De retour de justesse des États-Unis avant le début du confinement, Philippe Naud est revenu sur son titre de vice-champion du monde Para Surf décroché à la Jolla en Californie. Ce parcours exceptionnel, teinté de résilience et de détermination, révèle non seulement une performance sportive de haut vol mais aussi la force d'un homme profondément ancré dans son île et soutenu par une équipe dévouée. L'histoire de Philippe Naud est à la fois glaçante, remarquable et inspirante, un témoignage éloquent de la capacité à se relever et à exceller face à l'adversité. Restaurateur et surfeur iconique de l’île d’Yeu, il a su, après un accident de moto qui lui a coûté sa jambe gauche, hisser le drapeau français sur le podium de nombreuses compétitions internationales de surf, faisant ainsi la fierté de sa famille, de son île, mais aussi de tout un pays. Il nous a également annoncé qu'une vidéo immersion réalisée par la Fédération Française de Surf devrait voir le jour d'ici peu, promettant de dévoiler davantage sur cette aventure humaine et sportive.
Le Récit d'une Compétition Mémorable à La Jolla
Les Championnats du monde Para Surf à La Jolla ont été le théâtre d'une performance remarquable pour Philippe Naud, qui y participait pour la troisième fois. « L'année dernière, je n'avais même pas passé les phases de qualifications, donc j'étais encore un peu frustré », confie-t-il, soulignant la progression significative de cette édition. Cette année, l'approche était différente : « j'étais mieux préparé, mentalement et physiquement. Plus serein. » L'anticipation était également palpable, car il savait qu'il allait arriver dans « une équipe de France plus complète que les autres années, avec des personnes que je voulais revoir, et aussi de nouvelles têtes. J'avais hâte ! »
Le sentiment après avoir décroché un titre de vice-champion du monde est souvent complexe. « Sur le coup tu ne te rends pas vraiment compte, il y a encore des coéquipiers qui n'ont pas fini leur série, alors que toi tu sors de l'eau et toute l'équipe te saute dessus », décrit Philippe. La pleine réalisation de l'exploit survient généralement plus tard : « J'ai réalisé le soir, quand j'ai eu les retours et les félicitations de toute l'équipe. C'est à ce moment-là que j'ai ressenti de la joie avec un peu de fierté. » Le retour en France a été « particulier », marqué par l'impossibilité de fêter son titre avec les amis et la famille dans l'immédiat, mais cela n'entame en rien son bonheur : « Mais je suis très heureux de ma performance… Pour le reste on se rattrapera plus tard ! »
La Préparation Ciblée, la Stratégie Affûtée et les Conditions Particulières de Course
Contrairement à une préparation très structurée, l'approche de Philippe Naud avant la compétition relevait davantage d'une pratique assidue et d'un entraînement ciblé, intégrant les spécificités de son handicap. « Non pas vraiment. J'essayais de surfer tous les jours sur l'île après la saison (Philippe habite à l'Île d'Yeu), même quand c'était pourri, ne serait-ce qu'une heure », explique-t-il. Pour améliorer ses transferts d'appuis, un point où il rencontre des difficultés en raison de son handicap, il s'est vu offrir une Indoboard et des élastiques de musculation. Bien qu'il ne fût « pas très assidu », il reconnaît que « ça m'a bien aidé au final. » Le soutien de ses proches est également essentiel : « Et puis j'ai un ami qui ne me lâche pas, Antoine Delonde de la Tranche-sur-Mer. On a organisé quelques jours de training surf et Smoothstar, du débriefing vidéo, de la piscine… »
Philippe Naud concourt dans la catégorie Stand 2, une classification spécifique et récemment ajustée pour l'équité. La catégorie Stand 2 regroupe les personnes qui surfent debout avec une amputation en dessous du genou. Les organisateurs ont récemment modifié toutes les catégories pour que ce soit plus équitable. Cette révision a été bénéfique pour Philippe : « L'année dernière, par exemple, je concourais avec des surfeurs ayant une amputation d'un membre supérieur. Ces championnats étaient plus juste au niveau de ma catégorie. »
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Les conditions de surf à La Jolla sont souvent connues pour leurs petites vagues, et cette édition n'a pas fait exception. « Bon… La Jolla… on commence à avoir l'habitude de ses petites vagues ! Mais cette année c'était particulièrement petit », remarque Philippe. Habitué à des vagues plus conséquentes sur son île, il a dû s'adapter : « Je suis habitué à surfer du reef avec un peu de taille sur mon caillou… Heureusement que j'avais ma 7 pieds pour ce genre de vagues. J'ai surfé uniquement cette planche et elle m'a emmené en finale. »
La demi-finale et la finale ont été marquées par des scénarios de dernière minute, où la stratégie a joué un rôle prépondérant. Une nouveauté cette année, l'introduction des priorités, a profondément influencé le déroulement des séries. « Je n'étais pas forcément habitué à surfer avec, mais j'avais bien compris les règles et toute la stratégie qui pouvait en découler », explique Philippe. En demi-finale, la situation était tendue : « je savais que je n'avais plus le temps de récupérer la priorité, il restait à peine une minute. Du coup je me suis complètement écarté du pic, en espérant l'arrivée d'une dernière vague. Elle a fini par arriver, j'ai scoré, et je suis passé second devant le Japonais juste avant le buzzer ! » Un coup de maître qui lui a ouvert les portes de la finale.
La finale fut d'une tout autre teneur et se jouait aussi sur des choix stratégiques audacieux. « Pour la finale c'était complètement différent. J'étais tout seul sur mon pic, à la limite de la zone de compétition. Une stratégie élaborée avec Régis Blanchard (CTN et membre du staff), et ça a payé ! », raconte-t-il. Malgré la difficulté à entendre les scores dans l'eau, il sentait qu'il était en dernière position et qu'il devait « tout donner sur la dernière. » Le team manager de l'équipe de France, Serge Lougarot, présent sur place, avait d'ailleurs noté les difficultés initiales : « Il se dit que Philippe Naud s’est qualifié vendredi après avoir eu « du mal à entrer dans sa série » selon le team manager de l’équipe de France Serge Lougarot présent sur place. Car malgré la priorité acquise dès la première minute, il lui a été difficile de trouver la bonne position pour prendre des vagues. » Néanmoins, Philippe passait en finale en prenant la deuxième place qualificative, non sans s'être « un peu fait peur ». Ce n’est qu’à 10 minutes du buzzer que Naud a finalement trouvé une vague correcte sur laquelle il prend un 7,10 pts qui le remet dans la course à la finale. Mais lors de la finale elle-même, après avoir renversé la situation dans les derniers instants de l'ultime série pour aller décrocher la médaille d'argent l'an dernier, Philippe Naud a cette fois commis une petite erreur qui lui a coûté une nouvelle breloque du même métal. « C’est une très belle performance de Philippe », note Serge Lougarot. « Il confirme sa présence parmi les tous meilleurs de la discipline. Il était deuxième de la finale avec ses deux bons scores, et n’avait plus qu’à contrôler Nachmann Balulu, le second israélien de la finale, pour conserver sa place. Il a malheureusement commis une erreur en ramant sur une vague que Klang voulait prendre. » Philippe explique lui-même : « Cette finale était trop stratégique avec le système de priorité. J’ai eu deux belles vagues puis je n’ai pas du tout fait attention à Adi Klang, je ne pensais pas qu’il partait, je prends donc cette interférence. Et je passe de la 2e à la 3e place, je suis un peu dégoûté. Mais bon, ce n’est finalement pas si grave. »
L'Esprit d'Équipe et le Soutien Fédéral : Les Piliers de la Réussite
Le succès en compétition internationale repose également sur une organisation sans faille et un soutien d'équipe. « Nous sommes arrivés quelques jours avant le début des épreuves ce qui nous a permis de surfer tous les jours et de découvrir le spot », souligne Philippe Naud. Cette phase d'adaptation était cruciale, car « certains ne le connaissaient pas donc c'était très important. » Pendant la compétition, le staff a joué un rôle primordial : « Durant la compétition, nous avons toujours eu de bons conseils du staff : stratégie avant les séries, analyse du spot, choix de planche… Des éléments essentiels surtout dans ces conditions. Un débriefing collectif avait lieu chaque soir. »
La performance de l'équipe de France a été remarquable, se maintenant à la 5ème Nation mondiale, comme l'année précédente. Cependant, Philippe estime que le potentiel était encore plus grand. « Au vu du nombre d'athlètes et de la motivation de cette équipe de France, on aurait pu largement se hisser sur le podium », déclare-t-il. Il ajoute qu'« Il y a eu quelques contre-performances de certains athlètes. Ils auraient tellement mérité d'aller plus loin, c'est dommage. » Ces championnats ont été marqués par un contexte particulier, lié aux incertitudes du confinement imminent. « Tout au long du séjour, on ne savait pas si on allait pouvoir aller jusqu'au bout de la compétition donc imaginez le stress », se souvient Philippe. Heureusement, « il régnait au sein de l'équipe une motivation et une bonne humeur qui nous faisait oublier tout ça. » Le rôle du capitaine a été essentiel pour maintenir le moral des troupes : « Merci à notre capitaine Éric Dargent d'avoir fédéré et soutenu toute l'équipe durant le voyage. » Cette cohésion a eu un impact direct sur les résultats individuels : « Avec une ambiance et une énergie comme celle-ci, je pense que c'est de loin ma meilleure compétition au sein de l'équipe de France. Cela s'est forcément répercuté sur mon résultat. »
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Le Parcours Inspirant de Philippe Naud : Renaître par l'Océan
L'histoire de Philippe Naud est celle d'une transformation radicale, d'une résilience hors du commun. « Il se dit que la vie se divise en chapitres. Quand l’un d’entre eux se termine, une page se tourne et l’histoire continue », médite Philippe. Son accident de moto, qui lui a fait perdre sa jambe gauche, a marqué un tournant brutal dans sa vie. « Après mon accident, j’avais un pied complètement en vrac et on m’a dit que ma cheville resterait bloquée à vie. Sauf que moi je voulais pouvoir marcher, courir, surfer et faire tout ce que je faisais jusqu’ici. » Confronté à un choix difficile, il a rencontré de nombreux spécialistes qui lui ont dit : « si tu veux récupérer un maximum de tes capacités, il faut amputer. » Ce qu’il décida de faire. « C’était assez compliqué », nous confie-t-il, « mais j’étais prêt à prendre le risque. » S'en sont suivis des mois de rééducation, parsemés de déceptions et de remises en question, mais aussi d'une « sacrée dose d’espoir », notamment grâce à l'intervention d'un homme providentiel, le prothésiste nantais Silvio Bagnarosa.
Silvio Bagnarosa a joué un rôle clé dans la renaissance de Philippe. « Tous les prothésistes n’étaient pas d’accord sur le fait que je puisse surfer. Ce n’est pas très bon de mettre de l’eau salée dans le mécanisme », se souvient Philippe. Mais Silvio, « plutôt du genre à relever les défis », lui a dit l'inverse : « On peut tout faire avec des prothèses. Même si tu vas dans l’eau avec et qu’elles s’usent, je te les changerai au fur et à mesure. Je te ferai remonter sur une planche dans deux mois. » Un véritable « prothésiste en or, pour qui il hors de question de dire « vous allez devoir arrêter de faire ci ou ça ». Il me soutient depuis le tout début, il m’a fait renaître. » Et à quelques mois près, Bagnarosa tint sa promesse. « Il m’aura finalement fallu six mois pour remonter sur une planche », confie Philippe, une étape majeure vers sa nouvelle vie.
L'Entrée dans le Monde du Para Surf Compétitif : Une Ascension Fulgurante
Après sa rééducation, Philippe a abordé le surf avec prudence. « J’y allais doucement au début. Je participais simplement à des initiations de para-surf. » C'est lors d'une de ces initiations qu'un événement a fait basculer son parcours. Un jour, « il y avait Jean-Marc Saint Geours dans le public. Il est le fondateur et le chargé du développement de l'Association Nationale Handi Surf. Il vient me voir et me demande « Ça ne te brancherait pas de faire de la compétition ? » » Bien que la compétition n'ait jamais été son objectif premier (« Ça n’a jamais été mon truc jusqu’ici »), sa réponse fut ouverte : « Euh, oui, pourquoi pas ! »
L'ascension de Philippe dans le monde du para surf a été fulgurante. « Quelques mois après, j’enfilais un lycra pour la première fois et je terminais deuxième aux championnats de France. Deux mois après je décollais pour les États-Unis pour participer aux mondiaux. Je suis arrivé jusqu’en demi-finale. Tout est allé très vite. » Il se souvient de cette première expérience aux Mondiaux Stance 2017 de para surf, qui se sont déroulés sur le spot de La Jolla Shore, à San Diego. Là-bas, 109 athlètes, en provenance de 26 nations, étaient en compétition. « Tout est arrivé un peu par hasard, s'étonne encore Philippe Naud. Depuis juin, tout s'est accéléré. J'hallucine d'être là, avec les palmiers, les 26°, cette bonne ambiance. C'est une expérience de dingue. » Après son titre de Vice-champion de France 2017 à Hossegor, l'athlète a d'abord été qualifié pour les quarts de finale AS-1, à l'issue de la 2e journée de qualifications, pour finalement se hisser à la 7e place, un beau score. Jean-Marc Saint-Geours, directeur fondateur de Handi Surf, se souvient de cette rencontre clé : « En juin, quand j'ai rencontré Philippe lors d'une initiation Handi surf, en Vendée. Je l'ai présenté à Jacques Dubois, le président de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et, malgré une saison bien remplie, Philippe est venu participer aux Championnats de France. À ce moment-là, j'ai su qu'il pouvait faire une perf. Je l'ai donc sélectionné pour rejoindre l'équipe de France aux Mondiaux. » Aujourd'hui, Handi surf est, avec la FFS, la seule entité reconnue par l'État pour le développement et la promotion du para surf et du para surf adapté, œuvrant pour changer le regard sur le handicap et favoriser l'accessibilité au sport des rois hawaïens.
Palmarès Éloquent, Évolution et Philosophie du Para Surf
Depuis 2019, le palmarès de Philippe Naud parle de lui-même, témoignant d'une excellence constante. Il compte « quatre médailles de champions de France en 2019-2020-2021-2022. Et trois podiums aux mondiaux (2ème en 2019, 3ème en 2021 et 2022) », avec l'hypothèse que le covid l’ait probablement privé en 2020 d’une quatrième médaille. Cette régularité au plus haut niveau est le fruit d'un travail acharné et d'une adaptation continue.
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Philippe observe une nette évolution dans la discipline du para surf. « Avec un peu d’entraînement régulier, tu peux vite faire des progrès en para-surf. Par contre, je le vois depuis mes premiers mondiaux, le nombre d’athlètes n’arrête pas d’augmenter. On se retrouve avec des concurrents sérieux, il faut faire attention dès les épreuves qualificatives. Le niveau a clairement monté », relève-t-il. Cette intensification de la compétition est perçue positivement, car elle s'accompagne d'une atmosphère unique. « À l’arrivée il y a une vraie énergie positive. Si tu es là, c’est que tu en as chié, donc il y a une ambiance de dingue qui vient avec. » L'esprit de camaraderie et de bienveillance prévaut : « Japonais, brésiliens, américains, tout le monde se prend dans les bras, tout le monde est content d’être là et ce n’est vraiment pas une ambiance que tu retrouves sur le CT. On met l’orgueil de côté, l’humanité est sincère, bienveillante et ça change tout. »
L'Âme de l'Île d'Yeu et le Soutien Indéfectible des Proches et des Partenaires
Philippe Naud est profondément lié à son île, l'Île d'Yeu, un ancrage qui façonne son identité et son quotidien. « Je suis vraiment le stéréotype du mec qui vient de l’île d’Yeu. Mes parents ont toujours vécu ici, se sont mariés ici. Il y a des marins-pêcheurs des deux côtés de la famille. Je suis ce qu’on appelle un local », affirme-t-il avec fierté. L'Île-d’Yeu vit toute l’année au son du sempiternel fracas des vagues sur sa côte rocheuse, offrant un cadre propice à sa passion. « À l’image de l’océan, le surf y est sauvage et puissant. Le meilleur moment pour s’y rendre et espérer croiser Philippe est l’arrivée de l’automne, quand l’effervescence estivale redescend et qu’il reprend le chemin de ses secret spots préféré. »
Sa vie d'athlète de haut niveau est en contraste frappant avec son quotidien de restaurateur. « Parcourir le monde, que ce soit par les airs ou par la route, c’est assez dingue pour moi qui suis habitué à ma vie insulaire. » Malgré les déplacements, l'équilibre est trouvé. « Je suis restaurateur, je peux me libérer du temps, mais jamais en juillet et août », commence-t-il. « Le reste du temps, la vie insulaire impose vite son rythme et j’arrive plutôt bien à aligner ma triple vie mêlant travail, sport et famille. Cette vitesse de vie un peu ralentie est vraiment à la cool comparée à celle « d’en face ». On retrouve ici les mêmes locaux, les mêmes activités, les mêmes paysages. Même si les choses évoluent, elles le font sans pour autant se détacher de l’océan et c’est ce qui me correspond. » Il porte aussi en lui l’héritage du surf ogien, « un surf sans filtre et puissant qui mérite son attention. » La majorité des spots sont « hyper techniques et se trouvent sur le « North Shore », la côte nord. Il n’y a que du récif, pas de plage, mais des slabs et des spots de large qui ne sont pas donnés à tout le monde. La plupart sont des vagues sauvages et puissantes. » Le surf est arrivé relativement tard sur l’île d’Yeu, vers la fin des années 90, mais cela n’a que plus de valeur aux yeux de Philippe qui y voit « une nouvelle manière de rapprocher l’Île, ses habitants et l’océan ». Il souligne le rôle de transmission : « La génération de 1975, celle juste au-dessus de moi, était la première génération à surfer sur ces spots. Ils nous ont transmis directement leur savoir à moi et mes potes. Donc on va souvent surfer et proposer la même chose aux petits jeunes qui arrivent. » Tandis que la pêche, activité marine historique, connaît un déclin, Philippe maintient un lien fort avec cet héritage familial : « Mon arrière-grand-père, mon grand-père, mon père, tous mes oncles étaient ou sont pêcheurs. Il y en a de moins en moins qui font ce métier, ça se perd, car il faut être vraiment courageux. Je suis un des seuls à avoir sauté la chose. Je tiens quand même à rassurer tout le monde, on est toujours à fond dans la pêche, mais ça reste une passion. Si je veux un lieu, un bar, des morguâtes ou des araignées de mer, je sais où en trouver tout de suite. »
Le soutien de son entourage est fondamental. « Quand je prends le train ou l’avion, les gens sont fiers et me soutiennent, même s’ils ne me connaissent pas. Il y a une forme de responsabilité de mon côté », exprime Philippe, conscient de l'impact de son parcours. Les prochains mondiaux approchent et Philippe peut compter sur le soutien indéfectible de sa famille, notamment celui d’Adélaide, sa femme, qui le soutient depuis le début. Elle est d’une aide précieuse, notamment lorsqu’il s’agit de tenir le business familial quand le champion est à l’eau. Adélaide lui trouve par exemple - sans lui demander -, un cuisinier pour le remplacer. Le surf est avant tout un travail d’équipe et encore plus dans le para-surf, où chaque athlète évolue avec un binôme. Quand Philippe se retrouve seul face à l’océan et à son destin, il ne l’est finalement pas tant. Sa famille, son île et son pays sont avec lui.
Philippe tient également à exprimer sa gratitude envers ceux qui l'accompagnent dans son parcours. Il remercie son prothésiste Sylvio Bagnarosa (BOP Technologies) pour son aide et l'élaboration de nouveaux équipements, reconnaissant son rôle essentiel dans sa capacité à surfer. Il adresse ses remerciements au Surfing Saint-Gilles pour le soutien, à Guillaume Lefriant, shaper à Longeville, avec qui il travaille sur ses planches, à Patrick Waitin de Surf System pour les combinaisons WEST, et à Stéphane Piret pour le Smoothstar et la bagagerie. Enfin, il exprime sa gratitude au staff et à toute l'équipe de France pour cette formidable aventure, ainsi qu'à ses amis et à sa famille de le soutenir et de l'encourager dans chaque étape de sa vie.