Le Trimaran SVR-Lazartigue, véritable joyau technologique de la course au large, trouve son ancrage fondamental à Concarneau, dans le Finistère. C’est au sein de ce port d’attache que le maxi-multicoque de la classe Ultim, conçu par l'écurie MerConcept, a été construit, mis à l’eau et préparé pour ses multiples défis océaniques. Concarneau sert de base opérationnelle où les équipes techniques, gréeurs et grutiers, assurent la maintenance de ce « bateau-volant » de 32 mètres de long et 23 mètres de large, dont les dimensions hors normes exigent une logistique sophistiquée, notamment lors des manœuvres de mise au sec dans les hangars spécialisés.
La genèse et le site opérationnel de Concarneau
La construction du Trimaran SVR-Lazartigue a nécessité environ deux ans et demi de travail, totalisant près de 150 000 heures d'ingénierie et d'assemblage. Ce projet, initié en mars 2018 sous l’impulsion de François Gabart via sa société MerConcept, a transformé le paysage de la course au large. Le site de Concarneau, avec son hangar de 3 000 m², est devenu le berceau de cette innovation où chaque détail du bateau est peaufiné. C’est à Concarneau que le trimaran est régulièrement ramené pour des phases de remise à l’eau, de réparations structurelles ou de modifications techniques, comme ce fut le cas après le démâtage ou lors de la détection de fissures sur les bras de liaison. La précision requise pour déplacer ce géant, posé sur des chariots automoteurs sur les terre-pleins du port, souligne la complexité de l’infrastructure nécessaire au maintien en conditions opérationnelles de tels prototypes.
L’ancrage géographique et les enjeux de la vie du navire
Au-delà de son port d'attache breton, le Trimaran SVR-Lazartigue est conçu pour sillonner les océans du globe. La vie du bateau est rythmée par ses performances en course, telles que sa participation à la Rolex Fastnet Race, à la Transat Jacques Vabre ou à la Route du Rhum. Cependant, le navire est également au cœur d’une stratégie de communication et d'engagement environnemental portée par le groupe Kresk. À travers des tournées, comme celle effectuée en Méditerranée, le bateau a fait escale dans cinq pays : le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Tunisie. Ces escales ne sont pas seulement des haltes techniques, mais des opportunités de présenter le « bateau-volant » aux collaborateurs du groupe et au grand public, renforçant le rôle du Trimaran SVR-Lazartigue comme ambassadeur du fonds de dotation Kresk4Oceans, dédié à la protection de l'Océan et à la lutte contre la pollution plastique.
La dynamique des retours de course
La question du stationnement du trimaran est intrinsèquement liée aux aléas de la navigation et des records. Après des tentatives de records, comme celle du Trophée Jules Verne, le choix de revenir à Concarneau s'impose en cas d'avarie technique ou de conditions météorologiques défavorables. Lors de sa dernière tentative de record, confronté à un problème sur le gennaker à 600 milles de l'équateur, l'équipage a pris la décision de faire demi-tour pour rejoindre Concarneau. Ce port représente le sanctuaire où le bateau peut être réparé rapidement pour reprendre le stand-by opérationnel, illustrant ainsi que, bien que le navire soit conçu pour voler sur les mers du monde, sa survie opérationnelle dépend étroitement de son port d'attache finistérien, véritable cœur battant de ses ambitions sportives.
La logistique des déplacements portuaires
Le passage entre les zones de course et le port d’attache est une opération complexe. À Concarneau, les équipes de Carenco et de MerConcept collaborent pour gérer les dimensions exceptionnelles de l'Ultim. La manipulation du trimaran, dont la largeur de 23 mètres doit être manœuvrée avec une extrême précision pour entrer dans les espaces de maintenance, illustre la symbiose entre les besoins techniques et les contraintes portuaires. Chaque retour à quai est une étape cruciale pour l’optimisation du bateau, qu’il s’agisse d’améliorer l’aérodynamisme, la forme des appendices ou de tester des matériaux innovants comme les biocomposites intégrant du lin ou du bambou, une priorité pour réduire l’impact environnemental de la course au large.
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La dimension symbolique du port d'attache
Le port de Concarneau ne se limite pas à une fonction utilitaire ; il incarne l'histoire de la collaboration entre François Gabart et ses partenaires industriels. Depuis la mise à l’eau du premier « Macif » jusqu’à l’acquisition du SVR-Lazartigue par le groupe Kresk, Concarneau a été le témoin de l’évolution technologique de la classe Ultim. Les cérémonies, comme celle du baptême du bateau par l’actrice Mélanie Laurent, rappellent que ce port est le point de départ et de retour privilégié, le lieu où l’ambition humaine de « repousser les limites » rencontre la réalité matérielle de la construction navale. C’est ici que les projets prennent racine, que les équipages se forment, notamment avec l’intégration de jeunes talents comme Tom Laperche, et que se dessine l’avenir de la navigation océanique.
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