Le fusil Mosin-Nagant, arme emblématique dont la production s'est étendue de 1891 à 1965, continue de susciter l'intérêt, tant auprès des collectionneurs que des amateurs de tir sportif ou d'airsoft. Ce guide explore les facettes techniques de son montage, sa maintenance, ses répliques et son histoire riche, mettant en lumière sa polyvalence et sa durabilité à travers les âges.
Modernisation et Montage de Systèmes Optiques
Bénéficiez de l'excellent canon du Mosin Nagant et d'un montage vous permettant d'utiliser des lunettes de sniping récentes et performantes. La modernisation de cette arme historique est rendue possible grâce à des kits spécifiques. Un kit rail montage picatinny pour lunette de visée et levier d'armement pour fusil Mosin Nagant est une solution prisée pour adapter des optiques contemporaines. Ce kit est livré avec 2 forêts et 1 taraud pour réaliser le montage de votre rail. Nous vous conseillons d'associer ce kit avec la kit de crosse A58630 qui transformera votre Mosin Nagant en fusil du XXIème siècle, offrant ainsi une ergonomie et une capacité d'adaptation accrues.
L'expérience d'un Mosin-Nagant configuré pour le tir de précision révèle l'efficacité d'un vieux système d’arme mais ô combien efficace et peu cher à l’achat. Ce fusil peut être un très bon premier achat pour qui veut tirer à faible coût, notamment grâce à son calibre déclassé et des munitions de surplus très abordables. Un "sniper" Mosin n'est pas toujours un modèle d'origine, mais souvent un assemblage avec un Mosin "basic" où l'on a coudé le levier d’armement et monté dessus un montage et une lunette. Ces éléments, s'ils ne sont pas d’origine non plus, peuvent être fabriqués dans la même usine que les originaux, garantissant une certaine fidélité.
Concernant l'optique, la lunette PU est un exemple historique de performance. Elle était une bonne lunette pour l’époque, simple à utiliser (1 graduation = 10cm à 100m), compacte et lumineuse. Le réticule est classique pour l’époque et épais de 3 millièmes, ce qui est très intéressant pour apprécier les distances. Les graduations sont exprimées en millièmes sur la tourelle de direction et donc, 1 graduation = 10cm à 100m, ce qui est facile à régler. Cependant, celle-ci ne dispose pas de clics, ce qui peut être gênant par faible luminosité. Sur la tourelle de hausse, rien de compliqué, elle est étalonnée de 0 à 1300M sur la munition d’origine en 148 GR, donc si l'on veut s’en servir correctement, il faut copier au plus près celle-ci pour pouvoir bénéficier de la came de réglage. Il est possible de voir en bas de l’optique le guidon de l’arme ainsi que son tunnel.
Pour exploiter au maximum les capacités du couple arme-lunette en tir longue distance, il est impératif d’ajuster le montage. Ce dernier était ajusté par les armuriers à deux endroits : en limant la partie arrière du montage pour être bien centré en direction, et en direction, en réglant correctement les deux vis à l’arrière du montage afin que celui-ci soit le plus possible centré et visible, peu importe la hausse affichée. Certains utilisateurs préfèrent rajouter du métal plutôt que d’en enlever en direction, aplatissant un étui et adaptant l’épaisseur. Pour la hauteur, la méthode préconisée est appliquée. Le tout est fixé à la Loctite pour une stabilité optimale.
Lire aussi: Réglage lunette Mosin Nagant
Entretien et Spécificités Mécaniques
Préparer un guide détaillé sur le montage et le démontage du Mosin Nagant est un projet ambitieux. Ce guide vise à fournir des informations précises sur les différentes pièces de l'arme et leur fonctionnement. Il est destiné à tous ceux qui souhaitent comprendre et effectuer le démontage de la culasse du Mosin Nagant et s'adresse aussi bien aux collectionneurs qu'aux joueurs d'airsoft. L'identification des pièces est cruciale : il est impératif de nommer précisément les différentes pièces de l'arme pour faciliter la compréhension du processus de démontage et de remontage. L’utilisation de termes appropriés est essentielle pour éviter toute confusion.
La question du stockage des armes, notamment des Mosin Nagant finlandais et des Mauser K98, est souvent posée. Une pratique courante consiste à enlever systématiquement la culasse pour gagner de la place et éviter les chocs entre les armes. Cependant, il est important de savoir si cette pratique risque d’endommager la culasse, notamment en raison de la compression du ressort. Pour les culasses à verrou, la plupart se désarment aisément une fois qu'elles sont sorties de l'arme. Il est conseillé, avant d'enquiller la culasse, de vérifier qu'elle est armée. En théorie, un ressort ne devrait pas s'avachir s'il reste longtemps bandé. Mais ces théories s'appliquent à un usage mécanique normal, c'est-à-dire une durée de vie de quelques dizaines d'années maximum, et non pas 100 à 150 ans. La répétition des cycles d'utilisation conduirait plutôt à une rupture nette et sans avertissement, mais ça demande généralement des dizaines ou centaines de milliers de cycles. Plus le métal est poussé près de sa limite d'élasticité, plus la "fatigue" provoquant cette rupture survient rapidement. Ce qui ne paraît pas tellement étudié, c'est les effets du vieillissement "même sans rien faire". Effectivement, ce sont les cycles de travail qui fatiguent les ressorts. Pour ma part, la culasse démontée au stockage c'est une question d'économie de mouvements (après le tir faut l'enlever pour nettoyer, avant le tir faut l'enlever pour déshuiler, alors entre les deux autant la laisser démontée). C'est aussi une question de densité de rangement, surtout avec les leviers droits qui prennent presque autant de place qu'un fusil, et de conservation, car les leviers cognent facilement l'arme voisine. Et aussi une question de sécurité, qui est une obligation légale mais aussi une simple prudence.
Le remplacement de l'extracteur est une opération qui peut s'avérer nécessaire. Si vous devez remplacer l'extracteur de votre Mosin, il faut d'abord en trouver un en remplacement, à un tarif pas criminel. Pour l'extraire, il faut le pousser vers l’arrière (tête de culasse démontée !). Le remplaçant doit être inséré en le poussant vers l'avant jusqu'à arriver en contact avec le fond de l'emplacement en queue d'aronde. La cause de la casse peut être due au fait de tirer en monocoup sans passer les munitions dans le chargeur, notamment avec des étuis recalibrés comme des 6.5-284 en 30-284 où le coup a "foiré" et les étuis gonflent dans la chambre. C'est en polissant la chambre et lors d'un nouvel essai que la faiblesse de l'extracteur peut apparaître.
Il y a souvent des discussions sur l'obligation de passer par le magasin. Pour la culasse de Mauser 98, avec son extracteur rigide et sa cuvette de tir échancrée en bas, elle impose de passer par le magasin afin que la cartouche se glisse sous l'extracteur au début du chambrage, et il en est de même pour les systèmes voisins ou dérivés. Le Mannlicher M.95 présente aussi une cuvette de tir échancrée mais son extracteur est plus souple ; il accepte le chambrage direct, mais il ne faudrait sans doute pas que ce soit une habitude. Sur les Lebel et Berthier par contre, la cuvette de tir fait tout le tour. Pour se glisser sous l'extracteur pendant que la cartouche monte, il faudrait que le bourrelet se faufile avec une grande délicatesse. Or, en examinant de près le chambrage des Berthier, on voit que quand le culot échappe au chargeur, l'élasticité des lèvres et la brutale montée de l'élévateur font légèrement sauter la cartouche vers le haut et l'avant. Impossible donc que le bourrelet se glisse à ce moment sous l'extracteur : la culasse ne rattrapant la cartouche qu'un peu plus loin, c'est en fait l'extracteur qui la pousse dans la chambre et il ne franchit le bourrelet que pendant le verrouillage. D'après la photo, la cuvette de tir du Mosin ne paraît pas échancrée, et l'extracteur ressemble furieusement à celui des Lebel / Berthier, assez souple donc. Il faudrait surveiller de près l'approvisionnement d'un Mosin pour vérifier si le bourrelet s'engage effectivement sous l'extracteur pendant que la cartouche quitte le magasin, ou si ça survient au verrouillage (auquel cas, comme pour Berthier, magasin ou direct c'est pareil). Un cas de rupture dont on a entendu parler était à cause du bourrelet : le tireur avait confectionné des douilles à partir d'un autre calibre et les bourrelets étaient à angle vif, sans le très fort chanfrein caractéristique des 7.62 Mosin. La rupture a été rapide, le chanfrein doit donc faciliter le glissement de la griffe. Sans chanfrein, le culot rentre mal dans la cuvette, l'extracteur ne peut pas retomber devant le bourrelet et reste cintré au maximum, comme cela arriverait sur un fusil Gras. Il est certain que si la douille d'origine a ce bourrelet si caractéristique, ce n'est pas un hasard, et il facilite à la fois le passage de l'extracteur et l'insertion dans la cuvette. Dans le passé, face à la difficulté de trouver un extracteur, certains ont fabriqué le leur à partir d'une lame de ressort de voiture, avec une scie à métaux et quelques limes, sans recuire préalablement, ni re-tremper après, respectant la méthode originale soviétique.
Le Mosin-Nagant dans l'Univers de l'Airsoft
Le Mosin Nagant airsoft de S&T est considéré comme un concurrent intéressant sur le marché. La réplique semble très bien protégée dans une mousse de bonne qualité. On y trouvera en plus le chargeur ainsi que le manuel comprenant un éclaté. Ses caractéristiques générales incluent du bois et du métal, un chargeur amovible de 35 coups, un hop-up réglable, la présence d'une sécurité, et une puissance annoncée de 390fps (en 0,20g on suppose).
Lire aussi: Fonctionnement interne de la culasse Mosin-Nagant : Explication
Pour l'aspect externe, il n'y a pas de jeu qui serait désagréable ou autre. La culasse a un peu de jeu en rotation, mais globalement ça semble de bonne conception. Le bois semble être de qualité très correcte, la teinte est rougeâtre. Le métal semble correct aussi. Ce n'est pas de l'acier pour l'externe, mais l'alliage inspire relativement confiance au toucher, même si c'est assez arbitraire comme avis. Quelques petits défauts de finition peuvent être notés sur le bois ou les ferrailles, mais absolument rien de rédhibitoire.
L'utilisation est agréable : le chargeur semble plutôt pas mal, il s'insère et s'enlève facilement de la réplique, le dessous est métallique et du même alliage que le pontet chargeur. La culasse est plutôt agréable à utiliser et s'arme sans trop forcer, ce qui est plaisant pour un "spring".
L'interne de la réplique fonctionne sur le principe d'un VSR10, mais tout est légèrement différent, l'interne n'étant pas compatible non plus. Concernant le bloc hop-up, il peut y avoir une grosse déception, car globalement la vis appuie sur un rubber très mou (qui va donc se faire manger par la vis sur le long terme) qui lui appuie sur le joint. Le bloc cylindre est une pièce intéressante : on peut déjà observer rapidement que le loading plate (qui était fragile sur le SMLE) semble relativement solide et robuste (pas de c-clip, il est posé directement contre le cylindre). Une deuxième observation qui explique la dimension de la culasse est que la partie "chrome" est en fait une pièce qui enrobe le cylindre (qui est de même diamètre qu'un cylindre VSR) et permet l'armement avec la rotation à 90° du levier d'armement. Pour augmenter la puissance, il est possible de poser 3 cales d'ajustement de puissance Lambda ("Spring guide damper small" pour VSR10), ce qui permet à la réplique de sortir à 430fps en 0,20g.
Histoire et Impact Global du Mosin-Nagant
L'histoire du Mosin-Nagant est riche et complexe. Durant le conflit russo-turc de 1877 à 1878, les troupes russes sont armées en majorité de fusils Berdan à un coup alors que les Turcs disposent de fusils à répétition Winchester. En 1882, le ministère de l’armement russe décide de concevoir une arme alimentée par un chargeur de plusieurs cartouches. Après l’échec de la tentative de modification du Berdan, une « commission spéciale pour l’expérimentation des fusils à chargeur » est créée pour tester plusieurs conceptions, comme dans toute l'Europe de la même époque, à la suite de la révolution de la poudre sans fumée seront conçus les Lebel, Fusil Mannlicher M1895, Lee-Metford, etc.
En 1889, un jeune capitaine nommé Sergueï Mossine soumet son projet de fusil de calibre 3 lignes (soit 7,62 mm, la ligne valant en Russie à l'époque 0,1 pouce et 2,54 mm) en concurrence avec le fusil à 3,5 lignes de Léon Nagant (d'origine belge). À la fin de la période d'essais en 1891, les divers testeurs préfèrent le fusil de Nagant. Lors du vote de la Commission pour l'approbation du fusil, le fusil Mossin recueille 14 voix contre 10. Cependant, des officiers plus influents poussent les constructeurs à un compromis : les fusils Mosin seront utilisés avec le système d’approvisionnement de Nagant. La production commence en 1892 dans les usines des arsenaux de Toula, de Sestroretsk et d’Ijevsk.
Lire aussi: Optimisez Votre Munition Mosin-Nagant : Rechargement
Entre l’adoption, en 1891 et 1910, plusieurs variantes et modifications aux fusils existants sont faites, incluant le changement des organes de visée, l’implantation d’une culasse renforcée (à cause de l’adoption d’une balle de 147 grains), la suppression des doigts d’acier derrière le pontet, un nouveau canon et l’installation d’un montage à galets. Avec l’entrée en guerre de la Russie en 1914, la production est restreinte au M1891 cavalerie et au M1891 infanterie pour une question de simplicité. Un grand nombre de Mosin-Nagant capturés par les forces allemandes et austro-hongroises ont été vus en service dans les lignes arrières du front et dans la marine allemande. Pendant la guerre civile russe, les versions cavalerie et infanterie sont en production, quoiqu’en nombre extrêmement réduit.
Après la victoire de l’Armée rouge, un département est créé en 1924 pour moderniser le fusil, qui est alors utilisé trente années supplémentaires. Cela a lancé le développement du modèle 1891/30, basé sur la conception du modèle cavalerie original. Les changements incluent : la réintroduction d’organes de visée arrières plats, le rééchelonnement de la hausse en mètres à la place de l’antique archine sur les armes du tsar et le raccourcissement du canon de 9 cm. De plus, une nouvelle baïonnette à ressort est conçue pour ce nouveau modèle. En respectant la doctrine russe du combat d'infanterie, la mise à zéro est faite avec la baïonnette déployée, ce qui permet des tirs de précision quand celle-ci est fixée sur le canon du fusil.
Dans les années 1930, le Mosin-Nagant connaît une version de précision (en 1932) et est utilisé par les tireurs d’élite soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment servi pendant la bataille de Stalingrad qui a fait des snipers russes des héros comme Vassili Zaïtsev, Lioudmila Pavlitchenko ou Roza Chanina. Ces fusils étaient réputés pour leur résistance, leur fiabilité, leur précision et leur facilité d’entretien.
Dans les années de l’après-guerre, l’Union soviétique arrête la production de tous les Mosin-Nagant pour les remplacer progressivement par la série des SKS et des AK. Malgré cela, le Mosin-Nagant sera encore utilisé dans le bloc de l'Est et dans le reste du monde plusieurs dizaines d’années, notamment pendant la guerre froide au Vietnam, en Corée, en Afghanistan et tout le long du rideau de fer. Récemment, une grande quantité de Mosin-Nagant a été retrouvée sur les marchés américains d’antiquités et de collectionneurs, car c'est aussi une arme fiable pour la chasse, assez précise et bon marché.
Plusieurs modèles spécifiques ont marqué l'histoire du Mosin-Nagant. On retrouve le fusil d’infanterie modèle 1891 (пeхoтнaя винтовка образца 1891-гo года), le fusil de cavalerie (драгунскaя) destiné à équiper la cavalerie, et le fusil Cosaque (казaчья). La carabine modèle 1907, plus courte et plus légère (0,95 kg) que le M1891, était excellente pour la cavalerie, les sapeurs et les artilleurs, mais elle ne pouvait pas recevoir de baïonnette. Le modèle 1891/30 (винтовка образца 1891/30-гo года, винтовка Мосина) est la version la plus courante du Mosin-Nagant, produite et distribuée à l’armée soviétique entière de 1930 à 1945. Le fusil dit de sniper, sniperskaïa, existe en au moins trois variantes avec trois lunettes différentes et des montages différents. La carabine modèle 1938, basée sur les plans du M1891/30, fut en service de 1938 à 1945, bien que les exemplaires produits en 1945 soient assez rares. La carabine modèle 1944 fut mise en service fin 1943 et resta en production jusqu’en 1948. Ses spécificités sont très semblables au M1938 à l’exception de la baïonnette fixée en permanence sur le modèle 44, celle-ci étant à lame quadrangulaire de 430 mm. Enfin, la carabine modèle 1891/59x correspond à des M1891/30 existants qui furent raccourcis à la longueur d’une carabine, avec des détails encore peu connus à leur sujet.
L’Empire austro-hongrois a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Quelques-uns ont été modifiés pour tirer la cartouche autrichienne en service, la 8x50r mm. Les militaires de Bulgarie, Tchécoslovaquie, Estonie, Hongrie, Pologne, Roumanie et Serbie ont tous utilisé le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre durant le XXe siècle. Les Mosin dans ces pays subirent souvent des modifications et furent souvent utilisés dans les années 2000-2006 comme fusils d’entraînement. Beaucoup de ces fusils furent encore produits localement pendant les années de la Guerre Froide. La Hongrie a produit à des fins commerciales des copies de haute qualité des carabines M44, des modèles 91-30 et 91-30 avec lunettes PU.
Durant les années 1920 et 1930, les forces communistes de Chine ont reçu des Mosin-Nagant de l’URSS pour contrer les forces nationalistes pendant la guerre civile chinoise. La Chine commença à fabriquer des M1944 sous l'appellation de Carabine Type 53. Les machines utilisées pour les produire étaient fournies par l’Union soviétique dans le début des années 1950. Elles diffèrent un peu des modèles soviétiques. La Carabine Type 53 est équipée d'un manchon lance grenade amovible que reprendra la Carabine Type 63 (Corée du Nord). Elles ont été remplacées dans l’armée principale chinoise vers 1957 et continuèrent à rester en service dans les milices provinciales jusqu’après 1970.
Après avoir conquis son indépendance, la Finlande acheta de nombreux Mosin à l’étranger, essentiellement des fusils autrichiens et allemands capturés aux Russes pendant la Première Guerre mondiale. Ces fusils, plus vieux, étaient ordinairement rénovés ; cela pouvait être aussi infime que les poinçons de l’armée finlandaise (SA) et une nouvelle bretelle, ou très important comme une refonte totale avec de nouveaux montages, organes de visée, détentes et un canon plus précis en diamètre 308 et non 311. L’armée finlandaise ainsi que la Garde Civile conçurent et produisirent plusieurs nouveaux modèles de Mosin-Nagant, utilisant les chargeurs français, russes et américains. La Finlande n’a jamais produit de chargeurs et prenait ceux des stocks de fusils achetés ou capturés. Pendant la guerre d’Hiver entre 1939 et 1940, et jusqu’en 1944, la Finlande aura pris à l’ennemi des quantités gigantesques de Mosin. La Finlande a tout de même acheté à l’Espagne les fusils restants de la guerre civile d'Espagne et des stocks de l’Allemagne nazie. Les Mosin-Nagant finlandais sont réputés pour leur précision et pour la fiabilité qu’on peut leur accorder. Le modèle M39 est le Mosin le plus abouti tant par son ergonomie (crosse pistolet) que par sa qualité de finition et sa précision. Les organes de visée sont équivalents aux meilleurs fusils de l'époque (MQ 31 suisse), finement réglables en tous sens et la détente d'une franchise parfaite.
L’Empire allemand a capturé une grande quantité de Mosin-Nagant durant la Première Guerre mondiale. Ceux-ci ont reçu des modifications variées, notamment un recalibrage en 8x57S Mauser. Beaucoup étaient équipés d’un montage adapté pour recevoir une baïonnette-lame allemande. Ces fusils étaient distribués en seconde ligne et à la Kriegsmarine. Les versions de tireur d'élite ont été utilisées avec succès par les Allemands car ils étaient très fiables et plus précis, car plus faciles à régler au-delà de 400 mètres. Quelques-uns furent vendus à la Finlande, beaucoup furent utilisés pour l’entraînement, les tours de garde et les territoires occupés.
L’Union soviétique et la république populaire de Chine ont fourni un nombre important de Mosin-Nagant à la Corée du Nord pendant la guerre de Corée. Cependant, la politique d’autarcie encore en effet aujourd’hui a fait que la Corée du Nord a produit ses fusils elle-même.
Dans les années 1920, la Pologne recalibra environ 77 000 Mosin-Nagant en 8 mm Mauser (8x57S). Beaucoup de modifications furent effectuées : les canons furent rechambrés en 8 mm et raccourcis à 23 pouces de longueur. D’autres modifications ont été faites aux culasses et aux chargeurs pour permettre l’utilisation des lames-chargeurs et assurer un approvisionnement correct. La hausse fut modifiée pour s’adapter à la trajectoire de la balle de 8x57S. La crosse fut raccourcie et on lui ajouta un support pour baïonnette type Mauser pour accueillir les lames produites par Perkun. Ces fusils étaient appelés Karabinek wz. 91/98/23 ou wz. Les Wz. 91/98/25 équipaient des unités de cavalerie et d’artillerie à cheval dans l’armée régulière jusqu’à ce que des Mauser de fabrication polonaise soient disponibles. Les fusils sont marqués d’un petit aigle polonais et du calibre de l’arme sur l’arrière du fusil. L’aigle et le numéro de série sont aussi frappés sur le côté gauche du magasin et sur toutes les parties de la culasse. Après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a produit une grande quantité de carabines M-44 (Kb. wz M48) à l’arsenal de Radom. Beaucoup d’entre elles n’ont pas été directement en service, mais ont plutôt été stockées dans des entrepôts en attendant qu’on en ait besoin. Ces Mosin-Nagant peuvent être identifiés par un 11 inscrit dans un cercle frappé sur le magasin du fusil. Cette marque est leur « code de pays » qui identifie quel pays de l’Europe de l’Est l’a fabriqué.
Tout comme l’Allemagne et l’Austro-Hongrie, l'Empire ottoman captura beaucoup de Mosin-Nagant pendant la Première Guerre mondiale. Un grand nombre fut alors acquis grâce à des aides allemandes, ou quand l’armée blanche cherchait un refuge après la guerre civile russe.
Les États-Unis et les forces militaires alliées ont rencontré des fusils et des carabines Mosin-Nagant en action dans les mains de la guérilla Viet Cong et des soldats de l’armée nord-vietnamienne. Un certain nombre de M-1944 russes et de Type 53 chinois furent utilisés comme fusils lance-grenades avec des copies locales du lance-grenade US M7. Des fusils de sniper PU-scoped M91/30 furent aussi aperçus. Quelques fusils furent alors utilisés par les États-Unis. Quand le tsar fut détrôné en 1917, le gouvernement US annula le contrat originellement signé par la New England Westinghouse (en) et par la Remington Arms. Plutôt que de livrer le restant aux bolcheviks, tous les fusils en transit furent achetés par l’armée américaine. Les fusils restés en Grande-Bretagne équipèrent les forces expéditionnaires américaines et britanniques envoyées en Russie du Nord en 1918-1920. Les fusils encore en Amérique finirent par être principalement utilisés pour l’entraînement au tir de l’US Army et dans certains endroits pour équiper les unités de la garde nationale des États-Unis ou du SATC et du ROTC, sous l'appellation « Rifle, 7,62 mm, Model of 1916 ». Après la Première Guerre mondiale, les fusils restants furent déclarés surplus et furent vendus aux membres de la National Rifle Association of America pour seulement 3,34 $ chacun.
Pratiquement tous les pays qui reçurent une aide militaire de la vieille Union soviétique utilisèrent le Mosin-Nagant à un moment ou à un autre. Les Républicains espagnols achetèrent des dizaines de milliers de Mosin de tous types pendant la guerre civile espagnole. Le Mosin-Nagant a aussi été vu en action dans les mains des moudjahidins en Afghanistan durant l’occupation de l’URSS dans les années 1970-80. Celles-ci servirent aussi aux forces de l’Alliance du Nord dans les années 1990 et au début du XXIe siècle.