Les Boucaniers de la Voile Sanglante : Une Histoire de Piraterie et d'Aventure dans les Antilles

L'histoire des boucaniers de la Voile Sanglante est un récit captivant de piraterie, d'aventure et de luttes de pouvoir dans les Antilles au XVIIe siècle. Ces marins audacieux, principalement anglais, français et hollandais, ont défié l'autorité espagnole et se sont taillé une réputation de flibustiers redoutables. Parmi eux, des figures emblématiques comme Bartolomeu Português, un pirate portugais atypique, ont marqué l'histoire de la piraterie.

L'Émergence des Boucaniers

Les boucaniers étaient principalement des marins anglais, français et hollandais, qui s'étaient unis pour mener ensemble une guerre de piraterie contre les Espagnols dans les Antilles. Au XVIIe siècle, les Antilles étaient le théâtre d'une lutte acharnée entre les puissances européennes pour le contrôle des richesses du Nouveau Monde. Les Espagnols, qui avaient été les premiers à coloniser la région, étaient constamment harcelés par les flibustiers, des pirates qui écumaient les mers à la recherche de butin.

Le terme « boucanier » était principalement attribué aux aventuriers anglais sur la côte américaine, tandis que les membres français de la profession préféraient souvent le nom de « flibustier ». Le mot « flibustier », qui a depuis été corrompu en « filibuster », serait lui-même la corruption du terme « freebooters », utilisé pour désigner les brigands des mers agissant pour leur propre compte.

Bartolomeu Português : Un Pirate Portugais dans les Caraïbes

Parmi les boucaniers les plus célèbres, on trouve Bartolomeu Português, un flibustier portugais qui sillonna les mers à la fin des années 1660. Son histoire est d'autant plus intéressante que le Portugal était un pays voisin de l'Espagne, et que les deux nations avaient souvent des intérêts divergents. Pour le Portugal, la piraterie était un moyen de s'approprier une partie des trésors que les Espagnols rapportaient du Nouveau Monde.

Bartolomeu Português fut l'un des premiers à concevoir un Code des Pirates. D’après les récits que nous possédons à son sujet, il semble qu’il n’ait pas commencé sa carrière de pirate dans la pauvreté. Il avait dès le début un certain capital à investir dans l’entreprise, et quand il se dirigea vers les Antilles, il le fit avec un petit navire armé de quatre petits canons, et tenu par un équipage de marins d’élite.

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L'Attaque Audacieuse d'un Vaisseau Espagnol

Lorsque Bartolomeu Português atteignit la mer des Caraïbes, il accosta probablement à Tortuga, le quartier général des pirates, puis il prit tout bonnement le large, comme s’il avait été un pêcheur naviguant au gré des vents pour voir ce qu’il pourrait attraper en mer, et connut plusieurs succès contre des navires Espagnols qui assurèrent sa renommée. Il fut plusieurs fois capturé, mais parvint toujours à s'échapper.

Un jour, Bartolomeu voguait autour de la piste généralement empruntée par les galions chargés d’or allant du continent aux Havanes, ou à l’île d’Hispaniola, guettant une prise. Lorsqu’il aperçut enfin un navire au loin, il convint rapidement avec ses hommes que leur partie de pêche ce jour-là serait aux prises avec ce qu’on pourrait clairement appeler un « poisson noble » : car le navire qui s'approchait lentement d'eux était un grand vaisseau espagnol, et de ses sabords jaillissaient les museaux d’au moins vingt canons.

Conscient du danger, Bartolomeu et ses hommes tinrent conseil autour du mât et décidèrent d'attaquer le navire espagnol coûte que coûte. Le petit navire pirate navigua hardiment en direction du grand vaisseau espagnol, et celui-ci, absolument abasourdi de l’audace de cette attaque, fit halte et attendit, avec tous les artilleurs postés devant leurs canons.

Lorsque les pirates parvinrent assez près pour voir la bouche des canons et comprendre la taille et la puissance du navire qu’ils avaient décidé d’attaquer, ils ne firent pas machine arrière, mais ils maintinrent leur cap comme s’ils avaient été sur le point de donner l’assaut à un gros navire marchand, lourd et peu maniable, dont l’équipage n’aurait été composé que de marins ordinaires et non de soldats aguerris.

Comprenant la témérité du petit navire, le commandant espagnol résolut de lui donner une leçon à son capitaine trop audacieux, si bien que dès que le navire des pirates fut assez proche, il déclencha une première bordée. Mais les boulets manquèrent tous leur but, et avant que les canons puissent être rechargés, le navire pirate était sur lui.

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Les pirates escaladèrent les flancs du navire espagnol comme des singes, sabre à la main et pistolets à la ceinture. Mais les Espagnols étaient de braves et farouches combattants, et leur nombre était plus que deux fois supérieur à celui des pirates, si bien qu’il ne fallut pas longtemps avant que les pirates comprennent qu’ils ne pourraient pas s’emparer de ce navire par un abordage. Après une brève escarmouche des plus violentes, ils dégringolèrent les flancs du navire et sautèrent sur leur propre navire.

Les Espagnols, triomphants, se préparaient maintenant à se débarrasser de ce bateau chargé de bêtes sauvages à demi-nues, ce qu’ils pourraient faire aisément pour peu qu'ils pointent leurs canons avec plus de soin qu’ils ne l’avaient fait auparavant. Mais à leur grand étonnement, ils constatèrent bientôt qu’ils ne pourraient rien faire avec leurs canons, pas plus qu’ils n’étaient en mesure de manœuvrer leur navire de manière à le mettre en position de tir efficace.

Bartolomeu et ses hommes saisirent leurs mousquets, dont ils étaient abondamment pourvus. Leur navire était situé à une très courte distance du navire espagnol, et chaque fois qu’un homme pouvait être aperçu à travers les hublots, ou se montrait sur le gréement ou sur n’importe quel point où il leur fallait accéder pour pouvoir manœuvrer le navire, il se constituait en cible de choix pour les pirates, qui étaient tous de très bons tireurs.

Pendant cinq longues heures, cette lutte inégale se poursuivit. Bartolomeu estima enfin que le moment était venu de s’emparer du navire espagnol. Tant d'Espagnols avaient été tués que les deux équipages seraient maintenant presque à égalité. Il porta donc son bateau tout contre le grand navire et sauta une nouvelle fois à l’abordage avec ses hommes. Il y eut à nouveau un violent combat sur les ponts, et il ne fallut pas longtemps pour que Bartolomeu s'empare du grand navire espagnol.

Le Butin et la Revanche Espagnole

Bartolomeu avait remporté une victoire terrifiante et sanglante. Après avoir débarrassé les ponts des cadavres et récupéré les objets de valeur, les pirates découvrirent un butin considérable : soixante-quinze mille couronnes en argent, en plus d’une cargaison de cacao d’une valeur de cinq mille couronnes de plus.

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Après avoir fait le compte de leur butin de guerre et rafistolé les voiles et le gréement de leur nouveau navire, ils récupérèrent ce dont ils avaient besoin dans leur propre bateau et l'abandonnèrent aux flots, puis ils naviguèrent dans la direction de l’île de la Jamaïque. Mais les vents ne leur furent pas favorables, et à cause du manque d’effectifs de leur équipage, ils furent obligés de s’arrêter pour se réapprovisionner en eau au cap Saint-Antoine à l’extrémité ouest de Cuba.

Après un retard considérable à cet endroit, ils reprirent leur traversée, mais bientôt, ils aperçurent, à leur horreur, trois vaisseaux espagnols qui voguaient dans leur direction. Il était impossible pour un très grand navire, manœuvré par cet équipage extrêmement réduit, d’échapper à ces vaisseaux entièrement équipés. Ainsi, lorsque le navire fut salué par les navires espagnols qui ne se doutaient de rien, il s’arrêta et attendit que les émissaires qui s’approchaient à bord d’une barque montent à bord.

Avec l’œil expérimenté d’un loup de mer, le capitaine espagnol de l’un des navires perçut quelque chose d’anormal chez ce navire, car ses voiles et son gréement avaient été grandement endommagés par la longue lutte qu’il avait endurée. Lorsqu’il se rendit compte que ce grand navire était entre les mains d’un très petit groupe de pirates, Bartolomeu et ses hommes furent immédiatement faits prisonniers, embarqués à bord du navire espagnol, dépouillés de tout ce qu’ils possédaient, même de leurs vêtements, et enfermés à fond de cale. Un équipage constitué des marins des vaisseaux espagnols fut chargé de manœuvrer le navire qui avait été capturé, puis la petite flotte fit voile vers San Francisco de Campêche [au Mexique].

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