L'histoire des plongeurs du donjon est un récit fascinant, mêlant archéologie sous-marine, aventures de plongée et découvertes inattendues. Des profondeurs d'Alexandrie aux cénotes mexicains, en passant par les épaves corses, ce monde sous-marin révèle des trésors cachés et des expériences mémorables.
Le Phare d'Alexandrie : vestiges engloutis
Le phare d'Alexandrie, un colosse de pierre qui illumina la baie pendant 14 siècles, est aujourd'hui un mythe dont il ne reste que des traces cachées au fond de l'eau. Deux archéologues français du CNRS, Isabelle Hairy et son collègue, étudient depuis plus de 20 ans ce patrimoine oublié. Leur enquête a débuté à Qaitbay, un site portuaire stratégique, où Isabelle Hairy a découvert que des parties de la citadelle avaient été construites avec des morceaux du phare, notamment à l'entrée de l'imposant donjon.
« Ça appartient probablement au phare », explique Isabelle Hairy. Sur la jetée ouest, un immense bloc de granite de 13 mètres de long, le montant droit de la porte principale, est laissé à l'abandon par les autorités égyptiennes, faute de moyens financiers. « On a vraiment l’impression qu’il a été taillé hier, à quelques détails près, mais c’était il y a 20 siècles », s’amuse Isabelle Hairy.
Au total, 4 000 morceaux du phare gisent dans le port, tout autour de la citadelle, recouverts de limon et d'algues qui masquent leur aspect. Ces fragments d'histoire sont photographiés sous tous les angles depuis six ans, et les milliers de clichés sont assemblés et numérisés pour créer une carte sous-marine en trois dimensions. Ce travail minutieux a permis d'identifier un linteau de porte de 80 tonnes, qui trônait au sommet de l'entrée du phare, à 13 mètres de hauteur.
Les opérations de renflouage se sont multipliées ces 30 dernières années, la plus célèbre ayant eu lieu en 1996. Après plus de 20 années d'études, le phare d'Alexandrie a été reconstitué. On sait maintenant qu'il rayonnait dans la nuit grâce à des feux alimentés à l'huile, dans des vasques.
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L'homme au masque de fer : mystères et plongées dans l'histoire
L'histoire de l'homme au masque de fer, personnage mystérieux qui a inspiré films, romans et fantasmes, est étroitement liée aux donjons et aux lieux de détention. Qui était-il vraiment ? Connaît-on le cheminement de cet homme depuis le donjon de Pignerol jusqu'au cimetière parisien où il fut enseveli en 1703 ? Les restes du prisonnier reposent peut-être dans les catacombes de Paris.
Plus de 50 hypothèses existent sur l'identité de l'homme au masque de fer. Parmi les plus populaires, on retrouve :
- Eustache Danger : Pour certains historiens, l'homme s'appelait Eustache Dauger et ne portait un masque que de façon occasionnelle. Ils s'accordent à dire qu'Eustache était un valet, mais l'identité de son maître et les raisons de sa détention restent inconnues.
- Nicolas Fouquet : Le surintendant des finances de Louis XIV est également soupçonné d'avoir été l'homme au masque de fer après sa disgrâce auprès du roi.
- Le fameux jumeau : Était-il le frère jumeau de Louis XIV, le fils adultérin d'Anne d'Autriche et du duc de Buckingham, ou du Cardinal Mazarin ?
Les épaves de la Mortella : plongée dans l'histoire maritime corse
Les épaves de la Mortella 2 et 3, situées dans la baie de Saint-Florent en Corse, témoignent d'une histoire maritime riche et complexe. La Mortella 3, une nave génoise construite vers 1520, a été localisée en 2006 à 38 mètres de fond. Les fouilles et les recherches documentaires ont permis de retracer son histoire.
L'épave se trouve dans une zone protégée, historiquement destinée au mouillage de navires de fort tonnage. Peu d'éléments de la cargaison ont été conservés, car le navire a brûlé et semble avoir été pillé. Des canons, des culasses et des dizaines de boulets de pierre ont été découverts, ainsi que du mobilier céramique.
L'étude pétrographique du gravier et des pierres de lest a confirmé l'origine commune des deux épaves. Le mobilier céramique, fragmentaire, révèle des coupes, des cruches, des marmites et des jarres provenant de productions nord tyrrhéniennes, notamment des majoliques de Montelupo Fiorentini et des fragments à décors incisés originaires de Pise.
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L'épave de la Mortella 3 était probablement une nave de 550 à 570 tonnes de port. L'étude architecturale révèle l'utilisation de techniques de construction méditerranéennes, comme la fixation du bordé à la membrure au moyen de deux clous en fer, l'absence de gournables et le système d'emplanture du grand mât. La pompe de cale et le gouvernail sont des pièces exceptionnellement conservées.
Le naufrage des naves serait lié à la guerre entre Gênes et la Ligue de Cognac en 1527. Gênes était bloquée par la flotte de la Ligue, unissant les flottes françaises à celle du Pape, d'Andrea Doria et de Venise. Les deux naves auraient été rattrapées en Corse par une flotte française de galères en août 1527.
L'épave Tour d'Agnello 1 : un témoignage du commerce maritime antique
L'épave Tour d'Agnello 1, découverte en 1979 au large du Cap Corse, est un témoignage précieux sur l'architecture navale et le tonnage des navires commerciaux du IIIe siècle av. J.-C. Elle gît à 44 mètres de fond et a fait l'objet de plusieurs campagnes de prospection et de sondages.
Les sondages effectués en 2013 ont révélé que la coque de l'épave est encore bien préservée sous une couche de sable, de coquillages et de débris d'amphores. L'épave contenait un chargement homogène d'environ 300 amphores gréco-italiques, probablement utilisées pour transporter du vin de l'Italie méridionale. Une assiette à vernis noir et une moitié de meule en basalte ont également été découvertes.
L'étude architecturale a révélé que les membrures, hautes de 7,5 à 8 cm, présentent une section quadrangulaire. L'assemblage de la charpente transversale au bordé s'effectue par le biais de gournables et de clous de fer. Trois ancres métalliques ont été découvertes à proximité du site.
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A la fin des sondages de 2014, les vestiges ont été protégés avec du géotextile puis recouverts avec du sable.
Histoires de plongeurs : aventures et rencontres sous-marines
La plongée est une activité riche en émotions et en surprises, comme en témoignent ces histoires de plongeurs :
- Panne d'air à 18 mètres : Un plongeur expérimenté se retrouve en panne d'air à 18 mètres de profondeur, mais son binôme réagit rapidement et l'assiste dans la remontée. Ils découvrent ensuite que la bouteille était remplie à moitié d'eau de mer.
- Des flashs féériques : Lors d'une plongée aux Deux Frères, des plongeurs sont entourés de multiples flashs, comme s'ils étaient cernés par des centaines de photographes.
- Rencontre avec des dauphins en mer Rouge : Un plongeur est tiré de sa couchette pour observer des dauphins. Il se met à l'eau et se retrouve entouré de dauphins qui le guident et le caressent.
- Exploration du cénote Angelita : Un plongeur explore le cénote Angelita au Mexique et découvre un paysage onirique et angoissant, avec un nuage de sulfate d'hydrogène et un arbre mort plongeant dans les profondeurs.
- VTT sous-marin à Fréjus : Lors d'une plongée à Fréjus, une palanquée découvre un vélo et décide d'en faire une petite séance de VTT sous-marine.
- Prisonnier d'une épave : Un plongeur s'aventure dans l'épave de l'Arroyo et se retrouve prisonnier dans un recoin sombre après que son phare s'éteint.
- Remontée d'urgence en mer Rouge : Un plongeur aide un autre plongeur en panne d'air lors d'une plongée profonde en mer Rouge, et ils remontent en urgence, sans respecter les paliers.
- Rencontre avec un crocodile dans un cénote : Lors d'une plongée dans un cénote au Mexique, des plongeurs rencontrent un crocodile qui émerge des feuilles en suspension.
- Dérive en Martinique : Des plongeurs dérivent pendant deux heures vers le large après une plongée au Rocher du Diamant, en raison du courant fort et de l'impossibilité de tenir près du rocher.