Nicolas Hulot, le Kitesurf et l'Équilibre Retrouvé : Une Évasion Active au Cœur de l'Engagement

L'existence de Nicolas Hulot, figure emblématique de l'écologie et ancien ministre d'État, a toujours été jalonnée d'engagements profonds et de quêtes de sens. Après une période intense et éprouvante au cœur de la machine gouvernementale, le besoin de retrouver un équilibre et une sérénité s'est fait pressant. C'est dans le fracas apaisant des vagues et la tension maîtrisée d'une voile que Nicolas Hulot a trouvé un refuge, une nouvelle énergie : celle du kitesurf. Ce sport de glisse, loin d'être un simple loisir, est devenu un pilier fondamental de son quotidien, lui permettant de se ressourcer tout en nourrissant son éternel questionnement sur son utilité et son action.

Le Retour au Calme après la Tempête Politique

Le départ de Nicolas Hulot de l'Hôtel de Roquelaure, après la passation de pouvoir avec François de Rugy, fut un moment émouvant, marquant la fin de quinze mois parisiens éreintants. L'ancien ministre est sorti de cette expérience "exténué", "éreinté par la lessiveuse gouvernementale", comme l'assure son biographe, Jean-Luc Bennahmias. Le quotidien politique, avec ses réunions s'enchaînant sans jamais aboutir, ses rapports de force si complexes qu'ils stérilisent toute volonté d'action, et la nécessité de prononcer des discours au lieu de concrétiser, avait laissé des traces profondes. Après les larmes, un besoin impérieux de calme s'est manifesté.

Dans cette période de recentrage, Nicolas Hulot retrouve l'essence d'une vie simple, marquée par le bruit apaisant des vagues au réveil et le réconfort d'un café partagé au petit Saint-Lu avec ses copains. Les odeurs de cuisine à midi dans la belle maison en meulières incarnent ce retour à un quotidien "normal", un "vrai" sans fioriture et sans bras de fer, où l'amour et l'amitié prévalent. Ses proches confirment cette transformation : « Nicolas s'apaise, il récupère. Il reste avec lui, ses amis, sa famille et la mer. Le lien est toujours là, aussi fort qu'avant. » Cependant, tous ses proches ne peuvent pas en dire autant ; certains ne reçoivent que des textos « sans importance », signe d'une nécessaire mise à distance.

Vint ensuite le temps des enseignements. « Il a commencé à réfléchir pour tenter d'y voir plus clair. Il est en train d'apprendre à vivre avec cette idée qu'il a passé 15 mois à essayer de faire quelque chose sans succès », affirme l'ancien député européen Jean-Paul Besset. Cette introspection n'est pas empreinte de négativité : il ne dresse pas un bilan négatif et ne considère pas ses collaborateurs comme des traîtres. Au contraire, son éternel questionnement demeure : « à quoi je sers ? Qu'est-ce que je peux faire ? » Ses journées, qui s'égrainent lentement depuis ce 28 août, lui offrent l'occasion d'apprécier l'impact de son départ. Sa démission, Nicolas Hulot l'a en effet voulue constructive. Jean-Paul Besset reconnaît qu'il est « encore trop tôt pour dire si son départ a servi à faire bouger les choses », mais il souligne que « ça n'était pas un geste de dépit mais un constat ». Nicolas Hulot s'est rendu compte de la complexité des enjeux, percevant que la société, du gouvernement à l'homme de la rue, était « bloquée ». Si « tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut changer les choses », des blocages, qu'ils soient corporatistes ou comportementaux, voient le jour dès que l'on entre dans le concret.

Pour d'autres de ses proches, le départ du grand homme a eu un impact immédiat. Sur la péniche de Gérard Feldzer, amarrée sous le Pont Alexandre III à Paris, ils recommencent à se réunir. Cette péniche est un lieu chargé d'histoire pour eux : c'est là que les copains se retrouvaient pour préparer la campagne de 2007 avant que Nicolas Hulot ne propose son pacte écologique à tous les candidats à la présidentielle, puis en 2011 pour préparer la primaire d'Europe Écologie Les Verts. Les liens entre Hulot et Feldzer ont été particulièrement forts dès le début, notamment en 1993, lorsque les deux hommes embarquèrent à bord d'un dirigeable à hélice, tracté par des pédales. Alors que Feldzer était pilote chez Air France et Hulot journaliste, ils cherchaient à prouver qu'il était possible de traverser l'océan sans brûler d'énergie fossile. Après 2 500 kilomètres, leur engin piqua du nez, les obligeant à se jeter dans le vide pour éviter l'écrasement. « J'avais la colonne cassée », se souvient Feldzer. Aujourd'hui, les rôles sont inversés, et Feldzer sourit en disant : « Nous sommes les amis de la Péniche ». Ses anciennes équipes de campagne, ainsi que les membres de la fondation, se demandent tous comment avancer. Annabelle Jeager, membre du conseil d'administration avec qui Nicolas Hulot échange régulièrement, explique que « à partir du moment où il n'est plus dans la sphère politique, la fondation peut réutiliser son nom avec plus de liberté mais on ne va pas la rebaptiser tout de suite ». Nicolas Hulot réfléchit à ce qu'il a envie de faire, évoquant différentes hypothèses. Néanmoins, il reste à passer à l'acte, à sortir à nouveau en pleine lumière, et certains de ses proches sont un peu inquiets face à cette perspective.

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Le Kitesurf : Une Addiction Douce et Vitale

C’est dans ce contexte de reconstruction personnelle que Nicolas Hulot s’est pris de passion pour le kitesurf, ce grisant sport de glisse. Interrogé par Paris Match sur son rapport à cette discipline, il confie être "vraiment sous le charme du kitesurf", allant même jusqu'à parler « presque d’addiction, mais une addiction douce et sans effets secondaires ». Pour lui, cette activité dépasse le simple cadre du sport. Alors que certains se détendent en faisant du jogging, de la musique ou de la peinture, lui choisit le kitesurf, le considérant comme « un moment de purification ». Cette pratique lui permet de « laver la tête, au propre comme au figuré ». Après seulement une heure sur l'eau, il ressent une transformation notable : « j’ai les yeux qui pétillent, je me sens réinitialisé, capable de me remettre au travail comme si de rien n’était ».

Le kite joue un rôle essentiel dans son équilibre personnel, lui apportant une énergie qu'il met à profit dans l'ensemble de ses activités. À 55 ans, Nicolas Hulot peut affirmer que, « grâce à ce sport, je vis une seconde jeunesse ». La magie du kitesurf réside dans la profondeur des émotions qu'il procure. Ayant pratiqué de nombreuses activités nautiques, aquatiques ou aériennes tout au long de sa vie, il confie que « rarement l’une d’elles [lui] avait procuré autant d’émotions ». Il s'agit d'un « mélange de sensations de vol et de glisse », offrant une manière absolument unique de « caresser la nature », mais aussi d'entrer en contact avec les populations locales. Cet ancien animateur d’Ushuaïa, dont l'émission lui a donné l’opportunité de pratiquer différents sports de glisse et de vol, a trouvé dans le kitesurf une concentration d'émotions inédite. Il se décrit comme une personne qui « aime autant l’eau que l’air », ayant l’impression de pratiquer « une discipline à la fois aérienne et nautique ». Ce plaisir est d'autant plus intense qu'il est dénué du stress inhérent à d'autres pratiques comme le delta ou le parapente, où la pensée d'une chute potentiellement dangereuse est toujours présente.

L'Éloge d'une Discipline : Légèreté et Sensations Uniques

Le kitesurf se distingue concrètement des autres disciplines par plusieurs aspects. Tout d'abord, il se pratique avec un matériel léger et facile à mettre en œuvre, un avantage considérable pour quelqu'un qui, comme Nicolas Hulot, a la chance de vivre au bord de la mer. La voile se loge aisément dans n’importe quel sac à dos, et la planche, minuscule, se tient du bout des doigts. Cela contraste fortement avec le poids et l’encombrement d’une planche à voile, de son mât et de son wishbone. De plus, le kite se révèle beaucoup moins physique que d'autres sports nautiques. Le pratiquant se contente de tenir une petite barre où sont fixées les lignes fuyant en direction du ciel, donnant l'impression « d’être suspendu aux nuages, comme si une main invisible [le] tirait vers le haut ». Le décollage se fait avec une facilité étonnante, permettant de surfer les vagues dans un sens et de les sauter dans l’autre, procurant une grande intensité émotionnelle.

Comparé au surf, le kitesurf offre une expérience différente et souvent plus prolongée. Là où le surfeur barbote de longues heures dans l’eau pour quelques instants de plaisir éphémère, le kiteur, lui, peut faire « durer le plaisir pendant des heures ». Cette capacité à prolonger les sensations d'ivresse et de liberté, sans la contrainte physique excessive de certains sports, rend le kitesurf particulièrement attractif.

Des Débuts Motivés aux Règles de Sécurité Évoluées

L'histoire de Nicolas Hulot avec le kitesurf débute il y a une dizaine d’années, au moment où la discipline débarque en France. Alors sur le point de se faire opérer d’un ligament croisé, il se contente d'abord de regarder les autres pratiquer avec envie. Ses débuts concrets ont lieu en 2004, en Bretagne, en plein hiver. Une période qui exigeait une motivation certaine, car ils n'étaient pas nombreux sur la plage. Cependant, il a « tout de suite senti que ce sport allait [lui] apporter énormément d’enchantement, un sentiment mêlé d’ivresse et de liberté ». Aujourd’hui, sa pratique est quasi quotidienne, avec deux ou trois spots près de chez lui ; lorsque le vent arrive de terre, il se dirige vers Lancieux.

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Le kitesurf a longtemps suscité une certaine crainte, une perception que Nicolas Hulot s'emploie à expliquer. La mauvaise réputation de la discipline provenait, à ses débuts, des problèmes rencontrés avec les systèmes de largage de la voile, qui n’étaient pas fiables. Ces défaillances ont malheureusement conduit à de nombreux accidents : des personnes se sont fait très peur, il y a eu des cas de noyade, et certains ont fini contre des immeubles ou des voitures, quand d'autres furent traînés sur des dizaines de mètres sur la plage. Heureusement, la situation a considérablement évolué. Désormais, les systèmes de sécurité fonctionnent efficacement et les instructeurs se sont professionnalisés. En conséquence, le kite se popularise. Cependant, cette popularisation ne doit pas faire oublier qu'il y a des règles à observer, car, « par définition, une discipline exige… de la discipline ».

Conseils et Précautions pour les Amateurs de Glisse

Fort de son expérience, Nicolas Hulot prodigue des conseils essentiels aux débutants. Le premier d'entre eux est de ne surtout pas vouloir s’initier seul. Une voile de kite développe en effet une puissance considérable, et son maniement exige un peu d’expérience. Sans s’en rendre compte, un novice peut facilement se faire soulever à cinq mètres du sol ou être catapulté contre une digue. Il est donc vivement recommandé de débuter avec un instructeur qualifié ou un ami doté d'une bonne pédagogie. Ensuite, il est crucial de ne pas s’enhardir trop vite et de s’en tenir, au début, à des parcours côtiers. Il convient d'éviter la pleine mer, surtout par vent de terre, car l’inconvénient majeur du kite, par rapport à la planche à voile, est que le pratiquant n'est pas visible lorsqu'il est agrippé à sa planche dans l’eau. Il est donc indispensable d’avoir toujours quelqu’un qui surveille depuis la terre pour prévenir les secours, si nécessaire.

La météo joue également un rôle primordial, comme pour toute activité nautique. Il est impératif de se renseigner sur les conditions du jour. Le vent minimum exigé pour la pratique du kite est de 13 nœuds, ce qui permet d'utiliser une voile de 14 mètres carrés. Lorsque le vent forcit, il est conseillé de réduire la voilure, jusqu’à 7 mètres carrés, car il vaut mieux être « sous-toilé » que « sur-toilé » pour ne pas risquer d’être soulevé par le vent sans pouvoir redescendre. Malgré son expérience, Nicolas Hulot a lui-même connu des mésaventures. En Bretagne, il y a quelques mois, alors qu'il kitait avec son ami Jérémie Eloy, le vent est tombé brutalement et de manière imprévisible, les laissant loin de la côte. Impossible de rentrer, ils ont dérivé une heure et demie dans une eau à 6 degrés avant que leur guetteur, resté sur la plage, n'alerte les sauveteurs en mer de la SNSM. Sans une combinaison étanche et une bonne paire de gants, ils auraient eu du mal à tenir. Un incident similaire s'est produit dans la baie de Lancieux, où Nicolas Hulot a été secouru par les pompiers plongeurs de Saint-Malo alors qu’il se trouvait en difficulté lors d'une sortie en kitesurf. Ses équipiers, qui ne pouvaient plus naviguer, ont alerté le Cross Corsen, qui a dépêché les pompiers de Saint-Malo, alors en entraînement dans la zone. Les pompiers ont ramené à terre les deux kite-surfeurs, qui étaient restés au total 40 minutes dans une eau à 11°C. Ces épisodes soulignent l'importance constante de la vigilance et de la sécurité, même pour les pratiquants chevronnés.

L'Aventure au Bout de la Voile : Exploration et Partenariats

L'aventure du kitesurf pour Nicolas Hulot est indissociable de sa rencontre avec Jérémie Eloy, qu'il décrit comme « une des rares personnes de [sa] connaissance à vivre du kitesurf ». Jérémie Eloy est à la fois « surdoué, passionné et passionnant ». Ils se sont rencontrés par hasard il y a six ans sur une plage d’Ille-et-Vilaine. Originaire de Dunkerque, Jérémie parcourait déjà le monde à la découverte des plus belles vagues. Il est depuis devenu un ami, accompagnant Nicolas Hulot sur plusieurs voyages d’« Ushuaïa ». Véritable artiste de la discipline, Jérémie est également un jeune homme d'une gentillesse et d'une humilité extrêmes, toujours prêt à hisser la voile. Nicolas Hulot se souvient d’une journée mémorable l’an passé, où, sur un coup de tête, ils décidèrent de partir en randonnée jusqu’au Mont-Saint-Michel. Après 50 kilomètres de navigation, ils sont arrivés sur le site à la nuit tombante. Les couleurs étaient incroyables, l’endroit truffé d’oiseaux, offrant un spectacle grandiose. Ce fut un instant réellement jubilatoire, rendu possible grâce au kite.

Le kitesurf, pour Nicolas Hulot, facilite l’exploration de manière significative. Où qu’il aille dans le monde, il emporte toujours une voile dans son sac, car il est possible de kiter dans des endroits totalement inattendus. Il évoque notamment ce petit lac résiduel de la région de l’Ennedi, dans le nord-est du Tchad. Situé en plein Sahara, il mesure à peine 100 mètres de large, bien que vingt mille ans auparavant, sa surface dépassait les 400 000 kilomètres carrés ! Autour de cette minuscule poche d’eau douce, alimentée par des pluies tombées il y a sept mille ans, des dunes magnifiques forment un écrin féerique. Il mentionne également la côte sud-africaine, où Jérémie et lui ont kité sans se soucier un seul instant de la présence des requins sous leurs planches.

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L’été dernier, l'exploration les a menés jusqu'en Islande, où ils ont pratiqué le snowkite, un dérivé du kitesurf. Cette discipline utilise une voile plus légère pour pouvoir grimper en altitude, permettant de remonter des dénivelés de 2 000 mètres. Arrivé au sommet, il ne reste plus qu’à replier la voile et à redescendre à skis ou à snowboard. Nicolas Hulot prévoit d'ailleurs bientôt un tournage dans les Alpes avec ce matériel. Le snowkite offre la liberté de s’affranchir de grandes distances et, si le vent vient à manquer, il suffit de finir le périple à peaux de phoques. Contrairement aux idées reçues, le snowkite n’a rien d’un sport extrême et est même plus facile que le kitesurf marin, car sur la neige, on n’enchaîne pas les départs ratés qui font avaler des litres d’eau.

Jérémie Eloy, quant à lui, pousse encore plus loin les limites de la discipline. Il kite au cœur de la vague, une prouesse très impressionnante. En surf, chuter dans le rouleau peut signifier être méchamment chahuté, mais en kite, une telle erreur peut avoir des conséquences bien plus dramatiques. Avec la voile et les 25 mètres de lignes, le pratiquant peut se retrouver enveloppé comme un rôti et se noyer. Ce que réalise Jérémie est vraiment incroyable, il rentre véritablement dans le tube. Nicolas Hulot admet ne pas encore atteindre ce niveau, se contentant pour l’instant de rester sagement sur le dos de la vague dans l’espoir de croiser un aileron de dauphin.

Rodrigues, un Terrain de Jeu Idéal et un Modèle Écologique

L'engagement de Nicolas Hulot pour la planète se conjugue avec sa passion pour le kitesurf, comme en témoigne sa participation au festival de kitesurf de Rodrigues du 24 au 28 juin. L'animateur de l'émission télévisée Ushuaïa et ambassadeur écologique de la planète s'est alors confié sur sa passion pour la discipline et son attachement particulier à Rodrigues. Aux côtés des professionnels du kitesurf, Nicolas Hulot a parcouru les 35 km au programme du festival, sous les yeux de ses fans et du Commissaire du Tourisme et de l’Environnement, Richard Payendee.

En arrivant sur l'île, il craignait « une ambiance un peu rigide, une compétition très sérieuse ». Il a finalement découvert « une ambiance un peu familiale et en même temps très pro », se sentant « vraiment bien en 24 heures » grâce à un « côté décontracté qui est vraiment bien ». Rodrigues offre un « terrain de jeu qui est un des meilleurs au monde », particulièrement pour le kitesurf, car le site est très grand et ne comporte pas de danger. Avec un vent favorable, il n’y a pas eu beaucoup d’efforts à fournir, le kitesurf devenant « comme un cerf-volant » où l'on suit le vent, prolongeant ainsi le plaisir. Ce fut un « moment de folie, d’ivresse, de liberté », vécu dans des conditions « pas stressantes du tout ». En effet, à part le risque de se faire piquer par des oursins, « il ne peut rien vous arriver ici ». Parcourir 35 km offre « une notion d’espace qu’on a rarement ailleurs », transformant l'expérience en un « moment d’épanouissement ».

La beauté et l’authenticité rodriguaise ont profondément touché Nicolas Hulot. Il avoue que si l'île devait choisir une destination pour passer un an ou pour prendre sa retraite, « Rodrigues arriverait dans les trois premières destinations ». Ce qu’il aime particulièrement dans l’île, c’est son cachet naturel et le « sentiment d’authenticité » qu'elle dégage : « il y a une âme ici. C’est un sourire, Rodrigues. Dans tous les sens du terme. Rien n’est agressif. Ni les paysages, ni l’océan et encore moins les Rodriguais. Il y a une forme d’indolence. » Il dit souvent que « Rodrigues est une promesse tenue », soulignant une « résonance incroyable » qu'il ne retrouve pas partout.

Revêtant son rôle de défenseur de la planète, Nicolas Hulot exprime son appréciation que Rodrigues ait « durablement résisté aux affres du développement non contrôlé ». Il souhaite que l'île maintienne son caractère naturel, car « Rodrigues s’est engagée dans une réflexion environnementale et écologique. C’est une île qui respire et qui pense. » Cependant, il met en garde contre les dangers de l'excès, rappelant qu'il y a « d’autres paradis comme ça qui n’ont pas su contrôler la convoitise qu’ils provoquaient ». Il insiste : « Il faut que Rodrigues sache résister au charme de l’excès » et invite à privilégier le qualitatif sur le quantitatif en matière de développement et de tourisme. Il est pleinement conscient que le tourisme représente un potentiel économique et d'emploi important pour les Rodriguais, mais appelle à ne pas tomber dans l’excès. Il y a « suffisamment d’exemples où, après, on n’a plus que nos yeux pour pleurer, la nostalgie pour se souvenir d’une époque ». Pour Rodrigues, « l’époque, elle est encore là », et le message est de savoir la protéger. Il exhorte à être intransigeant « avec ceux qui vont juste aborder Rodrigues avec une volonté de profits ».

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