La nage papillon, la plus récente des nages codifiées reconnues par la Fédération Internationale de Natation Amateur (F.I.N.A.), est née de l’imprécision du règlement de la brasse. Des gravures antiques suggèrent que la brasse papillon pourrait avoir des origines très anciennes, son mouvement ondulant rappelant la locomotion des poissons.
Origines et évolution de la brasse papillon
L'histoire de la nage papillon est liée à celle de la brasse. En 1926, un nageur allemand, Erich Rademacher, trouva plus efficace de ramener les bras au-dessus de l'eau lors de la brasse. Cette technique, appelée « brasse papillon », devint de plus en plus populaire dans les années 1930. Cette nouvelle forme de brasse était plus rapide, mais aussi plus exigeante physiquement. Le règlement évoluant, les courses de brasse se sont divisées en deux catégories : la « brasse classique » avec retour des bras sous l'eau et la « brasse papillon ».
À partir de ce moment, les nageurs et les entraîneurs ont cherché des moyens d'améliorer la vitesse en brasse papillon. Le coup de pied de brasse, jugé trop freinant, a été progressivement abandonné au profit d'un mouvement de jambes de type dauphin.
La reconnaissance officielle du papillon
En 1952, aux Jeux olympiques, tous les concurrents du 200 mètres brasse ont utilisé la technique de la brasse papillon. Suite à ces Jeux, la fédération a décidé de créer un nouveau style de nage : le papillon. En 1953, le papillon est apparu officiellement comme une nouvelle nage. Le Hongrois Tembeck a perfectionné le papillon en introduisant une ondulation au niveau des jambes, utilisant la technique du dauphin.
La réglementation de la nage papillon n'impose pas le mouvement de jambes ondulatoire ni le ciseau, mais interdit les mouvements alternatifs. Le mouvement de dauphin s'est rapidement imposé comme la propulsion favorite en raison de son efficacité. Bien que la forme globale du dauphin était connue avant son utilisation en papillon, elle ne pouvait être utilisée qu'en nage libre.
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En 1956, les courses de papillon-dauphin ont fait leur entrée aux Jeux olympiques, avec des techniques variées, notamment dans l'utilisation des jambes et le rythme de la nage.
Améliorations techniques et efficacité
Dans les années 1980, des améliorations significatives ont été apportées à la technique des ondulations. Le retour aérien des bras est devenu plus efficace, augmentant l'amplitude du mouvement et diminuant la résistance à l'avancement.
L'évolution des nages se fait d'abord pour des raisons de sécurité, afin de maintenir la tête hors de l'eau, puis dans un but de performance. Les nageurs et leurs entraîneurs recherchent continuellement les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les quatre nages.
Les autres nages olympiques : brasse, crawl et dos
La brasse
La brasse est une nage occidentale dont l'origine remonte à l'Antiquité. Elle a d'abord été motivée par des besoins utilitaires, inspirée par l'instinct de conservation. À la fin du XIXe siècle, la brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb a contribué à la réputation de la brasse comme nage d'endurance en traversant la Manche à la nage en 21 heures et 45 minutes.
La brasse anglaise se nageait sur le côté avec les bras alternés, le retour restant sous l'eau. Cependant, elle était critiquée pour sa lenteur. La brasse allemande à trois temps, plus efficace, a rapidement remplacé la brasse anglaise à quatre temps. La Française Cartonnet a ramené les mains hors de l'eau vers 1935 pour limiter la résistance.
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Aux Jeux olympiques de Rome, l'Américaine Jastremski a amélioré ses temps grâce à une technique coudes hauts, genoux serrés, transformant le coup de pied en ciseau avec les jambes en « W ». À Munich en 1972, les nageurs de l'ex-URSS ont introduit un style ondulé en brasse, autorisé par le règlement. L'immersion totale de la tête a été autorisée en brasse en 1986.
Le crawl
La recherche de performances et l'absence de réglementation des nages ont conduit à l'apparition de nouvelles techniques plus efficaces. La FINA ne réglemente pas le crawl, mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins ont rapporté de nouvelles techniques des Antilles, de Somalie et des îles du Pacifique, empruntées aux populations indigènes.
La respiration latérale en brasse a permis d'améliorer la vitesse, mais la poussée des jambes en brasse est devenue incompatible avec l'inclinaison du corps et s'est transformée en ciseaux de jambes. C'est la technique de l'« english side stroke », inventée vers 1840. Le retour des bras, réalisé sous l'eau en brasse, a été modifié pour réduire la résistance.
Vers 1880, Trudgen a repositionné le nageur en position ventrale pour permettre un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgeon » a été adopté car il était plus rapide que l'« over arm stroke » sur les courses de vitesse. La greffe des ciseaux de jambes de brasse a donné naissance au « double over arm stroke » en Australie.
En 1893, les frères Wickham ont transformé l'action des jambes en battement, inspirés par les habitants des îles Salomon. Les frères Cavill ont popularisé cette technique. En 1902, Richard Cavill a battu le record du monde du 100 yards en nageant en crawl. En 1906, Tartakover a impressionné en France avec cette nouvelle technique, initialement appelée « Tartakover », puis « crawl ».
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À partir de 1900, il y avait trois épreuves en compétition : la brasse, le dos et la nage libre. Le crawl, n'ayant jamais été codifié, est en constante évolution. En 1922, Johnny Weissmuller a confirmé la suprématie du crawl, et Gertrude Ederle a traversé la Manche en 1926 en utilisant le crawl. Le crawl est rapide et économique car il résout les problèmes respiratoires.
En France, les nageurs ont maîtrisé le crawl en endurance, avec des records du monde détenus par des Français en 1931, 1946 et 1947. En 1952, Jean Boiteux a été sacré champion olympique du 400m nage libre à Helsinki. Dans les années 1960, les coordinations se sont différenciées entre le sprint et le demi-fond. Les Australiens ont dominé les épreuves de crawl aux Jeux olympiques de Melbourne en 1956.
En 1963, la fin de l'obligation de toucher le mur avec la main a entraîné une chute des records. En 1976, Mongoméry est devenu le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl. Les techniques et coordinations du crawl se sont multipliées, avec des innovations comme la coordination en semi-rattrapé et le « crawl boiteux ». Le corps oscille autour de l'axe horizontal pour augmenter l'amplitude de la nage.
Le dos
L'origine du dos est ancienne, son principal avantage étant de maintenir le visage hors de l'eau. En 1907, la première épreuve de dos est apparue aux championnats de France, avec la technique du « dos brassé ». Aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912, Hebner a utilisé une technique dorsale inspirée du « Trudgen », appelée « Dos trudgen ».
Dans les années 1920, le battement de jambes est apparu, notamment grâce aux nageurs japonais, donnant naissance au « Dos crawlé ». Les évolutions suivantes ont concerné les oscillations et les virages. Avant 1920, les nageurs effectuaient un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Dans les années 1930, trois techniques coexistaient, dont le virage Kiefer, une technique de culbute.
En 1991, la possibilité de toucher le mur avec n'importe quelle partie du corps a été autorisée, et en 1994, le passage sur le ventre avant la rotation. La culbute actuelle, appelée « roll over turn », a été inventée. À Séoul en 1988, Berkoff et Suzuki ont réalisé d'excellentes performances grâce aux ondulations sous-marines.
L'histoire de la natation aux Jeux olympiques
La natation est l'un des sports les plus regardés lors des Jeux olympiques d'été, et c'est le sport aquatique de tous les records. Lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, la compétition se déroulera à Paris La Défense Arena, ainsi que les épreuves de para natation des Paralympiques 2024 à partir du 29 août.
Au départ, seule la brasse était pratiquée. La discipline compte aujourd'hui quatre nages phares : le papillon, le crawl, le dos crawlé et la brasse. Les premières courses olympiques se sont déroulées en milieu naturel avant de se tenir dans une piscine à partir de 1908, aux Jeux olympiques de Londres.
Les épreuves de para natation se dérouleront du 29 août au 7 septembre 2024, au Paris la Défense Arena. La para natation a débuté aux Jeux paralympiques en 1960 à Rome, permettant aux athlètes handicapés de concourir à un haut niveau. Les compétitions sont divisées en classes de handicaps (S1 à S14) en fonction des limitations physiques, visuelles ou intellectuelles des nageurs.
Lors des Jeux olympiques d'été, la natation se pratique dans un bassin olympique de 50 mètres de long. Le palmarès olympique de la natation est dominé par les États-Unis, qui détiennent plus de 250 médailles d'or.
La natation, en tant que pratique et compétition, a une histoire riche qui remonte à l'Antiquité. Elle est l'une des compétences les plus anciennes de l'humanité, pratiquée pour la survie, la guerre et le loisir. Des preuves archéologiques montrent que la natation était pratiquée il y a plus de 7000 ans.
Dans l'Antiquité, la natation était souvent associée à des rituels religieux et à l'hygiène. Les Grecs et les Romains construisaient des bains et des piscines pour l'éducation physique et les loisirs. Au Moyen Âge, l'intérêt pour la natation a décliné en Europe, souvent considérée comme inappropriée ou dangereuse.
La natation moderne a commencé à prendre forme au XVIIIe siècle. En 1837, la National Swimming Society a été fondée en Grande-Bretagne, organisant des compétitions de natation dans la Tamise. La natation a été introduite dans les Jeux olympiques modernes dès leur renaissance en 1896 à Athènes, mais seulement pour les hommes. Les femmes ont dû attendre 1912 pour concourir.
Au fil des années, les techniques de natation ont évolué. La nage en crawl, originaire d'Amérique du Sud, a été introduite dans les compétitions internationales au début du XXe siècle. Elle a révolutionné les styles de natation avec sa rapidité et son efficacité.
Aujourd'hui, la natation est l'un des sports les plus populaires au monde, avec des millions de pratiquants pour la santé, le loisir ou la compétition. À l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024, la natation est prête à être l'un des événements phares, attirant l'attention du monde entier.
Depuis son inclusion aux premiers Jeux olympiques modernes en 1896 à Athènes, la natation a évolué de manière spectaculaire. Les débuts étaient modestes, avec des épreuves en pleine mer. Les Jeux de Londres en 1908 ont marqué un tournant avec l'introduction de la piscine. Les bassins olympiques modernes mesurent 50 mètres de long, avec des couloirs et des dispositifs anti-vagues pour améliorer les performances.
Aujourd'hui, la natation olympique comporte 34 épreuves, réparties entre hommes et femmes, couvrant une variété de styles et de distances.
Les légendes de la natation olympique
La natation olympique a vu émerger de nombreux champions et moments inoubliables, tels que :
Michael Phelps (USA) : L'athlète le plus titré de l'histoire olympique avec 23 médailles d'or.
Mark Spitz (USA) : A remporté sept médailles d'or aux Jeux de Munich en 1972.
Katie Ledecky (USA) : Dominatrice des épreuves de longue distance depuis les Jeux de Londres en 2012.
Léon Marchand : un espoir français
Léon Marchand, fils d'un ancien nageur olympique, est un espoir français pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Spécialiste des quatre nages, il a remporté trois médailles d'or aux Championnats du monde de natation en juillet 2023 au Japon. Entraîné aux États-Unis par Bob Bowman, qui a également coaché Michael Phelps, Léon Marchand se prépare à marquer l'histoire de la natation française.
Aux Jeux olympiques de Paris 2024, Léon Marchand a réalisé un doublé en remportant le 200m papillon et en s'attaquant à la finale du 200m brasse. Son succès au 200m papillon, avec un nouveau record olympique, a été salué comme un moment dantesque.
Michael Phelps : une légende inégalée
Michael Phelps, souvent considéré comme le plus grand olympien de tous les temps, a accompli des prouesses inégalées. Sa carrière est marquée par la multiplication des médailles, avec un record de 28 médailles olympiques, dont 23 en or. Aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, il a transformé une course perdue en une victoire étourdissante, remportant huit titres olympiques.
Phelps a commencé la natation grâce à sa mère, soucieuse de sa sécurité. Il a été diagnostiqué avec un trouble de déficit de l'attention et a trouvé dans la natation un moyen de se canaliser. Son corps, parfaitement adapté à la natation, combiné à un entraînement rigoureux sous la direction de Bob Bowman, a fait de lui un champion unique.