Introduction
Le papillome du voile du palais est une lésion bénigne qui peut se développer dans la cavité buccale. Cet article explore en détail les causes, les symptômes et les traitements associés à cette condition. Il est crucial de comprendre que bien que les papillomes soient généralement bénins, une attention particulière doit être accordée à leur diagnostic et à leur suivi, car ils peuvent, dans de rares cas, être associés à des risques de dégénérescence maligne.
Anatomie et physiologie de l'oropharynx
Structure de l'oropharynx
L’oropharynx est la partie médiane du pharynx, située derrière la bouche. Il joue un rôle essentiel dans la parole, la respiration et la déglutition. Il est constitué de tissus, incluant l’épithélium malpighien non kératinisé, qui tapissent l’intérieur de la paroi.
Fonction de l'oropharynx
L'oropharynx est un carrefour entre les voies aériennes et digestives, contribuant de manière significative à des fonctions vitales telles que la parole, la respiration et la déglutition.
Définition et généralités sur les papillomes
Un papillome est une tumeur bénigne de la cavité buccale qui ne se propage pas à d’autres parties du corps et qui ne met habituellement pas la vie en danger. Il est important de noter que, bien que bénignes, ces lésions nécessitent une évaluation attentive en raison du risque potentiel de dégénérescence en tumeur maligne.
Causes des papillomes du voile du palais
Papillomavirus humain (HPV)
L'infection par le papillomavirus humain (HPV), en particulier le HPV16, est fortement suspectée d’être liée à l’émergence de certains cancers de l’oropharynx. Des papillomes peuvent se former au niveau de l'amygdale et du voile du palais, et ils sont susceptibles de dégénérer en cancer. Environ 45 % des cancers ORL sont liés à un papillomavirus (HPV).
Lire aussi: Maraîchage Sans Pesticides
Facteurs de risque traditionnels
Bien que le HPV soit un facteur de risque majeur, d'autres facteurs traditionnels tels que le tabac et l'alcool continuent de jouer un rôle significatif, en particulier pour les cancers de l'hypopharynx.
Évolution des pratiques sexuelles
L’évolution des pratiques sexuelles, couplée à une très faible adhésion de la population française à la vaccination préventive anti-HPV, pourrait expliquer la hausse des cancers HPV+.
Symptômes associés aux papillomes du voile du palais
Symptômes subjectifs
Un cancer oropharyngé engendré par la présence persistante d’un papillomavirus provoque des symptômes plus subjectifs, avec peu, voire pas, de douleur ou une simple gêne dans la gorge.
Ganglions dans le cou
L'apparition d'une boule dans le cou est un symptôme principal. Les cancers provoqués par les HPV donnent souvent des ganglions dans le cou, une ou plusieurs grosseurs que l'on peut sentir au toucher ou que l'entourage peut remarquer.
Symptômes trompeurs
Il est crucial de noter que les cancers de l'oropharynx provoqués par un papillomavirus ne donnent pas de taches blanches ou rouges, d'ulcérations dans la bouche ou d'enrouement.
Lire aussi: Supports proposés pour les stages de voile
Diagnostic des papillomes du voile du palais
Examen clinique et visuel
Le diagnostic est dans un premier temps clinique et visuel, en regardant le fond de la gorge avec un abaisse-langue ou à l’aide d’un fibroscope. Les lésions cancéreuses peuvent présenter un aspect ulcéré, bourgeonnant, ou les deux. Une nasofibroscopie peut être réalisée pour explorer les fosses nasales et le pharyngo-larynx.
Biopsie
Le diagnostic de cancer nécessite ensuite une biopsie. La biopsie des glandes salivaires accessoires peut être effectuée pour diagnostiquer des maladies plus générales.
Bilan d’extension
Un bilan d’extension complet est également réalisé pour déterminer précisément les limites de la lésion tumorale et les éventuelles tumeurs à distance. Un scanner du cou et des poumons (cervico-thoracique), avec injection d’iode, est systématiquement demandé.
Examen des personnes à risque
L'examen des personnes à risques peut aider à diagnostiquer des lésions précancéreuses, telles que les leucoplasies et les lésions érythroplasiques.
Traitements des papillomes et des cancers associés
Stratégies thérapeutiques
Pour des tumeurs localisées ou localement avancées, une stratégie différente peut être adoptée selon le statut HPV+ ou HPV-. Les cancers HPV+ sont plus sensibles à la radio-chimiothérapie, qui peut alors être privilégiée pour limiter les toxicités des traitements.
Lire aussi: Entreprise Radiée : La Voile Bleue
Chirurgie
Dans le cas d’un cancer de l’oropharynx, la chirurgie peut entraîner des troubles de la déglutition ou de la parole et avoir un impact physique assez lourd. La chirurgie traditionnelle ou robotisée dépend de la taille de la tumeur, son stade et l'atteinte ou non des ganglions. La chirurgie consiste en l’ablation de la tumeur et des ganglions du cou (curage ganglionnaire).
Radiothérapie et chimiothérapie
La radiothérapie peut provoquer des mucites, inflammations de la muqueuse de la gorge, qui surviennent généralement après 3 à 4 semaines de traitement. La chimiothérapie comprend une chimiothérapie conventionnelle à base de sels de platine et de taxanes selon plusieurs modalités : d'induction (néoadjuvante), adjuvante ou concomitamment avec la radiothérapie (radiochimiothérapie).
Immunothérapie
L'immunothérapie peut également être envisagée mais dans un deuxième temps seulement.
Rééducation
En cas de chirurgie, une période de rééducation est nécessaire pour la phonation et la déglutition, par un orthophoniste.
Suivi post-traitement
Examens de suivi
Entre 3 et 4 mois après la fin des traitements, un scanner et une IRM sont prescrits. Ensuite, si la maladie a disparu, le suivi se fera principalement via un examen clinique.
Surveillance de l’ADN d’HPV circulant
La surveillance par dosage sanguin de l’ADN d’HPV circulant pourrait être une piste d’amélioration du suivi des cancers HPV+.
Risque de récidive
Le risque de récidive demeure faible pour les cancers HPV+ : 80 à 90 % des patients vont guérir et ne pas rechuter.
Prévention
Vaccination contre le HPV
La vaccination contre les virus HPV est recommandée en France pour toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans (en rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans) et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à l'âge de 26 ans.
Mesures générales
La réduction de la consommation de tabac et d'alcool, ainsi que la promotion de pratiques sexuelles sûres, sont des mesures préventives importantes.
Autres lésions buccales bénignes
Lichen plan buccal
Il atteint de façon prépondérante les femmes et peut se localiser au niveau de la muqueuse buccale comme au niveau de la peau.
Aphtes
Il s’agit d’une ulcération douloureuse de la muqueuse de taille variable, de localisation unique ou multiples, et siégeant préférentiellement au niveau de la lèvre inférieure, des joues et de la pointe de la langue.
Candidose buccale
Elle est le résultat de la colonisation, en masse, de la bouche par un champignon dont la présence y est naturelle : Candida Albicans.
Syndrome de bouche sèche
Egalement appelée xérostomie, elle est due à un déficit quantitatif ou qualitatif de la sécrétion de salive.