Après une belle saison vous commencez à voir les jours se raccourcir, le vent se rafraîchir et l’air se doucir. Vous vous remémorez alors les bons moments passés sur votre embarcation. Cependant, pour continuer à en profiter, vous devez alors protéger votre bateau des aléas climatiques de la période hivernale. En effet, il est venu le temps d’hiverner votre embarcation ! L’hivernage d’un bateau désigne le fait de mettre son embarcation à l’abri durant l’hiver, période nocive pour les moteurs puisque les conditions climatiques accélèrent le vieillissement de ceux-ci. Ce processus concerne l’ensemble des composants du bateau tels que la climatisation, le chauffage, les robinets, etc. Gel et corrosion ne font pas bon ménage et provoquent un risque d’usure prématuré. C’est pourquoi il est important de penser à l’entreposage de votre embarcation.
Les impératifs de la sécurité à flot
Si votre port vous l’autorise, il est tout à fait possible d’hiverner à flot, même si, dans l’absolu, cette solution n’est pas la meilleure. Si vous décidez toutefois de le laisser à l’eau à l’année, veillez à effectuer un amarrage dans les règles de l’art, avec des gardes en plus des simples pointes. Un amarrage solide évite que le bateau ne soit endommagé ou qu’il ne se détache lors des tempêtes hivernales. Assurez-vous que vos amarres soient en bon état et qu’elles vous tiennent à distance du quai. Il est recommandé de doubler les amarres et d’ajouter des croisés. Ne pas oublier de prendre en compte les différences de pression qui peuvent survenir l’hiver et faire varier le niveau de l’eau.
Vérifier les pare-battages est crucial : des pare-battages en bon état et en nombre suffisant protègent la coque des frottements contre le ponton ou les bateaux voisins. Pour limiter la prise au vent, tout ce qui peut être retiré du pont doit l’être. Moins il y a d’éléments susceptibles de s’arracher, moins il y a de débris potentiels dans le port, de dégâts matériels sur votre bateau et de risques pour les autres usagers. Dégréer les voiles est vivement conseillé pour les stocker dans un lieu sec. Une voile qui se déroule accidentellement à cause du vent peut se déchirer et créer une situation dangereuse. Enfin, raidir les drisses est nécessaire : des drisses trop lâches ou mal écartées du mât viennent battre contre celui-ci sous l’effet du vent, ce qui peut causer une usure prématurée, mais aussi beaucoup de bruit.
Une règle de sécurité importante et obligatoire consiste à débrancher son bateau. Les bateaux ne doivent pas rester branchés en l’absence de quelqu’un à bord afin de réduire les risques d’incendie. Comme mentionné dans l’Article 19 du règlement de police du port : Il est formellement interdit de laisser en place tout branchement électrique, en l’absence du propriétaire ou du gardien du bateau. La vigilance collective est de mise : il est important de passer vérifier son bateau régulièrement soit par le propriétaire, soit par un gardien, mais aussi de garder un œil sur les bateaux voisins.
Stratégies de stockage et solutions logistiques
Besoin d’aide ? Sur corps-mort, sous hangar, à domicile… Les solutions d’hivernage dépendent de nombreux facteurs, à commencer par le budget ou l’espace que le plaisancier peut consacrer à son bateau. Le stockage à sec peut paraître plus coûteux, mais il est aussi plus sûr pour votre bateau. Que vous possédiez un garage, un hangar ou une grange, l’essentiel est que votre bateau soit à l’abri. Mais, puisque tout le monde ne possède pas de garage, la solution consiste alors à placer le bateau sous une bâche. Comme pour un hivernage chez soi, celui en port à sec est soumis à une question de taille. Au-delà de 7 ou 8 mètres, il devient compliqué de tracter soi-même un bateau avec sa propre voiture, et de le manutentionner sans engin hydraulique.
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Certains ports - peu nombreux pour des raisons d’assurance - autorisent l’hivernage sur corps mort. Mais ils sont rares. Si les problèmes de ragage sont limités contre un quai, il est toutefois nécessaire de vérifier que l’évitement est suffisant pour ne pas cogner contre un autre bateau qui hivernerait de la même façon. En raison de sa situation en mer, il n’est pas possible d’assurer une aération correcte, ce qui risque de créer des moisissures. Une présence régulière pour vérifier l’état du bateau est recommandée, encore plus pour ceux qui échouent. Certes, cette solution est plus coûteuse, car le stockage se paie, qu’il soit à l’abri d’un hangar ou sur le parc du professionnel. Renseignez-vous, d’ailleurs, pour savoir ce qu’il en est en matière de responsabilité en cas de sinistre. Êtes-vous couvert en cas de vol, d’incendie, etc. Pour déplacer votre bateau jusqu’à son lieu de mouillage ou de stockage, vous pouvez recourir aux services d’un skipper professionnel. Il acheminera votre bateau en toute sécurité jusqu’à son lieu d’hivernage. Il pourra également faire un point du matériel existant et vous communiquer ceux qui nécessiteront une réparation ou renouvellement et vous conseiller sur l’entretien dont le bateau aura besoin.
Maintenance mécanique : le moteur et ses organes
Le moteur d’un bateau requiert des soins tout particulier pendant l’hiver. Hiverner son moteur, c’est lui redonner une deuxième jeunesse. Première étape du bon entretien de votre moteur hors-bord : le dessalage. Responsable de la corrosion des pièces métalliques et du blocage des mécanismes du moteur, le sel contenu dans l’eau de mer est redoutable. Il sera nécessaire de dessaler le moteur en le laissant tourner environ 1h dans de l’eau douce. Afin de protéger les composants internes du moteur, nous conseillons d’injecter une huile de stockage dans le carburateur pendant que le moteur tourne en ralenti accéléré. Lorsqu’une fumée bleue s’échappe, l’opération doit cesser. Il est aussi judicieux de mettre un peu de graisse marine sur vos pièces motrices et de peindre l’embase avec une peinture adaptée.
Vidanger l’eau de mer de l’ensemble des organes de votre moteur est la première étape de l’entretien du moteur in-bord. Si le moteur est équipé d’un échangeur de température, seule la vidange du compartiment d’eau de mer peut suffire. Le réservoir de carburant peut être vidangé ou rempli dans son intégralité avec un additif anti-algues, cela permettra de limiter les risques de condensation. Ne négligeons pas le contrôle du filtre à gasoil, filtre à air ainsi que de la pompe à eau. À ce titre, une huile de protection anti-corrosion sera utilisée. Pour un hivernage à sec, il est conseillé de boucher les sorties d’échappement. Commencez par vidanger l’huile et remplacer les filtres pour éviter que l’huile usagée ne dégrade les composants internes. Il est également recommandé d’ajouter un stabilisateur de carburant pour éviter l’oxydation et la formation de dépôts dans le réservoir. Vérifiez les bougies, l’hélice, les anodes et les visseries.
Gestion des fluides et équipements sensibles
Le gel transforme une simple négligence en cauchemar. Imaginez l’eau stagnante dans vos réservoirs qui gèle et provoque des fissures. Concernant les WC, il sera important de vider les cuves à eaux noires. Durant le processus d’hivernage, de l’eau douce est alors rajoutée avec un nettoyant adapté. Ensuite, les cuves seront vidées pour la dernière étape. Concernant le système d’eau douce, les réservoirs et le chauffe-eau seront vidés dans leur entièreté. Il est tout aussi important de vérifier les systèmes d’aération de votre voilier (ventilateurs et aérateurs). Sans une bonne ventilation, les moisissures s’installent sournoisement à l’intérieur, détériorant les matériaux et rendant vos cabines invivables.
Les équipements électroniques sont placés au sec afin de les préserver. Il est fortement conseillé d’emporter le matériel électronique comme le matériel de sécurité pour les entreposer en lieux sûrs, ainsi ils ne seront ni détériorés ni volés. Les batteries et équipements électroniques sont particulièrement vulnérables à l’humidité et aux températures basses. Retirez les batteries et stockez-les dans un endroit sec et tempéré, idéalement sur un chargeur flottant pour maintenir leur charge. Décharger (quand cela est possible) les batteries pour les stocker dans un lieu sec et pouvoir les recharger au moins 1 fois par mois est une excellente pratique. Vider ainsi le bateau vous permettra de faire un inventaire du matériel existant et contrôler leur état de marche.
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Entretien de la coque, des voiles et accastillage
Nettoyer/rénover la coque de votre embarcation c’est aussi avoir accès à la partie en dessous de la ligne de flottaison. C’est cette partie qui est en contact permanent avec l’eau et qui nécessite donc un entretien de qualité afin de lui donner de l’éclat. Un nettoyage complet est indispensable pour protéger votre navire de la corrosion et des dépôts. Rincez soigneusement la coque et le pont à l’eau douce pour éliminer sel, algues et dépôts calcaires. Profitez de cette étape pour inspecter la surface : fissures, éclats ou signes d’osmose doivent être réparés avant l’hiver. Si votre navire est équipé d’un traitement antifouling, vérifiez son état et renouvelez la couche si nécessaire.
Pour les voiliers, commençons par nettoyer les voiles et les plier. La durée de vie de vos voiles dépend pour beaucoup de leur hivernage. Rincez vos voiles en utilisant des nettoyants spécifiques non agressifs pour les tissus. Un fois les voiles rincées et séchées, un contrôle visuel s’impose. Inspectez minutieusement les coutures et les zones sensibles : bandes de ris, goussets de lattes, nerf de chute, renforts, penons, bande de visualisation. Vérifiez aussi l’état des coulisseaux, des œillets sertis et des bandes anti-UV. Faites réparer les zones dégradées avant qu’elles ne provoquent des dégâts plus importants. Les voiles « blanches » en dacron peuvent être stockées ferlées en faisant de larges plis non marqués en accordéon, tandis que les voiles en tissus « exotiques » doivent être stockées roulées. Attention aux souris si vous stockez vos voiles dans votre garage ou votre grenier. Préférez donc un stockage en hauteur. Avec le sel et les UV, les écoutes ont tendance à durcir et devenir rêche au toucher. Pour cela, faites tremper ces dernières dans de l’eau douce, éventuellement mélangée avec un peu de savon de Marseille, pendant quelques heures.
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