Mal des transports : Symptômes, prévention et traitements

Le mal des transports est un trouble physiologique courant qui affecte de nombreuses personnes lors de déplacements en voiture, en avion, en bateau ou en train. Également connu sous le nom de cinétose ou mal des voyages, il se manifeste par un ensemble de symptômes désagréables tels que des nausées, des vertiges et des vomissements. Bien que bénin, le mal des transports peut grandement affecter la qualité de vie et rendre les voyages inconfortables. Cet article explore en détail les causes, les symptômes, les méthodes de prévention et les options de traitement du mal des transports, y compris le mal de mer, une forme spécifique de ce trouble.

Qu'est-ce que le mal des transports ?

Le mal des transports survient lorsque le cerveau reçoit des signaux contradictoires provenant des différentes parties du système sensoriel qui régulent l'équilibre et la perception du mouvement. Les principales sources de ces signaux sont :

  • L'oreille interne (le système vestibulaire) : responsable de détecter les mouvements et l'orientation.
  • Les yeux : fournissent des informations visuelles sur la position et le mouvement.
  • Les récepteurs proprioceptifs : situés dans les muscles et les articulations, ils détectent les mouvements du corps.

Lorsque ces systèmes envoient des messages conflictuels au cerveau, cela peut provoquer une sensation de malaise. Par exemple, lorsqu’une personne lit dans une voiture en mouvement, ses yeux sont fixés sur un objet immobile (le livre), tandis que son oreille interne ressent le mouvement. Ce conflit entre les informations visuelles et vestibulaires est à l'origine du mal des transports.

Le mal des transports peut se manifester sous différentes formes, selon le mode de transport utilisé :

  • Mal de mer (naupathie) : survient lors de voyages en bateau. Il s’agit d’une réaction du système vestibulaire à l'incohérence entre la perception visuelle et l'équilibre corporel, typique des voyages en bateau.
  • Mal de l'air : survient lors de voyages en avion.
  • Mal de voiture : survient lors de déplacements en voiture ou en car.
  • Mal de train : survient lors de voyages en train.

Certaines personnes, notamment des enfants, peuvent aussi être malades sur les manèges. D’autres encore sont malades en pratiquant des activités comme des jeux vidéo mettant en scène des courses de voiture, ou après un retour à terre après un voyage en bateau (mal de terre).

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Causes et facteurs de risque

Le mal des transports survient lorsque le cerveau reçoit des signaux contradictoires provenant des différentes parties du système sensoriel qui régulent l'équilibre et la perception du mouvement.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de souffrir du mal des transports :

  • Le type de mouvement : les mouvements irréguliers tels que les secousses ou les virages brusques sont plus susceptibles de provoquer le mal des transports.
  • La position du corps : être assis à l'arrière d'une voiture ou ne pas avoir de vue dégagée sur l'horizon peut augmenter le risque.
  • L'environnement : le bruit, la chaleur, les odeurs désagréables et une mauvaise aération peuvent également contribuer au mal des transports.
  • Les facteurs individuels : la peur, l’anxiété, le stress, certains facteurs génétiques et le fait de lire peuvent également jouer un rôle.
  • L'âge : les enfants de 2 à 12 ans sont plus susceptibles de souffrir du mal des transports que les adultes, car leur système vestibulaire n'est pas encore complètement développé.
  • Le sexe : les femmes sont plus susceptibles de souffrir du mal des transports que les hommes, en particulier pendant la grossesse, la menstruation, ou celles qui utilisent des contraceptifs hormonaux.
  • Les antécédents médicaux : les personnes prédisposées aux migraines ou qui présentent un trouble de l’oreille interne (labyrinthite) sont plus à risque.
  • Les antécédents de mal des transports : les personnes qui ont déjà eu le mal des transports sont susceptibles d'en souffrir à nouveau.

Il est important de noter que le mal des transports est rare après l’âge de 50 ans et chez les enfants de moins de 2 ans.

Dans le cas spécifique du mal de mer, certains facteurs supplémentaires peuvent aggraver les symptômes, regroupés sous l'acronyme des "4F" (ou "5F") :

  • Froid
  • Faim
  • Fatigue
  • Frousse (peur)
  • Foif (soif)

Les odeurs agressives (carburant, cigarette, parfum), le fait de quitter le pont et de s’enfermer dans la cabine, et l’anxiété peuvent également aggraver le mal de mer.

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Symptômes

Les symptômes du mal des transports varient d’une intensité variable, selon les personnes. Les troubles ressentis peuvent être :

  • Sensation d’inconfort dans le haut du ventre (gêne abdominale)
  • Nausées
  • Dégoût des aliments, agitation et pleurs chez le jeune enfant
  • Pâleur
  • Sueurs froides
  • Hypersalivation
  • Vomissements
  • Accélération de la respiration
  • Vertiges
  • Maux de tête
  • Fatigue

Ces symptômes disparaissent généralement quelques minutes après la sortie du moyen de transport à l’origine du mal. Cependant, dans certains cas, les symptômes peuvent persister même après le retour à terre, ce que l'on appelle le "mal de terre".

Il est important de surveiller de près l’état des jeunes enfants en cas de vomissements, car ils risquent une déshydratation s’ils n’arrivent pas à garder des aliments liquides dans l’estomac.

Prévention

Les personnes souffrant de mal de transport peuvent suivre quelques recommandations qui leur permettront de réduire leur susceptibilité au mal des transports avant et pendant le voyage.

Avant le voyage

Avant de partir en voyage, les personnes sujettes au mal des transports peuvent :

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  • Manger léger (ne pas laisser l’estomac vide). Évitez les repas copieux, mais ne partez pas pour autant à jeun. Privilégiez une nourriture solide plutôt que liquide.
  • Éviter les boissons comme le café ou le thé, privilégier l’eau. Renoncez à l’alcool, au tabac et au café.
  • Éviter les aliments gras.
  • Dormir suffisamment la veille du voyage.
  • Se rapprocher du médecin afin qu’il recommande un médicament pouvant aider à lutter contre le trouble.

Pendant le voyage

Au cours du voyage, il est préférable de :

  • Regarder l’horizon (garder les yeux fixés sur un objet situé au loin). Tant que les yeux perçoivent le déplacement, le mal se manifeste moins rapidement. Regardez un bout de terre peut vous aider, du moins s’il y en a. Même chose pour l’horizon. Ce sont des points fixes et de bons référentiels pour votre corps.
  • Choisir un siège là où le mouvement est le moins ressenti. En voiture, installez-vous à l’avant à côté du conducteur, ou à l’arrière au milieu. Dans le train ou sur le bateau, asseyez-vous dans le sens de la marche. Choisissez une place près de la fenêtre et regardez le paysage au loin. Ceux qui voyagent sur un ferry ou un bateau de croisière doivent choisir un siège au milieu du bateau, où le mouvement est moins important. Réservez un siège au milieu de l’appareil, au niveau des ailes (les mouvements y sont moindres). Installez-vous idéalement à l’avant du véhicule (en car). Choisissez de préférence une cabine située au milieu (là où le bateau bouge le moins) et proche du niveau de l’eau (en bateau).
  • Maintenir la tête et le corps aussi immobiles que possible. Maintenez la tête droite, sans faire de mouvements brusques pendant le voyage.
  • S’asseoir dans le sens de la marche.
  • Éviter de lire ou de regarder des écrans. Si vous êtes sujets au mal des transports abstenez-vous de lire, d’écrire ou d’entreprendre une activité qui réclame votre attention visuelle.
  • Dormir si possible. Voyagez au moment de la sieste de votre enfant, les symptômes sont moindres pendant le sommeil. Fermer les yeux ou dormir peut aider à réduire le conflit d'informations entre les yeux et les oreilles.
  • Éviter de fumer. Choisissez une section non-fumeurs dans les trains où la cigarette est encore permise et abstenez-vous de fumer en voiture.
  • Respirer de l’air frais en ouvrant une fenêtre si possible. Misez sur l'air frais (ouvrez votre hublot ou allez à l'extérieur). Pensez aussi à diriger la ventilation sur votre visage (en avion).
  • Éviter les boissons alcoolisées. Contre le mal de mer, proscrivez les boissons alcoolisées.
  • Avoir une bonne nuit de sommeil avant le voyage et prévoir des vêtements adaptés : l’excès de froid ou de chaud et le manque de sommeil favorisent l’apparition des symptômes du mal de mer. Evitez toutefois d'avoir froid à bord. Se couvrir avant d’avoir froid et boire avant d’avoir soif.
  • Manger et boire raisonnablement : ne mangez ni trop ni pas assez, le résultat peut être le même ! C'est toujours une question d'équilibre.
  • En bateau, évitez de rester à l’intérieur, les espaces confinés favorisent l’apparition des symptômes. Si le temps le permet, restez sur le pont, autant que possible, pour être à l'air.
  • Évitez de regarder la mer car vous risquez de renforcer cet état de désynchronisation entre la vue et l’oreille.
  • À bord, rapprochez-vous de personnes non malades.
  • Sur un long trajet en voiture, arrêtez-vous souvent pour éviter aux enfants d'avoir mal au cœur et d’être malades. Réglez aussi la hauteur de leur siège, de telle sorte qu’ils puissent regarder à l’extérieur. Essayez de distraire votre enfant, une fois qu'il est réveillé, en lui racontant une histoire, en chantant ou en écoutant de la musique.

Traitements

Solutions médicamenteuses

Plusieurs médicaments disponibles permettent d’éviter d’être malade dans les transports. Pour qu’ils soient efficaces, les médicaments contre le mal des transports doivent être absorbés au moins une demi-heure à une heure avant le départ. Il est conseillé d’éviter de boire de l’alcool ou de conduire un véhicule après la prise. Bon à savoir : il est fortement déconseillé d’associer plusieurs traitements contre le mal des transports.

  • La métopimazine (Vogalib®) : elle limite les vomissements et se vend librement en pharmacie. C'est le seul médicament en accès libre sur les présentoirs de la pharmacie.
  • Les antihistaminiques (Mercalm ®, Nausicalm ®, Nautamine ®, Dramamine, Méclozine) : ils limitent les risques de nausée, mais ne doivent pas être utilisés chez l’enfant de moins de 6 ans (en ce qui concerne notamment Mercalm ® et Nausicalm ®). En raison d'un usage détourné des médicaments Mercalm°, Nausicalm° (diménhydrinate) et Nautamine° (diphénydramine), notamment chez les adolescents, ces spécialités ne sont plus en accès libre à la pharmacie. Ces médicaments peuvent être obtenus sans ordonnance, néanmoins leur utilisation sans avis médical est déconseillée chez la personne âgée et chez la femme enceinte ou qui allaite. Ces différents médicaments sont contre-indiqués en cas de risque de glaucome à angle fermé ou de risque de blocage des urines (lié à un adénome de la prostate).
  • La scopolamine (Scopoderm®) : elle agit sur l’oreille interne pour éviter la transmission d’informations perturbantes au cerveau. Sous forme de patch, ce médicament ne doit pas être utilisé chez l’enfant de moins de 15 ans. Les patchs comme la scopolamine quant à eux doivent être appliqués derrière une oreille, sur une zone sèche, propre, et dépourvue de cheveux, 6 à 12 heures avant le départ. Le patch doit être retiré au maximum au bout de 72 heures et remplacé si besoin.

Ces médicaments ont beau être efficaces, ils peuvent entrainer des effets secondaires comme une sécheresse de la bouche ou une baisse de vigilance, voire une somnolence.

Méthodes naturelles et alternatives

Certains remèdes naturels sont connus pour leurs propriétés efficaces contre le mal des transports.

  • Le gingembre : ses principes actifs atténuent le mal des transports, c’est un puissant antinauséeux. Par ailleurs, le gingembre est un bon anti-inflammatoire et un antioxydant. Il est disponible en poudre, en liquide, frais, en tisane, en huile essentielle. Le rhizome de gingembre, sous forme de poudre ou de jus, peut être proposé dans la prévention et le traitement des nausées dues au mal des transports et au mal de mer. Bonbons au gingembre et pommes vertes sont réputés efficaces contre cette indisposition, profitez-en !
  • La menthe poivrée : peut aider à soulager les nausées et les maux d'estomac. Le thé à la menthe poivrée peut être bu avant ou pendant le voyage et l’huile essentielle de menthe poivrée peut être inhalée ou appliquée sur les tempes et les poignets. Quelques études ont également indiqué une certaine efficacité des extraits de menthe poivrée dans le traitement des nausées.
  • L'acupression : elle peut être utilisée pour soulager les symptômes du mal des transports. Les bracelets d'acupression appliquent une pression sur le point P6 (Nei-Kuan) situé à l'intérieur du poignet, à environ trois doigts de la base de la main. Ces bracelets sont disponibles dans les pharmacies et les magasins de produits naturels. En l'absence de bracelet, il est possible de masser le point P6 en appliquant une pression ferme avec ses doigts. Ce bracelet va exercer une pression sur le point P6 sur votre poignet et vous évitera d'avoir des nausées.
  • Techniques de respiration : peuvent aider à calmer le système nerveux et réduire les symptômes de mal des transports.
  • L’homéopathie : la Cocculine pourrait soulager les maux liés au mouvement du bateau. Par extension au mal des transports en général, il présente l'avantage de ne pas occasionner de somnolence (idéal donc pour un conducteur). Ce médicament est disponible sans ordonnance en pharmacie. Cocculine comprimés orodispersibles (Cocculus indicus 4 CH, Nux vomica 4 CH, Petroleum 4 CH et Tabacum 4 CH) 1 boîte de 40 Chez l’enfant de plus de 18 mois, la posologie de COCCULINE comprimé orodispersible est la suivante : 1 comprimé 3 fois par jour la veille et le jour du voyage ; 1 comprimé dès l’apparition des symptômes du mal des transports, en renouvelant la prise si nécessaire ou en l’arrêtant dès la disparition des symptômes. La voie d’administration est sublinguale.
  • Les huiles essentielles : l'association de l'huile essentielle de menthe poivrée et de celle de citron serait parfaite pour éviter les nausées. L'estragon ou encore le gingembre (encore lui) serait tout aussi efficace pour votre bien-être à bord.
  • L’acupuncture : voici un geste d’acupuncture qui peut vous sauvez.
  • La kinésithérapie vestibulaire qui agit sur la sensation de vertige et aide ainsi certaines personnes. Par ailleurs, des outils comme les lunettes Boarding ring sont utilisés par certains. Ces lunettes transmettent des informations de mouvement au cerveau et l’aident à se resynchroniser avec les perceptions de l’oreille interne.

En cas de crise

Quand les premiers symptômes de mal des transports apparaissent (inconfort, nausées, salivation excessive…), appliquez si vous le pouvez les conseils suivants, pour éviter une aggravation :

  • Fermez les yeux un instant.
  • Ouvrez la fenêtre pour respirer un peu d’air frais.
  • Montez sur le pont du bateau.
  • Descendez de voiture pour faire quelques pas dehors.
  • Allongez-vous quelques minutes, avec un linge frais et humide sur le front.

En cas de vomissements, prenez des boissons sucrées ou salées pour éviter une déshydratation. Les personnes âgées et les jeunes enfants sont plus exposés à ce risque.

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