La photographie de paysage, qu'elle soit terrestre ou subaquatique, offre une opportunité unique d'immortaliser la grandeur et la complexité du monde qui nous entoure. La capture de vues panoramiques, souvent enrichie par l'adoption d'une perspective en plongée, invite le spectateur à une immersion visuelle profonde. Pourtant, si le résultat final peut sembler d'une simplicité désarmante, les techniques et la préparation nécessaires sont vastes et exigent une compréhension approfondie du matériel, de l'environnement et des principes artistiques. Cet article explore les facettes de la photographie de paysage panoramique, avec un accent particulier sur la vue en plongée, en surface comme dans les profondeurs océaniques.
Comprendre le Paysage en Photographie : Une Quête de Perspective
La photographie de paysage vise à capturer une scène vaste, qu'elle soit urbaine ou naturelle, en lui conférant une qualité esthétique capable de provoquer une émotion. Un panorama, au sens large, est précisément cela : une vue sur un vaste paysage. Du point de vue du photographe, il s'agit souvent de l'assemblage de plusieurs photos entre elles, une approche que le numérique a considérablement facilitée, tout en apportant son lot de nouvelles possibilités et de formats.
L'Importance de la Perspective : La Vue en Plongée
La vue en plongée, qui consiste à prendre une photo d'en haut vers le bas, modifie radicalement la perception d'un paysage. Elle ne se limite pas à un simple recul, mais offre un angle qui peut révéler des motifs, des structures et des profondeurs insoupçonnés. Pour bénéficier de conditions optimales et obtenir une telle perspective, une astuce efficace est de se mettre en hauteur. S'il n'est pas toujours nécessaire de grimper au sommet d'un arbre avec son appareil, ses objectifs et son trépied, se placer sur un rocher, un poteau, ou même sur le toit d'une voiture, peut donner accès à un panorama que la plupart des gens ne voient pas. Ce changement de point de vue permet de transformer une scène ordinaire en une composition visuellement saisissante.
Norbert, que l'on connaît sous le nom de Norris, explique qu'il voit rarement la mer comme un personnage principal. Pour lui, les paysages marins signifient souvent que les deux tiers de l'image sont consacrés au ciel, et ce qui accompagne la mer est tout aussi important. Il faut savoir s'adapter à tout ce que le ciel nous réserve. Norris photographie toujours depuis un bateau en direction de la côte ou d'un sujet - qu'il s'agisse d'un iceberg flottant, de falaises escarpées, d'un voilier ou d'un fjord -, ce qui signifie qu'il est face à la terre, adoptant ainsi une forme de vue en plongée ou en surplomb sur les éléments terrestres ou marins proches. Cette approche confère une dimension unique à ses clichés, notamment lorsqu'il doit composer avec le mouvement rapide des bateaux, qui offre parfois seulement quelques secondes pour capturer un sujet avant de le dépasser.
Maîtriser la Photographie Panoramique Terrestre : Techniques et Créativité
La photographie panoramique n'est pas seulement une question de format allongé ; elle sert avant tout à mettre en valeur un sujet ou à sublimer un élément particulier de l'horizon. L'objectif n'est pas simplement de créer une image plus large, mais de raconter une histoire, de capturer une émotion ou de révéler un aspect unique du paysage.
Lire aussi: Découvrez une vision sous-marine incomparable
Équipement et Réglages : Les Fondations d'un Bon Panorama
La première question que les gens posent souvent est : « Alors, quel matériel utilisez-vous ? ». Et si chacun aspire à posséder le plus grand, le meilleur et le plus cher appareil photo, se vantant de sa qualité, il est important de se souvenir que, comme en cuisine, peu importe la fraîcheur ou l'intérêt des ingrédients, c'est en fin de compte le chef qui fait la différence. Il en va de même pour la photographie ; il n'existe pas de "meilleur" appareil photo en soi. La clé réside dans la maîtrise de son outil. Pour la photographie panoramique, il est absolument essentiel que l'appareil photo soit débrayable, c'est-à-dire qu'il permette d'accéder aux réglages manuels, abandonnant ainsi le mode tout automatique. Les photographies qui composeront l'image finale doivent être exposées à l'identique et avoir la même balance des blancs. En mode automatique, l'appareil pourrait utiliser des réglages différents pour chaque cliché, rendant l'assemblage ultérieur très difficile. Il est donc recommandé de désactiver la balance automatique des blancs et d'opter pour un réglage correspondant aux conditions d'ensoleillement (généralement "soleil" ou "nuage" en extérieur).
Un trépied est un allié précieux pour la photographie panoramique, garantissant la stabilité nécessaire pour des prises de vue précises. Bien qu'il soit possible de réaliser des panoramas à main levée, un trépied met toutes les chances de son côté. Idéalement, le trépied doit être de niveau ; si ce n'est pas le cas, un niveau à bulle peut être ajouté ou l'alignement ajusté à l'œil.
Concernant les objectifs, un bon objectif pour la photo panoramique est celui qui réduit les défauts sur les bords. Les objectifs à focale fixe sont souvent privilégiés pour cette raison. L'utilisation de focales allant du 28 mm au 50 mm (équivalent 24x36) est souvent très intéressante pour obtenir des panoramas équilibrés, loin de l'idée reçue que "panoramique égale grand-angle". En effet, l'utilisation d'un objectif trop grand-angle peut rendre les éléments lointains, comme un soleil couchant, trop petits dans l'image finale. Pierre-Louis Ferrer, par exemple, apprécie l'objectif Canon EF 16-35mm f/4L IS USM, notamment pour capturer des images infrarouges, démontrant la polyvalence des grands-angles. Martin Bissig, quant à lui, associe souvent son Canon EOS R à l'objectif Canon RF 15-35mm F2.8L IS USM, soulignant la nature dynamique du grand-angle tout en mettant en garde contre la déformation des sujets placés trop près du bord du cadre.
Les Projections Géométriques et Leurs Effets
En photographie panoramique, notamment par assemblage de plusieurs clichés sur plus de 100°, la projection géométrique employée est cruciale. Deux types principaux se distinguent : la projection géométrique rectilinéaire et la projection courbe (cylindrique, sphérique ou Mercator). En projection rectilinéaire, toutes les lignes droites (horizontales comme verticales) restent droites, mais cela peut s'accompagner d'un étirement visible des bords de la photo, particulièrement frappant en paysage urbain. Les vues en contre-plongée peuvent également être très accentuées. En revanche, en projection courbe, les bords de l'image retrouvent des proportions plus harmonieuses, mais les lignes horizontales peuvent se courber, parfois de manière très visible avec des focales courtes ou une forte inclinaison du boîtier. Il est crucial d'être attentif à ces effets, car bien qu'ils puissent être esthétiquement intéressants ponctuellement, ils peuvent devenir lassants à la longue. La seule façon de viser en contre-plongée ou en plongée sans courbure de la ligne d'horizon est de décentrer l'objectif, technique plus courante en photographie argentique avec des objectifs spécifiques.
Composition, Créativité et Techniques Avancées
La composition est essentielle. Une composition panoramique qui respecte la fameuse règle des tiers sera toujours une photo "bien" composée, guidant le regard du spectateur et mettant en valeur les éléments clés. L'imagination du photographe est sa seule limite, en plus de ce qu'il a sous les yeux. Des photographes comme Theo Bosboom encouragent à regarder les paysages différemment, même en se limitant à une zone restreinte. Il utilise des objectifs fisheye pour intégrer de nouvelles perspectives et saisir des détails abstraits, ou un zoom comme le Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM pour isoler des détails dans ses photos de paysage. Martin Bissig, quant à lui, aborde les paysages sous le prisme de la narration, intégrant des athlètes pour raconter des histoires d'endurance et utilisant des objectifs grand-angle pour inclure l'environnement de l'athlète plutôt que de se contenter de gros plans d'action.
Lire aussi: Votre voyage paradisiaque en catamaran
Des techniques avancées peuvent enrichir la photographie de paysage. Pierre-Louis Ferrer s'est spécialisé dans la photographie infrarouge et UV, révélant des scènes familières sous un jour nouveau, avec un Canon EOS RP modifié. Theo Bosboom utilise la technique d'empilement de mises au point (focus stacking) pour obtenir une netteté exceptionnelle du premier plan à l'arrière-plan, même avec des paysages complexes comme des formations de flysch. L'exposition ultra-longue est également devenue omniprésente, permettant de distinguer les détails, l'élégance et l'écoulement de l'eau, en utilisant des filtres polarisants ou à densité neutre.
Préparation et Post-Traitement
Le repérage est crucial en photographie panoramique. Regarder constamment autour de soi, même sans appareil photo, est le début du processus. L'utilisation d'applications comme LightTrac® permet de prévoir la position du soleil ou de la lune à des moments précis de l'année, indispensable pour anticiper les lumières idéales sur un monument ou une façade. Le repérage sur le terrain reste cependant irremplaçable pour saisir les nuances d'une ombre ou d'une ambiance.
Une fois les clichés réalisés, l'assemblage est l'étape suivante. Il existe de nombreux logiciels dédiés à cette tâche. Le processus implique généralement de charger les images, d'indiquer l'objectif et la focale utilisés, puis de laisser le logiciel procéder à l'alignement automatique. Après quelques ajustements, comme la suppression des bords noirs, le panorama est prêt. Norris explique qu'en post-traitement avec Adobe Lightroom, il cherche à raconter l'histoire de son sujet en mettant l'accent sur la source de lumière et en préférant des nuances de bleu plus froides avec un peu de chaleur dans le ciel pour une ambiance spécifique. Les filtres polarisants sont également des accessoires précieux en extérieur, éliminant les reflets pour mieux voir sous la surface de l'océan et ajoutant du contraste en assombrissant le bleu du ciel, faisant briller les icebergs.
L'Art de la Photographie Sous-Marine : Immersion et Innovation
Pendant longtemps, la photographie sous-marine fut un privilège réservé aux plongeurs les plus expérimentés, aux passionnés d'appareils photo ou aux professionnels. Cependant, au cours de la dernière décennie, la technologie et la popularité de cette discipline ont connu un véritable essor. Photographier sous l'eau ne se résume pas à plonger avec un appareil ; c'est un domaine exigeant en raison des nombreuses contraintes liées à l'environnement aquatique.
Les Types d'Appareils Photo pour la Plongée
Avec la multitude d'appareils photo disponibles sur le marché, le choix peut être déroutant. Il existe quatre principaux types adaptés à la plongée :
Lire aussi: Explorer les plus beaux spots de paddle au Brésil
- Les caméras d'action, comme GoPro, Sealife ou Paralenz.
- Les appareils photo compacts, tels que l'Olympus Tough ou le Canon Powershot. L'Olympus TG-7, par exemple, est un successeur du célèbre TG-6, intégrant un mode "sous-marin" et un mode macro haute précision très appréciés des plongeurs.
- Les reflex numériques (DSLR), où il est conseillé d'opter pour un appareil Canon ou Nikon et un bon boîtier.
- Les appareils photo sans miroir (mirrorless), comme le Canon R5 et la série Sony Alpha.
Planification et Maîtrise de l'Environnement Sous-Marin
Lorsqu'il s'agit de réussir une expérience photographique sous-marine, la planification est la chose la plus importante à faire. Arriver à une nouvelle destination et vouloir photographier tout ce qui passe devant l'objectif, des palmes d'un équipier à une petite pointe blanche, peut souvent mener à des photos "mièvres". Pour la plupart des plongeurs, l'objectif est de capturer cette photo spectaculaire qui fera l'envie de tous les équipiers. La clé est un plan clair : si l'on a une idée, même petite, du type de photo (macro peut-être) ou de créature (requin) que l'on souhaite, la plongée n'en sera que plus agréable et enrichissante.
Rester simple est un excellent conseil pour les novices ou ceux qui découvrent un nouvel équipement. Le temps sous l'eau étant limité, il est préférable de ne pas se laisser submerger. Commencer par une idée simple, comme photographier une étoile de mer, permet d'expérimenter avec le matériel (vitesse d'obturation, stroboscope) sans frustration, tout en se concentrant sur la flottabilité.
Les Dive Guides sont des ressources inestimables. La plupart connaissent parfaitement leurs sites et peuvent suggérer des sujets intéressants ou adapter la plongée pour trouver une créature spécifique. Ils peuvent transformer une plongée en une quête photographique ciblée et enrichissante.
Défis Techniques Sous-Marins : Lumière, Couleurs et Flottabilité
Sous l'eau, la lumière se raréfie rapidement. Dès quelques mètres de profondeur, les couleurs s'éteignent peu à peu, absorbées par l'eau : le rouge disparaît dès 5 m, suivi de l'orange entre 10 et 15 m, puis du jaune entre 25 et 30 m. À cela s'ajoutent les particules en suspension (plancton, sable) qui diffusent la lumière et peuvent ternir les clichés. Il est donc essentiel de se rapprocher de son sujet et d'utiliser un éclairage bien orienté pour minimiser cet impact. En photographie, et pas seulement sous-marine, une règle générale stipule qu'à 1 mètre du sujet, une ouverture de F8 est un bon réglage. Sous l'eau, 1 mètre est presque toujours une distance de travail confortable. En macro, il faut être le plus près possible, mais l'eau grossit les objets, donc il n'est pas nécessaire d'être aussi proche que sur terre.
En général, sur terre, la position physique du photographe n'est pas toujours cruciale pour une photo impressionnante. Cependant, sous l'eau, le plongeur a un impact majeur sur la réussite ou l'échec d'une prise de vue. Le plongeur est le trépied de son appareil photo, et une flottabilité et une assiette parfaites sont essentielles. Avant de maîtriser la photographie sous-marine, il faut être à l'aise avec tout son matériel de plongée, comprendre son ordinateur et savoir contrôler sa flottabilité. La stabilité est cruciale, notamment pour la macro, qui exige une concentration mentale et photographique extrême. Le palmage en grenouille (frog kick) est le style préféré des photographes sous-marins car il permet de diriger l'énergie des palmes loin du fond, réduisant ainsi le soulèvement des sédiments. La technique des deux doigts, consistant à se stabiliser en posant deux doigts sur un rocher ou un fond sablonneux, est largement acceptée et appréciée par les centres de plongée et les guides, étant préférable à un battement constant des palmes.
Équipement Spécifique et Maintenance
Un caisson étanche est primordial ; sa robustesse et sa qualité sont essentielles, car il est le seul à protéger l'appareil photo de la pression et de la profondeur. Il doit permettre un accès complet à tous les réglages, et l'utilisation d'une valve vacuum peut vérifier son étanchéité avant la plongée. L'éclairage est un autre pilier de la photographie sous-marine. Une lampe de 10 000 lumens offre une puissance importante, particulièrement utile en grand-angle. Il est idéal de privilégier deux éclairages identiques en puissance et température de couleur pour un rendu homogène, montés sur des bras à boules et des pinces pour un positionnement précis. Les compléments optiques, comme le dôme mi-air mi-eau, permettent de capturer des images emblématiques partagées entre la surface et les fonds marins. L'autofocus est également clé pour une mise au point rapide et précise sur des sujets en mouvement.
Tous les conseils seraient vains si l'appareil photo n'est pas prêt. Il est crucial de toujours prendre le temps d'installer son matériel de plongée et son appareil photo avant de sauter à l'eau. Une vérification méticuleuse (batterie, carte SD, bouchon d'objectif, réglages) est indispensable. Après utilisation prolongée ou des vacances de plongée, un nettoyage soigneux du boîtier et des joints toriques est impératif, à l'aide d'une brosse à dents souple et de savon vaisselle, et en lubrifiant les joints toriques avec de la graisse de silicone presque quotidiennement.
Sécurité et Éthique du Plongeur-Photographe
Les photographes sous-marins peuvent parfois avoir une mauvaise réputation en raison d'une tendance au comportement de loup solitaire, pouvant s'attarder sur un sujet au détriment du groupe ou de son binôme. Il est facile de se laisser emporter, de perdre de vue son équipier et d'oublier ses limites de non-décompression. La règle de la minute en cas de séparation (chercher pendant une minute, remonter lentement à la surface) est essentielle. Il est vital de "partager" les sujets intéressants et de ne pas négliger la sécurité de son binôme. Enfin, et surtout, il est très important de respecter l'environnement, la vie marine et son habitat. Il ne faut jamais déplacer un nudibranche, même si l'on pense qu'il ferait une meilleure photo sur un autre corail. Certains des moments les plus difficiles surviennent lorsque le sujet est dans un endroit délicat ou impossible à photographier, et où il faut s'avouer vaincu et le laisser tranquille.
La Perception et l'Étude des Paysages Sous-Marins
Le paysage sous-marin, longtemps méconnu, constitue un champ d'étude complexe et fascinant. Il s'agit d'un territoire encore peu exploré, structuré socialement et économiquement autour d'images et de représentations mêlant esthétisme, émotions et sensibilités.
L'Évolution Historique des Représentations
L'histoire des représentations montre que le rapport des hommes à la mer a toujours été ambivalent : vie-mort, sérénité-crainte, désir-répulsion. Il a fallu attendre le XIXe siècle et l'innovation technique, comme la pose des premiers câbles télégraphiques sous-marins, pour que la représentation évolue. La découverte d'animaux fixés sur ces câbles, remontés pour réparation, a bousculé l'idée qu'il n'y avait pas de vie dans les abysses. Aujourd'hui, avec l'imagerie haute résolution des films d'animation, comme "Le Monde de Dory" d'Andrew Stanton, les auteurs sont devenus plus réalistes dans leur description, prenant en compte la profondeur de vision, la turbidité de l'eau, la pollution, les courants océaniques et la diversité des écosystèmes. La notion de paysage sous-marin est constamment revisitée grâce aux avancées techniques, telles que les submersibles qui ont permis de découvrir des trésors miniers, énergétiques et biologiques insoupçonnés, ainsi que des formes de vie spectaculaires.
Le Paysage Sous-Marin à Travers le Prisme des Disciplines
Le paysage sous-marin est un concept qui interpelle diverses disciplines. Pour l'océanographe ou le biologiste, il est considéré comme un ensemble de matérialités biophysiques, difficile d'accès et appréhendé indirectement, sauf dans sa frange la moins profonde. Les cartographies sous-marines établies sur une base écologique révèlent la diversité biologique des fonds marins, conduisant les chercheurs à analyser la complexité des écosystèmes et la nécessité de les préserver des dégradations humaines. Ce paysage/milieu est souvent "vu" au travers des enjeux liés à la biodiversité et à la conservation des espèces impactées par les pollutions.
Pour le juriste, la notion est également évoquée, mais les textes législatifs sont souvent pensés pour des territoires terrestres. Bien que des conventions internationales (comme la Convention de Montego Bay) et des directives (comme la directive "habitats") abordent la protection du milieu marin ou de la biodiversité, elles peinent à intégrer pleinement la spécificité du paysage sous-marin. La Convention européenne du paysage, par exemple, élargit la protection aux valeurs esthétiques et culturelles, mais ces paramètres peinent à être appliqués pour la reconnaissance d'un paysage sous-marin en l'absence de perception directe par la population.
Pour l'artiste ou le paysagiste, le paysage sous-marin renvoie aux représentations artistiques et à son caractère esthétique. Ces paysages sont capables de susciter des émotions et sont porteurs de valeurs, au même titre que la richesse écosystémique. Un paysage est beau lorsqu'il procure un bien-être ou de fortes émotions. Les artistes ressentent ces émotions en plongeant en profondeur et en contemplant ce qu'ils appellent "de beaux paysages sous-marins", des mosaïques identifiables de biotopes organisés spatialement et de leurs biocénoses associées.