La voile est un élément essentiel de tout voilier, agissant comme un moteur qui transforme la force du vent en mouvement. Comprendre les différents types de voiles et leur rôle est crucial pour tout navigateur, qu'il soit débutant ou expérimenté. Cet article explore en détail les différentes voiles que l'on peut trouver sur un voilier, en mettant en lumière leur définition, leur fonction et leur utilisation.
Vocabulaire de base
Avant de plonger dans les différents types de voiles, il est important de maîtriser le vocabulaire de base associé à la voile:
- Chute: Bord arrière de la voile.
- Bordure: Bord inférieur de la voile.
- Guindant: Bord avant de la voile, fixé au mât ou à l'étai.
- Oeillets de ris: Anneaux renforcés situés sur la voile permettant de réduire sa surface en cas de vent fort (prendre un ris).
- Penon: Petit morceau de laine ou ruban fixé sur la voile pour visualiser l'écoulement du vent et ajuster les réglages.
- Latte: Bande rigide insérée dans la voile pour améliorer son profil et sa tenue.
- Garcettes: Petits bouts de corde utilisés pour fixer la voile lorsqu'un ris est pris.
- Oeil de Cunningham: Œillet situé près du point d'amure permettant de modifier la tension sur le guindant.
- Croc de ris: Crochet utilisé pour fixer la voile lorsque un ris est pris.
La grand-voile: Voile principale
La grand-voile (GV) est la voile principale d'un voilier, installée à l'arrière du mât sur la bôme. Elle est souvent la plus grande voile à bord, pouvant atteindre environ 160 m2. Sa surface peut être ajustée en fonction de la force du vent grâce à un système de ris (généralement trois sur les IMOCA). Les grand-voiles modernes sont souvent équipées de lattes rigides pour améliorer leur profil et leur prise au vent.
Pour protéger la grand-voile des rayons UV du soleil et de la lune, elle est rangée dans une housse appelée taud. La GV est pliée en accordéon sur la bôme, puis le taud la recouvre. Il existe également un système de rangement alternatif appelé lazy bag, qui reste en place sur la bôme et utilise des cordes (lazy jack) pour diriger la chute de la voile directement dans le sac.
La Grand voile n’a pas toujours si bien porté son nom. Cette voile est située à l’arrière du mât. Elle se hisse le long du mât, via des coulisseaux ou un rail. Elle est généralement équipée de lattes qui permettent d’optimiser sa forme. Cette voile à la particularité de pouvoir être réduite grâce à un système de prise de ris. Jusque dans les années 80, la grand voile était de plus petite taille que la voile d’avant, souvent un génois. La tendance s’est inversée depuis. La grand voile à vu sa surface augmenter jusque dans les hauteurs.
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Il existe 4 variétés différentes pour la composition des grands-voiles: les fibres, les tissés, les laminés et les membranes. Chacunes de ces variétés contiennent des fils, fibre de carbones, du polyester et fibres de nylon, où le pourcentage varie en fonction de la variété et du tissage.
Les voiles d'avant: Foc, génois, solent et tourmentin
Les voiles d'avant sont les voiles situées à l'avant du mât. Elles sont utilisées pour équilibrer le voilier et optimiser ses performances en fonction des conditions de vent et de l'allure.
On parle généralement de foc, quand on parle de voiles d’avant. Or, sans être qualifié pour donner un avis terminologique et historique, j’estime que c’est une erreur de parler ainsi. Pour moi, le foc est bien une voile à part.
En courses les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3).
Le génois
Le génois est la voile d'avant la plus grande et la plus couramment utilisée en croisière. Il est souvent installé sur un enrouleur autour de l'étai, ce qui permet de le dérouler et de l'enrouler facilement depuis le cockpit. Son recouvrement est de 100%, ce qui signifie que la voile va jusqu'au mât, mais ne le dépasse pas. Il est généralement utilisé pour naviguer à des allures de croisière en voilier en haute mer. Il est constitué de Dacron, un textile synthétique qui permet une grande rigidité et une robustesse de la toile. C’est une voile de près, ce qui signifie qu’on navigue avec lorsque le bateau est situé à moins de 40 degrés du vent. Les avantages du génois sont sa facilité à manoeuvrer et sa souplesse. Néanmoins, son coût est élevé lors de l’achat et de l’entretien.
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Plus grande que la grand voile, jusqu’à la fin des années 80, cette voile a perdu un peu de surface depuis. Le génois est la voile d’avant la plus utilisée en croisière. Elle est d’ailleurs installée, de série, sur les croiseurs familiaux. Le génois peut être porté assez longtemps, en fonction de la force de vent.
Le foc
Le foc est une voile légèrement plus petite que le génois. On retrouve souvent cette voile sur les petits dériveurs et les dayboat. Le foc a l’avantage d’avoir une forme creuse, comme le génois, mais de taille plus petite. Il sera donc plus facile à manœuvrer lors des virements de bord. Certains croiseurs habitables récents sont équipés d’un foc auto-vireur qui facilite la manœuvre. Sa particularité est qu’il ne remonte pas jusqu’en haut du mât, ce qui le rend facilement reconnaissable. Il est aisément maniable grâce à sa forme creuse qui lui permet d’éviter les transitions violentes quand le voilier se situe de travers. L’avantage d’avoir une voile creuse et non raide est qu’elle se dégrade beaucoup moins rapidement, néanmoins, le bateau sera beaucoup plus lent durant la navigation. Le foc est donc une voile idéale pour naviguer à un rythme de croisière, proche des côtes. Son prix est logiquement moins élevé que celui des autres voiles grâce à sa superficie. De plus, sa durée de vie est d’environ 5 ans, cependant elle peut s'abîmer rapidement face à des rafales de vents.
Le solent
Le solent est une voile intermédiaire entre le génois et le foc. Cette voile d’avant est souvent utilisée en régate. Et pour cause, si un génois peut être enroulé, après 2 ou 3 tours, sa forme n’est plus optimale. Le solent sera donc hissé à la place du génois, notamment au près. son recouvrement monte jusqu’à la tête du mât mais n’est pas aussi large que le génois. Ce dernier est une voile raide, ce qui signifie que la voile ne se gonfle pas lorsqu'elle prend le vent, et donc qu’elle est bien plus performante. Il est souvent utilisé en régate grâce à la vitesse qu’il permet d’atteindre. Le solent est cependant difficile à manier et à hisser de par de son poids important émanant de sa taille et de sa composition en polyester bien plus dense que les autres voiles. Par ailleurs, cette voile se détériore rapidement car le vent détend les tissus et qu’elle se plie lorsqu’elle est enroulée.
La trinquette
La trinquette est une voile de taille inférieure au foc. Cependant, contrairement au foc, cette voile ne s’installera pas sur l’étai principal. La trinquette doit être portée plus près du mât pour être efficace. Les voiliers les plus anciens étaient équipés d’un second étai.
Le tourmentin
Le tourmentin est une voile de tempête, une petite voile robuste utilisée lorsque les conditions météorologiques sont extrêmes. Lorsqu’on hisse le tourmentin, c’est en général pas bon signe. En effet, ce petit bout de triangle est aussi appelé voile tempête. Le tourmentin, pour être efficace, doit lui aussi être installé sur un étai largable. Il existe un système de tourmentin qui s’installe par dessus le génois enroulé. Il est fait de tissu épais et conçu pour être très résistant. Facile à transporter, on le retrouve souvent dans la cale des voiliers de navigateurs réguliers pour qui, sortir durant des vents de force 5 est une partie de plaisir. Il est d’ailleurs conseillé d’en avoir un dans tous les voiliers en cas de rafales imprévues.
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Les voiles de portant: Spinnaker et Gennaker
Les voiles de portant sont utilisées lorsque le vent vient de l'arrière ou de travers, permettant au voilier de gagner en vitesse et de couvrir de plus grandes distances.
Les voiliers peuvent aussi comporter un spinnaker ou “spi”. Cette sorte de voile ressemble à un parachute, on la hisse lorsque l’on souhaite que le voilier navigue à des allures importantes, en recevant le vent à l’arrière. Contrairement aux autres voiles, le spi n’est pas forcément fixé sur l’étai.
Le spinnaker
Le spinnaker, ou spi, est indispensable en régate, comme il fait peur en croisière familiale. Pourtant, cette voile peut s’avérer très utile par vent arrière, ou au portant. En croisière familiale, elle va permettre de gagner en vitesse dans le petit temps et le medium. Il est utilisé entre 7 et 15 noeuds de vent. Le spi reste la plus grande voile du bord (400 m2 ).
Il existe 2 types de spi, le spi symétrique et le spi asymétrique. Le textile utilisé pour le spinnaker est l’un des facteurs essentiels qui lui permet sa légèreté. Le spi symétrique est généralement fait en nylon, alors que le spi asymétrique lui, est fait de polyester.
Le spinnaker symétrique
Un spinnaker symétrique est idéal pour naviguer aux allures grand-largue et par vent d’arrière. Il offre une grande vitesse, ce qui est idéal pour les voiliers mais aussi les catamarans, néanmoins il nécessite des compétences de manoeuvrabilité supérieure à celles du spi asymétrique. Le spinnaker symétrique peut être hissé avec son point de drisse en haut du mât et une poulie ou des bouts. C’est le spi le plus commun, en croisière. C’est celui-ci qui peut effrayer les débutants par ses différentes manœuvres pour le gréer. Il se règle grâce à une balancine et le hale-bas de tangon ainsi qu’au bras et à l’écoute.
Le spinnaker asymétrique
Le spinnaker asymétrique est plus récent que le symétrique. Il fût conçu spécialement pour la course. Sa particularité est qu’il est beaucoup moins creux que le spi symétrique, ce qui lui permet d’être encore plus rapide. Par ailleurs, ce dernier ne navigue pas par vent d’arrière, mais uniquement par grand-largue ou vents de travers. Il est apprécié, en croisière, pour sa simplicité d’utilisation. Contrairement au spi symétrique, le point d’amure est pris sur un bout-dehors, fixe. Il n’y a plus besoin de tangon. Il est souvent installé dans une chaussette facilitant encore plus les manœuvres.
Le gennaker
Le gennaker est un spi un peu différent des deux premiers. Cette voile se situe, dans sa coupe et son creux, entre le génois et le spi. Le gennaker est spi asymétrique, moins creux. Il est utilisé quand il y a de la brise (25 à 35 nœuds de vent).
Le Grand Gennaker mesure un peu moins de 300m2, c’est la plus grande des voiles pouvant être enroulée.
Voiles spécifiques utilisées en course
Dans le contexte des courses au large, comme le Vendée Globe, les skippers ont la possibilité d'emporter un nombre limité de voiles (huit, grand-voile incluse). Le choix de ces voiles est crucial et doit prendre en compte les conditions météorologiques prévues et les performances souhaitées.
Le Code 0
Le Code 0 est une voile de petit temps qui va au bout du bout dehors et en tête de mât.
J1, J2 et J3
En courses les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3). Le J1 (ou solent) est le plus grand de la famille. Il part de l’étrave et couvre presque jusqu’au mât. Le J2 (ou trinquette) est plus petit, il part du milieu du pont. C’est la voile de base. Le J3 (ou ORC) est encore plus petit et il part du milieu du pont avant. Il sert quand ça souffle fort, mais il peut aussi servir en même temps qu’une voile de portant, pour augmenter la surface globale.
Le J1 est le plus grand foc (140 m2) Cette voile va jusqu’au mat mais ne le dépasse pas C’est la voile que l’on met quand le vent vient de devant (allure de près pour les experts). Le J2 fait 100m2. C’est la voile qui reste toujours en place, elle est enroulée sur l’étai qui tient le mât. Plus petite que la trinquette, cette voile de 65 m2 est prévue pour le gros temps.