La maintenance des embarcations, qu'il s'agisse de grands navires, de bateaux de plaisance ou même de jetskis, est une composante essentielle de leur longévité et de leur sécurité. Au cœur de cette maintenance se trouve un procédé ancestral et fondamental : la mise en cale sèche. Cette opération, qui consiste à sortir un bateau de l'eau, permet un accès direct aux parties habituellement immergées de la coque, offrant ainsi la possibilité d'effectuer des inspections, des réparations et des entretiens approfondis qui seraient impossibles en milieu aquatique. Bien que la complexité et l'échelle varient considérablement entre un supertanker et un jetski, les principes fondamentaux et l'importance de cette pratique demeurent universels pour tout engin flottant nécessitant une intervention sur sa carène.
Définition et Principes Fondamentaux de la Cale Sèche
La cale sèche est une locution féminine désignant un bassin que l'on peut fermer à l'aide d'une porte, souvent appelée écluse, et assécher. Ce processus est mis en œuvre lorsqu'un navire a besoin de travaux d'entretien, de restauration ou de peinture sur sa coque, une opération communément appelée carénage. L'objectif principal d'une cale sèche est d'exposer les pièces sous-marines pour l'inspection, la réparation et l'entretien. Pour ce faire, le navire à réparer est manœuvré dans l'écluse, après quoi les portes sont scellées. Toute l'eau de mer accumulée dans le navire est ensuite drainée, permettant une meilleure inspection et réparation.
En termes plus généraux, la cale sèche est un terme utilisé pour les réparations ou lorsqu'un navire est amené au chantier de service. Lors de la mise en cale sèche, l'ensemble du navire est amené sur une terre ferme afin que les parties immergées de la coque puissent être nettoyées ou inspectées. Il est important de souligner que chaque machine, et les embarcations n'échappent pas à cette règle, a besoin de réparation, d'entretien et d'un entretien constant pour un bon fonctionnement. La mise en cale sèche est donc le processus suivi pour la réparation et l'entretien périodiques des navires, bateaux et autres embarcations. Ce procédé de réparation navale est pratiqué depuis des décennies, impliquant la fabrication, la réparation et l'entretien de navires dans une zone connue sous le nom d'"écluse". En termes simples, une écluse est souvent comparée à un "garage" pour réparer les navires, la seule différence étant qu'une écluse est construite en alignant le rivage pour faciliter la manœuvre du navire et le drainage de l'eau de mer. Mettre un bateau en cale sèche signifie littéralement que la coque extérieure de sa cale - la partie située entre le pont et le fond d’un navire - n’est plus en contact avec l’eau, donc sèche.
L'Impératif de l'Entretien en Cale Sèche
L'objectif principal d'une cale sèche est d'effectuer des réparations et un entretien efficaces des pièces qui sont en contact permanent avec l'eau de mer et non visibles à moins que l'eau ne soit évacuée. Soumettre les navires à ce processus est indispensable si la société de classification juge nécessaire de procéder à la mise en cale sèche. C'est généralement le cas si le navire a rencontré une collision, s'est échoué dans le passé ou a fait l'objet de mauvaises pratiques d'entretien. Une inspection pendant la mise en cale sèche est également effectuée si le navire doit être vendu, assurant ainsi la transparence et la navigabilité de l'embarcation pour le nouvel acquéreur.
La mise en cale sèche est nécessaire pour visualiser et corriger les défauts mécaniques du navire dans sa forme sèche d'origine pour de meilleurs résultats et un fonctionnement efficace. Fondamentalement, cette opération permet de nettoyer, frotter et préparer le navire en détartrant toutes les zones rouillées de la coque, et enfin de peindre la coque du navire. Cette dernière étape est cruciale, car elle permet de restaurer la vitesse et la consommation de carburant à leur niveau d'origine, souvent affectées par l'encrassement marin et la corrosion. Avant qu'un navire ne soit emmené pour réparation, un inspecteur inspecte le navire dans une eau claire où la coque est visible sur la surface extérieure. L'expert analyse et signale les défauts qui sont ensuite corrigés par la mise en cale sèche. En plus d'économiser la coque et les entraînements du bateau, une mise en cale sèche appropriée améliore également considérablement l'accès à l'embarcation pour l'embarquement, le ravitaillement en carburant et l'entretien général.
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Les Réglementations et la Fréquence des Cales Sèches
Les navires actifs qui relèvent de certaines catégories, comme la catégorie 100A5, doivent être soumis à une inspection du fond deux fois tous les 5 ans. En outre, un navire marchand âgé de plus de 15 ans doit être contrôlé deux fois tous les cinq ans pour déceler toute infraction ou tout défaut potentiel. Dans le cas des navires à passagers, la période de réparation est encore plus courte, avec une inspection obligatoire tous les deux ans, soulignant l'importance de la sécurité dans le transport de personnes. Ces régulations strictes visent à garantir la navigabilité et la sécurité des navires, ainsi qu'à prévenir les pollutions marines et les accidents. La fréquence de ces opérations d'entretien est dictée non seulement par l'âge et le type de navire, mais aussi par les conditions d'exploitation et les événements imprévus tels que les collisions ou les échouages.
Les Techniques et Types de Cale Sèche
Il existe environ 5 types différents de techniques de mise en cale sèche, dont la cale flottante et la cale sèche "traditionnelle" (ou forme de radoub) sont les plus courantes. Une cale flottante permet de soulever le navire hors de l'eau en le faisant flotter sur des réservoirs ballast, tandis qu'une forme de radoub est un bassin fixe qui est vidé de son eau. D'autres noms sont donnés à ce lieu comme forme de radoub, forme, ou encore forme-écluse, en fonction de la configuration spécifique du chantier naval. Le choix de la technique dépendra de la taille du navire, des infrastructures disponibles et des types de travaux à réaliser. Pour les plus petits bateaux, y compris les jetskis, la mise à sec peut souvent être réalisée sur une aire de carénage, soit en suivant le rythme d’une marée pour les amener sur une rampe, soit grâce à une grue qui les dépose sur un ber ou une remorque adaptée. Plus les vaisseaux sont sortis de l’eau fréquemment, plus les carénages peuvent être espacés, car l'accumulation de salissures et la dégradation de la coque sont mieux contrôlées.
L'Évolution Historique de la Cale Sèche
L'entretien des navires en dehors de l'eau n'est pas une innovation moderne. Depuis toujours, les navires ont eu besoin d’être entretenus, commençant par tirer les navires à sec au bord du rivage pour assurer la maintenance de leurs œuvres vives - les parties habituellement immergées dans l’eau. Avant l'invention des formes de radoub telles que nous les connaissons aujourd'hui, une méthode appelée l'abattage en carène était pratiquée. Le principe consistait à incliner la coque du vaisseau sur le côté pour nettoyer l'une de ses œuvres vives, puis l’opération était renouvelée de l’autre côté. Cette méthode était particulièrement complexe, risquée pour l'intégrité structurelle du navire et avait l'inconvénient majeur de faire travailler la charpente des bateaux dans des conditions anormales, soumettant le bois et les assemblages à des contraintes inhabituelles.
Pour éviter ces manœuvres dangereuses et inefficaces, les formes de radoub ont vu le jour et se sont généralisées au 18e et 19e siècle. Ces bassins étaient construits spécialement pour y échouer les navires en conservant leur position verticale, ce qui permettait de les caréner de manière plus sûre et plus efficace. La cale sèche a aussi l’avantage de répondre aux impératifs opérationnels des navires de guerre de l’époque, qui nécessitaient des réparations rapides et fiables pour maintenir leur capacité de combat. Aujourd’hui, la cale sèche est utilisée un peu partout dans le monde pour l’entretien de tous types de navires, des plus modestes aux plus grands, tels que le fameux L'Hermione, dont les dimensions particulières imposent des infrastructures adaptées.
Le Carénage : Une Opération Essentielle d'Entretien
Le carénage est une opération de vérification de la navigabilité d’un navire nécessitant de le mettre tout ou partie hors d’eau. Un carénage est aussi l’occasion de procéder à l’entretien approfondi des œuvres vives d’un navire, pour conserver ses qualités hydrodynamiques et maintenir sa longévité. Cette opération comprend généralement le nettoyage de la coque des algues, coquillages et autres organismes marins qui s'y sont attachés, le ponçage des anciennes couches de peinture antifouling, la vérification de l'état du gelcoat ou de la peinture, la recherche de fissures ou de dommages structurels, ainsi que l'application de nouvelles couches de protection. Pour les bateaux à moteur, l'inspection des hélices, des arbres d'hélice, des safrans et des anodes sacrificielles est également une étape cruciale du carénage.
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Pour les plus petits bateaux et les jetskis, le carénage peut être effectué sur une aire de carénage dédiée, souvent équipée d'un système de levage ou d'une rampe d'accès facilitée. Le rythme des marées peut être mis à profit pour les mises à sec les plus simples. Le processus implique un nettoyage sous haute pression pour enlever les salissures, suivi d'une inspection visuelle minutieuse. Toute trace de corrosion, d'usure ou de dommage doit être traitée rapidement pour éviter des problèmes plus importants. L'application d'un antifouling est particulièrement importante pour les bateaux qui restent longtemps à l'eau, mais même pour un jetski remisé régulièrement, un nettoyage et une protection adéquats de la coque restent primordiaux.
Risques et Précautions Lors d'une Cale Sèche Prolongée
Si le passage en cale sèche est un moment primordial pour l’entretien d’un navire, une cale sèche prolongée comporte des risques, tout particulièrement pour les navires ayant une coque en bois. Une coque en bois est en effet conçue pour vivre dans l’eau, et rester trop longtemps hors d’eau risque de provoquer une usure prématurée de la coque. Le bois est un matériau vivant, et les pièces de bois constituant la coque risquent de se rétracter en séchant. La conséquence directe de cette rétraction est l'ouverture des joints entre les planches, pouvant entraîner des fuites importantes lors de la remise à l'eau. Avec des périodes de plus en plus chaudes et sèches, ces incidents arrivent plus facilement, ce qui impose aux propriétaires de bateaux d’arroser à l’eau de mer la coque de leurs navires pour maintenir une humidité constante. C’est notamment le cas de L’Hermione, un navire historique dont la coque en bois doit être constamment humidifiée lorsqu'il est en cale sèche pour éviter sa dégradation. Un navire en cale sèche prolongée peut aussi subir des déformations structurelles dues à une répartition inégale des charges ou à un support inadéquat de la coque sur les tins, soulignant l'importance d'une planification et d'une exécution rigoureuses de la mise en cale sèche.
Le cas du Grand Carénage de L’Hermione illustre parfaitement les défis d'un entretien majeur. Cette opération n'est pas un entretien périodique habituel, mais représente un chantier naval de grande envergure. Le navire a subi l’attaque de champignons sur certaines zones de la coque, entraînant la mise en place d’un chantier de restauration hors norme. Des équipes de charpentiers navals professionnels, de marins et de bénévoles travaillent sans relâche afin de restaurer la frégate. Les enjeux étaient de sauver le navire de ce champignon tout en limitant les risques de provoquer d’autres avaries que pourrait causer une cale sèche prolongée. Aujourd’hui, le Grand Carénage de L’Hermione se poursuit, mais il reste beaucoup à faire, prouvant la complexité et l'ampleur des travaux de restauration sur des structures aussi délicates.
Techniques Complémentaires : Le Wrapping Bateau
Pour optimiser les travaux de maintenance en cale sèche et protéger davantage l'embarcation, des techniques complémentaires ont émergé. Le wrapping bateau est une de ces méthodes innovantes, permettant de créer un confinement autour du navire. Cette technique vise à effectuer des travaux en vase clos sur le bateau. Non seulement le bateau est isolé de l’élément liquide, mais des zones distinctes peuvent être créées à l'intérieur du confinement. Cela permet d’isoler des parties dans lesquelles sont utilisées des matières nocives qui ne doivent pas circuler dans l’atmosphère, protégeant ainsi l'environnement et le personnel. À l’opposé, cela permet d’éviter toute interférence des éléments extérieurs pour que les ouvriers puissent travailler sans nuisance, quelle que soit la météo ou la présence de poussières environnantes.
Le wrapping bateau s’effectue à l’aide de film thermorétractable chauffé à l’aide de pistolets de rétraction. Une fois le bateau mis en cale sèche, si nécessaire, il peut être placé dans un bâtiment éphémère ou une structure temporaire. La structure de celui-ci est composée d’échafaudages et d’arceaux plus ou moins imposants en fonction de la taille du navire. Pour créer une coque rigide et étanche autour du navire, le film est chauffé. La chaleur tend le film et le durcit, créant une enveloppe protectrice. Les bateaux de plaisance de plus petits gabarits, qui sont mis en cale sèche durant plusieurs mois sans être nécessairement abrités sous des structures permanentes, peuvent également bénéficier de cette technique. Il est alors possible d’utiliser un film traité pour résister aux UV, qui répondent de la même façon au traitement par les pistolets de rétraction, offrant une protection durable contre les intempéries et le soleil.
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Sur un chantier d’ampleur, il est souvent nécessaire de délimiter différentes zones, ce qui est facilement réalisable avec le film thermorétractable. Des compartiments peuvent être créés en utilisant des portes zippées qui permettent de passer de l’un à l’autre, optimisant ainsi l'organisation des travaux et la gestion des différents processus. Sur des confinements plus restreints, il est aussi essentiel de ménager des aérations, afin de ne pas se trouver confronté à des problèmes de condensation et d’humidité. À cette fin, une fois le wrapping bateau terminé, il est possible de découper des ouvertures dans le film pour insérer des bouches d’aération qui permettent à l’air de circuler, assurant un environnement de travail sain et préservant le bateau des effets néfastes de l'humidité stagnante.