Comprendre et gérer la tendinite du coude dans la pratique de la natation

La natation est un sport aux nombreux bienfaits et aux contre-indications quasi-inexistantes. Les articulations sont cependant le « talon d’Achille » des nageurs et les professionnels souffrent au moins une fois d’une tendinite au cours de leur carrière. En plus des épaules et des genoux, les coudes sont aussi touchés. Si vous ressentez des douleurs, il est crucial de comprendre les mécanismes en jeu, souvent multifactoriels, mêlant technique de nage, volume d'entraînement et contraintes environnementales quotidiennes.

Les causes biomécaniques et techniques en natation

Même si la natation est réputée comme étant un sport non violent avec très peu de contre-indications, le risque de blessures n’est pourtant pas nul. En effet, les nageurs ne risquent pas une entorse ou de se casser une jambe en nageant mais ils peuvent rencontrer des problèmes au niveau des articulations. Le coude relie l’épaule à la main, pour agir comme une pagaie lorsqu’on catch et qu’on pousse l’eau. Il est donc essentiel pour bien transmettre les forces.

La douleur peut survenir lors de la mise en œuvre de techniques complexes, comme l'EVF (Early Vertical Forearm) ou "High Elbow Catch". Ce mouvement, qui consiste à appuyer d'abord sur l'eau uniquement avec l'avant-bras, sollicite davantage les articulations du coude et de l'épaule. Si la technique est mal maîtrisée, notamment par une crispation, elle devient contre-productive. Un peu plus tard dans le cycle, au moment où la main passe la tête, si l'on force sur le biceps en pliant le coude, on peut sur-solliciter le tendon du coude qui relie le biceps. C'est la même chose en dos crawlé puisque la position du coude est similaire.

Il est impératif de se rappeler que la puissance doit venir du tronc avant tout. Les muscles des bras ne doivent pas être sur-sollicités ; la puissance doit venir du tronc avant tout. Donc penser à avoir les bras relâchés et pas en tension. L'utilisation de plaquettes renforce cette résistance de l'eau sur vos bras et, couplée à une mauvaise angulation, augmente drastiquement le risque de blessure.

L'influence de l'environnement sédentaire et ergonomique

Le travail sur écran fait partie du quotidien de millions de personnes de nos jours et, malgré le côté sédentaire de ce type d’activité, nous ne sommes pas à l’abri des blessures. Au contraire, les blessures sont même relativement courantes. Travailler avec une tendinite au coude se manifeste en général par des douleurs du poignet au coude. Le côté concerné est souvent celui qui manipule la souris.

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La position du mobilier joue un rôle majeur dans l’apparition de ces troubles. L’angle du coude doit être égal à environ 90°, c’est-à-dire que les poignets ne doivent se retrouver ni plus haut ni plus bas que les coudes. Le siège ne doit pas être trop loin du bureau afin de poser confortablement les bras sur le plan de travail et d’éviter ainsi de mettre trop de tension dans les épaules. La natation étant une activité qui compense souvent une journée sédentaire, l'accumulation de tensions professionnelles et sportives peut mener à une surcharge inflammatoire des tendons.

Physiopathologie de la tendinopathie

La tendinite, ou plus précisément la « téno-synovite », est une pathologie inflammatoire tendineuse. Elle survient à la suite de mouvements répétitifs ou d’une position statique prolongée au cours de laquelle l’état de contraction du muscle place son insertion tendineuse dans une configuration contraignante.

Il est important de noter que les cervicales peuvent provoquer des douleurs de coude, mais aussi d’épaule. Les racines nerveuses au niveau du rachis cervical viennent innerver tout le membre supérieur. En natation, si la technique n’est pas optimale, la respiration est forcée, avec le rachis cervical dans des positions auxquelles il n’est pas adapté, comme en rotation en hyperextension au crawl lorsque le nageur n’arrive pas à provoquer un bon roulis.

Stratégies de gestion et de prévention

La natation est un sport en décharge, souvent recommandée par les médecins pour continuer le sport en cas de douleurs, mais elle peut aussi être pourvoyeuse de maux. Si vous ressentez des douleurs au niveau des coudes, réduisez immédiatement l’intensité de l’effort et réduisez le volume en crawl et en dos crawlé. Pour laisser reposer vos coudes, concentrez-vous sur la partie inférieure de votre corps en nageant avec une planche pour travailler vos ondulations ou vos battements de jambes.

Concernant la rééducation, les avis divergent sur l'efficacité des étirements. S'étirer alors qu'un tendon est enflammé n'est pas toujours efficace et, s'il est mal fait, peut provoquer des micro-lésions entretenant la tendinite ou entraîner des déchirures musculaires. Le protocole G-R-E-C (Repos - Glaçage - Élévation - Contention) demeure une base prudente. La kinésithérapie et l'ostéopathie sont indispensables pour prévenir une récidive. La prévention repose également sur un échauffement rigoureux : évitez de porter des plaquettes lors des premières longueurs pour chauffer vos muscles en douceur. Comptez 15 minutes d’échauffement pour une séance d’une heure.

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