La navigation maritime, qu'elle soit de plaisance ou à des fins spécifiques comme l'utilisation de bateaux amorceurs, est soumise à un ensemble strict de règles visant à garantir la sécurité de tous en mer. Parmi ces règles fondamentales, l'éclairage des navires occupe une place prépondérante. La recherche concernant la réglementation des feux de navigation répond à une question essentielle pour tout plaisancier : quels feux sont obligatoires sur un bateau, dans quelles situations faut-il les utiliser, et comment choisir un équipement adapté ? Les feux de navigation ne sont pas de simples accessoires ; ils constituent des dispositifs de sécurité obligatoires. Que l'on navigue à bord d’un bateau à moteur, d’un voilier, d’une annexe ou même d’une petite embarcation, la signalisation lumineuse doit être adaptée au bateau et aux conditions de navigation rencontrées. Les règles relatives aux feux de navigation sont définies par le Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM), dont la bonne compréhension est indispensable pour bien installer ses feux et choisir le modèle approprié.
L'Impératif de Visibilité : Rôle et Obligation des Feux de Navigation
L'éclairage d’un bateau est obligatoire, que le navire fasse route ou qu'il soit au mouillage. Cette obligation vise à garantir la sécurité des marins et à prévenir les collisions, qui peuvent être nombreuses, notamment lorsque la visibilité est réduite ou lors d’une navigation de nuit. Les feux de navigation bateau sont obligatoires dès lors qu’un bateau navigue entre le coucher et le lever du soleil, ou pendant la journée si la visibilité est mauvaise. Leur rôle est simple : permettre aux autres navigateurs d’identifier l’embarcation, de comprendre dans quel sens elle se déplace et d’anticiper sa trajectoire. La nuit, les feux de navigation permettent d’apercevoir de loin la présence d’un navire ou de communiquer sa position en cas de détresse. La vision n’est pas la même la nuit, et les côtes ainsi que les distances ne sont pas perçues de la même manière. Notre perception de l’environnement étant modifiée, des incidents peuvent survenir rapidement. Les risques principaux lors d’une navigation de nuit sont la chute à l’eau et un abordage. Naviguer de nuit implique donc une bonne préparation et de bonnes connaissances. Pour reconnaître les autres bateaux et que le sien soit lui-même reconnaissable en navigation, il faut des feux de navigation adéquats. Même si les feux de navigation bateau sont principalement utilisés la nuit, ils peuvent être utiles en journée en cas de mauvaise visibilité due à la pluie, à la brume ou au brouillard. Ils permettent alors d’améliorer la visibilité de l'embarcation auprès des autres bateaux et d’anticiper les situations à risque.
Le Cadre Réglementaire International et National
La réglementation des feux de navigation est très stricte. Elle est régie par la Réglementation Internationale pour la Prévention des Abordages en Mer (RIPAM), plus spécifiquement par les Règles 22, 23 et 25, et leurs annexes. Ces règles sont établies selon la Convention sur le Règlement international de 1972 pour Prévenir les Abordages en Mer (COLREG 72), notamment dans ses sections C et D concernant les lumières et formes. Les organismes comme la Maritime and Coastguard Agency (MCA) et l'USCG (United States Coast Guard) se basent également sur ces principes.
La réglementation des feux varie selon plusieurs critères, incluant le type de bateau, sa longueur, son mode de propulsion et sa situation. Un bateau à moteur ne signale pas sa présence de la même manière qu’un voilier, et un bateau en navigation n’utilise pas les mêmes feux qu’un bateau au mouillage. Pour la France, la division 245 définit les exigences techniques et de construction des navires non soumis au marquage CE. Ces navires traditionnels sont, dans ce cadre, de construction d’origine en état ou restaurés à l’identique, ou des répliques neuves de celles-ci, c’est-à-dire réalisées essentiellement avec des matériaux analogues à la conception originale. Au-delà des feux de navigation, la sécurité à bord englobe des réglementations diverses, comme celles concernant le gilet de sauvetage, l'armement de sécurité obligatoire, ou encore le radeau de survie.
Typologie et Fonction des Feux de Navigation Marins
Il existe différentes catégories de feux de navigation, dont la position sur le bateau, la portée et l’angle d’éclairage sont précisément définis par la réglementation. Chaque feu de navigation est relatif à une fonction bien précise et à des couleurs spécifiques, permettant de rendre l’embarcation identifiable par les autres navigateurs, même dans l’obscurité ou en cas de visibilité réduite.
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Les principaux feux sont :
- Feu de poupe : Il s'agit d'un feu positionné à l’arrière du bateau, qui émet une lumière blanche. Il éclaire sur un arc de 135 degrés, soit 67,5 degrés de chaque côté de l'axe longitudinal du navire vers l'arrière.
- Feux avant (Feux de côté) : Ces feux sont au nombre de deux, positionnés de chaque côté de la coque. Un feu vert est placé à tribord (droite) et un feu rouge à bâbord (gauche). Chacun de ces feux projette une lumière ininterrompue et est disposé de manière à éclairer vers l’avant. Ils sont visibles à 112,5 degrés chacun et sont essentiels pour déterminer la position d'un navire par rapport à un autre, ainsi que la priorité en cas de route de collision. Si l’on voit un feu vert, le navire vient de tribord ; si c’est un feu rouge, il vient de bâbord. La couleur de la lumière aperçue sur l’autre embarcation rencontrée aide à déterminer laquelle est prioritaire. Ces feux sont situés à l'avant, dans l'axe latéral. Ils peuvent être remplacés par un fanal combiné placé dans l'axe longitudinal du bateau.
- Feu de tête de mât ou feu de hune : Ce feu est positionné tout en haut du mât pour un voilier, ou sur la console ou le toit de la cabine pour un bateau à moteur. Il est blanc et éclaire vers l’avant sur un arc de 225 degrés. Il doit être monté dans l'axe longitudinal du bateau.
- Feu tout horizon : Ce feu diffuse une lumière blanche ininterrompue sur un arc de 360 degrés. Il est placé en tête de mât ou sur la console, et est typiquement utilisé lors du mouillage pour signaler la position du bateau dans toutes les directions lorsqu’il est à l’arrêt.
Pour les voiliers d’une longueur allant jusqu’à 20 mètres, les feux tribord, bâbord et de poupe peuvent être combinés en un seul feu tricolore monté en tête de mât. Ce feu tricolore affiche le vert (tribord), le rouge (bâbord) et le blanc (poupe), offrant ainsi une solution compacte et économe en énergie. Cependant, si un voilier navigue au moteur, l'usage de ce feu combiné n'est plus permis, et les règles pour les bateaux à moteur s'appliquent alors. Un feu projette une lumière ininterrompue sur un arc de 360°, et sa couleur peut être blanche, rouge ou verte, selon son utilisation.
Configurations Spécifiques Selon le Type et la Taille du Navire
La réglementation impose différentes configurations de feux en fonction du type d’embarcation et de sa longueur. En plaisance, on distingue principalement les bateaux à moteur et les voiliers qui naviguent à la voile. Lorsque les navires naviguent de nuit, ils doivent se rendre visibles par des feux spécifiques à chaque type d’embarcation pour pouvoir être identifiés par les autres.
Pour les Bateaux Faisant Route au Moteur :
- Bateaux de moins de 12 mètres : Ces embarcations peuvent avoir un feu blanc visible sur tout l’horizon, en plus d’un feu rouge sur l’avant à bâbord et un feu vert sur l’avant à tribord. Un bateau à moteur de moins de 12 mètres doit obligatoirement être doté de feux de bâbord et de tribord (feu bicolore rouge et vert) qui éclairent l’avant du bateau.
- Bateaux de moins de 7 mètres : Ces bateaux peuvent n’avoir qu’un feu blanc visible sur tout l’horizon. Cette configuration de feu est également celle du mouillage.
- Bateaux de moins de 50 mètres : Ces navires doivent présenter des feux tricolores : un rouge sur l’avant à bâbord, un vert sur l’avant à tribord, un blanc sur l’arrière (feu de poupe), ainsi qu’un feu blanc de tête de mât sur l’avant.
Pour les Bateaux Faisant Route à Voile :
- Configuration générale : Un navire à voile qui fait route doit avoir des feux de côté bâbord et tribord (rouge et vert) qui éclairent vers l’avant du bateau, ainsi qu’un feu de poupe (blanc) qui éclaire vers l’arrière du voilier.
- Bateaux de moins de 20 mètres : Un bateau à voile de moins de 20 mètres faisant route peut avoir les feux de bâbord et de tribord combinés avec le feu en tête de mât. Cette configuration permet d’utiliser une seule ampoule et de diviser la consommation électrique.
- Bateaux de moins de 7 mètres : Ces embarcations peuvent ne pas avoir de feux de navigation fixes. En revanche, elles doivent être prêtes à montrer un feu blanc allumé (à l’aide d’une lampe électrique, par exemple, ou d’une lampe torche puissante) pour prévenir un abordage. Les voiliers d’une longueur inférieure à 7 mètres peuvent se passer de feux mais doivent être prêts à montrer immédiatement une lampe électrique ou un feu blanc allumé pour prévenir un abordage.
Il est important de noter que si un voilier navigue sans hisser ses voiles et utilise son moteur, il est alors considéré comme faisant route au moteur, et les feux des bateaux à moteur s'appliquent.
Pour les Navires au Mouillage :
Un navire au mouillage doit toujours être équipé d’au moins un feu blanc visible sur tout l’horizon. En journée, le mouillage doit être signalé en hissant une boule de mouillage de couleur noire. Il peut être nécessaire de montrer deux feux rouges superposés à la verticale et placés à un mètre de hauteur au minimum, selon des conditions spécifiques.
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Navires de Compétition :
Par navire de compétition, on entend tout navire conçu exclusivement pour la compétition et désigné comme tel par son fabricant. Pour ces navires, le dossier d’immatriculation doit comporter l’ensemble des pièces figurant à l’annexe 243-1A.1, exceptées celles qui sont sans objet pour le navire considéré, tel qu'un plan de voilure pour un navire à moteur.
Portée des Feux de Navigation :
La portée des feux de navigation, définie comme la distance à laquelle ils peuvent être vus, diffère selon leur position et la longueur du navire :
- Bateaux de moins de 12 mètres :
- Feu de tête de mât : 2 milles nautiques.
- Feux avant (tribord/bâbord) : 1 mille nautique.
- Feu de poupe : 2 milles nautiques.
- Feu de mouillage : 2 milles nautiques.
- Bateaux de plus de 12 mètres :
- Feu de tête de mât : 5 milles nautiques (ou 3 milles si le navire mesure moins de 20 mètres).
- Feux avant (tribord/bâbord) : 2 milles nautiques.
- Feu de poupe : 2 milles nautiques.
- Feu de mouillage : 2 milles nautiques.
Un feu blanc peut suffire dans certains cas particuliers, notamment pour de très petites embarcations qui ne peuvent pas installer de feux fixes.
Technologies, Installation et Maintenance des Feux
Le choix et l'installation des feux de navigation sont des étapes cruciales pour la sécurité. Au-delà des différentes configurations de feux suivant le type de navire, il n’y a pas de différence de modèles entre un voilier et un bateau à moteur ; les feux utilisés sont généralement les mêmes.
Technologies Modernes :
Aujourd’hui, la technologie LED est la référence pour les feux de navigation. Les feux de navigation à LED sont les plus performants et les plus économiques. Ils permettent de limiter l’impact sur la batterie du bord, ce qui est un avantage considérable, particulièrement pour les voiliers où la consommation d'énergie est un sujet sensible. La portée lumineuse doit être adaptée à la zone de navigation, et les feux de navigation LED bateau offrent généralement une portée plus importante. Les feux de navigation solaires représentent une alternative écologique, idéale pour le mouillage, offrant une autonomie sans branchement et une installation simplifiée.
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Installation Sécurisée :
Une mauvaise installation peut rendre les feux de navigation inefficaces, même s’ils sont de bonne qualité. Le câblage d'un feu de navigation est généralement simple, mais il nécessite l'utilisation de matériaux et d'outils appropriés pour un résultat sûr, fiable et durable. Le fonctionnement permanent des feux de navigation exige des câbles et des matériaux de qualité marine, car ils garantissent la robustesse nécessaire à leurs sources lumineuses. La planification du câblage doit être la première étape, car elle présente trois avantages majeurs : un fonctionnement stable de l’éclairage, un câblage propre et une maintenance ultérieure facilitée. Un câblage correct garantit non seulement le bon fonctionnement des feux de navigation, mais aussi la sécurité de la navigation.
Les feux peuvent être à piles, faciles à fixer car sans fil et installables à l'endroit désiré. D’autres sont à visser sur la coque ou encastrables à un emplacement délimité. Des kits de fixation de feux de navigation existent pour simplifier la manœuvre. Les feux de tête de mât et de poupe doivent être placés dans l'axe longitudinal du bateau. Les angles de diffusion sont essentiels pour interpréter correctement les feux de navigation bateau. Ces angles garantissent une visibilité optimale et une communication claire avec les autres embarcations. Une mauvaise installation peut fausser cette lecture et représenter un réel danger en mer. Certaines erreurs sont très courantes lors de l’installation ou de l’utilisation de feux de navigation bateau, et même avec de bons feux de navigation LED, ces erreurs peuvent compromettre la sécurité en mer.
Il n'est pas recommandé de mélanger différents types de feux sur un même bateau (par exemple LED et ampoule classique). Cela peut créer des différences d’intensité ou de couleur, ce qui risque de perturber la lecture par les autres navigateurs. Pour une signalisation claire et homogène, il est préférable d’opter pour une seule technologie sur l’ensemble de l’installation.
Maintenance Régulière :
L'entretien régulier est essentiel au bon fonctionnement des feux de navigation tout au long de leur durée de vie. Le sel, l’humidité et les vibrations peuvent progressivement altérer leurs performances, même sans signe visible immédiat. Pour s’assurer que les feux restent conformes, il faut vérifier la couleur, la portée et la stabilité de la lumière. Les lampes doivent être testées régulièrement par mesure de tension et vérification de la continuité du circuit afin de garantir leur bon fonctionnement et la sécurité du circuit. La deuxième étape consiste à nettoyer le couvercle et le corps de la lampe pour éliminer les saletés et les traces de sel, car l'environnement marin exige un nettoyage spécifique. Le système nécessite une surveillance continue par le biais d'inspections des fusibles et des interrupteurs, et toute anomalie détectée doit faire l'objet d'une intervention immédiate. Il est conseillé de conserver des ampoules et des câbles de rechange afin de pouvoir effectuer des remplacements et des mises à niveau rapides en cas de besoin.
En cas de panne de feux en navigation, il est essentiel d’avoir une solution de secours, comme des feux de navigation à piles ou des feux de navigation de secours. Cela permet de rester visible temporairement et de sécuriser la position du navire en attendant une réparation, car naviguer sans signalisation lumineuse fonctionnelle reste fortement déconseillé.
Homologation, Certification et Responsabilités du Fabricant
Au-delà des feux eux-mêmes, la conformité de l'ensemble du navire à la législation est primordiale. Les navires marqués « CE » sont classés en quatre catégories de conception selon leurs aptitudes à affronter des conditions de mer caractérisées par une vitesse du vent et une hauteur significative de vague. Cette classification est un préalable essentiel avant qu'un produit ne soit proposé sur le marché européen, car il doit respecter les directives européennes pertinentes sur les produits.
Les fabricants et leurs mandataires ont des obligations strictes :
- Déclaration Écrite ou UE de Conformité (DEC) : Ce document est l’engagement officiel du fabricant ou de son mandataire sur la conformité du bateau à la législation applicable. Il est indispensable pour l’immatriculation et doit être rédigé en français.
- Manuel du propriétaire : Ce manuel doit être dans la langue du pays où le bateau est proposé à la vente, donc en français sur le territoire national.
- Plaque du constructeur : Cette plaque doit être fixée à demeure sur le bateau.
- Numéro d’identification du navire (WIN) : Ancien numéro CIN puis HIN, le Watercraft Identification Number est un numéro unique de 14 caractères apposé de façon permanente sur la coque du navire/bateau, à l'emplacement défini dans le document "numéro WIN (emplacement)". Pour établir ce numéro, les fabricants doivent se faire attribuer un « code d’identification fabricant » unique à trois caractères par l’administration de leur pays. Pour la France, une demande d’attribution de ce code unique pour les fabricants de navires ou bateaux assujettis au marquage « CE » doit être remplie et transmise à l’adresse indiquée sur le document dédié. Il est à noter que lors d’un rachat de société, le repreneur ne peut pas conserver le code qui a été attribué à l'ancienne société.
- Dossier technique : Le dossier d'immatriculation doit comporter l’ensemble des pièces figurant à l’annexe 244-A.1, exceptées celles qui sont sans objet pour le navire considéré (par exemple : un plan de voilure pour un navire à moteur). Dans le cas d’un élément en cours de réalisation (par exemple : un moteur commandé et non reçu, donc non installé), cette information devra être précisée. Après l’instruction du dossier, qui doit être adressé au moins un mois avant la date envisagée d’immatriculation, un accusé de réception du dossier technique est adressé à l’exploitant. L'Annexe 130-A.4 présente un modèle de déclaration de mise en chantier.
- Homologation des ampoules : Les ampoules des feux de navigation sont également homologuées, garantissant leur conformité aux normes.