La natation est une discipline exigeante qui, contrairement à la course à pied, impose des contraintes physiques uniques aux appareils de mesure. Si certaines fonctionnalités sont désormais omniprésentes sur les montres de sport (vitesse, distance, cardio) ou les trackers d’activité (nombre de pas, calories brûlées, suivi du sommeil), les spécificités liées à l'environnement aquatique ne sont pas toujours détaillées dans les descriptifs produits. Avant de se jeter sur la dernière montre GPS haut de gamme qui fait tout (et qui coûte cher), il faut savoir ce qu’on veut faire avec.
Les défis de la mesure en milieu aquatique
Le premier cas d'usage est celui de la piscine couverte. Là, c’est simple : le signal GPS ne traverse pas le toit du bâtiment et la montre est incapable de mesurer la distance de cette manière. La parade imaginée par les constructeurs est d’utiliser un accéléromètre intégré pour compter le nombre de longueurs parcourues.
Dans une piscine en plein air, la montre capte bien un signal GPS, mais avec autant d’allers-retours sur une courte distance, la précision GPS ne sera pas suffisante pour calculer la distance parcourue de manière fiable. Enfin, en eau libre (lac, mer, etc.), il ne s’agit plus de longueurs, donc l’accéléromètre ne sert à rien. C’est là que le GPS entre en action. Mais ce n’est pas aussi simple qu’en course à pied : le signal GPS est un signal de faible puissance qui ne pénètre pas dans l’eau. Votre montre perd le signal à chaque fois que vous plongez la main sous l’eau et le capte de nouveau, pendant un bref instant, quand elle sort de l’eau. Tout ça complique la tâche de la puce GPS.
Gestion de la fréquence cardiaque et capteurs
Actuellement, il n’y a pas de capteur cardio optique qui soit fiable dans l’eau. La plupart des montres le désactivent en mode natation. Il existe des ceintures cardio étanches (Polar H7 et H10, Suunto Smart Sensor, Garmin HRM-Swim et HRM-Tri), mais leur limite est qu’elles ne permettent généralement pas d’afficher la fréquence cardiaque en direct sur la montre, car les protocoles ANT+ ou Bluetooth ne passent pas dans l’eau.
Les constructeurs ont développé deux parades : Suunto et Garmin ont intégré une mémoire dans leur capteur qui enregistre le rythme cardiaque durant la séance pour le synchroniser après la sortie de l’eau. Polar, de son côté, a ajouté un module de communication basse fréquence (5kHz) qui fonctionne dans l’eau. Notez toutefois que les ceintures pectorales ont tendance à glisser lors de la poussée sur le mur au bout d’une piscine.
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Fiabilité du comptage des longueurs
Une critique récurrente concerne le comptage des longueurs. Il est souvent attribué à la technique de nage. Pour ceux qui ne font pas de culbute, toucher le mur avec la main du côté où se trouve la montre permet un arrêt net que l’accéléromètre détecte facilement. Malgré cette technique, il arrive que la montre rate la dernière longueur, car le nombre est généralement incrémenté lors de la poussée. Cependant, ces petits soucis ne rendent pas une montre inutile : le fait de ne pas avoir à compter les longueurs permet de se concentrer sur la technique, tout en analysant le nombre de mouvements, l’allure, le rythme cardiaque et les temps de repos.
Panorama des modèles et fonctionnalités spécifiques
La Garmin Forerunner 735XT reste une référence pour le triathlon, légère et capable de configurer des entraînements de natation dans Garmin Connect. La Polar V800 se distingue par l’affichage de la fréquence cardiaque en direct dans l’eau (avec ceinture compatible). La Suunto Ambit3 Sport reconnaît automatiquement le type de nage et permet de déclarer à la montre la nage prévue pour améliorer l'algorithme.
Pour une spécialisation extrême, la Garmin Swim est conçue uniquement pour la piscine, sans fioritures. À l'opposé, la Quatix 3, optimisée pour l’eau, couvre tous les besoins, du SUP au surf. La Vivoactive, bien que très fine, permet de mesurer le SWOLF, un indicateur d'efficacité de nage combinant temps et nombre de mouvements. Enfin, la TomTom Runner 2, malgré son absence de mode triathlon, intègre un lecteur MP3, idéal pour les entraînements en solitaire.
Critères de choix pour un achat éclairé
Lorsqu'on cherche à investir, plusieurs critères sont déterminants :
- L'étanchéité : Recherchez une résistance d'au moins 5 ATM (50 mètres). Ne confondez pas "waterproof" (marketing) et "water-resistant" (technique) ; 5 ATM suffisent largement pour la piscine et l'eau libre.
- L'autonomie : Cruciale pour l'eau libre et les longues séances, elle varie selon l'usage du GPS.
- L'interface : Les boutons sont souvent préférables aux écrans tactiles lorsque les mains sont mouillées.
- La compatibilité : Vérifiez la synchronisation avec vos applications de fitness pour analyser vos progrès sur le long terme.
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