L'humanité s'interroge sur ce qui se cache sous les profondeurs depuis que l'humanité existe. Des secrets intouchables, juste hors de portée, ont fait appel aux profondeurs. Mystérieux et souvent indéniablement effrayant, le concept de respiration sous l’eau a séduit les pionniers de la plongée, tout comme les plongeurs d’aujourd’hui. Le désir d'explorer le monde subaquatique a constamment stimulé l'ingéniosité humaine, menant à une évolution remarquable des équipements de vision et de respiration sous-marine, dont le masque de snorkeling est un exemple emblématique. Cette quête incessante pour voir et respirer sous la surface a façonné une histoire riche en innovations, des tentatives les plus rudimentaires aux technologies les plus avancées, transformant l'expérience aquatique pour des millions d'individus.
La Révolution Easybreath : Une Conception Moderne pour la Randonnée Palmée
Parmi les masques contemporains, il est sans doute le plus célèbre pour les vacances à la plage. L’Easybreath, littéralement « respiration facile » en français, sert normalement aux amateurs de randonnée palmée en mer. Son histoire débute de manière concrète à Hendaye, au Pays Basque, à l'été 2007. La saison bat son plein sur la côte basque, le soleil est au rendez-vous, et les baigneurs aussi. C'est dans ce contexte propice que le centre de conception de Tribord, une marque d’équipements nautiques vendus chez Décathlon, décide de lancer une grande étude sur les plages du monde entier. La question centrale posée aux vacanciers était simple : pratiquez-vous la randonnée palmée ? Il ne s’agit pas de plongée sous-marine, mais d’une activité de loisir aquatique en surface aussi appelée snorkeling en anglais, du mot snorkel pour « tuba », ou PMT (palmes-masque-tuba) en français.
La réponse recueillie fut sans appel, comme l'explique Erwann Loret, chef de produit chez Tribord : « Entre 30 et 40 % des personnes interrogées nous ont dit ne pas pouvoir pratiquer la randonnée palmée parce que le tuba les gênait ou qu’elles avaient des difficultés à respirer », a-t-il détaillé dans une vidéo publiée sur le site du centre de conception de la marque. Face à ce constat, Tribord sent que le marché de la randonnée palmée est en pleine expansion et perçoit une opportunité majeure d'innover pour prendre ses concurrents de vitesse. La marque fait alors le pari audacieux de lancer un concours auprès d’une école de design. La consigne donnée aux jeunes créateurs était ambitieuse : « Inventez-nous un produit avec lequel on puisse respirer sous l’eau comme sur terre. »
Le résultat de ce concours fut riche, avec une trentaine de projets proposés par les étudiants. Une particularité commune se dégageait de toutes ces propositions : leur masque recouvrait à la fois le nez, les yeux et la bouche. Fort de cette direction prometteuse, le centre de conception de Tribord a commencé à travailler intensivement sur l'idée. L'équipe a pleinement tiré parti de son « garage », un grand atelier où il est possible de bricoler et de tester des premiers pré-prototypes purement fonctionnels. C'est dans ce cadre que le premier masque Easybreath a été bricolé de manière plutôt sommaire.
Stéphane Saigre, directeur de Tribord, a souligné l'importance de cette approche expérimentale au magazine économique La Tribune, déclarant : « Cela permet de tester très vite et de manière imparfaite une idée ou un concept pour vérifier que ça fonctionne ou que ça peut fonctionner. Avant on ne savait tout simplement pas faire ça. » Le développement du masque a soulevé des défis techniques significatifs. « Il y avait un véritable défi à relever sur l’étanchéité du masque, notamment au niveau de la jupe », a détaillé le chef de produit sur le site internet de la marque. Une fois les aspects fonctionnels de base résolus, la phase de design du produit a pris le relais. Erwann Loret l'a décrite comme le passage « du « monstre » à quelque chose que les gens auraient envie de porter sur la plage ». Le masque commercialisé par Décathlon, avec son tuba intégré sur le dessus de la tête et sa jupe étanche autour du visage, a permis aux baigneurs de regarder sous l'eau depuis la surface plus confortablement qu'avec un masque et un tuba traditionnels, répondant directement aux préoccupations initiales des utilisateurs.
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Pour parfaire cette innovation, Décathlon s’est appuyé sur un autre partenaire essentiel, Oxylane Research, une entité spécialisée dans l’ingénierie sportive. Cette étape de développement et de perfectionnement a tout de même demandé trois ans de travail acharné à la société. L'esthétique et la fonctionnalité se devaient d'être en parfaite harmonie. Cédric Caprice, designer chez Tribord, a expliqué sur le site internet : « Ce masque, on l’a toujours voulu très transparent. Au début, toutes les solutions que nous avions trouvées cachaient la bouche et le nez. C’est notre sous-traitant qui a trouvé la solution. » Ce n’est finalement qu’en 2016 que le brevet du fameux masque de randonnée palmée Easybreath a été déposé. Sa commercialisation, quant à elle, a démarré en 2017, marquant une nouvelle ère pour la pratique du snorkeling et offrant une expérience sous-marine plus accessible et agréable à un large public.
L'Easybreath au Service de la Santé : Une Adaptation Inattendue
L'histoire de l'Easybreath a pris un tournant inattendu et dramatique au printemps 2020. Depuis quelques semaines, ce masque commercialisé par Décathlon a été utilisé dans plusieurs hôpitaux européens, non pas pour le loisir, mais pour pallier une crise sanitaire mondiale. Nous sommes mi-mars, le président de la République vient d’annoncer les mesures de confinement en France. L’Italie compte alors plus de morts du coronavirus que la Chine, et la plupart des pays européens voient leurs hôpitaux surchargés. Dans le nord de l’Italie, la situation était particulièrement alarmante, avec un manque crucial de respirateurs pour soigner les malades du Covid-19. C’est alors qu’un médecin italien a eu l’idée brillante et audacieuse de faire adapter les fameux masques de Décathlon en respirateurs de fortune.
Une start-up italienne a rapidement pris en charge le projet, travaillant à la transformation de ces masques de snorkeling en dispositifs médicaux vitaux. Quelques jours seulement après cette initiative, les premiers malades étaient équipés de ce masque hybride. L’innovation, bien que née de l'urgence, fut reconnue pour son ingéniosité et brevetée par l’entreprise italienne, mais, dans un geste de solidarité crucial, elle fut laissée libre d’utilisation pour maximiser son impact humanitaire.
Le 30 mars, la situation s'est accélérée, et l'impact de cette adaptation s'est étendu à d'autres pays. En France, Décathlon a pris une décision forte : retirer ses masques de la vente au public. L'enseigne a mis les 30 000 équipements de snorkeling à disposition des médecins pour les aider à combattre la pandémie de Covid-19. Ce soutien s'est manifesté de plusieurs manières. Le masque pouvait être adapté pour aider non seulement les patients, mais aussi les soignants, offrant une protection ou une assistance respiratoire dans des conditions extrêmes.
Dans l’Ouest de la France, une équipe dynamique d’entrepreneurs, de chercheurs, d’ingénieurs et d’industriels a trouvé le moyen de transformer, à grande échelle, le masque de l’enseigne de sports et loisirs. En un laps de temps remarquablement court, en seulement deux semaines, ce consortium hétérogène a réussi à organiser la transformation des masques dans l’usine de Bic en Ille-et-Vilaine, démontrant une capacité d'adaptation et une collaboration exceptionnelles. L’armée a même été envisagée pour se charger de la distribution de ces masques transformés. Colomban De Vargas, chercheur au CNRS, a résumé cette formidable mobilisation auprès de Ouest-France en déclarant : « Dans un monde parfait, c’est comme cela qu’on devrait fonctionner. » Imaginé il y a près de treize ans comme une petite révolution dans le monde des loisirs aquatiques, ce masque est ainsi devenu un équipement clé et inattendu dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, illustrant la polyvalence insoupçonnée de l'innovation.
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Les Racines Anciennes de l'Exploration Sous-Marine et des Masques Intégrés
Bien avant l'avènement du masque Easybreath, la fascination pour le monde sous-marin a poussé les humains à inventer des moyens de voir et de respirer sous l'eau. La plongée sous-marine remonte à de très nombreuses années, trouvant ses échos jusque dans la mythologie grecque, où un guerrier échappait à ses ennemis perses en respirant à travers un roseau creux tout en restant immergé sous la mer. Les plongeurs perses, quant à eux, faisaient preuve d'ingéniosité en créant des lunettes à partir d’écailles de tortue polies, offrant une première forme rudimentaire d'amélioration de la vision sous-marine. La légende raconte également qu’Alexandre le Grand utilisait un tonneau en bois comme ancienne cloche de plongée, témoignant des premières tentatives pour rester sous la surface avec une réserve d'air.
Au-delà de l’histoire ancienne et des mythes, les humains plongent en apnée pour trouver de la nourriture, des éponges et des perles depuis des lustres. Autrefois, il était fréquent de plonger en apnée à plus de 40 mètres, soit 130 pieds de profondeur, sans l’aide d’air ou d’équipement moderne, une prouesse physique et technique remarquable. La plongée a commencé à faire des bonds en avant dans les années 1500 avec l’invention de la cloche de plongée, une avancée significative permettant des séjours plus prolongés sous l'eau. Les plongeurs ont repoussé les limites de la physique et de leur corps lors de ces voyages dangereux sous la surface de l’eau, car on ne savait alors pas grand-chose de l’apport en oxygène ni des effets de la pression. Ce n’est que dans les années 1800 que des études ont été menées sur la maladie de décompression et les effets de la pression de l’eau, apportant une compréhension scientifique essentielle.
L'idée d'un masque intégrant la respiration n'est pas non plus une invention récente. Le président du Musée Frédéric Dumas s'interrogeait sur l’origine d’un masque ancien, une question posée par une dame du Canada au sujet d'un appareil datant des années 50/60. Cet engin, décrit comme bizarre, possédait un tuba incorporé. Devant la perplexité de certains qui y voyaient un non-sens ou même un danger, il était important de nuancer la réponse en faisant un peu d’histoire et en invitant à se retremper dans le contexte de l’époque.
Tout d’abord, ce concept ne date pas d’hier. Le premier à mettre au point et à utiliser ce type de masque ne fut pas n'importe qui : il s'agissait du Commandant Le Prieur, l’inventeur d’un scaphandre autonome. Il inventa le Nautilus en 1938. Son masque facial, très confortable, possédait un hublot circulaire d’une grande surface procurant un maximum de visibilité. Préfigurant le tuba moderne, il prenait son air à l'extérieur par des tuyaux fixés sur ses parties latérales. Les dits tuyaux se rejoignaient au-dessus de la tête du plongeur et étaient obturés par une balle ronde, de type Ping-pong, lors de l'immersion. Il fut sans doute le premier à concevoir un tel système, mais il fut suivi par Paul Dubois qui adapta un tuba avec balle de Ping-pong sur son célèbre masque Squale. Devant la courbe gracieuse du Tuba, il baptisa cet ensemble "Le Cygne". Ces pionniers furent suivis ou copiés par d’autres concepteurs, venant surtout d’outre-Atlantique aux USA, avec des réalisations d'une très belle facture aussi. Même le dessinateur Dubout s’y mit.
Actuellement, depuis qu'il est exposé au musée Dumas, ce type de masque ancien attire invariablement des remarques sur sa dangerosité. Effectivement, il n’est plus recommandé de s’immerger avec. Mais en 1938 et par la suite dans ces années bénies des plongeurs sous-marins, il n’était pas nécessaire de descendre profond pour admirer la faune et même pour chasser. Le poisson, totalement innocent, venait vers vous, et avec un simple lance-pierre tirant des tringles à rideaux, il était possible d’avoir une table bien garnie. Il est probable que c’est dans cette idée que ce type de masque a été créé, pour faciliter l'observation et la capture en surface ou en très faible profondeur. Par contre, actuellement, il n’est pas rare de voir des esprits éclairés voulant prouver leurs connaissances qui s’étonnent et même s’offusquent lorsqu’ils tombent en arrêt devant ces pièces historiques. Un de ces sentencieux personnages, lors d’une visite du musée, a même pris à témoin d’autres visiteurs, expliquant : « Vous allez donner de mauvaises idées aux jeunes plongeurs. Comprenez donc que s’ils immergent avec ce dangereux engin, ce dernier va se plaquer avec la pression et leur arracher les yeux ! » Devant ces visions apocalyptiques futures, le personnel du musée restait de marbre. Il aurait pu, certes, signaler que dans un musée d’avions, l'exposition de celui de Blériot ne signifiait pas que l’on allait s’en servir. Le personnage continua à pérorer, tentant de gagner à ses idées les visiteurs qui, eux, préférèrent prendre leurs distances devant la furieuse diatribe de cet hurluberlu. Pour s’amuser rétrospectivement sur le sérieux de cette invention, le brevet du Cygne Squale montre que c'était pensé malgré tout, car, en plus de la balle de Ping Pong, une soupape était prévue pour éviter l’entrée d’eau à l’expiration, démontrant un souci de fonctionnalité et de sécurité pour l'époque.
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L'Avènement du Scaphandre Autonome et la Modernisation de la Plongée
La plongée a connu une avancée majeure avec l'invention du scaphandre autonome, révolutionnant la manière dont les humains interagissent avec le milieu aquatique. Membre de la marine française et grand voyageur, Yves le Prieur n’était pas étranger à la mer. En 1926, il créa le premier scaphandre autonome S.C.U.B.A. (Self Contained Underwater Breathing Apparatus). Il s’inspira des versions précédentes de l’équipement de plongée, mais savait que le tube qui reliait le plongeur à la surface était une gêne et un risque pour la sécurité. Il a donc créé un nouvel appareil composé d’air comprimé contenu dans une bouteille et d’un simple détendeur de pression. Pour la première fois, l’homme pouvait respirer seul sous l’eau, offrant une liberté de mouvement inédite.
La prochaine grande invention de Le Prieur fut le masque intégral, qui remplaça les lunettes Fernez. Les lunettes Fernez se resserraient de plus en plus sur le visage du plongeur au fur et à mesure de la descente, entraînant souvent des conséquences désastreuses et le phénomène de « placage du masque », où la pression écrasait le visage. Le masque intégral de Le Prieur était relié à l’appareil respiratoire, de sorte que la pression était maintenue entre les deux, évitant ainsi ces désagréments et rendant la plongée plus sûre et confortable.
Un nom inattendu à ajouter à cette liste des pionniers est celui de Harry Houdini. Son métier d’artiste d’évasion l’amenait souvent à se retrouver sous l’eau. Son ingéniosité était indéniable, et il a inventé en 1921 un scaphandre facile à enlever, une preuve supplémentaire de l'ingéniosité humaine appliquée à l'environnement sous-marin.
La plongée est devenue encore plus accessible dans les années 1940 grâce au génie d’Emile Gagnan et de Jacques Cousteau. Ensemble, ils inventent le premier détendeur à la demande moderne et améliorent le scaphandre autonome. Ils baptisent leur détendeur Aqua Lung et transforment complètement le monde de la plongée, ouvrant la voie à l'exploration sous-marine de masse. La plupart des équipements de plongée scaphandre les plus modernes ont été développés, malheureusement, à cause de la guerre. Des cloches de plongée aux sous-marins, la capacité de se rendre sous la surface et d’y rester pendant de longues périodes était d’une grande importance lors d’une bataille.
Il est difficile d'imaginer être la première personne à utiliser une cloche de plongée ou un casque de plongée en métal, ou à plonger sous la surface avec un simple tuyau en caoutchouc dans la bouche. Dire que ces innovateurs étaient courageux serait un euphémisme. Le danger encouru était astronomique, mais ces pionniers ont ouvert la voie à des générations d’explorateurs. Sans ce courage, nous n’aurions jamais pu explorer ne serait-ce qu’une fraction de ce que nous avons vu du monde sous-marin. La plongée en scaphandre autonome a beaucoup évolué au fil des ans, et nous ferions bien de rendre hommage à ceux qui ont vécu et sont morts pour faire de la plongée le merveilleux sport qu’elle est aujourd’hui. En raison de leur détermination et de leur ingéniosité, ces plongeurs devraient être mentionnés dans toute histoire de la plongée sous-marine. Sans le travail que ces personnes ont accompli dans ce domaine, il est fort probable qu’aucun d’entre nous ne pratiquerait la plongée scaphandre aujourd’hui.
Jacques Cousteau est une figure emblématique dont le nom est synonyme de plongée. En tant que co-inventeur de l’AquaLung, Jacques Cousteau a été plus qu’un pionnier - il a été l’un des leaders les plus influents dans le domaine de la plongée et c’est une figure bien connue depuis le début de l’histoire de la plongée en scaphandre autonome. Jacques Cousteau avait le désir de faire connaître l’inconnu et il a fait tout ce qu’il a pu pour partager tout ce qu’il avait vu avec le grand public. Tout au long de sa vie, il s’est concentré sur la préservation du milieu marin et sur l’enseignement des joies de la plongée sous-marine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’est concentré sur la création et non sur la destruction. Il a convaincu un amiral de la marine française de l’autoriser à former le groupe de recherche sous-marine, utilisant son Aqua-Lung nouvellement développé pour manœuvrer à travers les champs de mines, explorer les épaves archéologiques et effectuer des tests de profondeur. En 1956, le commandant Cousteau a également créé son propre sous-marin, connu sous le nom de « soucoupe plongeante ». Il a utilisé cette première génération de sous-marins pour réaliser des films sur le monde sous-marin, descendant à plus de 350 mètres, soit 1150 pieds. Peu de temps après, il a créé une version qui pouvait descendre encore plus bas, jusqu’à 500 mètres, soit 1600 pieds. Jusqu’à la fin de sa vie, dans les années 1990, Cousteau a continué d’écrire, de plonger, d’enseigner et d’apprendre. Son génie nous a apporté de belles citations qui changent la perspective, nous enseignant et nous guidant.
La Démocratisation et les Innovateurs Clés de la Plongée Moderne
L'après-guerre a vu une démocratisation croissante de la plongée, stimulée par des avancées technologiques et une visibilité accrue. Lloyd Bridges, le personnage principal de l’émission de télévision extrêmement populaire Sea Hunt, diffusée entre 1958 et 1961 sur les écrans du monde entier, a joué un rôle majeur dans cette popularisation. Grâce à ses frasques sous-marines, le monde a découvert les paysages marins, avec toutes leurs merveilles sauvages et étranges. Les gens ont commencé à vouloir découvrir les profondeurs par eux-mêmes, et la plongée sous-marine est devenue un nouveau passe-temps très répandu.
Parallèlement à cette popularisation, des figures clés ont continué à innover dans le domaine des équipements et de la formation. Dimitri Rebikoff a développé et fabriqué le premier flash électronique sous-marin portable en 1947, une invention cruciale pour la photographie et la cinématographie sous-marines. De plus, Rebikoff a écrit et publié plusieurs livres et articles au fil des ans, dont Exploration sous-marine en 1952, un an avant la sortie du film révolutionnaire de Cousteau, Le monde du silence. Il s’est ensuite installé aux États-Unis et a travaillé sur divers projets secrets pour l’US Navy, contribuant à des avancées technologiques discrètes mais significatives.
L'accès à l'équipement et à la formation fut un autre défi majeur. Boris Porotov, originaire du Kazakhstan, a appris la plongée scaphandre en autodidacte en Russie en 1960, à une époque où il n’existait pas d’équipement commercial ni de matériel d’instruction de quelque sorte que ce soit. Il a appris par essais et erreurs et a pu, avec des ressources extrêmement limitées, former d’autres personnes à la plongée scaphandre. En 1963, il a emmené un groupe de plongeurs dans la mer du Japon et y est retourné deux ans plus tard pour réaliser un film sur la plongée sous-marine qui a été diffusé à la télévision soviétique, faisant découvrir le monde sous-marin à une région qui ne savait pas grand-chose de ce qui se trouvait sous la surface. C’est en 1969 qu’il a mis au point et créé la monopalme, qui est restée célèbre pour son efficacité en propulsion.
La création de la PADI (Professional Association of Diving Instructors) en 1966 par John Cronin et Ralph Erickson a révolutionné le fonctionnement actuel de la plongée scaphandre. Ce duo a rendu simple pour n’importe qui de devenir plongeur en apprenant des techniques et en obtenant une série de certifications. John Cronin, en plus d’être l’une des personnes les plus influentes de l’industrie de la plongée, a été président de la Diving Equipment Marketing Association et a passé près de 50 ans dans l’industrie de la plongée sous-marine, marquant durablement son empreinte. Ralph Erickson a toujours été à l’aise dans l’eau, créant une école de natation en 1959 après son engagement dans la Seconde Guerre mondiale. Toujours à l’avant-garde, il est devenu l’instructeur numéro 35 de la toute première classe d’instructeurs NAUI. Il a écrit un livre sur la plongée en scaphandre autonome intitulé « Under Pressure » et l’a utilisé pendant ses cours pour enseigner aux élèves ce qu’il savait sur la plongée, contribuant à structurer les connaissances et la pédagogie.
Une autre figure inspirante est Sylvia Earle. En plus d’être une incroyable biologiste marine, auteure et exploratrice, Sylvia Earle a été la première femme scientifique en chef de la National Oceanic and Atmospheric Administration (Administration nationale des océans et de l’atmosphère) des États-Unis. Avec son mari, concepteur et ingénieur de sous-marins, elle a conçu le Deep Rover, un sous-marin de recherche capable d’aller à des profondeurs jusqu’alors inexplorées, jusqu’à 1 000 mètres, soit 3 300 pieds. En 1998, elle a été désignée par Time Magazine comme leur toute première « héroïne pour la planète », en raison de son travail en biologie et en ingénierie, et elle est devenue exploratrice en résidence du National Geographic, où elle est souvent surnommée « Her Deepness ». Ces personnalités et leurs contributions ont non seulement fait progresser la technologie, mais ont aussi élargi la portée et l'accessibilité de la plongée, transformant une activité réservée à quelques initiés en un loisir mondial.