Bien amarrer son bateau est une étape délicate et indispensable, constituant un fondement essentiel de la navigation. Que ce soit pour une escale temporaire ou une période prolongée, un bon amarrage répond à des critères spécifiques : sécurité, longévité, praticité et surtout sérénité. L'art de l'amarrage englobe une multitude de situations, des ports équipés de catways aux mouillages sur bouée, en passant par les techniques spécifiques comme l'usage de la pendille, particulièrement répandue en Méditerranée. Une compréhension approfondie des différents types d'amarres, des équipements de protection et des manœuvres appropriées est donc primordiale pour tout marin souhaitant assurer la sûreté de son embarcation et la tranquillité de son équipage. Les leçons retenues au fil du temps, souvent face à des situations nouvelles, permettent d'affiner cette expertise, transformant chaque manœuvre en une routine maîtrisée.
L'Importance Cruciale d'un Amarrage Réussi
La sécurité du bateau et de ses occupants dépend directement de la qualité de l'amarrage. Un amarrage mal exécuté peut entraîner des dommages matériels importants, voire des situations dangereuses, surtout en cas de conditions météorologiques défavorables. La sérénité du marin, qu'il soit à bord ou à terre, repose sur la confiance dans la solidité et l'adaptabilité de son système d'amarrage. Au-delà de la simple fixation, il s'agit de comprendre les forces en jeu, les réactions du bateau face aux éléments et les capacités de chaque équipement.
Il est fondamental de noter que les amarres mémorisent les efforts qu'elles subissent. Après 5 ans, la mémoire est pleine : cela signifie une perte de l'élasticité et donc du facteur de sécurité. Face à ce constat, il est recommandé de remplacer vos amarres tous les 5 ans, même si elles semblent encore en bon état. Cette mesure préventive garantit que les cordages conservent leurs propriétés d'élasticité et de résistance, éléments essentiels pour amortir les chocs et maintenir le bateau en sécurité.
Les Fondamentaux des Amarres : Choix et Entretien pour une Longévité Maximale
Le choix des amarres ne doit jamais être laissé au hasard, car elles constituent le lien vital entre votre bateau et le point d'amarrage. Pour amarrer correctement son bateau, il est obligatoire de disposer de 2 amarres, au minimum. Ces dernières doivent mesurer au minimum 4 mètres. Le jeu restant servira à régler la distance entre le bateau et le quai. Il est également judicieux de posséder 2 amarres supplémentaires qui vont venir équilibrer votre bateau lors de l'amarrage, offrant ainsi une flexibilité accrue face aux différentes configurations de quai ou aux conditions changeantes.
Diversité et Propriétés des Cordages d'Amarrage
Le marché propose une variété de cordages, chacun adapté à des besoins spécifiques en matière d'élasticité, de résistance à l'abrasion et de facilité d'utilisation.
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- La Latina, en nylon (polyamide) 3 torons, c'est le cordage le plus commun et l'amarre au meilleur prix. Relativement facile à épisser, elle offre une bonne élasticité et une résistance à l'abrasion correcte. Sa polyvalence en fait un choix populaire pour de nombreux plaisanciers.
- L'Handy Elastic, fabriquée en nylon (polyamide), tressée avec une âme et une gaine. C'est le top de l'amarre ! Protégée par sa gaine, elle est très résistante à l'usure. C'est aussi la plus élastique, offrant jusqu'à 30 % d'allongement, ce qui la rend si performante qu'il n'y a pas besoin d'amortisseur supplémentaire. Sa conception avancée lui confère une durabilité et une capacité d'absorption des chocs exceptionnelles.
- La Moorex, en polyester, est une tresse creuse, très facile à épisser. Elle est très élastique et c'est la plus souple de toutes les amarres. Sa souplesse contribue à une manipulation aisée et à une meilleure adaptation aux mouvements du bateau.
- La Squareline, en polyester, est une tresse carrée à 8 torons qui offre une forte résistance à l'abrasion. Elle est souple et le restera au fil du temps, garantissant une performance constante.
- La Porto, en polyester, est constituée d'une âme et d'une gaine qui la rend très résistante à l'usure. Cette structure la protège des frottements et augmente significativement sa durée de vie.
Pour gagner du temps et être prêt à l'emploi dès la mise à l'eau, nos packs d'amarres épissées sont la solution idéale. Ces ensembles pré-assemblés éliminent la nécessité de réaliser des épissures soi-même, assurant ainsi une connexion fiable et robuste. Il est important de souligner que certains sont tentés de récupérer d'anciennes drisses ou d'anciennes écoutes pour les réutiliser comme amarres. Bien que cela puisse sembler économique, ces cordages n'ont pas toujours les propriétés d'élasticité et de résistance à l'abrasion nécessaires pour un amarrage sécurisé, et il est généralement préférable d'opter pour des amarres spécifiquement conçues pour cet usage.
Protection et Amortissement : Préserver l'Intégrité des Amarres
L'environnement marin est exigeant, et les amarres sont constamment soumises à des contraintes. Pour limiter les à-coups causés par la houle et l'usure des cordages, les amortisseurs de mouillage en caoutchouc ou les ressorts en acier sont des alliés précieux. En caoutchouc, acier galvanisé ou acier inoxydable, leur fonctionnement reste le même : amortir les déplacements de votre bateau lors de vents forts, réduisant ainsi les contraintes sur les amarres et les taquets. De plus, pensez à protéger vos amarres avec des sur-gainages en textile ou en cuir pour éviter leur abrasion et ainsi rallonger leur durée de vie. Ces protections sont particulièrement utiles aux points de contact avec les chaumards, les taquets ou les quilles des autres bateaux. Enfin, pour une sécurité accrue, nous vous recommandons d'assurer le serrage de vos manilles par l'ajout d'un fil de fer, prévenant ainsi toute ouverture accidentelle.
La Pendille en Méditerranée : Un Art de l'Amarrage Spécifique
Naviguer en Méditerranée, c'est souvent se confronter à une pratique d'amarrage bien particulière : l'amarrage sur pendille. Bienvenue au royaume de la pendille ! Diable, où sont les catways ? Comment je fais pour amarrer l'arrière, il n'y a rien, pas même une bouée où aller passer une aussière ? Ici, c'est le royaume de mademoiselle Pendille. Principalement pratiqué en Méditerranée, l'amarrage sur pendille se fait perpendiculairement au quai. L'avant de votre bateau sera maintenu par une amarre reliée à une chaîne mère fixée au fond. Vous attraperez cette amarre par la pendille qui la relie au quai.
Qu'est-ce qu'une Pendille ? Caractéristiques et Réalités
Le profil type de la pendille est le suivant : une chaîne, généralement prolongée d'un bout, lui-même rattaché à une chaîne-mère au fond du port. C'est un classique en Méditerranée ! Vous avez une chaîne mère (souvent représentée en vert sur les schémas) qui est au fond de l’eau. Sur cette chaîne mère le port accroche une corde qu’il ramène au taquet sur le ponton, on l’appelle pendille. Son domicile ? On la trouve généralement amarrée au pied du ponton ou du quai, plus ou moins en face de la place qui nous a été attribuée.
Si la pendille a un caractère attachant par sa fonction essentielle, elle a aussi son signe particulier : traînant au fond de l'eau le plus clair de son temps, elle est copieusement garnie de moules, bernicles et autres charmants coquillages qui vous cisaillent les mains. Cela rend parfois la manœuvre moins agréable, et après quelques années de navigation en Méditerranée, il m'arrive encore de pester quand je tombe sur un gros pâté de moules ou que je prends la pendille du voisin - si seulement ils pouvaient les identifier plus clairement…
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Préparation et Manœuvre d'Amarrage avec Pendille (Cul à Quai)
La règle veut qu’avec la présence d’une pendille on s’amarre « cul à quai ». L'usage veut qu'avec une pendille, on s'amarre cul à quai et que l'on croise les pointes arrières pour mieux immobiliser le bateau. Notez que le bout en rouge qui longe le bateau est celui que l'on récupère depuis le quai pour atteindre le bout ou la chaîne qui nous solidarise au fond. Le principe est de récupérer la pendille sur le ponton, la remonter de l’eau pour venir au niveau de la chaîne mère la tendre.
La manœuvre spécifique qu'elle réclame, bien qu'initialement intimidante, n'aura plus de secret pour vous après quelques pratiques et conseils avisés. Voici les étapes détaillées pour une prise de pendille réussie :
Préparation de l'arrivée : Comme pour toute arrivée au port, je mets en place les défenses - des deux côtés, puisque je serai vraisemblablement calée entre deux autres bateaux. On prépare et attache des pare-battages : 2 à l’arrière, sur les côtés s’il y a des bateaux à côté de la place que l’on va prendre. Je dispose également les aussières sur les deux taquets arrière, prêtes à être lancées. Une défense "volante" est conservée derrière pour ajustements rapides.
Entrée en marche arrière dans la place : Quand l'espace entre les pannes est réduit - ce qui est presque toujours le cas en Méditerranée -, je commence ma marche arrière avant de m'engager dans le "couloir". On arrive dans la place en marche arrière. Comme nous l’avons vu sur les manœuvres au moteur, il faut prendre une marge d’espace de manière à ce que le bateau soit manœuvrant en arrière.
Positionnement et amarrage arrière : Une fois à un mètre du quai, le skipper stoppe le bateau. Le barreur fait un coup de fouet en marche avant pour éviter que le bateau tape le ponton, si nécessaire. À un mètre du quai, s'il y a de l'aide sur le quai, on jette les deux amarres préalablement frappées aux taquets et passées sous les filières. Elles reviennent du quai, passées dans un anneau ou sur un bollard et sont refrappées sur les taquets arrière. Un équipier descend à terre passer les aussières. Un tour mort dans l'anneau ou le taquet du ponton et retour sur les taquets arrières pour régler ensuite la longueur depuis le cockpit. Dès que les pointes sont bloquées, on fait 2 demi-clés pour les frapper. Le bateau est maintenant maintenu.
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Tension des amarres arrières : Une fois que les amarres arrière sont passées, si je navigue en équipage réduit, sur un gros bateau ou si le vent nous pousse vers le ponton, j'enclenche une marche avant lente pour tendre les amarres et maintenir le bateau loin du quai. Sur certains catamarans, il n'est pas possible de voir les deux arrières en même temps, ce qui requiert une attention particulière.
Prise de la pendille : J'attrape la pendille. Il faut la prendre à son point de départ, au pied du ponton et tirer dessus, tout en avançant le long du bateau pour arriver à la tendre à l'étrave et l'amarrer à l'avant. On peut d'abord la "pré-tendre" depuis l'arrière, pour s'assurer que ce n'est pas un bout libre et qu'elle est bien dans le prolongement du bateau. Un équipier prend la pendille sur le ponton, revient sur le bateau avec la pendille et longe le bateau pour aller à l’avant. Il tire alors sur la pendille en la bloquant avec un tour mort sur le taquet avant du bateau, de manière à mettre en tension la chaîne mère. L’intérêt de laisser la marche avant est d’aider cet équipier à tirer sur la pendille. Il peut terminer en faisant un nœud de taquet.
Sécurité additionnelle en cas de difficulté : Quand il y a beaucoup de vent, ou que la prise de pendille s'avère plus laborieuse que prévu (il m'est déjà arrivé de ne rien trouver au bout du bout !), on peut aussi, pour sécuriser le bateau, amarrer provisoirement l'avant à l'étrave du bateau voisin.
Conseils Pratiques pour l'Amarrage sur Pendille
Quelques réflexions stratégiques peuvent optimiser votre expérience avec les pendilles :
- Positionnement du bateau : La tension de la pendille doit être ajustée de façon à ce que l’on ne tape pas le quai suivant les mouvements du bateau, mais il faut également être assez proche du quai pour pouvoir descendre. La distance avec le quai devra être comprise entre 1,50 mètres et 2 mètres afin d'éviter les chocs avec le quai. Enfin, lorsque vous êtes à bord, une distance d'1 mètre avec le quai est suffisante afin de faciliter la descente.
- Choix de la pendille : Ne pas prendre la pendille du voisin. Mais alors, quelle pendille choisir, celle de droite ou celle de gauche ? En fonction des ports, il peut y avoir 2 pendilles pour votre place (pour amarrer 2 fois et donc mieux). S’il n’y en a qu’une, il faut alors choisir celle du côté mer. Posez-vous la question : par rapport à votre place, si vous devez rejoindre la mer, de quel côté faut-il aller ?
- Tension de la pendille : Ne pas la tendre à bloc - cela vous gênerait pour aller à terre. Mettez-la juste en tension, mais laissez assez de souplesse pour pouvoir rapprocher l'arrière du quai en tirant sur les amarres.
- Orientation de l'amarrage : Amarrez-vous cul à quai. Surtout si vous avez des enfants à bord, des affaires à débarquer ou un avitaillement à faire, cette configuration est plus pratique. Cependant, amarrez-vous par l'avant si vous voulez être tranquille. En pleine saison, à offrir notre cockpit et notre intérieur en pâture aux badauds qui font leur promenade du soir et nous regardent vivre, manger ou dormir, on se sent un peu comme des bêtes de zoo. Pour un gros bateau, on ajoutera deux traversières dans cette situation.
Optimisation de la Prise de Pendille : Astuces et Matériel
L'amarrage, notamment avec une pendille, reste une chose délicate et éprouvante à un certain âge ou pour les équipages réduits. Pour faciliter l'amarrage avec une pendille, des astuces peuvent être mises en place. Sur l'OC45, il est possible de débrayer le guindeau et d'en faire un winch pour tendre la pendille, mais cela s'avère assez compliqué et il faut ouvrir la baille à mouillage, ce qui ne facilite pas les choses lorsque l'on est tout seul à l'avant.
Une astuce qui rend la manœuvre bien plus facile a été développée. D'abord, on fixe sur la "chaîne fille" (au bout de la pendille d'origine) trois amarres avec des manilles, dont une plus longue (la hauteur d'eau + environ 4/5 m) sur laquelle on monte un œil épissé et une petite manille. Cette manille sert à fixer une autre pendille "perso" (en plus de celle d'origine qui va à la chaîne). Cette pendille reste dehors sur le pont quand le bateau est à quai et est jetée à l'eau lorsqu'on largue les amarres.
La manœuvre en détail devient alors : j'ai mes amarres de poupe qui sont doublées de chaque côté (par sécurité), du coup avant de partir, j'en retire une de chaque côté et la prépare sur le ponton avec un nœud de chaise à chaque bout de façon à pouvoir les attraper avec une gaffe. À l'arrivée (en marche arrière) nous amarrons l'arrière du bateau en laissant "long", attrapons la pendille "perso" et je mets la marche avant pour tendre et me mettre en appui sur les amarres arrières. Je décroche ma pendille (perso) de mon amarre avant (mousqueton et manille) et je passe cette dernière dans le davier "vide" (si le bateau en a deux) de façon à pouvoir "tendre" la chaîne fille. J'ai préparé au préalable un long bout avec un gros mousqueton qui sera "frappé" sur l'œil de l'amarre et de l'autre côté au winch de roof. Du coup mon épouse tend tranquillement sans forcer au winch (électrique) le tout et cela me laisse la place pour attraper avec la gaffe les autres amarres (qui sont fixées sur la chaîne fille) que je fixe aux taquets. Cette solution facilite énormément les choses et surtout sans forcer.
Le principal de l'astuce est qu'à la place de la pendille, qui est attachée au quai, on rajoute une pendille assez longue pour pouvoir la frapper sur le winch électrique bâbord du piano. La mise sous tension se fait donc d'un doigt, sans risque de tour de rein. La deuxième astuce est un système avec mousqueton qui permet de récupérer cette pendille, de la libérer de la partie frappée au quai et ainsi la passer du davier au winch. Quand on quitte la place, on jette le tout à l'eau et quand on revient, on prend sa propre pendille (celle qui reste sur le bateau au port et que l'on a jeté à l'eau mais fixée au quai), on la tire le long du bateau, puis on attrape l'amarre (la longue) au bout que l'on passe dans le davier et que l'on frappe à un bout qui revient sur le winch électrique (ou non) du roof. Il suffit d'enrouler ce bout au winch et de tirer sur l'amarre pour attraper avec la gaffe, la petite amarre sur la chaîne fille, de la fixer sur un taquet et ensuite de relâcher l'autre amarre (celle qui est frappée au winch) et de la fixer sur l'autre taquet. Cela permet à votre winch de faire l'effort sans vous fatiguer. C'est plus facile à faire qu'à expliquer, mais c'est un régal pour ceux qui ne veulent plus se tordre le dos sur les amarres.
Variantes de la Pendille : Le Duc d'Albe
Une autre méthode d'amarrage, variante de la pendille, est le Duc d'albe, ou pieu. Il est un peu plus difficile à apprivoiser que la pendille, mais on ne s'y salit pas les mains ni le pont ! On en trouve notamment à Port Camargue ou à la Grande Motte. Cette technique implique de s'amarrer à des poteaux ou des piliers solidement ancrés dans le fond du port, offrant une alternative propre et robuste.
Amarrage sur Bouée : Sécurité et Précautions Spécifiques
L'amarrage sur bouée est une pratique courante, offrant une alternative aux quais bondés ou aux zones de mouillage traditionnelles. Pour bien s'amarrer sur une bouée, il faut impérativement 2 lignes indépendantes. Si l'une cède, l'autre peut rester en place, garantissant ainsi la sécurité de l'embarcation. Cette redondance est une mesure de précaution essentielle.
Dans le cas particulier d'une bouée à tige, il faut impérativement s'amarrer directement sur la chaîne. Cela assure une connexion solide avec le point d'ancrage principal au fond, évitant ainsi de s'appuyer sur des éléments moins résistants de la bouée elle-même. Un émerillon peut aider à limiter le vrillage des amarres, phénomène fréquent qui peut affaiblir les cordages et rendre leur manipulation difficile. Il est crucial de noter que tous les manillons des manilles et des émerillons doivent être assurés par un collier ou un fil d'inox. Cette petite précaution prévient l'ouverture accidentelle des manilles due aux mouvements et vibrations, une situation très courante en Manche et en Atlantique où les conditions peuvent être particulièrement agitées.
Autres Techniques et Situations d'Amarrage
Au-delà de la pendille et de la bouée, diverses configurations d'amarrage existent, chacune avec ses propres exigences et techniques.
Amarrage Longitudinale (à quai ou à couple)
Lors d'un amarrage le long d'un quai ou à couple avec un autre bateau, une disposition spécifique des amarres est nécessaire pour assurer la stabilité. Pour être bien maintenu, votre bateau a besoin de deux pointes avant, une garde arrière et une garde avant. Ces lignes limitent les mouvements longitudinaux. À cela, on peut rajouter une traversière si le bateau et le catway sont équipés d'un taquet placé à mi-longueur, ce qui offre un contrôle latéral supplémentaire. Vous aurez également besoin d'une pointe avant et d'une pointe arrière, si possible reliées au quai ou au ponton, sinon au bateau d'à côté. Dans le cas d'un amarrage à couple, il faudra bien décaler les mâts pour que les haubans et les barres de flèche ne se cognent pas.
La distance avec le quai devra être comprise entre 1,50 mètres et 2 mètres afin d'éviter les chocs avec le quai. Enfin, lorsque vous êtes à bord, une distance d'1 mètre avec le quai est suffisante afin de faciliter la descente. Les gardes montantes avant et arrières se croisent afin d'être fixées sur le quai afin d'empêcher respectivement le bateau d'avancer mais aussi de reculer. Les pointes avant et arrière sont également rattachées au quai sans se croiser afin de régler la distance du bateau avec le quai.
Amarrage en Écluse
Les écluses représentent une situation d'amarrage temporaire et dynamique. On ne s'amarre que temporairement dans une écluse, sur des organeaux, des bollards ou des chaînes pendantes le long du mur. Il est impératif d'utiliser des amarres assez longues pour ajuster la longueur selon le niveau de l'eau, qui peut varier rapidement et significativement pendant la manœuvre.
Amarrage dans un Port Agité
Dans un environnement où le bateau est soumis à des mouvements importants, des mesures supplémentaires sont nécessaires. Si vous amarrez votre bateau dans un port très agité, il est très utile de rajouter des amortisseurs d'amarre. Ces dispositifs absorbent une partie de l'énergie des chocs et réduisent les contraintes sur le bateau et ses équipements.
Équipements Essentiels pour l'Amarrage : Complément de Sécurité
La réussite d'un amarrage ne repose pas uniquement sur la technique, mais aussi sur la qualité et la pertinence des équipements utilisés.
Pare-battages et Défenses : La Première Ligne de Protection
Les pare-battages permettent d'amortir et de protéger votre bateau lors de l'accostage ou à quai. Quelle que soit sa taille, le nombre minimum de pare-battages à avoir pour un bateau est de 6. À titre d'exemple, ils doivent être disposés tous les 2,5 mètres sur un bateau moteur de 8 mètres. Sur un voilier, ils seront plutôt disposés vers le centre du bateau qui est l'endroit le plus large, car c'est là que le franc-bord est le plus important et que le bateau est le plus susceptible de frotter contre le quai ou un autre bateau. La hauteur de votre pare-battage doit être égale aux deux tiers de la hauteur du franc-bord, c'est-à-dire la distance verticale entre la ligne de flottaison et le pont. Selon la forme de la coque de votre bateau, nous vous recommandons de les positionner au niveau du liston pour une protection optimale. Il faut également noter que, suivant le type d'amarrage, il y a la possibilité d'ajouter une défense de poupe ou une défense de proue afin d'absorber les chocs lors de l'amarrage, en particulier dans les ports où les manœuvres peuvent être serrées.
Gaffes et Accessoires de Manœuvre
La gaffe est un outil indispensable à bord pour la prise de lignes ou l'éloignement du bateau. Cependant, il faut être vigilant : prendre la gaffe, attraper la pendille… et se dire qu'elle va finir en spaghetti dans l'embase peut être une source de stress. Pour prendre un taquet difficilement accessible, on peut utiliser une amarre avec boucle ou le gadget fabuleux des balais Shurhold, ou encore faire une grande boucle avec une amarre en double. Ces astuces facilitent la manœuvre sans prendre de risques inutiles.
Le Nœud de Taquet : Un Indispensable Maîtrisé
Parmi les compétences fondamentales du marin, la maîtrise du nœud de taquet est essentielle. Indispensable à bord, il doit être parfaitement réalisé afin de tenir le bateau, évidemment, mais aussi car il doit pouvoir être largué très facilement et rapidement en cas de besoin. Il permet de fixer une corde sur un taquet tout en permettant de le défaire facilement. Appelé aussi deux demi-clés à capeler, puisqu'il se compose de deux demi-clés, une dans un sens et la seconde dans le sens inverse autour de l'objet auquel on s'amarre. Il est possible de renforcer ce nœud en ajoutant un tour mort entre les deux demi-clés, augmentant ainsi sa tenue sans compromettre sa facilité de largage.
Communication et Coordination de l'Équipage : La Clé d'une Manœuvre Harmonieuse
Avant toute manœuvre de port, il est nécessaire de communiquer avec l'équipage pour expliquer de quoi il retourne ainsi que le nom des choses. Ceci évite de hurler "mollis la pendille" ou "relâche l'aussière arrière tribord" à quelqu'un qui ne comprend pas. Une communication claire et l'utilisation d'une terminologie marine unifiée sont fondamentales pour la sécurité et l'efficacité des manœuvres. Chaque membre de l'équipage doit connaître son rôle et les termes à employer, réduisant ainsi le stress et la confusion. Quand l'équipage est bien informé et coordonné, la manœuvre, même complexe, devient fluide et sereine. Par exemple, lors du départ, un équipier va larguer la pendille à l’avant, il l’annonce « pendille larguée ». Il attend quelques secondes pour bien vérifier que la pendille coule (pour éviter qu’elle ne se retrouve dans l’hélice du moteur). Puis 2 équipiers, un pour chaque pointe arrière, vont retirer les pointes actuellement en double. Le barreur peut alors partir en marche avant, safran bien droit, puis pivoter dès que le cul aura suffisamment de place.