L'Assemblée Nationale, souvent perçue comme un lieu austère où se déroulent des débats parlementaires, recèle des histoires fascinantes et parfois surprenantes. Wally Bordas, journaliste parlementaire au Figaro, lève le voile sur ces récits méconnus dans son ouvrage "Histoires secrètes de l'Assemblée nationale", publié aux Editions du Rocher. À travers les archives de presse, les notes des sténographes, les secrets et les épisodes oubliés, il dévoile une facette inattendue du Palais Bourbon et de la politique française.
Un Palais chargé d'histoire
Le Palais Bourbon, construit initialement pour Louise-Françoise de Bourbon, fille de Louis XIV et de Madame de Montespan, a connu une histoire mouvementée. Les murs ornés de dorures ont été témoins d'événements marquants, parfois sombres.
L'attentat anarchiste de 1893
En décembre 1893, l'hémicycle est secoué par l'explosion d'une bombe lancée par un anarchiste, Auguste Vaillant. L'engin, rempli de ferraille et de clous, blesse une cinquantaine de personnes. Malgré le chaos, les députés reprennent la séance une demi-heure plus tard, en signe de résistance. Cet attentat entraînera l'adoption de lois anti-anarchistes visant à interdire la diffusion de la pensée contestataire.
La crue centennale de 1910
En janvier 1910, les eaux de la Seine envahissent le Palais Bourbon lors d'une crue historique. La cour intérieure se transforme en lac, et les sous-sols sont submergés. Certains députés sont même contraints de se réfugier sur le socle de la statue de la Loi. Malgré les difficultés, l'Assemblée refuse d'interrompre ses travaux, aménageant des passerelles et installant des poêles pour maintenir l'activité.
L'occupation nazie
Pendant l'occupation allemande, l'Assemblée nationale devient le symbole de la défaite française. Les nazis installent un immense "V" de "victoire" sur le fronton et y accrochent une banderole proclamant "L'Allemagne gagne sur tous les fronts". Le 19 juillet 1940, un buste d'Hitler est placé dans l'hémicycle, où des drapeaux à croix gammée sont déployés. Un discours du Führer est retransmis par radio. Le Palais Bourbon sera libéré en août 1944 par Philippe de Gaulle, fils du Général.
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Un cachot pour les députés récalcitrants
À la fin du XIXe siècle, la IIIe République ne plaisantait pas avec les députés récalcitrants. Léon Armand Charles de Baudry d'Asson, un royaliste qui interrompait fréquemment les débats, fut exclu pour quinze séances et enfermé dans un cachot du Palais Bourbon. Cette pièce, sommairement meublée et sans chauffage, est aujourd'hui un bureau utilisé par le service de communication du groupe Renaissance.
Figures et anecdotes marquantes
Outre les événements historiques, l'Assemblée nationale a été le théâtre de scènes pittoresques et a vu passer des figures hautes en couleur.
Madeleine Braun, pionnière au Perchoir
Le 30 juillet 1946, Madeleine Braun, ancienne résistante, devient la première femme à présider les débats de l'Assemblée nationale. Cette avancée est accueillie avec un certain sexisme par la presse de l'époque, qui ironise sur la capacité d'une femme à "empêcher les bavards de parler".
Félix Kir, le député en soutane
Félix Kir, chanoine et maire de Dijon, est élu député en 1945. Il siège en soutane et se fait connaître pour son amour du vin blanc cassis, qu'il popularise auprès de ses collègues. Cet apéritif, d'abord appelé "rince-cochon", prendra finalement le nom de "kir" en son honneur.
Duel à l'épée
En 1967, un duel à l'épée oppose Gaston Defferre à René Ribière, témoignant d'une époque où les conflits politiques pouvaient se régler de manière inattendue.
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Propos homophobes lors du débat sur le PACS
Lors de la discussion du projet de loi sur le Pacte civil de solidarité (Pacs), le député Michel Meylan tient des propos virulents à l'égard des homosexuels, illustrant les tensions et les clivages qui traversaient la société française.
Les trésors cachés du Palais Bourbon
Les sous-sols du Palais Bourbon abritent une chambre forte où sont conservés des documents et objets inestimables, témoins de l'histoire de France. Parmi ces trésors, on trouve :
- Une bible du IXe siècle
- Les minutes du procès de Jeanne d'Arc
- Un codex aztèque
- Des manuscrits de Jean-Jacques Rousseau
- L'acte d'abdication de Napoléon
- Le pistolet avec lequel Gambetta s'est blessé
- Des affiches révolutionnaires
- Le procès du roi Louis XVI
- L'original du serment du Jeu de Paume
Ces collections, qui s'étendent sur douze kilomètres de rayonnages, sont conservées dans des conditions de température et d'humidité contrôlées.
L'ouverture au public : vers un "parlementarium" ?
Plusieurs députés ont proposé d'ouvrir une partie du Palais Bourbon au public, avec la création d'un "parlementarium". Cet espace, qui pourrait occuper entre 700 et 3 000 mètres carrés du sous-sol, permettrait aux visiteurs de découvrir les trésors historiques du Palais Bourbon et de mieux comprendre le fonctionnement de l'Assemblée nationale. L'objectif est de faire du Palais Bourbon une "maison du peuple" accessible à tous, à l'instar des parlements d'autres pays démocratiques.
La salle de sport : un lieu de détente et de sociabilisation
L'Assemblée nationale dispose également d'une salle de sport, située dans une dépendance du Palais Bourbon. Cet espace, fréquenté par les fonctionnaires, les collaborateurs parlementaires et même certains députés, offre un lieu de détente et de sociabilisation. On y trouve des équipements de musculation, des vélos, des tapis de course, ainsi qu'une salle dédiée à l'escrime. Des cours collectifs de renforcement musculaire et de zumba sont également proposés.
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L'accès à la salle de sport est parfois source de polémiques, comme l'a montré l'affaire Benalla, qui avait justifié sa possession d'un badge d'entrée à l'Assemblée par sa fréquentation de la salle de sport.
Le sport et les ministères : entre nécessité et rumeurs
Si l'Assemblée nationale dispose d'une salle de sport, la situation est plus variable dans les différents ministères. Certains, comme le ministère de la Défense, possèdent une piscine souterraine, tandis que d'autres, comme le ministère des Affaires étrangères, ne disposent d'aucun lieu dédié à l'activité physique.
Le ministère de l'Intérieur dispose d'une salle de sport au sous-sol, mais son accès est payant et sa taille limitée. Le ministère des Affaires sociales, quant à lui, dispose d'une grande salle bien équipée.
Matignon semble abriter le "meilleur spot" de la République, avec une salle de sport bien équipée et baignée de lumière naturelle. Manuel Valls et Édouard Philippe, adeptes de la boxe, y ont régulièrement pratiqué leur sport favori.