La fabrication de moules à plomb pour la plongée est une activité accessible qui permet de personnaliser son équipement et de réaliser des économies. Cet article explore les différentes étapes de la création de moules à plomb, en mettant l'accent sur la sécurité, les matériaux et les techniques à utiliser.
Introduction
La fabrication maison de têtes plombées et de plombs de plongée offre la possibilité d'obtenir exactement ce que l'on recherche en termes de forme, de poids et de fonctionnalité. Bien qu'il soit possible de créer un moule artisanal de A à Z, cet article se concentre sur l'utilisation de moules en métal disponibles dans le commerce, qui offrent une solution plus simple et plus précise. Nous aborderons également l'utilisation de la technologie d'impression 3D pour la création de moules sur mesure.
Choix du moule
On trouve facilement dans le commerce d’excellents moules en métal pour différents types de plombs, têtes plombées et même leurres. Les prix oscillent entre 30 et 70€. Il existe une variété de moules adaptés à différents types de plombs :
- Moules pour têtes plombées : Idéaux pour la pêche, ils permettent de fixer un hameçon directement dans le plomb.
- Moules pour plombs de plongée : Conçus pour la fabrication de masselottes ou de plombs classiques, ils doivent être robustes et adaptés à la manipulation sous-marine.
- Moules pour leurres : Permettent de créer des leurres personnalisés avec des formes et des couleurs spécifiques.
Sources de plomb
Plomb de récupération
Par souci d’économie, on utilise généralement du plomb de récupération : anciens plombs de pêche, vieille canalisation ou autres rebuts obtenus par connaissance ou chez un ferrailleur. Sinon, on trouve facilement du plomb en lingots sur Internet. Le plomb de récupération contient beaucoup d’impuretés qui nuisent à la bonne coulée et qu’il faut absolument éliminer.
Types de plomb
Il est possible d'utiliser du plomb pur (Pb) ou mélangé avec de l’étain (Sn) ou de l’antimoine (Sb). L’antimoine se trouve dans certains plombs de récupération (plomb de linotype). Leur formule (70%Pb + 25%Sb + 5%Sn) donne un alliage très résistant aux impacts. L’ajout d’étain (5 à 10%) durcit un peu l’alliage, améliore aussi sa fluidité et permet alors de couler des détails très fins.
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Autres sources de plomb
- Plomb de toiture : Assurez-vous qu'il soit pur.
- Plombs de stand de tir (4.5 mm) : Une option si vous êtes sûr qu'il s'agit de plomb pur.
- Ballast de bateaux ou voiliers : Une source potentielle à vérifier.
- Déchets de radios rayons X de dentistes : Peut contenir du plomb.
Préparation du plomb
Nettoyage du plomb de récupération
Découper le plomb en morceaux et le faire fondre, en extérieur, dans une vieille casserole. À la fusion, les impuretés, moins denses, vont monter et rester en surface. Il faut absolument éliminer les impuretés du plomb de récupération. Bien couper toutes les zones de soudure pour éliminer l'étain. Nettoyer les tuyaux, bien laisser sécher et c'est prêt à fondre.
Fluxing
Jeter dans le plomb un peu de paraffine, cire d'abeille ou graisse (attention, ça peut produire une flamme), puis écrémer la surface pour enlever les saletés.
Fonte du plomb
Mesures de sécurité indispensables
Il faut toujours couler en extérieur et ne jamais respirer les vapeurs. Première chose un endroit vraiment bien aéré, et le vent dans le dos pour ne pas inhaler les vapeurs toxiques ou mieux, utiliser un masque de protection respiratoire de type P3. Le port de ce masque est recommandé en stand de tir fermé et sans aération puissante.
Matériel nécessaire
- Source de chaleur : Une vieille casserole peut faire l'affaire, mais l'idéal est un pot de fusion spécialement conçu et sécurisant, avec résistance électrique, thermostat et buse de coulée par le bas.
- Équipement de protection : Masque de protection respiratoire (type P3), gants résistants à la chaleur, lunettes de sécurité.
Procédure de fonte
- Faire fondre le plomb dans le récipient choisi, en extérieur.
- Éliminer les impuretés qui remontent à la surface.
- Verser le plomb avec précaution (en filet) pour éviter tout débordement.
Coulée du plomb
Préparation du moule
Préparer le moule en nettoyant les cavités à l'alcool, puis en passant la flamme d'une bougie allumée (ou 3 allumettes enflammées) pour déposer un peu de suie, afin que les balles se décollent toutes seules. Préchauffer le moule directement sur la flamme du gaz, puis directement dans la casserole. L’utilisation du talc est recommandée - le talc obstrue les moindres petits trous et il protège le moule (en silicone ici, ou en platre si on a pas utilisé de silicone).
Coulée
- Les premières coulées se font sans hameçon, servant à chauffer le moule.
- Attendre quelques minutes avant de démouler.
- On peut ensuite commencer à couler avec un hameçon (dans le cas de têtes plombées).
- Le résultat indique si la température est correcte. Si le moule chauffe trop (grosses pièces, moule fin), le laisser refroidir un moment avant de reprendre.
Démoulage et finition
Démoulage
Démoulée, la tête est laissée à refroidir ou plongée dans l’eau. Ouvrir le moule, les balles tombent toutes seules.
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Ébavurage
L’ébavurage consiste à supprimer les parties non désirées: cône de coulage, évents, jonction des deux parties du moule, etc. Les parties épaisses peuvent se couper à la pince ou au sécateur mais le fignolage se fait au couteau.
Protection et personnalisation
Cette étape est facultative mais la peinture plastifiante en poudre, outre un attrait éventuel pour le poisson, va protéger le plomb de tout contact direct avec le plastique du leurre souple, évitant les réactions chimiques. Chauffer légèrement le plomb (l’idéal est d’utiliser un décapeur thermique) et le plonger brièvement dans la poudre qui fond et s’étale si la température est correcte. Les plus perfectionnistes voudront ajouter un signal œil, c’est en effet un plus pour armer des leurres qui eux, n’en possèdent pas. Mais si votre moule ne comporte pas d’empreinte en creux prévue à cet effet, l’œil risque à mal tenir.
Création de moules personnalisés
Utilisation de logiciels CAD et d'imprimantes 3D
L’idée est de concevoir le moule en utilisant un logiciel CAD. L’exemple décrit ici est fait avec Rhino7. Ce logiciel permet de concevoir son lest, d’y placer ses inserts et de produire un fichier .stl qui va permettre d’imprimer deux demi-matrices du lest que l’on veut faire à l’imprimante 3D. Il possède une fonction qui permet de connaître le volume et le poids si on prend la densité du plomb et c’est très pratique. Avec ces deux demi-matrices, on va pouvoir vérifier le positionnement sur la dérive et l’emplacement idéal du point de fixation du futur moule au pied de la dérive et si besoin le corriger.
Fabrication du moule
Pour cela on va fabriquer une boîte qui va servir au moulage de l’ensemble. Dans l’exemple illustré avec les photos, la demie matrice étant fixée au socle, est recouverte de silicone. Il faut utiliser un silicone qui résiste à la température de fusion du plomb évidemment. On en trouve notamment sur des sites en ligne. Pour mon premier, moule, je n’avais pas de silicone, alors j’ai enduit le moule d’huile et coulé le plâtre par-dessus la matrice et cela permet un démoulage très facile. Des plots de calage sont créés, ici avec des demies sphères posées au quatre coins. Au moulage du second demi-moule, le plâtre viendra remplir les cavités sphériques. On prévoit les cheminées d’évacuation des vapeurs au moment de la coulée du plomb. Il faut deux cheminées aux deux extrêmités et deux au milieu sur la partie supérieure du lest au moment de la coulée du plomb. Sans quoi, des poches d’air se forment et le coulage est à refaire ! Il faut un diamètre suffisant pour les cheminées.
Amélioration de la résistance
Ici, j’ai placé au milieu du moule à l’assemblage une tige de 4 mm qui fait la longueur du lest. Je l’ai limée pour obtenir un bord de fuite affiné. Cette tige a l’avantage de raidir le lest final qui est moins sensible aux chocs et restera plus facilement bien aligné.
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Préparation avant la coulée
Et dans la période qui précède la coulée, on le préchauffe au four pendant trois quart d’heure à 50 °C environ.
Finition du lest
Le moule étant prêt, on le ferme. Le lest brut doit être débarrassé des barbes qui l’entoure et les excroissances des cheminées qui se sont remplies de plomb. Cette opération est très délicate car il faut absolument que le lest soit parfaitement alignée avec l’axe du bateau et qu’il soit légèrement incliné vers le haut pour compenser la tendance du bateau à plonger le nez au portant.
Aspects financiers
Si on achète le plomb, le moule et un pot de fusion (plus les hameçons, etc.), l’investissement est en fait assez important (comptez plus de 200€). La rentabilité sera donc liée au nombre de têtes coulées. Acheter à plusieurs est une solution.
Conseils supplémentaires
- Emplacement des évents : Les évents doivent être placés au point haut du moule.
- Nombre d'évents : Il est conseillé d'en mettre plusieurs.
- Section du chenal : La section du chenal doit être adaptée à la taille de la pièce à couler.
- Préparation des moules en bois : Si vous utilisez des moules en bois, sachez que ça brûle un peu, mais si on démoule vite, il n'y a pas de problèmes. Sinon, le silicone haute température s'achète dans les magasins de beaux arts.
Les masselottes
D'après mes recherches, il est conseillé de faire des masselottes. Quel est leur intérêt ?