L’apnée est une discipline un peu à part de la plongée “traditionnelle” en bouteilles, un domaine où la performance humaine se mesure à la capacité de retenir son souffle, de résister à la pression et de fusionner avec l'élément aquatique. Mais elle a aussi ses lettres de noblesse, ses exploits et ses héros. Et parmi eux, le plus célèbre est sans doute Jacques Mayol. Ce plongeur apnéiste, surnommé “l’homme dauphin”, a fait parler de lui dans les années 70 et 80 en établissant de nombreux records de profondeur, repoussant les limites de ce que l'on croyait possible pour le corps humain. Immortalisé à l’écran dans le film emblématique Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson, Jacques Mayol n'était pas seulement un athlète d'exception ; il était aussi un amateur de montres, qui choisissait avec soin les modèles l’accompagnant lors de ses plongées, soulignant l'importance d'un équipement fiable et précis dans sa quête des profondeurs. Son existence, marquée par une quête de symbiose avec la mer, sa philosophie de vie unique et son impact culturel durable, a profondément influencé le monde de l'apnée et au-delà.
Jacques Mayol : L'Homme Dauphin, Pionnier des Abysses
Né en 1927 à Shanghai, Jacques Mayol est l’un des plus grands apnéistes de l’histoire, célèbre pour sa relation profonde avec la mer et ses records de plongée en apnée. Fasciné par le monde sous-marin dès son enfance, il a développé une connexion unique avec l'océan. Mayol, né en Chine à l’époque coloniale, a été très tôt exposé à des cultures maritimes ancestrales. Enfant, ses parents l’emmènent en vacances au Japon où ils découvrent les fameuses pêcheuses qui plongent en apnée, connues sous le nom d'« ama ». Ces femmes, véritables figures d'inspiration, ont profondément façonné sa philosophie de la plongée. Il est particulièrement inspiré par les dauphins et ces plongeuses japonaises, qui l’ont fasciné et l’ont poussé à se mettre lui-même à la plongée.
Issu d’un milieu aisé, Jacques Mayol grandit à Shanghai, à la concession française, où son père est architecte. L’été, la famille a l’habitude de se rendre à Karatsu, au Japon via la ligne maritime Shanghai-Nagasaki. C’est là qu’il apprend à plonger dès l'âge de 6 ans, développant une affinité précoce pour le monde sous-marin. C’est aussi dans les grottes de Nanatsugama qu’il rencontre son premier dauphin l’année de ses 10 ans, une rencontre qui marquera sa vie et forgera son surnom d'« homme dauphin ». À la fin des années 1930, le militarisme japonais fait fuir les Occidentaux, et Jacques Mayol ne reviendra pas à Karatsu avant 1971. En 1939, il s’installe avec sa famille à Marseille où il se retrouve bloqué à cause de la Seconde Guerre mondiale. C'est durant cette période qu'il forge ses premières expériences de plongée artisanale : avec son frère Pierre Mayol, il plonge souvent avec des masques taillés dans des chambres à air de camion et une arbalète artisanale pour pêcher un peu de poisson, une illustration de l'ingéniosité et de la passion qui l'animaient dès son plus jeune âge.
Attiré par la Suède, Jacques Mayol part en 1948 pour ce pays où il se marie quelques années plus tard avec une Danoise, Vibeke Boje Wadsholt (ou Vicky), dont il a une fille (Dottie) et un garçon (Jean-Jacques/Pedro). La famille s’installe ensuite à Miami (États-Unis) où Mayol est engagé en 1955 comme plongeur pour nettoyer les aquariums d’un parc aquatique local, le Seaquarium. Il passe alors beaucoup de temps avec une femelle dauphin nommée Clown, mère de Flipper, la vedette du célèbre feuilleton télévisé des années 1960. C'est en l’observant comme un élève observe le maître qu'il parvient à améliorer considérablement son apnée, s'inspirant des techniques naturelles de ces mammifères marins. En 1957, il divorce et abandonne ses enfants. Il a interdiction par le jugement du divorce de les approcher, ce qui fait qu’ils n’auront plus de nouvelles de lui pendant des années, un aspect tragique et complexe de sa vie personnelle. Il mène alors une vie de vagabond et de séducteur.
Son approche de la plongée, qui combine discipline physique et méditation, a révolutionné l’apnée. Tout au long de sa carrière, Mayol a fait la publicité de la respiration connue des exercices de yoga comme un moyen de contrôler le corps et de libérer le potentiel caché de l’eau, démontrant une vision holistique de l'apnée bien au-delà de la simple performance athlétique.
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Les Records et la Découverte du "Bloodshift"
La quête de profondeur de Jacques Mayol n'était pas seulement une affaire de records personnels, mais aussi une contribution majeure à la compréhension de la physiologie humaine sous l'eau. En 1976, il marque l’histoire en devenant le premier homme à plonger à 100 mètres de profondeur sans assistance respiratoire, un exploit jugé impossible par la science de l'époque. Il poussera ensuite cet exploit à 105 mètres en 1983, consolidant sa légende. Sa rivalité avec l'apnéiste italien Enzo Maiorca a d'ailleurs largement inspiré le film Le Grand Bleu.
Dix ans plus tôt, en 1966, Jacques Mayol battait déjà un record à 60 mètres, une performance pour laquelle la médecine prédisait l'implosion de la cage thoracique, estimant qu'un tel poids sur les poumons était insoutenable. Cependant, Mayol a mis en lumière un don incroyable : il parvenait à faire descendre les battements de son cœur, qui sont en moyenne de 70 par minute, à seulement 20 battements. Bien qu'il devrait théoriquement tomber en syncope avec un rythme cardiaque si bas, Mayol ne le faisait pas. Cette capacité lui permettait de consommer moins d’air et de tenir sans problème 7 minutes sous l’eau, une prouesse physiologique sidérante.
La raison de cette résistance aux pressions extrêmes a été comprise grâce à Mayol et d'autres pionniers. Contrairement à ce qui lui avait été prédit, sa cage thoracique n’a pas été écrasée par la pression dès la profondeur de 40 mètres. Cette observation cruciale a permis de découvrir le phénomène du « bloodshift », qui compense en partie la diminution du contenu aérien du thorax, suivant la loi de Boyle-Mariotte, par une augmentation du volume sanguin des capillaires alvéolaires des poumons. Ce sang provient de l’abdomen et des membres, qui peuvent être comprimés par la pression sans difficulté. Cette adaptation physiologique nécessaire pour résister sans dommage à la pression de l’eau lors d’une plongée au-delà d’une trentaine de mètres existe chez les mammifères marins tels que les phoques et les otaries. Avant les exploits de Mayol, on ignorait que l’homme puisse lui aussi faire preuve de cette même capacité, même à un moindre degré.
Le 23 novembre 1976, au large de l’île d’Elbe, en Italie, près de la ville de Pise, Jacques Mayol réalisait ce que la science tenait pour impossible : il devenait le premier homme à avoir plongé 100 mètres sous la surface en apnée, le long d'une corde, et à en être remonté. C’était la consécration de décennies de pratique et de recherche. À cette profondeur, on lui avait conseillé de ne pas aller plus bas, estimant qu'il avait eu de la chance. Et sept ans plus tard, il atteignit les 105 mètres. Cependant, à 56 ans, il décida d'arrêter la compétition de profondeur. Pionnier dans la recherche physiologique sur l’apnée, Mayol laisse un héritage unique, ayant non seulement brisé des records mais aussi élargi la compréhension scientifique du corps humain dans les profondeurs.
Les Montres : Compagnons Essentiels de l'Apnéiste
Si la question d'un "masque de plongée Jacques Mayol Le Grand Bleu modèle" est souvent posée, il est intéressant de noter que les informations documentées sur l'équipement personnel de Jacques Mayol mettent en lumière un autre accessoire crucial pour l'apnéiste : la montre de plongée. Jacques Mayol était un amateur de montres, et il choisissait avec soin les modèles l’accompagnant lors de ses plongées, ce qui témoigne de l'importance qu'il accordait à la fiabilité et à la fonctionnalité de son équipement dans un environnement aussi exigeant que les profondeurs marines. Les détails concernant des modèles spécifiques de masques utilisés par Mayol sont moins mis en avant dans les récits de sa vie et de ses exploits, contrastant avec l'attention portée à ses garde-temps.
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Au début des années 70, Jacques Mayol fait confiance à la marque Squale pour l’accompagner dans ses excursions sous-marines. Il porte notamment le modèle 101 Atmos réf. 2002. Sortie à la fin des années 60, la 2002 est l’une des pionnières des montres de plongée professionnelles “extrêmes”. Avec son boîtier tonneau caractéristique, sa couronne à 4h, et sa lunette à pression, elle affiche une étanchéité impressionnante de 1000 mètres (sans valve à hélium), une véritable prouesse technique pour l’époque qui démontrait un niveau d'ingénierie exceptionnel.
Vers le milieu des années 70, Jacques Mayol se tourne vers Aquastar, et en particulier vers la Benthos 500. Il s’agit d’une plongeuse musclée de 42mm de diamètre pour 16mm d’épaisseur, animée par un mouvement automatique (calibre AS1902/3). Comme son nom l’indique, la Benthos 500 affiche une étanchéité de 500 mètres, ce qui est plus que suffisant pour un apnéiste, mais ce n’est sans doute pas ce que cherchait uniquement Jacques Mayol. En effet, la Benthos 500 dispose d’un autre atout crucial pour un plongeur libre : un chronographe à mono-poussoir de 60 minutes. Cette fonction était extrêmement utile pour mesurer précisément le temps d'apnée et les intervalles de récupération, à tel point qu’il la porte lors de son record de plongée libre à 100 mètres en 1976 à l’île d’Elbe, soulignant son caractère indispensable pour l'exploit.
La montre la plus connue et la plus emblématique associée à Jacques Mayol est sans aucun doute l’Omega Seamaster 120m Quartz. Il s’agit du haut de gamme d’Omega au début des années 1980, équipée du célèbre mouvement de la famille 1300 (le dernier mouvement à quartz haut de gamme fabriqué en interne par Omega). C’est une montre très particulière à bien des égards. Tout d’abord, elle représente la première plongeuse à quartz de la maison de Bienne. À ce titre, elle est équipée du calibre 1337, qui dispose d’un réglage rapide de la date et de l’heure, tandis que le réglage des minutes et des secondes sont activés par un moteur commandé par un bouton-poussoir, situé sur la tranche du boîtier à 2 heures. De plus, la Seamaster 120m adopte un style résolument différent des autres Seamaster, avec un diamètre contenu (37mm) et un profil très fin (moins de 8mm d’épaisseur). Cette silhouette élancée confère à la montre un certain raffinement, un aspect augmenté par le bracelet intégré qui n'était pas sans rappeler les lignes de l’Audemars Piguet Royal Oak. Ainsi, cette plongeuse élégante se voit affublée de l’appellation “plongeur de luxe”. D’ailleurs, Jacques Mayol portait une version en or et acier, poussant encore un peu plus loin ce raffinement. Néanmoins, la Seamaster 120m restait une plongeuse accomplie et efficace, dotée d'un verre saphir, d'une lunette unidirectionnelle, et offrant une lisibilité à toute épreuve grâce à ses aiguilles luminescentes, alliant ainsi l'esthétique à la performance sous-marine.
L'héritage de Mayol chez Omega ne s'est pas arrêté là. En 1996, Omega décide de sortir une édition limitée, dédiée à Jacques Mayol, de sa plongeuse best-seller : la Seamaster Professional 300. Ainsi, chaque année entre 1996 et 2002, la maison de Bienne édite entre 3000 et 5000 pièces. Certaines de ces montres se distinguent par un cadran orné d’un magnifique motif “dauphins” en son centre, un clin d'œil direct au surnom de Mayol et à sa connexion avec ces créatures marines, tandis que d’autres reçoivent les fameuses vaguelettes que l’on retrouve encore aujourd’hui sur cette collection emblématique.
Après avoir sorti les éditions limitées de la Seamaster Professional 300 pendant 7 ans, Omega décide d’aller encore plus loin dans sa collaboration avec Jacques Mayol. Et en 2003, Omega dévoile l’Apnea Jacques Mayol, un modèle où l’apnéiste lui-même participe à sa conception, une preuve de l'estime et de la reconnaissance de son expertise. Avec un boîtier de 42mm de diamètre pour 16.5mm d’épaisseur, c’est une montre assez imposante, qui affiche une étanchéité à 300 mètres. Fabriquée entre 2004 et 2010, l’Apnéa permet d’afficher un chronographe sous forme de pastilles sur le cadran, qui se remplissent lorsque l’on lance le chrono. Elles deviennent alors rouges, chaque rond correspondant à 1 minute. Ce système ingénieux, qui évoque sans doute l’Aquastar Regate, est animé par le mouvement automatique 3601, qui oscille à 28’800 alternances par heure et qui délivre 44 heures de réserve de marche, un mécanisme sophistiqué conçu pour répondre aux besoins spécifiques de l'apnée.
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"Le Grand Bleu" : Une Œuvre qui a Marqué les Esprits
Une dizaine d’années après ses exploits les plus retentissants, Jacques Mayol va être popularisé dans le monde entier par le film de Luc Besson, Le Grand Bleu. Ce drame de mœurs franco-italien, réalisé en 1988, a rendu célèbre Jacques Mayol et a marqué toute une génération, propulsant la carrière du réalisateur français sur la scène internationale. Le film est librement inspiré de la vie de Jacques Mayol, qui fut la première personne à atteindre une profondeur de 100 mètres en plongée libre, et d’Enzo Maiorca (nommé Enzo Molinari dans le film).
Le personnage de Jacques Mayol, romancé pour les besoins du cinéma, est interprété par Jean-Marc Barr. On retrouve notamment sa rivalité légendaire avec Enzo Maiorca, incarné avec brio par Jean Reno. Le succès du film a surpris aussi bien les acteurs que les protagonistes de l'histoire réelle. Jacques Mayol, qui avait l’impression d’être dépossédé de son histoire par cette adaptation, a décidé de réviser le contrat afin de bénéficier financièrement de cette réussite inattendue, ce qui n'a pas manqué de jeter un grand froid entre le plongeur et le réalisateur. De son côté, Enzo Maiorca a fait interdire le film en Italie pendant 14 ans, considérant qu’il donnait une image désobligeante de lui, témoignant de l'impact personnel et parfois conflictuel d'une telle œuvre cinématographique.
Le Grand Bleu, l’histoire qui a été filmée, a eu de la chance parce qu’il s’agit tout simplement d’un grand film, avec de très bons rôles. Jean Reno, dans le rôle d’Enzo Molinari, et Jean-Marc Barr, dans celui de Jacques Mayol, forment un duo étonnant de combat sportif et d’aventure. En même temps, le film montre, dans sa fin, la différence d’attitude à l’égard de l’art cinématographique, y compris le Happy End, entre le public européen et le public américain.
En regardant la version européenne, dont la fin ressemble à Jacques Mayol à 100 mètres de profondeur, on le voit commencer à regarder autour de lui et un dauphin nage jusqu’à lui depuis les profondeurs noires. Ensuite, le protagoniste s’éloigne de la corde à la nage et s’enfonce dans l’obscurité. Le spectateur a l’impression qu’il est simplement en train de se suicider en allant vers ce "fond". En même temps, dans cette version européenne, il y a une scène étrange dans le générique d’ouverture : Jacques Mayol traverse la baie à la nage et un dauphin bondit au-dessus de lui, une scène si joyeuse et si belle, qui n’est pas présente dans la narration principale du film. Dans la version américaine, la fin est un peu différente, offrant une perspective plus optimiste où Jacques Mayol remonte à la surface. Ces variations reflètent les sensibilités culturelles et narratives différentes, mais toutes deux soulignent la relation mystique de Mayol avec le monde marin. Il est important de noter qu'il y a un tas de choses qu’on n’apprend pas dans Le Grand Bleu, car ce n'est pas un biopic strict, mais plutôt une œuvre inspirée qui prend des libertés narratives.
L'Héritage Profond de Jacques Mayol
Au-delà des records et de la célébrité cinématographique, Jacques Mayol a laissé un héritage profond, modelant la perception de l'apnée et la relation de l'homme avec la mer. Pionnier dans la recherche physiologique sur l’apnée, il a ouvert la voie à de nombreux plongeurs libres. Son approche, qui combinait discipline physique et méditation, a révolutionné l'apnée. L’homme dauphin était également un témoin engagé pour l’environnement. Les plongeurs, par leur connexion intime avec le milieu marin, encouragent le public à se rapprocher de la nature, à ne pas seulement voir l’océan comme un territoire à exploiter. Comme l'explique Jean-Marc Barr, l'acteur qui l'a incarné : « Lorsque tu plonges en profondeur, t’es un peu mort d’une certaine manière. Quand tu remontes à la surface, en connaissant ce rien, la vie devient tout ». Cette citation résume la philosophie de Mayol : la plongée comme une expérience transformatrice, une quête de soi et une redécouverte de la valeur de la vie.
Toutefois, la vie de Jacques Mayol a été marquée par des tragédies et une profonde solitude. Le 26 janvier 1975, sa compagne allemande Gerda Covell meurt agressée par un drogué dans une supérette de Gainesville en Floride. Cette perte terrible le détache davantage des humains et son mal-être le recouvre d’un voile de tristesse qui l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie. En 1977, il réalise un film érotique sous-marin, Lure of the Triangle, montrant une facette plus inattendue de sa créativité. En 1983, il se rend à Marseille pour assister à l’enterrement de sa mère. C’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Luc Besson, qui lui présente son projet de film intitulé Le Grand Bleu, qui allait changer sa reconnaissance publique.
Rongé par la solitude et déprimé depuis plusieurs mois selon Umberto Pelizzari, une autre figure de l'apnée, Jacques Mayol se suicide par pendaison en 2001 à son domicile de Calone (commune de Capoliveri) sur l’île d’Elbe, où il vivait depuis plus de trente ans. Il avait alors 74 ans. Ses cendres sont dispersées au large de la Toscane. Jean-Marc Barr, qui le connaissait bien, a témoigné de cette solitude : « De vivre cette liberté qu’il s’est permise, il s’est retrouvé seul ». Si dans les premières années, cela le satisfaisait pleinement, l’assassinat de sa compagne Gerda en 1975 le laisse seul et le plonge dans une sévère dépression. Jean-Marc Barr se souvient : « Comme un dauphin, il s’est retiré pour mourir seul ». Il raconte aussi qu'avant son suicide, Mayol l'avait appelé : « J’ai bien vu qu’il était mal, mais je ne pouvais rien faire ».
Le point de vue adopté dans le documentaire L’homme dauphin, réalisé par Lefteris Charitos, est celui de Jacques Mayol, offrant un éclairage intime sur sa vie. Au départ du projet, Lefteris Charitos avait prévu de réaliser un documentaire sur les plongeurs d’éponges grecs, et s'il avait vu Le Grand Bleu, il ne connaissait pas profondément le personnage réel derrière le mythe. Lorsque Lefteris Charitos lui a proposé de narrer l’histoire de Jacques Mayol, Jean-Marc Barr n’a pas hésité. « C’était l’occasion pour moi de remettre les pendules à l’heure. Avec le succès du Grand Bleu, j’ai éclipsé le personnage. Jacques savait que j’en étais conscient, nous étions amis. C’était donc important pour moi de participer à un film qui montre cet homme dans toute sa folie et son génie », a confié Barr. Une plaque en son honneur a été posée près du monument de Yonaguni au Japon, près d’un site archéologique sous-marin inédit qu’il lui avait plu d’explorer, scellant son lien éternel avec les profondeurs et les mystères de l'océan.