Le Nage-no-kata, ou "kata des projections", est un élément essentiel du judo, particulièrement important pour l'obtention du 2ème dan. Issu du Randori-no-kata, il incarne l'essence des combats de judo avec souplesse et vivacité, à l'instar du Katame-no-kata. Ce kata, créé par Jigoro Kano à l'école du Kodokan de Tokyo en 1887, est une exploration approfondie de la grande famille des Nage-waza, c'est-à-dire des techniques de projection. Il offre une structure pour comprendre et maîtriser les principes fondamentaux du judo.
Structure et Composition du Nage-no-kata
Le Nage-no-kata est composé de cinq séries de trois techniques chacune, totalisant ainsi trente séquences techniques. Il doit être présenté dans son intégralité pour le 2ème dan. Ces cinq séries sont réparties selon les catégories de techniques suivantes:
- Te-waza (techniques de bras)
- Koshi-waza (techniques de hanche)
- Ashi-waza (techniques de jambe)
- Ma-sutemi-waza (techniques de sacrifice direct)
- Yoko-sutemi-waza (techniques de sacrifice latéral)
Principes Clés du Nage-no-kata
Le Nage-no-kata est bien plus qu'une simple démonstration de techniques. Il permet d'intégrer des notions cruciales telles que :
- Tsukuri (préparation) : Cela englobe le déplacement, le placement et la stratégie.
- Kuzushi (déséquilibre) : Il s'agit de l'art de briser l'équilibre de l'adversaire.
- Kake (exécution) : C'est l'application concrète de la technique de projection.
De plus, le Nage-no-kata offre une expérience physique précieuse de la chute, tant dans le rôle de Tori (celui qui effectue la technique) que dans celui de Uke (celui qui reçoit la technique).
Importance de l'Équilibre et du Déséquilibre
Un aspect fondamental du Nage-no-kata est la capacité à contrôler le déséquilibre de Uke tout en maintenant son propre équilibre lors de l'exécution de la projection. Il n'est pas nécessaire d'appliquer l'ensemble des nage-waza, mais plutôt de se concentrer sur la précision et l'efficacité des techniques choisies.
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Déroulement du Kata
Au début du kata, Uke et Tori sont séparés d'environ 5,5 mètres. Uke et Tori se relèvent et avancent d’un pas l’un vers l’autre (gauche droite) pour prendre la position Shizentai.
Positionnement Initial
- Tori se place à droite de JOSÉKI.
Déplacements
- Uke et Tori effectuent deux pas l'un vers l'autre si l'espace le permet, sinon quatre pas peuvent être nécessaires. Il est important de rester à l'intérieur des 4 mètres.
Chutes
- Uke doit chuter dans l'axe du kata. Uke chute à 45° par rapport à l'axe du kata.
- La chute doit être ample.
- La remontée doit être ample et rapide, aspirant Uke en mae ukemi.
Exemples de Techniques et de Mouvements
- Pour Uki-goshi, Tori utilise le dos pour amener Uke dans son dos.
- Pour Harai-goshi, Tori profite du déséquilibre de Uke pour attaquer en ushiro-mawari.
- Pour Tsuri-komi-goshi, Tori profite du déséquilibre de Uke pour attaquer en ushiro-mawari.
- Pour Okuri-ashi-barai, Tori se rapproche d'Uke.
- Pour Uchi-mata, Tori effectue un ample mouvement en tournant le corps d'environ 180°. Il est crucial de ne pas être déséquilibré pendant cette technique.
L'Esprit du Kata: Harmonie et Principes
Le terme "kata" est souvent associé à "forme", mais il véhicule également une notion plus profonde d'harmonie et de principes. En japonais, "ka" signifie forme, et "aï" signifie union. Les katas de judo sont des exercices techniques conventionnels présents dans la plupart des arts martiaux orientaux. Ces formes d’entraînement constituent les bases fondamentales du judo traditionnel.
Les Autres Katas du Judo
Il existe huit katas en judo, chacun ayant un objectif spécifique :
- Nage-no-kata : Il présente les principales formes de projection. L’ensemble des techniques sont effectuées à droite et à gauche et réalisées selon un déplacement préétabli.
- Katame-no-kata : Il présente les principaux aspects du judo au sol. Il comporte quinze techniques réparties en trois séries. La première série concerne les immobilisations, la seconde série les techniques de strangulation et la troisième série présente les luxations. Après avoir salué le joseki en ritsurei, Uke et Tori s’agenouillent face à face pour le zarei. Ils se relèvent ensuite et avancent d’un pas l’un vers l’autre. Ils s’agenouillent de nouveau en posant le genou gauche au sol et en écartant le genou droit levé. Cette position (taka-kyoshi-no-kamae) est généralement dénommée «position agenouillée haute », Elle est maintenue pendant les déplacements du kata ainsi qu’au début de chaque technique (fig. Uke se couche alors sur le dos devant lori (fig.
- Kime-no-kata : Ce kata est composé de deux séries. La première série comporte huit techniques au sol . La seconde série présente douze techniques debout. Ce kata met en valeur l’esprit de décision mis en avant par la partie du judo dans sa composante martiale originelle.
- Kodokan Goshin Jutsu : Il présente différentes techniques de défense personnelle face à des attaques rapprochées de poings, de pieds, de couteau, de bâton ou de revolver. Il comporte au total 21 techniques.
- Ju-no-kata : Il est considéré comme étant le kata que de la souplesse. Il doit être effectué un rythme lent et ne comporte aucune projection.
- Itsutsu No Kata : Ce kata est constitué de 5 techniques auxquelles Jigoro Kano n’eut pas le temps de donner de nom avant de décéder, et ceci bien qu’il y ait mûrement réfléchi. Ce kata permet selon Jigoro Kano d’établir une relation entre le « microcosmos » (l’intérieur du corps humain) et le « macrocosmos » (l’univers). Pour Kano, ce kata a pour but, à la fois, d’expliquer le principe du maximum d’efficacité pour un minimum d’effort et de représenter les mouvements de l’univers. La deuxième technique ressemble à Uki Otoshi. Le principe est celui que le centre d’un tourbillon peut engloutir le pourtour. Sur la troisième technique, Tori et Uke se déplacent ensemble en cercle. Les mouvements rythmiques et alternatifs sont importants dans cette série. Il s’agit d’utiliser les opportunités. La quatrième technique représente le mouvement de la marée.
- Koshiki No Kata : Il se compose de deux séries comportant respectivement 14 et 16 techniques. La première série est effectuée lentement puisque les combattants sont présumés porter une armure. Jeune, Jigoro Kano - le créateur du Judo - étudia à l’école de Jiu Jitsu de Kitô. Ayant apprécié l’enseignement qui lui avait été dispensé, il incorpora dans le Judo des techniques de l’école de Kitô.
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