Dans le vaste monde de la course au large, peu de noms résonnent avec autant de sincérité et de polyvalence que celui de Marc Guillemot. Originaire de Sainte-Marine, dans le Finistère, ce marin d’exception a traversé les décennies en touchant à tous les types d’engins, des multicoques de légende aux monocoques technologiques. Sa trajectoire, forgée par une passion intacte, est celle d’un homme qui, à 66 ans, n’a jamais cessé de se réinventer, passant du statut de compétiteur de haut niveau à celui de transmetteur d’expérience.
Le portrait d’un marin accompli
Marc Guillemot fait partie de ces marins qui ont touché à tous les engins et couru sur toutes les mers du monde. De la construction des multicoques de course Jet Service avec Nigel Irens à la chasse aux records, notamment sur l’Atlantique et la Route de la Découverte en équipage, le Breton a connu les grandes heures des multicoques océaniques. Sa carrière, marquée par son passage sur les trimarans de la classe ORMA comme le célèbre La Trinitaine, témoigne d’une maîtrise technique rare.
Ses qualités de marin, c’est en 2009, lors du Vendée Globe, qu’on a pu en prendre la mesure. En décembre, en plein cœur de l’océan Indien, il porte assistance à Yann Eliès, qui s’est brisé le fémur à bord de Generali. Il aide son concurrent « psychologiquement » le temps qu’une frégate de la marine australienne évacue le skipper blessé, et montre une fois de plus qu’il est l’un des coureurs les plus attachants du circuit.
Quand il reprend sa route, il a plus de 1 500 milles de retard sur les leaders. Nouveau coup du sort : à 1 000 milles de la ligne d’arrivée aux Sables-d’Olonne, il perd sa quille. Marc Guillemot réussit à stabiliser son Safran et termine à une improbable et remarquable troisième place. Au palmarès, outre cette extraordinaire place de troisième au Vendée Globe 2008-2009, on peut citer une victoire à la Transat Jacques Vabre 2009 et une troisième place à la Route du Rhum 2010.
La genèse du MG5 : Entre performance et durabilité
À 66 ans, le skipper aux mille et une vies - d’Éric Tabarly au Vendée Globe en passant par les dragsters ORMA - mène son existence entre courses et croisières. Avec un catamaran rapide construit de ses mains, Marc Guillemot a changé de vie. Ce navire, le MG5, est un catamaran de 52 pieds signé Barreau-Neuman, pensé pour naviguer autrement. Autonomie, confort et respect de l’environnement ne sont pas des options, mais le cœur du projet.
Lire aussi: Chartres: L'histoire d'Aviron Conseil Immobilier depuis plus de 30 ans
La philosophie du MG5 est née d’une volonté de rupture avec le confort standardisé. À l’origine, avec sa femme Martine, Marc cherchait un vieux catamaran de croisière à remettre en route, mais ses partenaires de Welness ont proposé de l’aider pour construire un bateau neuf. Marc voulait pouvoir le fabriquer dans son chantier et étudier toutes les solutions pour que ce soit un multi de croisière mais avec une connotation sportive. C'est le bateau idéal pour des gens comme lui qui ont navigué sur des bateaux de course toute leur vie. Pour être honnête, ça le gavait de ne faire que de la croisière, d’imaginer un bateau avec lequel il ne ferait plus de courses. Donc ils ont tout étudié pour que le bateau soit léger, rapide et sympa à faire marcher.
Le MG5 est un bateau qui se caractérise par son concept éco-responsable et innovant. Il s'agit d'une construction soucieuse de son empreinte carbone. Dans cette démarche, Marc Guillemot a fait un choix simple : remplacer le moteur thermique de son annexe par un TEMO·1000. Chez TEMO, on aime les belles histoires de mer, surtout quand elles mêlent audace, engagement et innovation. Quand l’innovation électrique croise la route d’un marin engagé, cela donne une collaboration qui a du sens. TEMO France s’associe au skipper Marc Guillemot, figure emblématique du nautisme responsable, en équipant l'annexe de son catamaran MG5 d’un moteur électrique TEMO·1000. Léger, puissant et facile à manier, il colle parfaitement à l’esprit du MG5.
L’expérience de la transmission en mer
Le MG5 n'est pas seulement une prouesse architecturale ; c'est un outil de partage. Le programme du bateau repose sur un équilibre entre courses, croisières et séminaires. Côté séminaires, Marc propose aux entreprises de faire venir des collaborateurs sur un bateau rapide, qui permet d’asseoir une dizaine de personnes à l’intérieur.
La voile est un outil idéal pour souder les membres d’une équipe autour d’objectifs communs. Elle met en lumière la complémentarité de chacun et crée des effets de synergie entre les équipiers. Marc, skipper d’expérience au palmarès riche et varié, fait partager sa carrière de sportif de haut niveau lors de ces journées. Sa participation au séminaire lui permet d’échanger avec vous sur le management, la gestion du stress, les victoires, les défaites, l’importance des collaborateurs et du travail en équipe, la fidélisation des partenaires et clients, et la place de la famille.
Lors d'une navigation au départ de La Trinité-sur-Mer, on découvre une nacelle abaissée, vaste, simple et protectrice. Les deux postes de barre franche offrent une vision dégagée sur les étraves et les voiles. On ne trouve pas de luxe ni de confort tapageur : chaque coque abrite deux cabines en enfilade, prolongées d’un cabinet de toilette. On n’est pas sur un charter avec cocktail et hôtesses : le bateau est fait pour naviguer vite, efficacement, simplement.
Lire aussi: Jean-Marc Barr, une carrière atypique
L’état d’esprit du compétiteur au large
Même après avoir quitté le circuit de la course extrême, Marc Guillemot garde ce regard affûté sur la discipline. Après un premier Vendée Globe bouclé en troisième position, il a de nouveau goûté à l’incroyable aventure du tour du monde quatre ans plus tard. Alors victime de la perte de sa quille quelques heures seulement après le départ, le Quimpérois s’est vu malheureusement contraint à l’abandon, mais il reste aujourd’hui l’une des figures emblématiques de l’épreuve.
Son analyse sur les skippers actuels est limpide : « Pour moi, c’est une édition complètement folle et je pense que les gens sont loin d’imaginer la difficulté mentale que vivent les marins, et en particulier ceux du groupe de tête. Les vitesses mais aussi le rythme qu’ils impriment sont extrêmement impressionnants. Pour eux, c’est forcément très dur physiquement mais selon moi, ça l’est surtout psychologiquement. Pour encaisser, ils doivent être absolument blindés mentalement. Sans préparation, je serais tout à fait incapable de tenir un tel rythme. Accepter d’aller aussi vite et aussi longtemps, c’est complètement fou. »
Il souligne également les réalités cachées de la vie à bord : « On est, en tous les cas, loin de soupçonner ce que cela implique, ne serait-ce que pour manger, se déplacer ou même, tout bêtement, pour aller pisser. Je pense qu’ils doivent souffrir et je ne sais pas à quel moment ils vont dire : allez, là, on arrête les conneries ! »
#
Lire aussi: La Route du Rhum expliquée