Planche à voile Bic des années 1990 : Caractéristiques techniques et évolution

L'histoire des pratiques sportives a récemment pris de l'ampleur, notamment grâce à l'étude des transformations de leurs usages sociaux. Cependant, le développement des innovations techniques, leurs chronologies et leurs contextes ont été relativement peu étudiés. L'histoire de la planche à voile, bien que récente, n'a pas encore bénéficié de nombreuses contributions scientifiques. La succession des innovations en matière de flotteurs, de gréements, d'accessoires et de vêtements peut sembler simple, mais une reconstitution approximative risque d'être incomplète ou d'ignorer de nombreuses tentatives et tâtonnements qui n'ont pas été retenus dans la genèse chaotique de l'engin.

L'invention de la planche à voile : une révolution sociale, technique et culturelle

L'invention de la planche à voile, tout comme celle de la bicyclette à la fin du XIXe siècle, représente une révolution sociale, technique et culturelle. L'homologie technique est frappante : dans les deux cas, il n'existe pas d'expériences transférables ou proches. Aucun engin préexistant ne permettait d'aller seul sur l'eau et de s'y déplacer debout et rapidement. Joël de Rosnay y voit une filiation avec la glisse et le surf. Cependant, la planche à voile capitalise essentiellement sur l'expérience du dériveur, celle de la verticalité vélique.

La diffusion de la planche à voile en Europe et l'influence des régates Open

En Europe, l'un des principaux bassins de diffusion de la planche à voile fut la Bretagne Sud, autour de l'importateur P. Carn. Jusqu'à la fin des années 1970 en France, le terme "Windsurfer" désignait à la fois un modèle de planche à voile (une marque) et les pratiquants. La fin des années 1970, sous l'influence des "régates Open", fit de la planche à voile un laboratoire d'expérimentations en termes d'architecture, de matériaux et d'accessoires. Toutes les possibilités furent explorées, de l'industrie du plastique à l'artisanat du bois moulé, en passant par l'aluminium. Des marques apparurent spontanément, hors de toute considération de marketing. Certaines correspondaient à la diversification de grands groupes industriels (chimie, plastique, intérim, presse), tels que Sodim, Crit, Tornado, Ligier, Sainval, Océanite, Browning et VSD. Toutes ces marques ont disparu, révélant un intérêt conjoncturel et opportuniste de la part de ces groupes. D'autres marques déclinèrent les savoir-faire de chantiers navals, comme Dufour (qui deviendra Bic), Jeanneau, Feuillette, Alusurf (Wildfire), Fountaine et Pajot, qui avaient déjà investi le secteur du loisir nautique.

L'évolution des techniques et des matériaux

Au cours des années 1970, les utilisateurs étaient autant créateurs que consommateurs. Hormis pour la marque Windsurfer, les stratégies commerciales étaient inexistantes. Les principaux promoteurs de cette époque furent Hervé Borde, Patrice Valton et surtout Guy Ducrot, dont la formation d'ingénieur rompait déjà avec l'empirisme folklorique de la plupart des prototypes. Plus tard, Rénier Dobbleman, Yvon Piegelin, puis Hugues de Turckeim rationalisèrent les prototypes Open. Dans ce contexte d'innovations, des formes et des volumes délirants firent leur apparition : énormités, monstruosités, difformités, protubérances, excavations et boursouflures. Chacun y allait de sa mégalomanie, exercée sur les flotteurs, mais aussi sur les voiles, les dérives et les ailerons. L'arrivée de la jauge mit un frein à ces expérimentations. Ce processus semble général à l'innovation : l'esthétique est d'abord délaissée au profit de la performance, puis une autre génération d'engins intègre, en les épurant, ces avancées. La génération suivante les esthétise et les optimise. La collaboration entre les coureurs et les shapers permit des progrès relatifs aux flotteurs et aux gréements.

La première génération de planches à voile n'avait pas grand-chose à voir avec la glisse : les engins étaient lourds et inesthétiques. Porter le flotteur (qui pesait parfois jusqu'à 30 kg) nécessitait une formation d'haltérophile, et le chariot n'existait pas encore. Les véliplanchistes faisaient donc de nombreux arrêts entre leur véhicule et l'eau. Les plus courageux, dans un mouvement proche de l'épaulé-jeté, soignaient leurs biceps en calant le flotteur sur la nuque ou la tête. Les véliplanchistes étaient épuisés avant même d'être sur l'eau. De plus, il fallait un second voyage pour transporter le gréement, qui comprenait un pied de mât en bois et en inox, un mât en aluminium ou en fibre, un wishbone en teck (pour les Windsurfers) et une lourde dérive en contreplaqué ou en bois massif. Les voiles restèrent blanches dans un premier temps, seul le logo de la marque y apparaissait. Les "packs-écoles" des planches Windsurfers étaient livrés avec des voiles orange. Les premières coupes de voiles étaient plus proches du "spi de vaurien usagé" que des formes actuelles. L'esthétique d'ensemble était très discutable. Le polyéthylène était de mise, avec une finition bosselée approximative. Le gréement était loin d'être élancé et ne constituait pas encore une véritable rupture avec celui des dériveurs. Les laizes des voiles étaient horizontales, ajoutant au sentiment de lourdeur.

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Les premières combinaisons des véliplanchistes étaient empruntées aux plongeurs : noires, épaisses de 6 mm, en deux parties et munies d'une cagoule. Les photographies et les publicités des premiers numéros des revues Planche et Windsurfing présentaient donc une esthétique particulière du véliplanchiste : arc-bouté pour résister à la traction de la voile, il écartait les bras et les jambes le plus possible pour rechercher un semblant de stabilité. La planche à voile empruntait également beaucoup aux dériveurs classiques : la dérive, l'aileron qui, à l'origine, avait une fonction stabilisatrice. Les inventeurs Drake et Schweitzer reconnaissaient aussi un ensemble d'influences, dont celle des "Malibu", évolutions des surfs en bois massif.

L'évolution de la pratique et l'importance du harnais

À ses débuts, la planche à voile était une affaire d'"hommes forts". Les pionniers étaient généralement issus du dériveur et se tournaient vers la planche, car il n'existait quasiment pas d'alternative solitaire. Pendant quelques années, la promotion de la force ne s'accommoda pas d'un accessoire alors jugé superflu : le harnais. Son introduction fut laborieuse, mais elle relégua à la préhistoire la position des bras crochetés sur le wishbone. Sans le harnais, affronter 20 nœuds avec une Windsurfer relevait de la prouesse. C'est d'ailleurs l'argument sécuritaire qui l'imposa, car il permettait la disparition des crampes. Le harnais devint très vite une pièce constitutive de la panoplie des véliplanchistes, au point qu'il est aujourd'hui impossible d'en observer sans ce crochet vital. Cette généralisation induisit une transformation complète de la technique et donc de la posture.

La navigation sur la génération des planches fossiles promouvait une culture de traction sur la voile. Sur les planches de la seconde génération, on passa à une culture motrice de suspension, que permettait le harnais. L'équilibre et le positionnement du centre de gravité étaient essentiellement régulés par les membres inférieurs. Avec l'apparition des matériaux composites, la taille et le poids moyens des engins diminuèrent. L'ère du "light" s'imposa, parfois même jusqu'à l'éthique anorexique : on passa du "paquebot" de 3,90 m et 22 kg à la "fusée" de 2,50 m et 12 kg, que peu de pratiquants réussirent à dompter. À partir de cette inflexion, la pratique de la planche à voile put être qualifiée de sport de glisse.

La démocratisation de la planche à voile et le rapport à l'environnement

Les écoles de voile proposèrent des stages de planche sur le modèle de la "filière voile" de l'époque : pratique et théorie de la poussée vélique s'avérèrent bien vite antinomiques de la culture du plaisir immédiat permis par des engins que l'on croyait accessibles. C'est ainsi que les écoles de voile devinrent, au début des années 1980, des centres nautiques, favorisant la démocratisation autant que la diffusion d'une "culture nautique". Cependant, le pas de l'autonomie ne fut jamais franchi avec la Fédération Française de Voile. L'influence de la planche à voile (et du fluo) alla grandissante dans la société, davantage qu'au sein des institutions sportives. Elle permit l'introduction de la couleur dans des milieux sportifs éminemment conservateurs, comme le tennis et le cyclisme. La sportivisation de l'activité favorisa également les innovations technologiques. Le recours successif aux fibres composites pour les flotteurs comme pour les voiles se diffusa de la planche vers le nautisme traditionnel : carbone, mylar et autres kevlar, puis monofilm, firent d'abord leurs preuves sur des modèles de taille modeste.

Le prix d'une planche à voile est resté relativement stable au fil des ans par rapport à d'autres engins de loisir. Cependant, l'ensemble des activités nautiques demeurent particulièrement onéreuses. Diverses propositions favorisent pourtant leur accessibilité. La question complexe de la démocratisation des pratiques nautiques doit intégrer celle, déjà délicate, des coûts, mais également celle des "jeux sociaux" et celle, culturelle, du rapport au milieu.

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Le facteur culturel concerne le rapport au "milieu naturel" et à l'environnement. Un divorce fut rapidement consommé entre une formation "maritime" puis sportive, et une formation ludique et sportive, où, dans le meilleur des cas, le milieu est appréhendé par essais-erreurs successifs. La météorologie, les marées, les courants et la sécurité peuvent ainsi être considérés comme des phénomènes accessoires (ou négligés) par de nouvelles générations de pratiquants, jeunes et adultes. Cela explique en partie les accidents. Les véliplanchistes sont souvent dénigrés, comme le sont en montagne les surfeurs des neiges. Ces critiques sont également à entendre dans la double compétition que se livrent les générations entre elles, mais surtout celle des groupes sociaux entre eux. Il en va de l'accès à la mer et de l'appartenance au monde maritime.

BIC Sport : un acteur majeur de l'industrie nautique

BIC Sport est une marque qui appartient à une catégorie très particulière, car elle est capable de fabriquer jusqu'à 6 types de produits nautiques différents. Des SUP aux planches de surf, en passant par les kayaks à coque dure et gonflables, les dériveurs et les planches à voile, BIC peut tout faire. BIC Sport a été fondée à Vannes, en Bretagne, en 1979. En l'espace d'un an seulement, ils ont lancé leur premier produit, une planche à voile appelée Dufour Wing. Entre 1990 et 2000, la renommée de la planche à voile a lentement décliné, tandis que d'autres sports de glisse comme le surf et le snowboard ont commencé à attirer des foules plus importantes. Cela a poussé BIC à élargir son catalogue et, en 1994, la firme a acquis Tiga, une marque spécialisée dans les planches de surf sportives. Ce n'est qu'en 2002 que BIC a sorti son premier kayak de sport, le Bilbao, qui est un kayak sit-on-top. Fort de cette nouvelle motivation, BIC a pu proposer les dernières innovations dans le domaine des sports nautiques. Parmi ses réalisations les plus remarquables, citons la création de son dériveur et le lancement de son premier standup paddleboard (SUP).

Les planches à voile Bic dans les années 1990

Dans les années 1990, BIC était l'un des principaux fabricants de planches à voile. La marque proposait une large gamme de modèles pour différents niveaux de pratique, des planches pour débutants aux planches de compétition.

Caractéristiques techniques générales des planches à voile Bic des années 1990 :

  • Matériaux : Les planches étaient généralement construites en polyéthylène, un matériau résistant et durable, adapté à la production en grande série.
  • Dimensions : Les dimensions variaient en fonction du modèle et du niveau de pratique. Les planches pour débutants étaient plus larges et plus longues, offrant une meilleure stabilité. Les planches de compétition étaient plus étroites et plus courtes, favorisant la maniabilité et la vitesse.
  • Volume : Le volume, exprimé en litres, déterminait la flottabilité de la planche. Un volume plus important permettait de supporter un poids plus élevé et facilitait le planing.
  • Forme de la carène : La forme de la carène (la partie inférieure de la planche) influençait le comportement de la planche sur l'eau. Les carènes plates favorisaient le planing, tandis que les carènes en V amélioraient la maniabilité.
  • Équipement : Les planches étaient équipées d'une dérive (pour la remontée au vent), d'un aileron (pour la stabilité et la direction), d'un pied de mât (pour fixer le gréement) et de straps (pour caler les pieds).

Quelques modèles de planches à voile Bic des années 1990 :

  • Bic Dufour Wing : La première planche à voile lancée par BIC.
  • Bic Astro Rock : Une planche polyvalente adaptée aux débutants et auxConfirmés.
  • Bic Techno 133 : Une planche plus récente, conçue pour le planing et le jibe.

Conseils pour améliorer sa pratique de la planche à voile

  • Réglages : Maîtriser les réglages de sa planche (position du pied de mât, étarquage de la voile) est essentiel pour optimiser ses performances.
  • Conditions de vent : Choisir une voile adaptée aux conditions de vent est crucial pour planer et jibber facilement.
  • Cours : Prendre des cours avec un moniteur qualifié permet d'acquérir les bases techniques et d'améliorer sa navigation.
  • Matériel : Investir dans du matériel de qualité (mât, wishbone) peut améliorer le confort et les performances.

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