La Norme NF de Sécurité des Gilets de Sauvetage : Un Guide Complet pour la Protection en Milieu Aquatique

Introduction à l'Importance Cruciale des Équipements de Flottaison

Le gilet de sauvetage ou brassière est avant tout un équipement de sécurité non négligeable pour garantir la sécurité des plaisanciers lors des pratiques nautiques. Éléments de sécurité essentiels en mer, les brassières et gilets de sauvetage vous permettront en cas d’incident, d’améliorer votre protection, d’être repéré et d’être secouru. Un accident peut vite arriver, un coup de vent, une filière qui lâche, une faute de barre ou simplement une perte d’équilibre peut amener à une chute dans l’eau. Remonter à bord du bateau en toute sécurité peut s’avérer parfois difficile, c’est pourquoi il est important de bien choisir son gilet de sauvetage ! Le gilet de sauvetage est un équipement individuel de flottaison aussi appelé EIF. C'est un dispositif qui permet à une personne de flotter plus facilement en cas de chute dans l'eau. Il permet de conserver la tête hors de l'eau et assure le retournement pour une personne inconsciente, sauf dans de rares cas. Saviez-vous que l’espérance de vie après une chute à la mer est d’une heure dans une eau de 10°C à 16°C ? Selon la SNSM, le non-port du gilet de sauvetage est l’une des premières causes de noyade, 8 noyés sur 10 auraient pu être sauvés ! Le gilet de sauvetage sauve des vies ! Ces questions, « Quelle est la réglementation concernant les gilets de sauvetage sur le bateau ? » et « Le gilet de sauvetage est-il obligatoire en France ? », sont légitimes et trouvent leur réponse dans un ensemble complexe de normes et de réglementations visant à optimiser la sécurité de tous les usagers de l'eau.

Le Cadre des Normes Européennes et Internationales pour les Équipements Individuels de Flottaison

La sécurité en mer et sur les plans d'eau est une préoccupation majeure qui a conduit à l'élaboration de standards rigoureux. Les normes européennes définissent des critères de confort et des niveaux de flottabilité pour l'ensemble des équipements individuels de flottaison (EIF). Ces EIF font l'objet de dix normes européennes en appui de la directive européenne n°89/686/CE, qui établit les exigences essentielles de santé et de sécurité relatives aux équipements de protection individuelle (EPI). Cette directive garantit que seuls les produits conformes à des critères stricts de performance et de sécurité peuvent être mis sur le marché.

Au niveau international, l'Organisation maritime internationale régit la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer - SOLAS. Cette convention requiert que les exigences de la convention SOLAS soient respectées pour tous les équipements de sauvetage transportés et utilisés à bord de tous les navires effectuant des voyages internationaux, y compris les navires à passagers et les navires de charge d'une jauge brute supérieure ou égale à 500 tonnes. Ceci inclut les gilets de sauvetage, les combinaisons d'abandon et les combinaisons d'immersion, soulignant l'importance universelle de ces dispositifs de protection. Ces équipements individuels de flottaison (EIF) doivent être marqués CE ou arborer un logo « barre à roue » sur l’étiquette, attestant ainsi de leur conformité aux exigences réglementaires.

Catégories de Flottabilité : Les Newtons et Leurs Usages Spécifiques

La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (50, 100, 150 et 275). Il s’agit d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg, bien que la flottabilité réelle nécessaire puisse varier en fonction de la corpulence, du poids et des vêtements portés par l'individu.

La norme EN ISO 12402-5 spécifie les exigences de sécurité relatives aux aides à la flottabilité présentant une flottabilité d'au moins 50 newtons. Ce niveau est destiné aux nageurs compétents et qui sont à proximité du rivage ou de la côte, ou peuvent être aidés ou secourus rapidement. Elle s'applique aux personnes qui savent bien nager, sont proches du rivage, et qui ont à proximité une aide ou des secours. Ces vêtements sont peu encombrants, mais leur usage en eau perturbée est limité, et on ne peut s'attendre à ce qu'ils assurent la sécurité du porteur pour une longue période. Ils ne disposent pas d'une flottabilité suffisante pour protéger les personnes qui ne peuvent pas s'aider elles-mêmes. Ils sont peu coûteux mais d'usage limité, et sont indiqués seulement pour bons nageurs, pour une utilisation en eaux protégées où les secours sont à proximité.

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La norme EN ISO 12402-4 spécifie les exigences de sécurité relatives aux gilets de sauvetage de la catégorie de flottabilité de 100 newtons. Ce niveau est destiné aux personnes qui peuvent avoir à attendre des secours, dans des eaux abritées. Il est recommandé pour les nageurs et non-nageurs pour toutes les eaux calmes, garantissant le retournement sur le dos d'une personne inconsciente, sauf dans de rares cas.

La norme EN ISO 12402-3 spécifie les exigences de sécurité relatives aux gilets de sauvetage de la catégorie de flottabilité de 150 newtons. Flottabilité minimale de 150 Newton pour un adulte moyen. Ce type de gilet est recommandé pour les nageurs et non-nageurs, et est adapté pour toutes les eaux, y compris la haute mer. Il garantit le retournement sur le dos d'une personne inconsciente dans la plupart des situations.

La norme EN ISO 12402-2 spécifie les exigences de sécurité relatives aux gilets de sauvetage de la catégorie de flottabilité de 275 newtons. Flottabilité minimale de 275 Newton pour un adulte moyen. Ce niveau de gilet de sauvetage est principalement destiné à une utilisation offshore dans des conditions extrêmes, pour nageurs et non-nageurs, offrant une sécurité maximale même en cas de port de vêtements lourds.

Typologies de Gilets de Sauvetage : Flottabilité Permanente vs Gonflables

Le marché propose une variété de gilets de sauvetage, chacun adapté à des besoins et des usages spécifiques, conciliant sécurité, confort et praticité.

Les gilets à flottabilité permanente (en mousse) sont moins chers à l’achat mais plus encombrants. Ces équipements assurent selon leur taille une flottabilité simple par mer calme jusqu’à une flottabilité active par mer agitée permettant notamment le retournement. Ces brassières ou gilets assurent par ailleurs à bord une certaine protection physique en cas de choc, ajoutant une couche de sécurité contre les impacts.

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Les gilets gonflables, plus chers à l’achat, ont un encombrement réduit. Ils se portent sur les vêtements et allient sécurité et confort, permettant une meilleure mobilité lors des déplacements ou des manœuvres. Il est vrai que l’on a très souvent entendu dire que le port du gilet de sauvetage était freiné par manque de confort lors des manœuvres en bateau. Pendant des régates, il pouvait rendre moins performant, selon les dires ou tout simplement par habitude du non-port du gilet. Les fabricants ont fait beaucoup d’efforts depuis pour offrir des gilets de sauvetage modernes, plus agréables et plus confortables tout en offrant plus de sécurité. Grâce aux évènements sportifs, le port du gilet de sauvetage obligatoire popularise et contribue à une utilisation plus régulière.

Ces gilets gonflables sont également conçus en forme de plastron. La flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO2 capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air. Cette particularité donne au gilet automatique un avantage important en terme de mobilité. À porter sur les vêtements, il n’entrave pas les mouvements et facilite manœuvres et déplacements à bord.

Il existe plusieurs systèmes de déclenchement pour les gilets gonflables : manuel, automatique ou hydrostatique.

  • Le gilet gonflable manuel : Il est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute. Ce poinçon perfore l’opercule de la bouteille de gaz (CO2) qui gonfle le gilet. Les gilets gonflables manuels correspondront pour des utilisations en plan d'eau intérieur (lacs), kayak, ou rivière. En mer, lors des pratiques sportives en dériveur par exemple, le gilet manuel est très pratique pour éviter les gonflages intempestifs liés aux embruns.
  • Le gilet gonflable automatique dit à pastille de cellulose : Ce système fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns. Le gilet se déclenche donc qu’après immersion dans l’eau, offrant une activation rapide et autonome en cas de chute imprévue.
  • Le gilet gonflable automatique pressiostatique : Ce système fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ils se déclenchent de façon autonome en cas de chute, garantissant une réactivité maximale dans des situations d'urgence. Lors d'une sortie en mer, il est vivement conseillé de vous orienter vers un modèle à déclenchement automatique en navigation côtière, semi-hauturier ou régate !

Conception et Port des Gilets : Assurer un Maintien Efficace

La manière dont les gilets et brassières sont conçus et portés est essentielle pour leur efficacité. Les brassières se passent au cou et se fixent avec une à deux sangles positionnées entre le bassin et le thorax. Conçus en forme de plastron, ils possèdent deux modes de fixation, assurant une bonne stabilité une fois enfilés.

Les gilets sont quant à eux à passer comme un vêtement classique par les bras et se fixent par une fermeture éclair doublée d’une sous cutale passant entre les cuisses et assurant un bon maintien. Cette sous-cutale est cruciale pour empêcher le gilet de remonter au-dessus de la tête du porteur une fois dans l'eau, garantissant ainsi que les voies respiratoires restent dégagées et que la flottabilité est correctement positionnée.

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Les gilets automatiques existent également en taille enfant. Moins contraignants pour eux aussi, ils sont à privilégier pour leur assurer une sécurité maximum, permettant aux plus jeunes de se déplacer librement tout en étant protégés.

Réglementation Française : La Division 240 et les Obligations du Chef de Bord

En France, la réglementation concernant les gilets de sauvetage est encadrée par la Division 240, modifiée en mai 2019. Cette division détermine la réglementation pour tous les bateaux de plaisance à usage personnel ou de formation inférieure à 24 mètres en fonction de la zone de navigation. Le gilet de sauvetage fait partie de ces équipements obligatoires, mais le modèle du gilet est régi pour chaque zone de navigation. En France, ce qui détermine le type de gilet est l’éloignement d’un abri.

La responsabilité du chef de bord est primordiale. Le chef de bord est le membre de l’équipage qui a la responsabilité d’embarquer du matériel de sécurité adapté à la navigation pratiquée. Il doit s’assurer que tous ses passagers portent un gilet de sauvetage homologué. Le gilet de sauvetage doit être adapté à la morphologie des personnes embarquées et à leurs besoins. Il doit être en bon état et s’adapter, selon la morphologie du passager (taille, poids…). Selon la zone de navigation et en fonction de l'usage, le gilet doit être adapté et respecter une certaine capacité de flottabilité exprimée en Newton.

Les exigences de flottabilité varient donc en fonction de la distance par rapport à un abri :

  • Pour les enfants de moins de 30 kg : Il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 100 Newton minimum quelle que soit la zone de navigation, afin d'assurer une protection maximale pour les plus vulnérables.
  • Dans une zone de moins de 2 milles d’un abri : Il est imposé de porter une aide à la flottabilité de 50 Newton. Bien qu'il soit souvent difficile d'évaluer la distance exacte, cette exigence s'applique pour des navigations proches des côtes, comme les régates en dériveur.
  • Entre 2 et 6 milles d’un abri : La réglementation exige un gilet de sauvetage d’au moins 100 Newton, que l’on retrouve souvent sur de petites embarcations et qui offre un niveau de sécurité accru pour des zones où les secours pourraient prendre plus de temps à arriver.
  • Au-delà de 6 milles d’un abri : Il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 150 Newton. Ces gilets de sauvetage assurent le retournement afin de maintenir vos voies respiratoires et la tête hors de l’eau, une caractéristique essentielle en haute mer où les conditions peuvent être plus difficiles.
  • En navigation hauturière : Il est indispensable de compléter votre gilet d’un harnais et d’une longe, permettant de rester attaché au bateau et d'éviter d'être emporté par-dessus bord.

Il est important de bien distinguer le gilet de sauvetage de l’équipement d’aide à la flottabilité. Les aides à la flottabilité, comme celles de 50N, sont conçues pour des situations où une aide rapide est disponible et où le porteur peut activement participer à son sauvetage. Les gilets de sauvetage, avec des flottabilités de 100N et plus, sont conçus pour offrir une protection plus passive et plus durable, notamment en assurant le retournement d'une personne inconsciente.

Équipements Complémentaires pour la Sécurité et la Visibilité

Pour être secouru, il faut être visible, c'est pourquoi il est impératif de posséder une lampe torche étanche ou un dispositif lumineux individuel pour compléter votre gilet de sauvetage. Cet équipement de sécurité est obligatoire en navigation même à moins de 2 milles d’un abri. Dans la réglementation de la division 240, il faut impérativement à bord un dispositif lumineux. Celui-ci peut être collectif, sous la forme d'une lampe torche étanche ayant au moins 6 heures d'autonomie, ou individuel. Le feu individuel doit lui aussi être étanche, avoir une autonomie de 6 heures, et doit être impérativement soit porté par chaque personne à bord, soit fixé sur l'équipement individuel de flottabilité, à savoir la brassière ou le gilet de sauvetage. Cette exigence est fondamentale pour la localisation d'une personne à l'eau, en particulier la nuit ou par faible visibilité.

De plus, il est recommandé d'équiper votre gilet de sauvetage d’un sifflet fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté. Un sifflet permet d'attirer l'attention des équipes de recherche ou des navires à proximité, même lorsque la voix est affaiblie par le froid ou l'épuisement.

Entretien et Durée de Vie des Gilets de Sauvetage

Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions auxquelles ils sont soumis (rayonnement ultra-violet, en mer avec le sel, abrasion, micro-organismes, hydrocarbures, compression,…). Ces facteurs environnementaux peuvent détériorer les matériaux et compromettre l'intégrité structurelle et la flottabilité de l'équipement. Une vérification régulière est donc cruciale pour garantir leur fiabilité.

En mer, le nettoyage à l’eau douce après chaque utilisation est préconisé afin d'éliminer le sel et les résidus corrosifs. Le stockage dans un endroit sec, aéré et à l’abri des rayonnements solaires est recommandé pour prévenir la dégradation des tissus et des composants. Les réparations de fortune sont déconseillées, car elles peuvent altérer les performances de sécurité du gilet. Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement pour détecter toute trace d'usure, de déchirure ou de dégradation des coutures.

Pour les gilets gonflables, il vous faudra remplacer la cartouche de gaz après utilisation du gilet de sauvetage, ou si elle n'est plus opérationnelle suite à une vérification. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer également la pastille à sa date d'expiration ou après utilisation du gilet, car ces éléments sont essentiels au bon fonctionnement du mécanisme de déclenchement. La négligence de ces opérations de maintenance peut rendre le gilet inopérant au moment critique.

Avant de prendre la mer, il est indispensable d’informer l’équipage sur l’utilisation des gilets et brassières de sauvetage. Cette connaissance des procédures d'enfilage, de déclenchement et des mesures à prendre en cas de chute à la mer est aussi importante que le gilet lui-même.

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