une fois en début de Tour, une fois en fin de Tour. Il me demande d’y réfléchir avant de se revoir. » La première innovation est de reculer et d’élever encore l’arrivée. Après ceux de 2012, de nouveaux travaux sont entrepris pour allonger la route de près d’un kilomètre avec des pourcentages finaux impressionnants (24% à 26% par endroits). De l’enrobé puis du chemin blanc bien damé avant un final bitumé offrent une nouvelle arrivée à des coureurs proches de terminer à pied. Les images sont saisissantes et La Planche des Belles Filles est désormais ancrée dans la tête des téléspectateurs. La station haut-saônoise devient en peu de temps un classique, un passage attendu du Tour de France et les cyclos sont toujours plus nombreux à venir s’y frotter. Les scénarios diffèrent mais l’intérêt est toujours présent.
Ces réussites donnent d’autres envies à Yves Krattinger. Le site propose deux arrivées possibles mais l’élu haut-saônois imagine une troisième possibilité : « J’avais dans la tête qu’on pouvait faire un contre-la-montre en aménageant la route forestière pour désengorger le sommet. » Quand on s’est revu pour évoquer 2020, Christian Prudhomme m’a dit qu’il viendrait à La Planche à la veille de l’arrivée finale à Paris. C’était une idée que Bernard Thévenet nous avait déjà exposée. Encore une fois, Yves Krattinger n’a pas peur d’entreprendre, de modeler la matière existante pour répondre au besoin d’un Tour de France qui assure à La Planche des Belles Filles une renommée internationale. « Il y a eu beaucoup d’images du Tour mais aussi des Mille étangs, de la chapelle de Ronchamp, des paysages, du patrimoine. »
« Nous avons l’obsession, depuis que je dirige le Tour, d’aller chercher les difficultés en dehors des Alpes et des Pyrénées qui sont incontournables. Nous recherchions une arrivée sélective dans les Vosges. Le Ballon d’Alsace est un nom qui sonne mais, aujourd’hui, ses pentes ne sont plus assez dures. La Planche des Belles Filles offrait ces pentes-là. J’ai vu sur internet la cyclo des 3 Ballons et que la montée la plus rude qu’on indiquait dans les Vosges, c’était ici. » « Lors de sa première rencontre avec Yves Krattinger, Jean-Louis Pagès, alors en charge des lignes d’arrivée, lui a dit au milieu d’un champ : ‘’la caméra sera là et le coureur va sortir dans les sapins. Vous la voyez, l’image ?’’ Or il n’y avait pas de route ! » « On a vu que La Planche des Belles Filles permettait de mettre une hiérarchie. C’est-à-dire que la hiérarchie de La Planche des Belles Filles, c’est la hiérarchie du Tour. »
« On est venu en 2012, 2014, 2017, 2019 et on revient en 2020 en inventant autre chose grâce à Yves Krattinger. On a eu la Super Planche, là ce sera un chrono. Ça a été rendu possible parce qu’il y a eu des aménagements autour de La Planche, la suppression de ce cul-de-sac qui existait jusque-là. Et La Planche des Belles Filles ! Elle a un nom extraordinaire. Ça sonne, même pour les étrangers. La légende qu’il y a derrière, la montée et le fait que dès la première fois, les meilleurs ont émergé avec la première victoire d’étape de Chris Froome dans le Tour de France, c’est fort. Il n’y a pas de raison que ça s’arrête. »
En 2014, au terme d’une étape montagneuse et pluvieuse, Vincenzo Nibali attaque deux fois dans la montée finale. À 15’’, Thibaut Pinot prend la deuxième place en devançant Alejandro Valverde (3e) et Jean-Christophe Péraud (4e). « En 2014, j’avais été un peu déçu de faire deuxième. Je n’avais pas osé suivre Nibali. » En 2017, une échappée matinale est reprise dans l’ascension vers la Planche des Belles Filles. Fabio Aru attaque à 2.400 mètres de l’arrivée et personne ne cherche à l’accompagner. Chris Froome accélère 700 mètres plus loin mais ne revient pas sur le champion d’Italie, vainqueur. Dans la rampe finale, Dan Martin sprinte pour prendre la deuxième place vingt secondes après Aru. Pour Thibaut Pinot, marquée par une quatrième place sur le Giro, son approche du Tour est différente en 2017. Et lorsque La Planche se présente devant lui, il n’a pas encore retrouvé des jambes dignes d’un vainqueur d’étape. Conclusion : 52e au sommet. « Je n’avais pas de jambes, tout simplement. Il n’y a pas de surprise. »
C’est à la Super Planche que se juge l’arrivée en 2019 au bout d’une véritable étape de montagne. Pour la première fois, l’échappée résiste au retour des favoris et Dylan Theuns l’emporte devant Giulio Ciccone. Trois mois plus tard, il y reviendra pour demander sa fiancée en mariage. Dans le groupe de favoris, le raidard final voit Geraint Thomas (4e), Thibaut Pinot (5e) et Julian Alaphilippe (6e) devancer Egan Bernal (12e) notamment. L’an passé, en 2020, il reprend un premier rôle dans le casting du Tour de France. Parmi les favoris, seul Geraint Thomas le devance de quelques mètres sur un site qu’il arpente aussi l’hiver, skis de fond aux pieds. Les autres prétendants à la victoire finale sont derrière lui. En 2020, cette montée a été décisive pour l’issue de la course. Cette année-là, la 20ème et dernière étape de la course avant l’arrivée sur les Champs Élysées à Paris, est un contre-la-montre de Lure à La Planche des Belles Filles, une étape 100% haut-saônoise ! Alors que Primož Roglič est en tête du classement, le jeune Tadej Pogačar a renversé la situation et remporte l’étape, avant d’être officiellement sacré vainqueur le lendemain, inscrivant définitivement ce lieu dans la légende du cyclisme.
Pour avoir grandi à Melisey, à une poignée de kilomètres, Thibaut Pinot connaît parfaitement La Planche des Belles Filles. Chaque changement de pente, chaque virage, chaque mètre n’a plus de secret pour lui. Pourtant, elle et lui ne sont pas forcément copains. « C’est une montée irrégulière », souffle celui qui préfère les longs cols. Si le passage par le col haut-saônois fait souvent partie de ses parcours d’entraînement depuis qu’il est cadet, Thibaut Pinot alterne le bon et le moins bon lors des passages en course, lors du Tour de France. En 2012, pour son premier Tour, il a terminé 15e au sommet. Il savoure cette première arrivée sur des pentes où il avait admiré les champions du Tour de Franche-Comté dans son enfance même s’il imaginait voir son nom un peu plus haut dans le classement. Il se sert de sa déception le lendemain en s’imposant à Porrentruy.
Le Tour de France a rendu la fierté à la vallée. Pour le maire, aucun doute, il y a un avant et un après Tour de France. « Le Tour nous a rendu notre fierté. Les gens portent un autre regard sur notre département. Merci à Yves Krattinger, président du Département, qui s’est montré visionnaire ». Dans la roue des coureurs, la France a découvert des paysages somptueux, loin de l’image de la « Haute-Patate », surnom de la Haute-Saône. Beaucoup sont venus voir. Et pas que des Français. « Des Belges et des Luxembourgeois ont acheté des maisons sur les hauteurs. »