L’histoire et l’héritage des montres Codhor : Entre utilitaire et nostalgie

Aux origines d’une coopérative horlogère

La marque Codhor trouve ses racines dans une initiative entrepreneuriale structurante pour l'horlogerie française. Codhor a été créée en 1964 par Claude Miette, cette affaire étant issue de la coopérative d'horlogers-bijoutiers Centralisation horlogère, connue sous la marque Centhor, regroupant des professionnels de toute la France. Cette structure coopérative avait été fondée vers 1938-1939 par Gabriel Dodane, établi à Paris, dans le 3e arrondissement, d'abord au 42 rue de Bretagne puis au 15 rue Pastourelle, pour y vendre les montres fabriquées à Morteau, au 4 rue des Acacias, par son père Charles et son frère Pierre.

L’objectif initial de cette organisation était de proposer des produits accessibles à tous, sans négliger pour autant la qualité. C’est cette philosophie de « coopération d'horlogers » qui a donné son nom à la marque, Codhor étant la contraction de « Coopérative D'HORlogerie ». Durant son développement, la société a su se faire une place dans le paysage français, notamment en se déplaçant dans le quartier de la Défense, en développant son réseau de points de vente et en investissant l'espace publicitaire avec son slogan devenu culte dans les années 1980 : « Codhor, j’adhor ! ».

Une structure industrielle ancrée dans le Doubs

L'activité de production de Codhor est indissociable de la tradition horlogère du Haut-Doubs. À Maîche, la société poursuivait rue de Goule la fabrication des montres, incluant l'emboîtage de mouvements, ainsi que le rhabillage pour toutes les marques de ses 250 à 300 adhérents. L'histoire industrielle du site est marquée par des transitions significatives. En 1980, la société Codhor, alors installée au 4 rue de la Batheuse, a repris l'établissement anciennement occupé par la SA Roch Frères.

La SA Roch Frères, fondée le 27 septembre 1955, était une entreprise de fabrication de montres et de rhabillage qui avait elle-même une histoire riche, ayant notamment travaillé en sous-traitance pour Lip. À son apogée, Codhor comptait 37 magasins et 20 stands dans des grands magasins, employant 360 personnes dont 100 au siège. Le déclin, amorcé au début des années 1990, a vu la société placée en redressement judiciaire en juillet 1991, avant d'être achetée l'année suivante par son principal concurrent, la société Histoire d'Or, qui a finalement vendu le stock et fermé le site en 1994.

La perception des propriétaires : La montre comme objet de sentiment

Aujourd'hui, les montres Codhor occupent une place singulière dans le cœur des collectionneurs et des passionnés d'horlogerie vintage. Avec 2 avis authentiques sur Dialicious et une note moyenne de 4.04/5, la marque est appréciée pour son côté utilitaire, basique, mais aussi amusant et agréable. Pour beaucoup de propriétaires, Codhor représente une époque révolue, celle des années 70 et 80, caractérisée par une absence de prétention. Ce que les amateurs aiment sur ces anciennes montres, c’est cette robustesse, cette efficacité, une bonne finition et un joli design. Rien d'extraordinaire, mais pas de prise de tête.

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La valeur d'une Codhor ne réside pas nécessairement dans sa valeur commerciale, souvent considérée comme limitée, mais plutôt dans sa valeur sentimentale. Un utilisateur témoigne posséder une montre Codhor des années 80, achetée en état NOS (New Old Stock) sur eBay : avec environ 36 mm de diamètre et un remontage manuel, elle tient parfaitement l'heure avec une réserve de marche d'environ 40 heures. Cette fiabilité, même après des décennies de stockage, souligne la qualité de fabrication de ces pièces populaires.

Fiabilité technique et esthétique vintage

L'aspect technique des montres Codhor est souvent salué par les amateurs de mécanique simple. Ces petites tocantes, au même titre que Kelton ou Iaxa, font partie des montres qualifiées de populaires, mais réputées fiables et, pour l'époque, assez robustes. La preuve en est que l'on en trouve encore à nos jours en très bon état. Il n'est pas rare de retrouver une pièce oubliée au fond d'un tiroir pendant une vingtaine d'années qui, après un simple remontage, se remet à fonctionner sans difficulté majeure.

Cependant, comme tout objet mécanique ancien, un entretien est recommandé. Si le mécanisme fonctionne, il est souvent préférable de faire faire une petite révision pour éviter d'abîmer les composants internes. Sur le plan esthétique, le remplacement du bracelet d'origine - souvent un modèle extensible de type « Flex » qui peut être inconfortable - par un bracelet plus moderne, associé à un polissage du boîtier, permet de redonner tout son éclat à ces modèles vintage. Ces montres gagnent à être entretenues pour continuer à faire vivre cet héritage horloger français qui, bien qu'accessible, n'en reste pas moins témoin d'une structuration industrielle majeure du XXe siècle.

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