Nageur de Combat : Histoire et Insignes

Introduction

Les nageurs de combat représentent une élite au sein des forces spéciales françaises, reconnus pour leur expertise en opérations subaquatiques et leur capacité à mener des missions complexes dans des environnements variés. Cet article explore l'histoire de cette unité d'élite, de ses origines pendant la Seconde Guerre mondiale à son évolution contemporaine, tout en détaillant les insignes distinctifs qui symbolisent leur appartenance à cette prestigieuse famille.

Les Origines et l'Héritage des Commandos Marine

Les Commandos Marine français trouvent leurs racines dans le 4e Commando Franco-britannique, dont l'esprit combatif s'est forgé dans les Landes d'Écosse dès 1942. Cette unité, composée en partie de Français libres, s'est illustrée en Normandie, notamment à Ouistreham le 6 juin 1944, sous les ordres du Capitaine de Corvette Kieffer.

En 1946, la Marine Française a créé l'École de Fusiliers Marins Commandos à Sirocco, près d'Alger, en s'appuyant sur les officiers et commandos restants du Bataillon Kieffer. Entre juillet 1945 et décembre 1947, six Commandos Marine ont été successivement mis sur pied, portant les noms d'officiers tombés au champ d'honneur : Trépel, François, De Montfort, Jaubert, De Penfentenyo et Hubert.

Le Commando François a subi de lourdes pertes lors d'un combat héroïque à Nim-Binh, perdant plus de 50% de son effectif. À partir de 1953, le Commando Hubert est devenu le Commando Nageurs de Combat, se spécialisant dans les opérations subaquatiques.

Les Commandos Trepel et De Penfentenyo, après avoir servi en Indochine, ont été déployés en Algérie pour former la demi-brigade de Fusiliers-marins.

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L'École de Plongée et la Formation des Nageurs de Combat

L'École de plongée (ECOPLONG), située à Saint-Mandrier, a clôturé son 100e cours d'instruction des nageurs de combat en juillet dernier. Fondée en 1952, cette école forme l'élite des nageurs de combat, une spécialité rare, exigeante et difficile.

Les marins aspirant à intégrer le commando Hubert doivent réussir les sélections initiales et le cours de nageur de combat. La formation est rigoureuse, avec plus de 200 heures de plongée, dont une part importante en déplacement subaquatique, et plus de 300 km parcourus à palmes.

Le capitaine de frégate Frédéric Morio, commandant l'École de plongée, félicite les nouveaux brevetés pour leur pugnacité et leurs qualités morales et physiques exceptionnelles. Le contre-amiral Coupry souligne la difficulté du cours, l'un des plus durs de l'armée française, et insiste sur la nécessité de repousser ses limites au-delà de l'imaginable.

Seuls quelques candidats parviennent à obtenir le certificat de nageur de combat, un sésame unique en France. Sur les 1 000 candidats qui se présentent chaque année à l'École des fusiliers marins, seuls 40 deviennent commandos marine, et parmi eux, seulement 4 à 6 finissent nageurs de combat.

La formation dure sept mois et demi et vise à rendre les élèves capables d'aborder discrètement une côte ou un bateau, de saboter ou détruire un navire, et de mener des actions de renseignement sensibles depuis la mer. Ils apprennent également à naviguer sous l'eau sans repère.

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Selon un instructeur, la dimension psychologique est la pression la plus forte. Il faut cinq ans pour devenir un bon nageur de combat, et les nageurs passent un tiers de leur temps sous l'eau et deux tiers au travail de commando à terre.

Depuis 62 ans, l'école des nageurs de combat a formé plus de 1 000 élèves. Bob Maloubier, son fondateur, rappelle que certains y ont laissé leur vie dans des opérations en France ou à l'étranger, et qu'on ne parle jamais d'eux.

Missions et Spécialisations des Commandos Marine

Les Commandos Marine sont les forces spéciales de la Marine, capables d'intervenir dans les milieux nautiques, terrestres et aéronautiques. Ils sont spécialisés dans le renseignement multi-capteurs (cynotechnie, drones, NRBC, explosifs) et sont équipés de divers matériels (DETEC, SITEL, PLD, MAPOM, PORTEUR, COMLOG…).

Répartis en six unités, les Commandos Marine sont des spécialistes de toutes les armes et peuvent mener des missions variées, telles que le respect des embargos en mer, le contre-terrorisme maritime et la libération d'otages. Ils sont également chargés d'"appuyer" d'autres unités dans leurs opérations.

Chaque commando a ses propres spécialisations :

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  • Le commando Trépel est spécialisé dans l'assaut.
  • Le commando de Montfort est spécialisé dans l'appui et la destruction à distance, avec des tireurs d'élite et du matériel lourd.
  • Le commando de Penfentenyo, héritier des unités de la France libre, est basé à Lorient.
  • Le commando Kieffer, créé en 2008, est spécialisé dans la guerre électronique, le déminage et le combat en environnement NRBC.
  • Le commando Hubert est spécialisé dans l'action sous-marine et le contre-terrorisme maritime.
  • Le commando Ponchardier dispose d'un effectif de 150 hommes et est nommé en l'honneur de Pierre Ponchardier, créateur d'une unité Commando pour intervenir en Indochine.

Le Commando d'Action Sous-marine (CASM) Hubert, basé dans le port du Canier sur la presqu'île de Saint-Mandrier (Var), comprend une compagnie opérationnelle et une compagnie de soutien, subdivisée en sections spécialisées (soutien, contre-terrorisme maritime, engins sous-marins et reconnaissance).

Équipement et Embarcations

Les commandos marines sont équipés d'embarcations conçues par Zodiac Marine and Pool, baptisées Ecume NG, d'une valeur d'environ un million d'euros l'unité. Ils utilisent également le Hurricane, un canot semi-rigide de catégorie ETRACO (Embarcation Très Rapide pour Commandos), doté d'équipements de transmissions et de navigation.

Le Futura Mk II et Mk III sont des canots pneumatiques à gonflage rapide, utilisés pour l'infiltration discrète en milieu côtier, portuaire, lagunaire et fluvial. Le kayak est également utilisé pour des missions de renseignement ou d'action.

Insignes et Traditions

Les Commandos Marine portent la fourragère rouge, car ils sont les héritiers du valeureux 4e Commando Franco-britannique. Le béret vert est porté couché à l'opposé des autres unités militaires françaises (au-dessus de la tempe droite pour les unités classiques).

Le fanion du commando Jaubert porte les fourragères de la légion d'honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre des TOE.

Le commando Trépel a adopté un badge en 1944, à l'époque où le capitaine Trépel chargea un de ses commandos d'étudier un insigne pour l'unité.

Portraits d'Officiers Emblématiques

Plusieurs officiers ont marqué l'histoire des Commandos Marine, donnant leur nom aux différentes unités :

  • Philippe Kieffer : Né à Haïti, officier de réserve interprète et du chiffre, il rejoint les Forces navales françaises libres et constitue une unité française de commandos sur le modèle britannique. Il débarque en Normandie le 6 juin 1944 avec 176 hommes.
  • Augustin Hubert : Engagé dans les Chantiers de jeunesse, il rejoint les commandos en Angleterre et débarque en Normandie le 6 juin 1944, où il est mortellement blessé.
  • Charles Trépel : Ingénieur-électricien d'origine russe, il rejoint les FFL et suit un training commando en Écosse. Il est le premier français breveté Commando britannique. Il disparaît lors d'un raid sur la côte hollandaise en 1944.
  • François Jaubert : Professeur à l'école des fusiliers marins de Lorient, il commande la canonnière fluviale Balny. Le commando Jaubert est l'unité élémentaire la plus décorée de France.
  • Louis de Montfort : Entre à l'Ecole Navale en 1939 et participe à la reconquête de la région frontalière de Vintimille. Le commando de Montfort est spécialisé dans l'appui et la destruction à distance.
  • De Penfentenyo de Kervéréguin : Officier volontaire pour des missions périlleuses en Indochine, il est mortellement blessé en 1946.

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