Comment utiliser un paddle en cuir pour l'affûtage et l'affilage d'un coupe-chou

L’art du rasage au moyen d’un coupe-chou a beaucoup évolué depuis ses humbles débuts, mais un élément clé reste indispensable : le strop. Cet outil polyvalent, connu pour affiler la lame de son rasoir droit, possède une riche histoire qui remonte à des centaines d’années. Les rasoirs droits doivent être entretenus régulièrement en les frottant sur une surface bien préparée pour qu’ils restent aiguisés.

Le strop, aussi appelé affûteur, cuir d’affilage ou cuir d’affûtage est un outil essentiel pour le rasage traditionnel, car il permet de redresser et de polir la lame d’un coupe-chou, créant ainsi un bord plus tranchant qui permet un rasage doux et confortable. L’objectif du strop est de réaligner les bavures microscopiques qui apparaissent sur le tranchant de la lame de rasoir après le rasage, afin que celle-ci reste bien aiguisée et prête à l’emploi.

Aujourd’hui, la plupart des hommes qui se rasent utilisent des instruments à plusieurs lames. Avec le développement de ces solutions et du libre-service, le rasage quotidien se fait plus facilement et plus rapidement. Cependant, c’est loin d’être celles qui apportent le meilleur résultat. Pour avoir une efficacité optimale se traduisant par une peau douce et des poils qui mettent plus de temps avant de repousser, la meilleure solution reste le rasoir droit couteau. Cet outil de rasage, longtemps abandonné, connaît depuis peu un renouveau.

Les différents outils d'entretien : Paddle et Strop

L’affilage et l’affûtage sont deux processus essentiels pour maintenir le tranchant d’un coupe-chou, mais ils ont des fonctions distinctes. Globalement, l’affûtage est utilisé pour « reformer » un tranchant usé ou endommagé, tandis que l’affilage est un entretien régulier pour maintenir le tranchant en alignement. L'affûtage proprement dit consiste à passer votre coupe-chou sur plusieurs pierres de grains différents afin de recréer le fil de votre rasoir. C’est une opération contraignante, tant au niveau du matériel que de la technique. Il nécessite du temps mais il n’est généralement pas nécessaire de le faire souvent si vous avez un coupe-chou déjà « shave ready ». Ceci-dit, il est compliqué d’avoir dès la sortie du magasin un coupe-chou qui coupe parfaitement.

L’affilage lui, semble plus simple, car il ne requiert qu’un cuir. Vous garderez votre coupe-chou shave ready en effectuant quelques passages sur celui-ci et ce, avec très peu de matériel. Il existe deux types de cuirs pour l’affilage : le paddle (raquette) et le strop (lanière). Pour débuter, il est souvent conseillé d'utiliser le paddle qui est plus facile à prendre en main que le strop. Ces deux types de cuir ont le même objectif, qui est d’aligner et de lisser le tranchant de la lame.

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Le paddle est un morceau de cuir fixé sur une planchette ou une raquette, d’où son nom. Il est rigide, offrant une surface d’affilage plane et stable. Son avantage est sa facilité d’utilisation, car il est plus simple à manipuler, surtout pour les débutants. Le strop est une lanière de cuir tendue entre deux points d’ancrage, comme un mur et une poignée. Il est flexible et demande une technique légèrement différente. L’avantage du strop est sa portabilité et sa capacité à s’adaptabilité à la courbure de la lame. Le choix d’une des deux versions correspond plus à une question de goût et d’habitude dans la mesure où la raquette ou la ceinture s’utilisent de la même façon et apportent le même résultat.

Toutefois, il peut être judicieux de commencer avec un cuir d'affûtage pour rasoir souple, ou d'opter pour un paddle avec tendeur métallique. Le paddle "tendeur" est beaucoup plus simple pour débuter. C'est pratique car vous réglez la tension et elle reste la même tout le temps de l'affilage.

Anatomie et matériaux du paddle en cuir

La structure du paddle est très simple, c’est un grand morceau de bois sur lequel sont collées les pièces de cuir ou d’aloès. Si on regarde la tranche de la raquette on peut y voir différentes façons d’amortir le repassage. Une pièce de cuir posée sur une raquette brute est vraiment la base, c’est le plus économique, mais du coup c’est le moins souple. Ensuite on trouve des raquettes ajourées où le bois a été creusé, ce qui donne un peu de souplesse. Enfin, on trouve des cuirs “sur feutre”, un morceau de feutre a été collé entre le bois et le cuir pour amortir encore plus le repassage.

Les matières utilisées pour fabriquer les surfaces d'affilage varient selon les besoins :

  • Le cuir : C'est sans doute le matériau le plus populaire pour les lames de rasoir en raison de sa capacité à polir finement le tranchant de la lame. En effet, c’est la matière qui a le meilleur ratio d’élasticité / adhésion, pour coller au plus près de la matière et enlever toutes les impuretés.
  • Toile (canevas) : La toile (généralement en coton ou lin) constitue une excellente surface pour éliminer les bavures et aplanir les imperfections du tranchant de la lame en le réchauffant par frottement. On dit que le canevas redresse le fil.
  • Bois de balsa / aloès : Le bois de balsa ou d’aloès est un autre choix populaire parce qu’il est doux, léger et idéal pour appliquer les pâtes. Il ne sera pas assez fin pour le polissage final et se trouve principalement sur les paddles.
  • Vegan : Des solutions relativement nouvelles remplacent le cuir par des matériaux synthétiques ayant des propriétés similaires.

Un cuir d'affûtage pour rasoirs coupe-choux dispose généralement de deux côtés différents dont l’un est plus rugueux que l’autre. La face douce sert à préparer la lame du rasoir avant chaque rituel matinal. Il suffit de faire une dizaine de passes lame à plat (aller-retour) afin de chauffer l’acier et ainsi rendre la coupe plus agréable et plus confortable. La face rugueuse quant à elle permet d’aiguiser le fil du rasoir coupe-chou lorsqu’il commence à perdre de son mordant, souvent en y appliquant une pâte abrasive. Certains paddles présentent quatre faces pour utiliser différentes pâtes abrasives et avoir tout à disposition sur un seul outil.

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L'usage des pâtes abrasives

Le côté du cuir destiné à l'utilisation quotidienne doit impérativement rester nu, car c’est ce qui va nettoyer et affiler le rasoir. L’autre côté est à enduire de pâte abrasive. On y repasse le rasoir quand la lame est fatiguée et tire les poils. Il existe plusieurs formes de pâtes dont l’aspect abrasif va être plus ou moins important. On les reconnaît facilement grâce à un code couleur où une couleur équivaut à un grain spécifique de pâte.

Il ne faut pas mélanger les couleurs sur le cuir, car elles n’ont pas la même finesse. La pâte verte est la plus utilisée, car son grain abrasif est moyen et très polyvalent. Si on ne doit choisir qu’une pâte, c’est la verte ! Il s’agit d’oxyde de chrome, que l’on trouve en bâtonnets ou en tube.

Si le côté pâte est déjà vert (sur un matériel neuf), il n'est pas nécessaire d'en rajouter. On change la pâte quand elle devient bien noire. Pour cela, grattez doucement avec le dos d'un couteau, puis poncez légèrement pour obtenir un support propre et sans relief. Ensuite, prenez votre stick de pâte, faites des X tout le long du cuir puis étalez avec la paume de la main et laissez sécher.

La technique des passes sur le cuir

L’affûtage ou affilage consiste à plaquer la lame contre le cuir, le dos de la lame étant toujours placé dans le sens de la glisse. La lame glisse tantôt vers le corps, tantôt dans le sens contraire. Le basculement entre chaque changement de sens doit être fait sur le dos de la lame et non sur le fil, sous peine d'émousser instantanément le tranchant et de couper le cuir.

Pour effectuer le geste correctement :

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  1. Ouvrez le rasoir bien droit pour que les chasses ne gênent pas les mouvements.
  2. Posez la lame bien à plat sur le cuir, le dos et le tranchant devant toucher la surface en même temps.
  3. Guidez la lame tranquillement, sans pression (le simple poids de la lame suffit), le dos en avant.
  4. Effectuez un mouvement en diagonale, appelé passe en "X", en particulier si votre cuir est moins large que votre lame de rasoir. Pour ce faire, posez d’abord le talon sur le cuir, puis faites glisser le rasoir pour que ce soit le nez qui finisse à l’arrivée à l’autre bout.
  5. Le mouvement complété, retournez la lame de 180 degrés en pivotant impérativement sur le dos du rasoir, sans décoller le dos de la surface.
  6. Ramenez la lame dans le sens inverse en effectuant la même glisse.

Le passage en X garantit que la lame est en contact avec le cuir sur toute sa longueur, ce qui uniformise l'affilage même sur des lames qui ne sont pas parfaitement planes ou si le cuir présente un léger relief.

Concernant la fréquence, on compte généralement les passes effectuées sur le côté pâte (environ 15 à 25 passes lorsque la lame commence à fatiguer) et on effectue le double (40 à 50 passes) sur le côté nu pour finir le travail. Au quotidien, une trentaine de passes sur le cuir nu ou 15 passes sur canevas suivies de 40 passes sur cuir nu suffisent avant le rasage pour redresser le fil.

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