Les Nageurs de Combat de la DGSE: Missions, Formation et Enjeux Stratégiques

Au cœur des enjeux stratégiques actuels, les nageurs de combat constituent une composante essentielle des forces spéciales françaises, notamment au sein de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE). Opérant dans un environnement maritime complexe et souvent hostile, ces militaires d’élite doivent allier compétences physiques exceptionnelles et maîtrise technique pointue pour mener à bien des opérations sous-marines sensibles. Leurs actions ont pour objectif de protéger les intérêts supérieurs de la nation.

Introduction

Spécialisés dans les missions offensives, de renseignement, d’infiltration ou d’exfiltration, les nageurs de combat du Centre parachutiste d’entraînement aux opérations maritimes (CPEOM) opèrent dans l’ombre où la furtivité est de rigueur. Leurs actions ont pour but d’empêcher les opérations menées contre les intérêts de la nation, sur terre et en mer, en zone normalisée ou de crise. Au milieu de l’océan, quelque part dans le monde, un binôme s’équipe à bord d’un bateau. Agitée par un vent capricieux, la mer se déchaîne. Les vagues viennent se briser contre la coque. Dans quelques instants, les nageurs de combat du CPEOM disparaîtront sous l’eau.

Le Contexte Maritime et les Enjeux Stratégiques

La singularité du milieu maritime, qui concentre aujourd’hui plus de 70 % des échanges commerciaux mondiaux et représente un théâtre d’ombres pour les trafics illicites et les tensions géopolitiques, place les nageurs de combat de la DGSE en première ligne. Espace de contestations en constante évolution, le milieu maritime concentre aujourd’hui 70 % des échanges mondiaux, 90 % du trafic illicite, et 80 % des pays du monde possèdent une façade maritime. Le contexte maritime mondial actuel accentue la nécessité pour la France de disposer d’une unité spécialisée capable d’opérer discrètement et efficacement dans des environnements hostiles.

Le champ de manœuvre de ces opérateurs va bien au-delà des simples techniques de plongée, intégrant des compétences en renseignement, en infiltration, en sabotage et en neutralisation d’objectifs stratégiques. Le rôle des nageurs de combat dépasse largement la simple exécution d’opérations sous-marines tactiques. Il s’agit d’une composante essentielle du renseignement d’action permettant de collecter des données précises, de cibler des menaces potentielles et de neutraliser des objectifs critiques avant que ceux-ci ne nuisent à la sécurité nationale.

En outre, l’environnement maritime, par sa nature même, est un espace où se concentre environ 90 % du trafic illicite mondial. Trafic de drogues, piraterie, passages clandestins, et autres activités criminelles exploitent la complexité des zones côtières.

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Missions et Opérations

Spécialistes du domaine maritime, les nageurs de combat du Centre parachutiste d’entraînement aux opérations maritimes (CPEOM) conçoivent et conduisent des missions de renseignement à fin d’action et des opérations de ciblage sur des objectifs stratégiques en totale autonomie. Spécialisés dans les missions offensives.

Recrutement et Profils des Candidats

Le recrutement dans les rangs des nageurs de combat est une étape cruciale qui explore non seulement les qualités physiques, mais aussi les aptitudes psychologiques des candidats. Vous rêvez de devenir nageur de combat au service action ? Vous aimez les challenges, vous avez une bonne condition physique et le sens de l’humilité ? Ce métier d’exception est accessible après quelques épreuves de sélection psychotechniques et physiques, épreuves qui nécessitent une bonne condition physique et de l’aisance aquatique.

Les candidats peuvent être issus de toutes les spécialités militaires, qu’ils soient militaires du rang, sous-officiers ou officiers, à condition d’avoir moins de 32 ans et démontrer un potentiel de progression. Pour un jeune qui rêve du Commando Hubert, il faut bien sûr garder cet objectif à long terme, mais sans pour autant oublier de s’investir pleinement dans toutes les étapes. Et sans oublier non plus que, sur 100 fusiliers marins, 20 seulement deviendront commandos, 10 chefs d’équipe, et 2 intégreront le cours Nageur de combat.

Pré-sélections et Formation Initiale

Avant d’accéder au cours des nageurs de combat à l’École de plongée de Saint-Mandrier-sur-Mer, le candidat passe plusieurs stades de présélections. La première des qualités indispensables pour intégrer cette unité du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) est l’humilité.

D’autres, venus de l’Armée de terre, se destinent à une carrière dans la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure). Tous sont certifiés Plongeurs de bord, ont au maximum 30 ans et ont passé avec succès un entretien psychologique pour déterminer leur aptitude. Mais seule la moitié d’entre eux, au terme de deux semaines de présélections, seront choisis pour intégrer la formation. Au programme de ces deux semaines, plongées à l’air et théorie, tests physiques classiques chez les commandos, mais aussi une première familiarisation avec le FROGS, appareil respiratoire en circuit fermé à l’oxygène pur fabriqué par Aqua Lung qui deviendra, s’ils continuent, leur équipement d’intervention. « Le but, explique le lieutenant Sébastien, instructeur, est d’évaluer avant tout leur capacité physiologique à l’utilisation intensive de l’équipement ».

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Chaque année, ils ne sont finalement qu’une douzaine à être choisis pour rejoindre au mois de décembre l’École de plongée de Saint-Mandrier. Ils entament alors une formation de sept mois constituée de différents modules, en sachant qu’ils peuvent en être exclus à tout moment.

Le Cursus de Formation: Exigence et Excellence

La formation de nageur de combat est progressive, conçue pour développer les savoir-faire techniques et opérationnels indispensables à la réussite des missions. Le cours nageur de combat est une formation progressive où la pédagogie est de mise. Le cursus de formation du nageur de combat est l’une des trajectoires les plus exigeantes dans le domaine militaire français. Après cette première étape, le jeune nageur poursuit sa progression au Centre parachutiste d’entraînement aux opérations maritimes (CPEOM), où la mise en pratique opérationnelle est au cœur de la pédagogie. L’intensité de cette formation explique son taux d’échec élevé, mais garantit que seuls les éléments les plus aptes intègrent définitivement cette unité prestigieuse.

Tenu par le secret professionnel, le soldat ne peut diffuser aucune information sur ses missions. Ici, l’"à peu près" n’existe pas, il est synonyme de danger pour la sécurité du binôme et la réalisation de la mission. « Ils sont encadrés tout au long de la formation. Au terme des huit mois du cours nageur, débute la formation d’agent clandestin. Les nageurs suivent ensuite une instruction spécifique comprenant une phase de spécialisation à la plongée et à la navigation clandestines. « Nous formons les nageurs de combat à être avant tout polyvalents. Ils savent piloter différents types de vecteurs maritimes. Ils sont autonomes sur les plans technique et tactique », souligne le chef de corps du CPEOM.

Dès janvier, ils entament ce que l’on appelle la phase technique. « À son terme, explique l’enseigne de vaisseau Sébastien, ils devront parfaitement maîtriser aussi bien leur équipement de plongée que leur armement. » Ils plongent bien sûr tous les jours, multiplient les exercices de nuit, les sessions en bassin… Un rythme soutenu qui s’accélère encore au mois de mars, lorsqu’ils entrent dans la phase dite de perfectionnement. Dans un premier temps, il s’agit pour les élèves de commencer à apprendre comment monter des projets d’attaque, à atteindre des objectifs situés à plusieurs kilomètres, tout en affinant vitesse de palmage et angle de progression, en toute discrétion et avec efficacité. Ils joueront les scenarii dictés et encadrés par les instructeurs, avant de passer à ce que l’on appelle la phase PROAT (…) : apprendre à planifier sur papier, puis à réaliser en conditions réelles, des plans d’attaque. Binôme en formation face à un filet anti-sous-marin, à l’école de plongée de Saint-Mandrier.

Ils apprennent aussi, garantie de sécurité pour eux, à travailler en binômes, sanglés l’un à l’autre. De jour comme de nuit, ils multiplient également les raids en kayak et les séances de palmage, parcourant jusqu’à 15 kilomètres à l’issue desquels ils entament une plongée. Ils partent également se former dans un centre de l’armée de terre pour être aptes à mettre en œuvre tous types d’explosifs. Vient ensuite un raid en kayak de 100 kilomètres.

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Après 5 mois d’efforts constants, il leur faut encore trouver des ressources supplémentaires pour affronter ce que l’on appelle les phases de synthèse, l’application, en conditions aussi réelles que possible, de tout ce qu’ils ont appris. Il s’agit, à travers des simulations d’interventions, de mettre tout en œuvre, de s’organiser pour accomplir leur mission. Et quoi que soient des entraînements, ils doivent travailler exactement comme s’il s’agissait d’une intervention réelle, ne laissant rien au hasard et en étant capables de mener à bien la mission sans aide d’aucune sorte de la part de leurs instructeurs. Ils partent également pour Brest se frotter à d’autres conditions météo, à des lieux inconnus. Leur cursus est complété par une formation de parachutiste et, pour certains, un passage par le CESSAN, avec son stage d’évacuation d’hélicoptère. Ils apprennent, là aussi, à atterrir dans l’eau avec tout leur matériel et à se débarrasser de leur parachute. Une technique qui, même pour des parachutistes aguerris, ne s’improvise pas, d’autant plus que sur le terrain ce sera souvent de nuit, dans des conditions météo pas nécessairement favorables, qu’il faudra effectuer les mêmes gestes. De retour à Saint-Mandrier, ils apprennent aussi quelques techniques de travaux sous-marins. Exercice de maniement d’armes en sortie de plongée.

La formation est plus que difficile et la moitié d’entre eux ne parviennent pas à son terme. « Cependant, explique l’enseigne de vaisseau Sébastien, il est très rare que l’un deux abandonne parce qu’il ne tient pas le coup mentalement. Cette éventualité-là, en général, nous l’avons détectée avant, lors des présélections. En revanche, aucun d’entre eux n’est à l’abri d’une blessure qui peut mettre un terme à sa formation. Mais ce sont surtout ce que nous appelons les fautes de sécurité qui peuvent aboutir à une exclusion, en fonction de l’appréciation d’un conseil d’instruction que nous mettons en place quand le problème se pose. »

Ce qui m’a paru le plus dur, c’est de savoir gérer mon stress tout au long de la formation. Il y a énormément de choses à assimiler, on ne peut pas se permettre de ne pas maîtriser un geste technique et, dans ce sens, les deux premiers mois sont, à mon avis, les plus éprouvants. C’est vraiment l’endurance qui prime. Il faut être en permanence à 100 %, tout en étant capable de donner encore plus. Les plongées, que ce soit en formation ou en opérations, s’effectuent toujours en binôme.

Affectation et Spécialisation

À la fin de leur formation, les militaires sont affectés dans les sections opérationnelles d’actions sous-marines ou de surface qui constituent le vivier opérationnel du centre. « Nous disposons d’un ensemble de moyens et de capacités à notre main qui permettent à nos hommes de s’entraîner en permanence. À tout moment, une mission est susceptible d’être déclenchée, les nageurs doivent se tenir prêts à partir », explique le lieutenant-colonel Pierre. Ils ne sont qu’une poignée à obtenir chaque année la certification de nageur de combat. Ils rejoignent alors le Commando Hubert, spécialisé dans les interventions sous-marines les plus sensibles, du contre-terrorisme à la libération d’otages, en passant par le renseignement ou la destruction d’objectifs. La plupart ont déjà derrière eux 5 à 7 ans d’expérience au sein des commandos marine et sont devenus chef d’équipe commando dans leur unité.

En général, on ne reste que quelques années au Commando Hubert, entre 6 et 10 ans. Savoir parfaitement se repérer de jour comme de nuit et dans toutes les conditions, est l’une des bases de la formation. « Entré tardivement dans l’armée, à 25 ans, je suis devenu commando marine, puis chef d’équipe très rapidement. Dans le cadre de mon parcours commando, j’ai eu la chance de pouvoir essayer le FROGS et j’ai immédiatement eu envie d’intégrer le cours, dont je suis sorti en juillet dernier. Je suis maintenant breveté mais, pour être complètement certifié, il me reste encore plusieurs étapes qui s’étalent sur un an : obtenir la mention « groupes spécialisés-CTLO » (Contre-terrorisme et libération d’otages), puis le brevet de chuteur «ops» (opérationnel) pour pouvoir être déployé par les airs, ainsi que des formations spécifiques complétant les acquis du cours. Cette certification se fait ici, au sein de l’un des deux groupes auquel on sera affecté, le troisième étant plutôt axé sur les engins sous-marins et les tireurs d’élite. À partir de là, je pourrai être déployé. Mais nous continuons, en permanence, à nous former, tous autant que nous sommes, dans une constante remise en question, afin de tenter de trouver le geste parfait. Dès que l’on est considéré comme opérationnel, il faut être disponible en permanence, prêt à partir en moins d’une heure en cas de prise d’alerte. Et il est vrai qu’il faut avoir une famille capable de supporter cette situation.

Equipements Spécifiques

Appareils Respiratoires

  • FROGS: appareil respiratoire en circuit fermé à l’oxygène pur fabriqué par Aqua Lung.
  • OXYGERS 57 et F.R.O.G.S.: à circuit fermé.
  • DC-55: avec un mélange à 60% d’oxygène.

Armement et Explosifs

  • Formation pour être apte à mettre en œuvre tous types d’explosifs.
  • Charge explosive et exfiltration.
  • Elle est composée de tolite d’aluminium.
  • électrique de mise à feu.
  • chacune d'un dard en tungstène de 5mm.
  • étanche de la poignée.

Vêtements et Equipements de Plongée

  • Combinaison de plongée: à 3 épaisseurs, seul et manchons d’étanchéité.
  • Veste de flottaison: gonflable à flottabilité positive permanente.
  • Tanche: conditions climatiques très difficiles.
  • Couteau de plongée: silicone, fixations renforcées. Embouchure silicone, tube PVC.
  • Montre de plongée.
  • de type centre-europe.
  • CTM (contre-terrorisme maritime).
  • aux U.V. et à l'eau de mer.
  • en KERMEL ininflammable de couleur bleu marine. Fabricant: Société Squale.
  • d'intervention avec visière pare-balles.
  • en service au GCMC et au GIGN.
  • sous-marine.

Autres Equipements

  • Matériel pour le ballon, photographie, vidéo, méthodes de recherches.

Techniques et Compétences

  • Plongée à l’air et théorie.
  • Plongée et à la navigation clandestines.
  • Travaux sous-marins.
  • Parachutisme (formation de parachutiste).
  • CESSAN (stage d’évacuation d’hélicoptère).
  • Maîtrise de différents types de vecteurs maritimes.
  • Autonomie sur les plans technique et tactique.
  • Gestion du stress.
  • Endurance.
  • Capacité à travailler en binôme.
  • Navigation sous-marine (trois semaines de navigation sous-marine).
  • Permis bateau côtier (auront passé leur permis bateau côtier).

Défis et Perspectives d'Avenir

L’intégration des nageurs de combat dans le dispositif opérationnel de la DGSE participe à une sécurisation proactive des intérêts français, notamment dans un contexte international marqué par des rivalités croissantes dans les espaces maritimes. La DGSE, en renforçant son recrutement dans cette filière, mise sur l’excellence opérationnelle, la diversité des profils et la capacité d’innovation. Ces démarches s’inscrivent dans un calendrier annuel avec un plan de mutation militaire. Au-delà du dossier administratif, la réussite dépend aussi d’une préparation intense. Pour approfondir, les candidats peuvent se référer à des ressources spécialisées comme Guide Piscine sur les nageurs de combat ou consulter le site officiel de la DGSE dans sa section recrutement militaire.

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