Le canoë-kayak, discipline historique des Jeux olympiques, est un pourvoyeur traditionnel de médailles pour la délégation française. Les Jeux olympiques de Paris 2024, qui se dérouleront du 26 juillet au 11 août, offrent une nouvelle opportunité pour les athlètes français de briller. Titouan Castryck, Camille Prigent et Nicolas Gestin font partie des espoirs de médailles pour la France.
Les racines du canoë-kayak
L'utilisation des voies d'eau comme moyens de déplacement à l'aide d'embarcations propulsées par des pagaies remonte à des temps immémoriaux. Cependant, on attribue la paternité du canoë aux Indiens du Canada, qui le construisaient à partir d'écorce de bouleau, principalement pour le transport de marchandises et de personnes. Le kayak, quant à lui, a été développé par les peuples autochtones du Grand Nord, qui avaient besoin d'embarcations rapides et capables d'affronter la haute mer pour la chasse, la pêche et le transport des familles.
Le canoë-kayak est officiellement entré au programme des Jeux olympiques de Berlin en 1936 avec l'épreuve en ligne, après avoir été une discipline de démonstration aux Jeux olympiques de Paris 1924. Le slalom a été introduit plus tard, aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Les femmes ont participé pour la première fois aux épreuves de canoë-kayak aux Jeux olympiques de Londres en 1948, mais uniquement en kayak. Cette année, les épreuves de kayak cross feront leurs débuts olympiques à Paris.
Les disciplines du canoë-kayak
Le canoë-kayak se divise en deux disciplines principales : le sprint (course en ligne) et le slalom. Les deux disciplines comprennent des épreuves en canoë et en kayak. Le sprint propose des épreuves individuelles (C1 pour le canoë et K1 pour le kayak), en duo (C2 pour le canoë et K2 pour le kayak) et à quatre (K4 pour le kayak). L'objectif est de franchir la ligne d'arrivée en premier. Le slalom, quant à lui, se dispute en individuel (C1, K1 et KX1 pour le kayak cross) et se déroule en eau vive. Les athlètes doivent parcourir un tracé en naviguant entre des portes (jusqu'à 25) le plus rapidement possible.
Les épreuves de slalom sont programmées du 27 juillet au 5 août au stade nautique de Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne). Les finales sont réparties tout au long de la semaine : C1 le 29 juillet, K1 le 1er août et KX1 le 5 août pour les hommes ; K1 le 28 juillet, C1 le 31 juillet et KX1 le 5 août pour les femmes.
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Pour les Jeux de Paris 2024, un nouveau format de compétition de slalom fait ses débuts avec des épreuves de kayak cross pour hommes et femmes. La France est le seul pays à avoir placé deux bateaux, chez les hommes comme chez les femmes, en finale des derniers championnats du monde de kayak cross. L’épreuve, qui fait son apparition cet été aux JO, a tout pour sourire aux représentants de l’Hexagone.
Les espoirs français pour Paris 2024
En slalom, la France compte quatre pagayeurs engagés et même s’ils ne partent pas tous avec le même statut, ils ont chacun la possibilité de ramener une médaille. En C1, Nicolas Gestin est celui qui en est le plus proche. En C1 féminin, Marjorie Delassus est, elle, en quête de revanche. Quatrième des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, elle va tenter de gagner au moins une place cet été. En K1, les deux Bretons qui vont représenter la France peuvent eux aussi espérer un podium. Titouan Castryck est 7e mondial, mais il a surtout remporté la dernière manche de Coupe du monde l’an passé à Vaires-sur-Marne sur le site des JO.
« On a pris un certain leadership, détaille Ludovic Royé, le DTN. Titouan Castryck et Camille Prigent (vice-championne du monde de la discipline) iront donc chercher une médaille à Paris. Ils seront très certainement rejoints par deux autres Français à l’issue des TQO. En course en ligne, les choses s’annoncent plus compliquées pour l’équipe de France.
Les légendes du canoë-kayak
Le Suédois Gert Fredriksson est l'athlète masculin le plus titré en canoë-kayak avec 8 médailles au total, dont 6 en or, 1 en argent et 1 en bronze, remportées entre 1948 et 1960. Il est suivi de près par le Roumain Ivan Patzaichin, qui a remporté 7 médailles, dont 4 en or et 3 en argent. Chez les femmes, Birgit Fischer est de loin la plus grande légende. L'Allemande a remporté 12 médailles, dont 8 en or et 4 en argent, entre 1980 et 2004.
Tony Estanguet, président du COJOP, a été sacré à trois reprises en C1 et il n’est pas le seul représentant tricolore à avoir brillé dans la discipline. Il est le seul athlète français à avoir gagné trois médailles d’or en individuel dans trois Olympiades différentes (Sydney en 2000, Athènes en 2004 et Londres en 2012).
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La domination européenne
De manière générale, le canoë-kayak est dominé par les pays européens comme l'Allemagne (77 médailles dont 34 en or) et la Hongrie (86 médailles dont 28 en or).
Vocabulaire du canoë-kayak
Comme dans tous les sports, il existe un vocabulaire dédié au canoë-kayak. Voici quelques exemples :
- Col de cygne : Mouvement du poignet pour faire tourner la pagaie d'environ 90 degrés et permettre une poussée latérale pour rectifier la trajectoire.
- Cravate : Bateau coincé sur un obstacle en son centre et poussé par le courant. Lorsque le kayak est coincé par les deux pointes, on parle de double cravate.
- Esquimautage : Action consistant à se remettre à l'endroit après un chavirage grâce à un mouvement du bassin synchronisé avec l'appui de la pagaie dans l'eau, sans sortir du bateau.
- Marmite : Mouvement d'eau vertical créé à la limite du courant et du contre-courant.
Initiation au canoë-kayak
Pour tonifier les muscles des bras, des épaules, des dorsaux et des pectoraux, le canoë-kayak est le sport idéal. Pour s'initier, le club de canoë-kayak de la Ville de Paris propose des initiations sur les eaux de l'Ourcq. La base, aménagée dans les anciens entrepôts des Magasins généraux, est ouverte aux enfants comme aux adultes. Les séances durent quarante-cinq minutes et sont réservées aux habitants de Paris. Tout près de Paris, le stade d'eau vive de l'île de loisirs de Vaires-Torcy (Seine-et-Marne) est ouvert à tous les Franciliens.
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