Permis de plongée sous-marine : conditions et exigences

La plongée sous-marine est une activité passionnante, mais elle exige une bonne condition physique et une préparation adéquate. L'obtention d'un permis de plongée, ou brevet de plongée, est une étape essentielle pour explorer les fonds marins en toute sécurité. Cet article détaille les conditions médicales, les niveaux de brevets, les organismes de formation et d'autres aspects importants liés à l'obtention d'un permis de plongée sous-marine.

Certificat médical : une exigence de sécurité

Nécessité d'un certificat médical

Pour garantir la sécurité des plongeurs, un certificat médical est souvent obligatoire, notamment lors de la première demande de licence auprès de la Fédération Française d'Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM). Il est également fortement conseillé de passer un examen médical avant un baptême de plongée. Ce certificat vise à prévenir les risques liés aux contraintes cardiovasculaires et ventilatoires de l'immersion, ainsi que les barotraumatismes qui peuvent survenir dès les premiers mètres de profondeur.

Autorité médicale compétente

En juin 2014, la FFESSM a assoupli ses directives concernant le certificat médical. Désormais, tout médecin inscrit à l'Ordre des médecins est autorisé à délivrer un certificat pour les formations de niveau 1 (y compris pour les enfants de plus de 12 ans), niveau 2, niveau 3 et l'ensemble des qualifications. Cependant, pour les passages de niveau 4, les monitorats fédéraux et la pratique du recycleur ou du trimix, un examen par un médecin fédéral est requis. Un médecin fédéral est un médecin titulaire d'une licence fédérale, présenté par un président de club et participant à des actions de formations, d'enseignements et de surveillance médicale de compétition. Les médecins diplômés en médecine du sport, en médecine de plongée ou en médecine hyperbare sont également habilités à délivrer ces certificats.

Situations spécifiques nécessitant un avis spécialisé

La reprise de la plongée après un accident ne peut se faire qu'après l'avis d'un médecin fédéral, d'un médecin de plongée ou d'un médecin hyperbare. De même, le certificat pour un enfant de 8 à 14 ans nécessite une attention particulière et l'avis d'un spécialiste. En cas de pathologie spécifique, comme une valvulopathie, une arythmie, une coronaropathie, un shunt droite-gauche, une surdité, de l'asthme, un pneumothorax spontané, de l'hémophilie ou un diabète insulinodépendant, ou en cas de traitement particulier (antiarythmique, bêtabloquant…), la visite médicale doit être réalisée par un médecin expert fédéral, un médecin de plongée ou un médecin hyperbare. En situation de handicap, le médecin rééducateur est également autorisé à délivrer un certificat. Pour les compétiteurs, le certificat de non contre-indication aux activités en compétition peut être validé par un médecin du sport, un médecin fédéral, un médecin de plongée ou un médecin hyperbare. Les sportifs de haut niveau doivent respecter la liste et la périodicité des examens établies par la commission médicale. Il est à noter que le moniteur salarié est considéré comme un travailleur intervenant en conditions hyperbares.

Examens et évaluations médicales

L'examen médical comprend un interrogatoire approfondi à la recherche d'antécédents personnels ou familiaux (épilepsie, asthme, pneumothorax, cardiopathie, mort subite inexpliquée…), une vérification du statut vaccinal (antitétanique, anti-poliomyélite et éventuellement antileptospirose), et un examen clinique complet. L'interrogatoire peut être précédé par la lecture du carnet de santé et la réalisation d'un autoquestionnaire. La réalisation d'un électroencéphalogramme avec hyperpnée et stimulation lumineuse intermittente doit être discutée en cas d'antécédents de pertes de connaissance inexpliquées, de crises d'épilepsie, d'un traumatisme crânien sévère, d'une infection cérébrale ou d'un accident vasculaire cérébral. Les facteurs de vulnérabilité au stress, comme des antécédents psychiatriques ou une addiction, doivent également être recherchés. Une variation brutale du volume gazeux dans l'oreille moyenne peut provoquer une atteinte grave de l'oreille interne. L'otoscopie avec manœuvre d'équilibration active de la caisse du tympan est un élément essentiel dans le dépistage de la dysperméabilité tubaire. Elle permet également de vérifier l'état et la perméabilité du conduit auditif externe. En cas de doute sur une hypoacousie clinique, l'examen doit être complété par une audiométrie tonale et un avis spécialisé. La palpation sinusienne doit être indolore.

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Contre-indications médicales

Certaines conditions médicales peuvent constituer une contre-indication à la plongée. Les modifications neurovégétatives et l'augmentation des régimes de pressions intracardiaques inhérentes aux contraintes d'immersion doivent écarter tout sujet à risque de syncope, d'ischémie myocardique, d'insuffisance cardiaque ou de rupture vasculaire. L'insuffisance cardiaque symptomatique, la cardiomyopathie obstructive, la tachycardie paroxystique, le bloc auriculoventriculaire (BAV) II ou complet non appareillé, la maladie de Rendu-Osler sont des contre-indications. La présence d'une coronaropathie, d'une prise de bêtabloquants, d'une valvulopathie, d'un trouble du rythme, d'un trouble de la conduction ou d'un pacemaker impose une évaluation par un médecin fédéral. Des antécédents familiaux de mort subite inexpliquée ou de coronaropathie à un jeune âge ainsi que toute anomalie auscultatoire en dehors d'un souffle systolique bénin doivent faire l'objet d'un avis spécialisé. La réalisation d'un électrocardiogramme de repos avant 40 ans permet d'éliminer la plupart des cardiopathies arythmogènes familiales. Au-delà de 40 ans chez l'homme et de 50 ans chez la femme, l'épreuve d'effort est fortement recommandée en particulier en cas de tabagisme actif ou sevré depuis moins de 5 ans, de dyslipidémie avec un taux de LDL > 1,5 g/L ou d'obésité avec un IMC > 30. L'hypertension artérielle doit être dépistée minutieusement en réalisant en cas de doute des contrôles itératifs et/ou une mesure ambulatoire de la pression artérielle. Toute pathologie pouvant être à l'origine d'une fragilisation du parenchyme ou d'une gêne à l'expiration doit être dépistée. La présence de bulles pariétales en particulier chez le fumeur doit faire discuter une contre-indication absolue. Une contre-indication doit être prononcée en cas d'asthme d'effort, d'asthme au froid, d'antécédent de crise d'asthme grave, d'asthme non stabilisé avec un traitement de fond, d'insuffisance respiratoire, de pneumopathie fibrosante, de vascularite pulmonaire, de chirurgie pulmonaire ou de pneumothorax spontané.

Les différents niveaux de brevets de plongée

Brevet de niveau 1

Le brevet de plongée niveau 1 est une initiation à la plongée sous-marine. Il permet d'acquérir les bases nécessaires pour plonger en toute sécurité jusqu'à 20 mètres de profondeur, encadré par un moniteur. La formation comprend une partie théorique et une partie pratique, en piscine ou en mer. Les compétences acquises incluent :

  • Maîtriser les techniques de mise à l'eau (saut droit, bascule arrière, bascule avant).
  • Savoir nager avec le combo palmes-masque-tuba ainsi qu'avec un scaphandre.
  • Être à l'aise avec le matériel nécessaire à ce sport.
  • Bien régler son gilet de stabilisation.
  • Se maintenir en surface grâce au palmage de sustentation.
  • Gérer la ventilation et la consommation d'air.
  • Savoir utiliser un manomètre.
  • Remonter à la surface en toute sécurité.
  • Se déplacer en apnée inspiratoire et expiratoire sur quelques mètres.
  • Se stabiliser en profondeur.
  • Être en mesure de vider son masque en toutes situations.
  • Dégréer son scaphandre.
  • Savoir réagir aux accidents subaquatiques usuels pouvant se produire lors de plongées.
  • Maîtriser les procédures de désaturation.
  • Connaître la réglementation et l’environnement du milieu pour plonger en toute sécurité.

Pour obtenir ce brevet, il est nécessaire de valider quatre plongées en mer ou en lac. Avec le brevet de niveau 1, il est possible de nager en France comme à l'international, mais la sortie sous-marine doit toujours se faire en compagnie d'un moniteur. L'équivalence du brevet FFESSM à l'international est le CMAS.

Formation complémentaire PA-12 FFESSM

Pour aller plus loin, le plongeur de niveau 1 peut suivre la formation complémentaire PA-12 FFESSM, qui lui permettra de plonger en autonomie jusqu'à 12 mètres maximum sans être encadré par un guide. Pour cela, il faut être majeur, plonger en binôme avec un plongeur de niveau minimum PA-12 également et en compagnie d'un directeur de plongée.

Brevet de niveau 2 (N2)

Le brevet de niveau 2 (N2) permet de plonger en autonomie jusqu'à 20 mètres (PA-20) ou encadré jusqu'à 40 mètres (PE-40).

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Brevet de niveau 3

Le brevet de niveau 3 permet de plonger en autonomie jusqu'à 40 mètres, avec un directeur de plongée à 60 mètres.

Les organismes de formation

FFESSM

La Fédération Française d'Études et de Sports Sous-Marins (FFESSM) est un organisme de référence en France pour la formation à la plongée sous-marine. Elle propose des brevets reconnus nationalement et internationalement.

PADI et SSI

PADI (Professional Association of Diving Instructors) et SSI (Scuba Schools International) sont des organismes de formation d'origine américaine, très répandus à l'étranger. Ils proposent des formations quasi identiques et des brevets reconnus partout dans le monde. PADI domine le marché avec 4300 centres de plongées dans 175 pays. PADI oriente ses plongeurs vers l'autonomie. Le but étant que les plongeurs soient responsables les uns des autres et capables de se débrouiller en toutes circonstances.

CMAS

La CMAS (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques) rassemble des fédérations d'activités subaquatiques de plus de 100 pays. L'idée étant de pouvoir reconnaître les différents brevets selon les standards nationaux. Le plongeur 1 étoile délivré par la CMAS (“one star diver”) est l’équivalent du brevet N1 en France.

Choisir son organisme de formation

Pour une pratique plus régulière en France, il est conseillé d'opter pour un brevet délivré par la FFESSM. Pour plonger occasionnellement à l'étranger, il est préférable de choisir le PADI. Il est important de noter que des équivalences et des passerelles existent entre les différents organismes.

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Autres considérations

Âge et conditions physiques

Il n'y a pas d'âge maximal pour pratiquer la plongée sous-marine. Tout dépend de la forme physique de chaque plongeur et de ses envies. Le handicap moteur n'est pas non plus un frein. Pour démarrer une formation, un Certificat médical d'Absence de Contre-Indication (CACI) à la pratique des activités subaquatiques est demandé. Le médecin traitant peut le délivrer. En cas de doute ou de problème spécifique (asthme contrôlé, otites à répétition…), il est conseillé de consulter un médecin spécialisé dans la plongée.

Assurance

Il est fortement recommandé de souscrire une assurance spécifique plongée, quel que soit le pays où vous partez. L'organisme international DAN prend en charge les heures de caisson de décompression, l'évacuation sanitaire en avion médicalisé et le rapatriement.

Aptitudes à plonger

En France, le code du Sport distingue les aptitudes à plonger encadré (PE) des aptitudes à plonger en autonomie (PA) et précise, selon ces aptitudes, la profondeur maximum d’évolution (12 m, 20 m, 40 m ou 60 m pour les plongées à l’air).

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