Vous est-il déjà arrivé de rentrer d'une plongée, impatient de découvrir vos photos, pour être déçu par une mer d'un bleu et d'un vert fades ? Aussi éclatants que soient les coraux et les poissons en réalité, ils paraissent ternes et sans vie sur vos photos. Rassurez-vous, ce n'est pas un problème de compétences, mais plutôt la « magie » de l'eau. Ce guide vous expliquera le phénomène de perte de couleur sous-marine et vous présentera les trois principales solutions pour la corriger. Nous vous aiderons à faire le meilleur choix pour redonner vie à vos chefs-d'œuvre sous-marins !
Pourquoi le monde sous-marin « s’estompe-t-il » ?
La lumière du soleil est composée des sept couleurs de l'arc-en-ciel (rouge, orange, jaune, vert, cyan, bleu, violet), chacune ayant une longueur d'onde différente. L'eau absorbe et diffuse la lumière avec une grande efficacité. Le rouge disparaît en premier : la lumière rouge, qui possède la plus grande longueur d'onde et la plus faible énergie, est la première à être absorbée par les molécules d'eau. Elle disparaît presque entièrement à une profondeur de seulement 5 mètres. Orange et jaune suivent à une distance de 10 à 15 mètres (30 à 50 pieds), la lumière orange et jaune est également filtrée. Le bleu et le vert restent car ils ont des longueurs d'onde plus courtes et pénètrent plus profondément. C'est cette lumière qui atteint les profondeurs marines, se diffuse et se réfléchit vers nos yeux, ce qui explique la couleur bleue envoûtante des abysses (ou verte dans les eaux côtières ou riches en algues).
Votre appareil photo est « trop honnête ». Nos yeux et notre cerveau sont des systèmes de traitement incroyables. Ils effectuent automatiquement une correction de la balance des blancs, ce qui nous permet de percevoir encore du rouge même en profondeur. Un capteur d'appareil photo fonctionne différemment ; il enregistre simplement la lumière qui pénètre physiquement dans son objectif, laquelle est principalement bleue et verte. C'est pourquoi vos photos sont toujours majoritairement bleues. Pour restituer les couleurs réelles, il faut réintroduire artificiellement la lumière rouge et jaune absorbée par l'eau.
Solutions de correction des couleurs : Filtres, éclairage et post-traitement
Les photographes et vidéastes utilisent des filtres physiques pour corriger les déséquilibres chromatiques. On croit souvent, à tort, que les filtres colorés ajoutent des couleurs manquantes à une image. En réalité, ils fonctionnent selon un principe soustractif. Ces filtres absorbent ou bloquent sélectivement une partie de la lumière bleue ou verte dominante qui sature la scène sous-marine. En réduisant l'intensité des couleurs froides trop présentes, les filtres permettent aux couleurs chaudes restantes (rouges, oranges, jaunes) d'être enregistrées plus fidèlement.
Les filtres physiques : Les « lunettes de soleil » efficaces
Les filtres rouges sont conçus pour l'eau salée claire et bleue (tropicale). Ils permettent aux rouges et oranges de devenir plus saillants. Les filtres magenta sont l'outil de prédilection pour l'eau verte (lacs, algues, varech). Les filtres roses, ou filtres de plongée, sont moins intenses et conviennent à la faible profondeur (0,6 à 7,5 mètres). Le filtre agit comme des « lunettes de soleil » pour votre appareil photo, équilibrant la température de couleur. Il est crucial de se concentrer d'abord, puis de tirer. Le filtre réduit la quantité de lumière ; faire la mise au point sur votre sujet au préalable garantit une balance des blancs plus précise et une image plus nette.
Lire aussi: Maîtriser le routage dans Virtual Regatta
Éclairage vidéo sous-marin : Le « soleil artificiel »
C'est la méthode la plus directe et la plus efficace. Une lampe vidéo projette le spectre complet de la lumière blanche sur votre sujet, qui reflète ses vraies couleurs capturées directement par l'appareil. C'est un outil indispensable pour la macrophotographie, la plongée de nuit et la plongée profonde au-delà de 25 mètres. Il peut figer le mouvement et améliorer la qualité globale de l'image. Toutefois, il est coûteux, nécessite une recharge, alourdit l'équipement et peut effrayer les animaux sensibles.
Numérique et Post-traitement : La « baguette magique »
Les algorithmes logiciels restaurent les couleurs en augmentant les canaux rouge et jaune tout en diminuant le bleu. Des applications comme DIVE+, UW Cam ou le logiciel DiveTru offrent des filtres prédéfinis en un clic. Des outils comme Photoshop ou Lightroom permettent un contrôle puissant. L'avantage est la flexibilité sans équipement supplémentaire, mais le résultat dépend de la qualité du fichier original. Si la photo est d'un bleu trop terne, sans données de couleur, le post-traitement ne pourra pas la sauver.
Techniques avancées et combinaisons de matériel
Pour des résultats professionnels, la combinaison Filtre + Numérique est idéale : utilisez un filtre physique pendant la plongée pour une bonne base, puis affinez les couleurs par logiciel. La configuration « Lumière + Numérique » permet un étalonnage professionnel pour un résultat cinématographique.
Attention à la technique avancée du combo filtre + lumière en dessous de 20 mètres. À cette profondeur, la lumière ambiante est très bleue. Si vous utilisez un filtre rouge et un éclairage vidéo, votre sujet sera trop rouge. La solution est d'ajouter un filtre bleu sur votre éclairage vidéo. Cela atténue la lumière rouge de la lampe, équilibrant sa température avec la lumière ambiante, ce qui permet de capturer une image naturelle. À l'inverse, évitez absolument d'utiliser les trois simultanément (Filtre + Lumière + Numérique), car cela entraînerait une surcorrection extrême, rendant vos images artificielles.
Lire aussi: Choisir son application de navigation pour la voile
Lire aussi: Gestion de piscine : les meilleurs logiciels