Le milieu nautique connaît une révolution sans précédent avec l'avènement du catamaran volant. Longtemps réservée à l'élite des régatiers ou aux prototypes expérimentaux, la capacité à s'élever au-dessus de la surface de l'eau grâce à des appendices porteurs, les foils, transforme désormais aussi bien la compétition internationale que la pratique de plaisance. Cette mutation technique, qui redéfinit notre rapport à la vitesse, à la stabilité et aux sensations en mer, s'inscrit dans une quête constante d'innovation.
Les géants des mers : l’expérience SailGP
Au sommet de cette pyramide technologique se trouvent les F50, des machines de course hors normes qui sillonnent le monde lors du championnat SailGP. Les neuf nations participant à la saison 3 de SailGP sont attendus à Saint-Tropez les 10 et 11 septembre pour le « France Sail Grand Prix ». Le championnat fera escale pour la deuxième année consécutive dans cette destination emblématique de la Côte d’Azur. Les F50 de SailGP peuvent atteindre plus de 50 nœuds de vitesse de pointe en course, soit près de 100 km/h.
Avec leurs 15 mètres de long, 8,80 mètres de large, leurs foils et leur aile rigide modulable de 18 à 29 mètres de haut, ces catamarans volants surpuissants sont tous identiques. S’ils sont à la pointe de la technologie, ce sont donc les athlètes à bord qui eux seuls font la différence face à leurs concurrents. De la ligne de départ à la ligne d’arrivée, en passant par des sprints au reaching, des bords de portant et de près, et des manœuvres acrobatiques en pagaille, une quinzaine de minutes seulement s’écoulent. Juste assez pour en prendre plein les yeux en suivant le jeu de la régate d’une intensité folle, avec du suspense et des images extraordinaires.
Un héritage maritime et une vitrine technologique
Dans 30 jours, le championnat SailGP fera escale pour la deuxième année consécutive à Saint-Tropez. Destination emblématique de la Côte d’Azur, le petit port provençal est également un lieu de rendez-vous historique de la voile internationale. Réputé pour la qualité de son plan d’eau, le golfe de Saint-Tropez l’est aussi pour accueillir certaines des plus mythiques régates comme la Rolex Giraglia et les Voiles de Saint-Tropez.
SailGP, c’est bien plus qu’un simple championnat sportif. Sa raison d’être est de participer au changement vers un avenir propre, responsable et inclusif. « Powered by Nature » : l’objectif est clairement affiché : en 2025 l’intégralité du championnat devra fonctionner grâce aux énergies propres, à terre comme en mer. Dans la continuité de ce qui a été initié l’année dernière, le France Sail Grand Prix contribuera aussi à la préservation des posidonies en partenariat avec le fonds de dotation Pure Ocean. Enfin, 250 jeunes filles et garçons de tous horizons auront la possibilité de vivre une expérience unique à Saint-Tropez, au cœur de l’un des championnats sportifs les plus exigeants au monde.
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La genèse du vol accessible : le projet Whisper
Alors que la compétition fait rage, une réflexion sur l'accessibilité du vol a émergé dès la fin des années 2010. La voile légère n’a pas fini de nous faire voler. On ne sait pas encore tout de ce cata sinon qu’il est anglais (produit chez White) et qu’il se présente comme un bateau plus facile que ses concurrents. Sa spécificité ? Des foils horizontaux, en T, comme sur un Moth ou sur le S9, mais avec un palpeur qui règle l’incidence du foil situé en arrière de l’appendice.
En réglant la sensibilité du foil, on doit pouvoir adapter son comportement et son « altitude » aux capacités de l’équipage, l’idée étant que le cata volant ne doit plus être une affaire de spécialistes… Ce Whisper (« murmure ») ou Solent Whisper sera présenté à Paris par Thierry Wibaux de France Catamaran. Pour l’instant on en sait peu de chose, sinon que son concepteur, Ron Price, est prof à la célèbre Solent University qui a déjà formé des générations d’architectes navals. Le constructeur, White Formula (Rob White), est un spécialiste de la stratification légère et de la chasse au poids. Avec de dessin des foils, c’est l’autre clé du vol… Le constructeur annonce un poids de 80 kg tout compris ! Les chiffres que l’on a pu connaître montrent aussi un bateau plus étroit que les autres catas volants (5,40 m de long pour 2,30 de large).
Le luxe à haute vitesse : l’innovation Sunreef
L’innovation ne s’arrête pas aux dériveurs légers ; elle s’étend aux yachts de croisière. Le nouveau 40 Open Sunreef Power, un catamaran ultra design avec un système d'hydrofoil rétractable, a marqué les esprits. Basé à Gdansk en Pologne et crée par un entrepreneur français, Sunreef Yachts continue de s'imposer depuis plusieurs années sur le marché des catamarans de luxe. Et parmi la (presque) centaine d'unités produites, on retrouve la gamme Power.
C'est dans cet esprit, de performance et de design, que Sunreef Yachts a créé le 40 Open Sunreef Power. Ce day-boat a été présenté pour la première fois en tant que concept lors du Yachting Festival de Cannes. Le 40 Open « présente une grande surface de pont et une bonne stabilité dans une mer formée, notamment grâce à ses deux coques » promet le constructeur. Il se décline également avec une coque planante, et un système d'hydrofoil rétractable. Côté moteur, le 40 Open est doté d'une motorisation in-board de 2 x 425 ch ou 2 x 1100 ch, lui permettant d'atteindre les 60 nœuds. Quant à la version hydrofoil, le 40 Open Sunreef Power H, elle sera équipée d'une motorisation hors-bord de 2 x 627 à 4 x 400 ch. Pratique : les plate-formes latérales repliables qui augmentent la surface habitable.
Démocratiser le vol : l’initiative BeFoil
La transition vers le vol pour le grand public s'est concrétisée avec des projets comme BeFoil, qui veut faire voler les plaisanciers débutants. BeFoil a présenté son catamaran de sport à foil. Il s'agit d'un multicoque volant de 16 pieds destiné à faire découvrir ces nouvelles sensations à un public peu averti. « Notre 1er public, c'est les écoles de voile pour l'initiation au foil. » explique Alan Le Calvez, responsable de projet chez BeFoil - Magnard Innovation. « Le bateau est pensé pour des formats de stage classique, sans être obligé de faire des cours particuliers. »
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Pour rendre le bateau plus facile et plus sûr, l'équipe de BeFoil s'est intéressée aux matériaux comme au matériel. Les coques des voiliers de série seront en thermoplastique rotomoulé, plus abordable et moins fragile que le composite classique dans un usage d'école de voile. « En plus, elles seront plus légères que celles du prototype que l'on avait renforcé volontairement. » La grand voile est arisable pour assagir le bateau si nécessaire et des échelles de rappel ont été préférées aux trapèzes pour rendre la navigation plus facile pour les débutants. Enfin, les poutres et les appendices, foils et safrans, sont en aluminium. Alors que toutes les régates, qu'il s'agisse de dériveur, de coupe de l'America ou de course au large, se mettent aux bateaux volants, le grand public veut également décoller. Trouver le bon support, abordable financièrement et techniquement, est un défi pour les constructeurs et une attente des écoles de voile.
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