Amaury Leveaux, né le 2 décembre 1985 à Belfort, est une figure emblématique de la natation française. Son parcours, marqué par des triomphes olympiques et des records mondiaux, est aussi jalonné de controverses et de remises en question. Cet article explore la trajectoire de ce nageur d'exception, de ses débuts modestes à ses confessions explosives.
Un Prodige de la Natation Né à Belfort
Originaire de Delle, dans le Territoire de Belfort, Amaury Leveaux grandit dans un milieu modeste. Il est élevé avec sa sœur Amandine et son frère Aurélien par sa mère dans une cité. Son père, absent depuis ses 6 ans, ne joue qu'un rôle mineur dans sa vie. C'est grâce à un job d’été à la piscine en 1998, qu'il entra dans le milieu aquatique pour effectuer quelques tâches. Même s’il aimait nager, il était assez admiratif des nageurs qui s’entraînent à effectuer des longueurs.
Au sein du club local, il est entraîné par Vincent Lechine, qui détecte rapidement son potentiel. À 14 ans, il intègre l'EDEN99 (Entente Delle Étueffont de Natation 99), où il confirme ses dispositions exceptionnelles pour la natation. Ses qualités naturelles de glisse et de souplesse, combinées à une technique rapidement acquise, lui permettent d'enregistrer de bons chronos.
Premiers Pas et Ascensions Rapides
Le Dellois acquiert rapidement de bons résultats dès la catégorie cadet, concrétisés par de nombreux titres en junior avec même des performances de senior; dès 2004, il remporte un titre de Champion de France.
En 2001, il remporte le titre de Champion de France cadet du 50 m papillon, avec un chrono de 26"83. Sur le 100 m papillon, il réalisa le temps de 1'00"55.
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Il rejoint ensuite le Pôle Espoir de Besançon, une structure créée en 1992 pour la formation des futurs champions. Il participa au Championnat de France senior, du 15 au 21 avril 2002, à Chalon-sur-Saône où il obtint la 11e place des demi-finales du 100 m papillon avec le temps de 56"42 et la 17e place du 100 m nage libre en 52"43. Lors du Championnat d'Europe junior organisé à Linz en Autriche, du 11 au 14 juillet 2002, sur le 50 m papillon, il se hissa dans la finale, prenant la 7e place avec le temps de 24"90.
À la fin de la saison 2001-2002, le Pôle espoir de Besançon dut fermer ses portes, faute d'argent ! Il dut choisir un autre centre d'entrainement entre, Font-Romeu, Mulhouse, Racing Paris ou Toulouse; voire les Etats-Unis, à Auburn. Écoutant le conseiller technique régional, Eric Rebourg, il choisit Mulhouse.
L'Éclosion à Mulhouse
C'est lors des Championnats de France de 2002 qu'il croise pour la première fois Lionel Horter, l'entraîneur du Mulhouse Olympique Natation. Lionel l'ignore totalement jusqu'à ce que fortuitement il regarde nager Amaury en se disant qu'il pourrait surement en faire quelque chose. C'est ainsi que Lionel propose à Amaury, alors âgé de 16 ans, de rejoindre le Club de Mulhouse où il franchira les paliers, le tout dans une ambiance bien familiale, hébergé chez les Horter, en compagnie de la femme de Lionel et de ses deux filles. Le démarrage dans ce nouveau cadre fut très laborieux, faute certainement à effectuer les efforts nécessaires pour progresser; le statut d’espoir de la natation française ne suffit pas à lui seul. Le niveau d'exigence n'était d'ailleurs plus le même comme l'écrit le nageur dans son livre… les règles étaient "rigueur et discipline, encore plus de rigueur et toujours de discipline !".
En 2003, il réalisa une belle performance sur le 50 mètres papillon en devenant vice-champion de France avec le temps de 24"74 derrière Frédérick Bousquet qui remporta le titre et décrocha le record de France avec 24"14. Il termina aussi 4e sur 100 mètres papillon, à 22 centièmes du podium. Avec ses coéquipiers du MON, ils remportèrent le titre du 4x200 m nage libre. N'oublions pas qu'il n'était que junior ! Il participa à sa dernière compétition en tant que junior, à Dunkerque du 17 au 20 juillet 2003, lors des Championnats de France junior où il remporta deux titres, le 400 m nage libre en 4'00"34 et le 200 m papillon en 2'05"66, son record personnel dans cette catégorie. Ses performances firent qu'il fut engagé pour représenter la France au Championnat d'Europe junior, organisé à Glasgow, du 31 juillet au 3 août 2003. Amaury Leveaux, sur 6 épreuves disputées, termina deux fois sur le podium, à la 2e place sur le 100 m papillon (50"37) et à la 3e sur le 100 m nage libre (54"19); une double performance à son actif. Ces deux médailles furent complétées par 2 médailles obtenues par équipe, l'or sur le 4x100 m nage libre grâce entre-autres à son temps canon de 49"67 lors du dernier relais, et l'agent sur 4x200 m nage libre; et là encore, il fut crédité d'une nouvelle performance avec un chrono de 1"50". Lors de cette saison, passant dans la catégorie senior, il monta en puissance et va acquérir de nouveaux titres. Mais il avait encore au programme des compétitions en tant que junior, comme à Melbourne. Ses bons résultats lui permirent de participer à la Coupe du Monde FINA, compétition en petit bassin, organisée du 28 au 30 novembre 2003, à Melbourne en Australie. Ses meilleures places furent 14e sur 100 m papillon et 15e sur le 400 m nage libre. Sa meilleure performance fut sur le 100 m papillon avec 54"02, son record personnel sur cette distance en petit bassin en catégorie junior. Lors de cette compétition à Montpellier, du 19 au 21 décembre 2003, il termina à la 1ère place sur le 50 m papillon, devant Franck Esposito. Il compléta son palmarès, avec la 2e place du 50 m nage libre (23"31) et le 100 m papillon (54"09), derrière Alain Bernard, de même sur le 200 m nage libre (1'49"89) derrière son partenaire de club, Nicolas Rostecher. Lors de la 4e étape de la Vittel Cup, organisée du 13 au 15 février 2004, à Chamalières, il remporta le 200 m nage libre avec le temps de 1'51"90. Il remporta un second titre, avec son club de Mulhouse, celui de Champion de France, par équipe, le 4x200m nage libre, complété du bronze sur le 4x100m nage libre. Ces résultats lui permirent d'intégrer l’Équipe de France A et de se préqualifier pour les Jeux Olympiques d'Athènes. Il participa sur 5 épreuves au 27eChampionnat d’Europe de natation à Madrid, du 10 au 16 mai 2004. Pas de château en Espagne, du moins pas de podium individuel pour Amaury Leveaux. Sa meilleure place fut une 5e sur le 200 m nage libre mais toutefois, en égalant le record de France, avec un temps de 1'48"80. Il termina 10e sur le 100 m nage libre.
Débutant en 1998, les premiers entraînements sérieux en natation, 6 ans après, il fut sélectionné pour participer aux Jeux Olympiques d'Athènes, prouvant sa rapide progression au niveau sinon mondial, tout au moins national voire européen.
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Consécration Internationale et Records
Pour présenter Amaury Leveaux pour ceux qui ne le connaissent pas, mais j’imagine que rares sont ceux qui ignorent qui il est : Champion du monde et champion olympique en participant aux relais 4x100m NL mais aussi vice-champion olympique toujours sur ce même relais en 2008 mais aussi en individuel sur le 50m NL lors de ces mêmes olympiades, devancé par Cesar Cielo et suivi par Alain Bernard. Amaury est également multiple fois vice-champion d’Europe que les 200m NL et 100m Pap. Des records du monde, il en battra également, devenant notamment le premier nageur à passer sous les 45s au 100m NL en petit bassin. Pour l’anecdote, Amaury battu également le Record du Monde de cette même distance mais en grand bassin à l’Euro 2008 à Eindhoven aux Pays Bas en demi-finale, mais il ne sera le détenteur que pour quelques minutes puisque lors de la deuxième demi-finale, c’est son compatriote Alain Bernard qui le lui chipera de 9 centièmes en 46s 96’’.
En 2008, il bat le record d'Europe du 50 m nage libre et est sélectionné pour le relais olympique 4 x 100 m nage libre, où il pulvérise le record d'Europe avec son équipe. En solo, il bat cette année-là le record du monde de 50 m papillon et obtient son premier titre international. Il battra quatre nouveaux records du monde quelques jours plus tard.
Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, il remporte le titre de champion olympique en relais 4 x 100 m et 4 x 200 m nage libre.
Parcours Semé d'Embûches et de Controverses
Comme Amaury le reconnait à mainte reprise dans son bouquin, la vie de nageur de haut niveau n’a rien de très intéressant quand on a pas d’objectif bien déterminé. Des heures et des heures passés dans la piscine au quotidien, sans compter les séances de musculation déterminantes surtout pour un sprinteur comme lui. Donc lorsqu’il y a l’occasion de faire la fête et de penser à autre chose, un nageur professionnel comme Amaury se doit d’en profiter ! L’occasion fut prise lorsqu’il fut invité par un patron d’une boîte de nuit avec d’autres grands noms de la Natation Française également en stage avec lui à Saint Raphaël en 2009, avec entre autres Fred Bousquet et Camille Lacourt notamment. L’Open bar est offert à tous les nageurs en échanges de quelques selfies. Mais pourquoi les Nageurs super bien gaulés doivent payer les putes ? Amaury raconte dans son livre, et l’admet même que les mois qui ont suivi l’apothéose des JO de Pékin ont été pleine de débauche de sa part. Il commençait à avoir le melon. Il en est même venu à toucher à la cocaïne, mais avec une certaine retenu tout de même, en ayant conscience que la cocaïne constituait mine de rien un produit dopant. C’est peu de le dire. Mais aussi Amaury, sous l’influence de Franck Horter, le président du club de Mulhouse, commençait à être très médiatisé, enchainant interview sur interview sans compter les apparitions télé. Et soudain du jour au lendemain, plus aucune sollicitation, dû au nom paiement d’une agence de com liée au Club de Mulhouse qui gérait l’image d’Amaury. Alors que peut-on dire de la relation entre Amaury Leveaux et Laure Manaudou dont il se vante en préface … Hé bien rien de croustillant. Pas grand-chose à vrai dire, à part de longues discussions bien amicales sur Skype … Et une lueur d’un espoir de la part d’Amaury.
Après un passage à vide (il ne se qualifie pas pour les championnats du monde 2011 à Shanghai), il rejoint le Lagardère Paris Racing et Philippe Lucas et se qualifie sur quatre épreuves pour les Jeux olympiques de Londres, lors des championnats de France à Dunkerque en mars 2012 : le 50 m, le 200 m et les relais 4 × 100 m et 4 × 200 m nage libre.
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Reconversion et Retour Avorté
En 2013, Amaury Leveaux décide de mettre fin à sa carrière et devient consultant pour beIN Sports. Suite à sa retraite de 2012, il participera à une émission de Téléréalité sur NRJ12, la maison du bluff, sera de la partie dans la troupe des Enfoirés, les Grandes Gueules du Sport sur RMC, Touche pas à mon Sport avec Estelle Denis sur D8… Mais Amaury a encore faim.
C’est comme cela qu’il revient dans les bassins en 2018 d’abord en partant s’entraîner à l’Université de Californie du Sud avec Dave Salo puis au Club de Dijon, pour ensuite revenir au Club qui l’a amené au sommet : Mulhouse Olympique Natation, sous la houlette de Lionel Horter. L’objectif est clair : se qualifier pour les JO de Tokyo et décrocher une nouvelle médaille sur le 50m NL. Mais ce rêve partira en fumée lorsqu’il reviendra de la 2ème saison de l’ISL, l’International Swimming League. Amaury aura un différend, comme une grande incompréhension, avec Lionel Horter et leur collaboration s’arrêtera là.
"Sexe, Drogue et Natation" : Une Autobiographie Explosive
En avril 2015, Amaury Leveaux sort sa sulfureuse autobiographie "Sexe, drogue et natation" qui met à mal la discipline. Visiblement, la ficelle marche encore : lundi matin, toute la presse en ligne mettait en avant « l'autobiographie sans concession » (TF1) ou « sulfureuse » (Le Figaro) de l'ancien nageur, auteur d'un « livre choc » (L'Equipe) dans lequel il « balance tout » (Closer). La dépêche de l'Agence France-Presse sur « l'autobiographie rock'n'roll » de l'ancien nageur a été largement copiée-collée par les rédactions, dont certaines n'ont manifestement pas lu ce livre qui ne tient pas les promesses de son sous-titre : « Un nageur brise l'omerta ».
Dans son livre, Leveaux raconte que les nageurs jouent de leur physique et de leur notoriété pour séduire en boîte de nuit ; qu'un membre de l'équipe de France a passé un moment avec une prostituée dans un local à poubelles à l'occasion des Jeux olympiques de Pékin, en 2008 ; que certains « ne crachent pas sur un rail de cocaïne de temps en temps » et qu'un « beau gosse de l'équipe de France, chouchou du grand public », s'est retrouvé à « sniffer un rail de coke entre les seins de l'attachée de presse d'une boîte de nuit » où les nageurs faisaient la fête, lors des Jeux de Londres en 2012. Il y aborde l’envers du décor, entre Sexe, drogue et natation.
Pour d'autres (…) c'est carrément une autoroute couverte de poudre blanche sur laquelle ils glissent à vitesse grand C, comme Cocaïne, affirme-t-il. Souvent consommée dans un cadre festif, la poudre blanche l'est aussi dans un but de dopage car elle permet de repousser les limites et de se transformer en un guerrier prêt à tous les combats.» Leveaux décrit alors une scène lorsqu'un «beau gosse de l'équipe de France, chouchou du grand public» sniffe «un rail de coke entre (les) seins» d'une attachée de presse lors d'une soirée aux jeux Olympiques de Londres en 2012. A Marseille, « les beaux avec un melon gros comme ça. »Avec son récit, Leveaux risque notamment de s'attirer les foudres de ses anciens copains de l'équipe de France et notamment ceux du Cercle des nageurs de Marseille (Fabien Gilot, Frédérick Bousquet, Florent Manaudou ou Camille Lacourt par exemple), qui font «les beaux avec un melon gros comme ça». La Fédération française de natation n'échappe pas non plus aux coups de rapière.
Le livre de l'ancien nageur Amaury Leveaux fait tout pour faire des vagues, mais n'aborde pourtant qu'en surface la question du dopage. Amaury Leveaux y évoque une nageuse russe avec qui il s'entraînait sous les ordres de Philippe Lucas, et qui retournait parfois dans son pays pour recevoir « des injections de testostérone ». Celle-ci a par ailleurs révélé à Leveaux ce stratagème de la délégation russe pour échapper aux contrôleurs lors des stages d'entraînement : « Chaque nageur était “doublé” par un autre qui portait le même nom sur son passeport. C'est la doublure, cantonnée dans sa chambre d'hôtel et vierge de tout produit interdit, qui se présentait à la place de celui qui venait de terminer l'épreuve, sans que les officiels ne s'aperçoivent de quoi que ce soit. » Leveaux mentionne également le cas du Brésilien Cesar Cielo, champion olympique et multiple champion du monde contrôlé positif en 2011 mais jamais condamné, ou celui des nageurs chinois sortis de nulle part qui se sont mis à gagner à partir des Jeux de Pékin. Mais il n'approfondit pas, n'apporte aucune information nouvelle, au point qu'on se demande ce qu'il sait de la réalité du dopage dans la natation.
Leveaux assure que cette drogue n'est pas consommée uniquement dans un cadre festif, mais qu'il s'agit aussi d'un « produit dopant, un euphorisant qui donne le sentiment d'être invincible et jamais fatigué ». Il laisse ainsi entendre que des nageurs pourraient en prendre avant une course - hypothèse peu probable -, mais ne développe pas. Là aussi, il laisse le lecteur dans le flou.
La Fédération française en prend pour son grade Bien plus que par la révélation de son amour secret (et jamais consommé) pour Laure Manaudou, par l'agacement que lui inspirent les nageurs du club de Marseille qu'il traite de « cagoles », ou encore par le récit de son exploit aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 - manger cent nuggets de poulet d'une traite, avant de tout vomir -, on est touché par le chapitre relatant son enfance dans une cité du Territoire de Belfort, ou par celui que Leveaux consacre à la mort de son père pendant les Mondiaux de Rome en 2009. Finalement, la vraie réussite du livre, le passage qui donne réellement le sentiment que Leveaux se mouille un peu, est le chapitre dans lequel il dézingue la Fédération française de natation : un repaire de « dinosaures » qui « écument les bons restos et sifflent des grands vins », dont l'apport pour la natation se résume au « Néant, avec un N majuscule », et qui « presse[nt] les nageurs comme des citrons avant de les jeter à la poubelle quand ils arrivent en fin de carrière ».
Vie Privée
Côté vie privée, il accueille son premier enfant en septembre 2015 avec sa compagne Elizaveta Stavarskaya. Plus tard le couple se sépare et Amaury refait sa vie avec Ksenia Tkachenko, et officialise leur histoire en 2022.