La paranatation est un sport historique des Jeux paralympiques, présent depuis les Jeux de Rome en 1960. Après l’athlétisme, elle fournit le plus grand nombre d’athlètes en lice, avec plus de 600 participants sur un total de 4 400. Cette discipline offre une diversité de catégories pour les handicaps physiques, visuels et mentaux. Les épreuves de paranatation se déroulent sensiblement de la même manière que celles de la natation aux Jeux olympiques, avec quelques adaptations pour tenir compte des différents types de handicap.
Les fondements de la paranatation
La paranatation est un dérivé de la natation qui s’adresse aux nageurs souffrant d’un handicap sensoriel ou moteur. Elle peut se pratiquer en loisir, en rééducation mais aussi à un haut niveau. La discipline est devenue un sport paralympique officiel en 1960 suite à l’organisation des premiers Jeux Paralympiques à Rome. Comme pour la natation classique, la natation handisport est réglementée par la Fédération Internationale de Natation (FINA). Les règles établies sont, bien entendu, adaptées au handicap des sportifs.
Les nages et les distances
La paranatation reprend les quatre nages classiques : nage libre (crawl), dos, brasse et papillon. On retrouve ces spécialités en épreuves individuelles, mais aussi en combiné quatre nages et trois nages pour certaines classifications (sans le papillon). Côté distances, seules celles de demi-fond (800m et 1500m) sont exclues.
Toutes les distances sont proposées, mais tous les athlètes ne les pratiquent pas. Par exemple, des catégories 1 à 3, on ne fait pas le papillon. À partir de S4, on nage les quatre nages.
Adaptations des règles
En fonction du handicap de chaque athlète, certaines règles peuvent être adaptées afin de garantir l’équité et de permettre à chacun de concourir dans les meilleures conditions.
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- Départ : Le départ peut se faire par plongeon ou directement dans l’eau pour les nageurs qui ne peuvent tenir sur le plot de départ.
- Aide : Une aide, manuelle ou technique (poignée, corde…), est également permise à celles et ceux qui ont des difficultés à se maintenir seuls en contact avec le mur ou stables sur le plot. Des assistants peuvent également aider à la mise à l’eau et à la sortie.
- Virages et arrivée : En papillon et en brasse, le virage et l’arrivée peuvent, selon le handicap, se faire à une main ou à deux, ou avec la tête.
- Malvoyants : Dans les classifications non et malvoyants, un assistant peut être présent en bout de bassin pour indiquer au nageur la fin de la longueur à l'aide d'une perche avec un bout en mousse. De plus, tous les athlètes doivent porter des lunettes de piscine opaques afin de garantir l'équité entre tous.
- Autres assistances : Si le handicap du nageur l’empêche de prendre le départ sur le plot, il peut commencer sa course dans le bassin et bénéficier d’une aide extérieure pour être soutenu dans l’eau. Chaque nageur déficient visuel est averti avant de faire un virage ou un relais par un assistant qui le touche avec une perche au bout rembourré.
Classification des athlètes
Comme pour le para athlétisme, les classifications pour la para natation sont nombreuses et spécifiques à chaque type de handicap. La classification se fait en prenant en compte le type de nage ainsi que le potentiel physique ou psychologique du nageur. À l’issue d’un test médical, les athlètes sont répartis en différentes catégories selon leur handicap et capacités fonctionnelles. Il existe 14 catégories en paranatation.
Voici les principales catégories :
- S1 à S10/SB1 à SB9/SM1 à SM10 : Concerne les handicaps physiques, le chiffre 1 étant le degré le plus élevé de perte fonctionnelle. Les handicapés moteurs sont classés en dix catégories S (S1 à S10), en huit catégories SB (SB2 à SB9) et en huit catégories SM (SM3 à SM10) en fonction de leurs capacités fonctionnelles.
- S/SB/SM 11 à S/SB/SM13 : Catégories pour les déficients visuels.
- 11 : Les nageurs de cette catégorie sont non voyants ou disposent d’une acuité visuelle particulièrement restreinte, de telle façon qu’ils ne sauraient reconnaître une lettre “E” de 15cm de côté, à 25cm de leur visage.
- 12 : Les nageurs de cette catégorie ont une meilleure acuité visuelle que dans la catégorie 11 mais ils ne sauraient reconnaître cette même lettre “E”, de 15cm de côté, à une distance de 4m.
- 13 : La catégorie 13 concerne les nageurs dont le handicap visuel est le moins sévère, tout en étant suffisant pour être accepté par la règlementation internationale.
- S/SB/SM 14 : Catégorie désignant les handicaps intellectuels et psychiques. Les athlètes de cette catégorie ont des difficultés concernant l'apprentissage ou la mémorisation d'une technique, ou bien des temps de réactions impactant la performance en raison d'une maladie.
- S15 : nageurs sourds et malentendants (catégorie absente aux Jeux Paralympiques mais présente aux Deaflympics)
Détail des catégories par nage et capacités fonctionnelles :
Catégorie S : nage libre, papillon et dos
Catégorie SB : brasse
Catégorie SM : 4 nages individuel
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Catégorie 1 à 4 : nageurs déficients de 3 ou 4 membres et du tronc
Catégorie 5 à 6 : nageurs déficients de 2 membres et du tronc / de 2 membres supérieurs complets
Catégorie 7 à 8 : nageurs déficients de 2 membres inférieurs / d’un membre supérieur complet
Catégorie 9 à 10 : nageurs déficients d’un membre inférieur complet ou incomplet / d’un membre supérieur incomplet
(Concernant les handicaps moteurs (ci-dessus), le degré le plus sévère correspond à la catégorie 1, le moins important à la catégorie 10.)
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Exemple : un nageur de brasse aveugle sera dans la catégorie : SB11
Équipement
En paranatation, les prothèses sont interdites en compétition. Les athlètes peuvent utiliser des accessoires tels que le pince-nez et les bouchons d’oreilles. Les positions de départs varient en fonction du handicap, même à l’intérieur d’une catégorie identique. L’usage de matériel d’assistance est également interdit.
Les épreuves de Paris 2024
Les épreuves de paranatation ont commencé le jeudi 29 août 2024 et se poursuivent jusqu’au 7 septembre. Plusieurs athlètes français peuvent espérer des médailles, parmi lesquels Alex Portal, double médaillé à Tokyo en 2021. D'autres athlètes comme Ugo Didier, Florent Marais et Laurent Chardard ont également des chances de se distinguer.