Les Jeux paralympiques de Paris 2024 ont été le théâtre d'exploits remarquables, notamment en natation, où des athlètes d'exception ont repoussé les limites du possible. Parmi ces figures inspirantes, Gabriel dos Santos Araujo, surnommé affectueusement « Gabrielzinho », et Jincheng Guo se sont particulièrement distingués.
Gabriel dos Santos Araujo : Un dauphin brésilien dans les bassins paralympiques
Le Brésilien Gabriel dos Santos Araujo est sans aucun doute l'une des stars de ces Jeux paralympiques. Âgé de seulement 22 ans, ce nageur, atteint de phocomélie, une malformation congénitale caractérisée par un arrêt du développement d'un ou de plusieurs membres durant la grossesse, a conquis le public par sa technique de nage singulière et sa joie de vivre communicative. Né sans bras et avec des jambes atrophiées, Gabriel compense son handicap par une ondulation du corps qui rappelle les mouvements d'un dauphin. Cette technique, qu'il a perfectionnée avec son entraîneur Fabio Pereira Antunes, repose sur l'utilisation des muscles de l'abdomen et de la poitrine, ce que les spécialistes appellent le « core ».
Un palmarès éblouissant
Aux Jeux de Paris, Gabriel dos Santos Araujo a décroché trois médailles d'or, confirmant ainsi son statut de champion. Il a remporté les épreuves du 100 m dos, du 50 m dos et du 200 m nage libre, toutes dans la catégorie S2, réservée aux nageurs présentant une déficience physique grave. Déjà médaillé à Tokyo en 2021 (deux médailles d'or et une d'argent), Gabriel a amélioré sa performance en France, s'imposant comme l'un des grands espoirs du sport paralympique brésilien.
Un exemple de dépassement de soi
Au-delà de ses performances sportives, Gabriel dos Santos Araujo est une source d'inspiration pour de nombreuses personnes. Son handicap ne l'a pas empêché de réaliser ses rêves et de devenir un athlète de haut niveau. Sur la plage de Copacabana, il est considéré comme un modèle de dépassement de soi, prouvant que rien n'est impossible pour celui qui ose croire en ses capacités.
Renata Guerra, une nageuse handicapée qui pratique la nage en eaux libres, est particulièrement touchée par la performance de Gabriel. Elle souligne l'importance du « core » dans sa technique de nage et le considère comme une icône du sport. Andrea Orlandi, une professeur d'éducation physique qui a eu l'occasion de travailler avec des athlètes paralympiques, estime que Gabriel est un exemple d'inclusion sociale par le sport.
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Une popularité grandissante
Gabriel dos Santos Araujo est également une vedette des réseaux sociaux, où il partage son quotidien de sportif de haut niveau avec près de 250 000 abonnés sur Instagram. Ses vidéos, souvent pédagogiques et humoristiques, contribuent à sensibiliser le public au sport paralympique et à promouvoir l'inclusion des personnes handicapées.
Lors des cérémonies de remise des médailles, Gabriel ne manque jamais de célébrer ses victoires avec quelques pas de danse, une façon pour lui de représenter son pays et de partager sa joie avec le public.
Jincheng Guo : La force tranquille venue de Chine
Le Chinois Jincheng Guo a également marqué les Jeux paralympiques de Paris 2024 en remportant la médaille d'or du 50 m nage libre (S5). Ce nageur, qui concourt sans bras ni lunettes, a réalisé une course impressionnante, améliorant au passage son propre record du monde.
Une performance époustouflante
Jincheng Guo a parcouru la distance en 29,33 secondes, donnant l'impression de fendre l'eau comme une torpille. Sa performance est d'autant plus remarquable qu'il nage en apnée de bout en bout, utilisant uniquement la force de ses jambes pour se propulser.
Un champion du monde
Avant de devenir champion paralympique, Jincheng Guo avait déjà établi un nouveau record du monde lors des Championnats du monde en 2023 (29,78 secondes). À seulement 23 ans, il a confirmé son talent aux Jeux de Paris, s'imposant comme l'un des meilleurs nageurs de sa catégorie.
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La catégorie S2 et S5 : Une diversité de handicaps
Les catégories S2 et S5, dans lesquelles concourent respectivement Gabriel dos Santos Araujo et Jincheng Guo, regroupent des nageurs présentant des handicaps de nature très différente, mais pour lesquels il est admis que la capacité de performance dans la nage considérée est comparable. Plus le chiffre est petit, plus la perte fonctionnelle est importante.
Dans la catégorie S2, on retrouve des nageurs atteints de déficiences physiques graves, comme la phocomélie dont souffre Gabriel dos Santos Araujo. Ces athlètes compensent leur handicap par des techniques de nage spécifiques, comme l'ondulation du corps utilisée par Gabriel.
La catégorie S5 regroupe des nageurs présentant également des handicaps importants, mais qui peuvent conserver une certaine mobilité. La performance de Jincheng Guo, qui nage sans bras, témoigne de la force et de la détermination de ces athlètes.
Les défis du sport paralympique au Brésil
Si Gabriel dos Santos Araujo est devenu une star dans son pays, la pratique du handisport au Brésil reste confrontée à de nombreux défis. Andrea Orlandi, professeur d'éducation physique, regrette que le handisport soit si peu démocratisé au Brésil. Elle souligne les difficultés rencontrées par les athlètes handicapés pour trouver des professionnels formés, des sponsors et une couverture médiatique adéquate.
Larissa Oliveira, une ancienne nageuse olympique brésilienne, souligne également la difficulté de devenir un athlète de haut niveau au Brésil, et estime que la compétition paralympique est encore plus dure.
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