Le Petit Prince : Genèse, destin littéraire et échos culturels d’un chef-d’œuvre universel

« Le Petit Prince » : il suffit de prononcer ces trois petits mots pour voir surgir l’image d’un enfant blond un peu ébouriffé avec son écharpe au vent. Le dernier livre publié du vivant de Saint-Exupéry est sans doute celui qui aujourd’hui contribue le plus à la postérité de l’écrivain. Ce qui est sûr, c’est qu’il recèle pas mal de mystères, et d’abord sur ses origines. Saint-Exupéry a écrit le livre pendant son exil new-yorkais, dans la deuxième partie de l’année 1942. À cette époque, l’écrivain séjourne en effet aux États-Unis. Il a quitté la France occupée un an plus tôt, avec l’espoir un peu vague de convaincre les Américains de s’engager dans la guerre, en tirant parti de sa notoriété grandissante. « Le Petit Prince » a certainement plusieurs origines, un peu comme une rivière qui est alimentée par une multitude de petits ruisseaux. Saint-Exupéry porte en lui des morceaux de Petit Prince depuis l’enfance et les vacances heureuses dans le château familial de Saint-Maurice de Rémens. À plusieurs reprises dans les années 30, il a évoqué l’idée d’écrire un conte, bien avant de se mettre à l’ouvrage.

Une aventure éditoriale : de New York à Paris

Comment se fait-il que le public américain ait eu le privilège de découvrir Le Petit Prince trois années exactement avant les lecteurs français ? Aux circonstances de la guerre, d’abord : Saint-Exupéry qui, pilote militaire, avait combattu contre l’aviation allemande durant la Drôle de guerre, avait choisi, non sans amertume et hésitation, de quitter provisoirement la France pour rejoindre les États-Unis. Il fut donc de ceux parmi les intellectuels, journalistes et artistes français à choisir l’exil. Arrivé sur le même paquebot que le cinéaste Jean Renoir, il débarque à New York fin décembre 1940, où sont déjà installés quelques amis français (Lamotte, Lazareff) ; ce n’est pas un inconnu outre-Atlantique : certaines de ses œuvres y ont déjà paru en traduction et ont même connu un réel succès. Il est en contact avec plusieurs éditeurs et, son séjour aux États-Unis se prolongeant, il y poursuit naturellement son activité d’écrivain - tout en formulant avec netteté ses choix politiques, ce qui ne manquera pas de l’impliquer dans d’injustes polémiques avec quelques-uns de ses compatriotes exilés.

C’est donc dans ce contexte de l’exil et d’un monde en guerre que s’inscrit, sinon l’intention, du moins la rédaction de ce qui deviendra l’œuvre littéraire la plus traduite au monde. La fable garde les traces de sa naissance « extra-territoriale », tant dans la dédicace à Léon Werth qui l’ouvre (l’ami demeuré en France, victime de l’oppression allemande) que par les thématiques et situations narratives qui la composent. La solitude, la mort, l’étouffement, la vanité des pouvoirs, l’obéissance aveugle aux instructions, et bien d’autres thèmes encore, en forment la trame. Incité par ses éditeurs américains à composer un récit, illustré par lui-même, pour les enfants, Saint-Exupéry se mit au travail à New York en 1942, sollicitant comme à son habitude les avis de ses proches, à la fois sur ses dessins et sur le texte lui-même. Prévu semble-t-il pour la fin de l’année 1942, le livre ne parut qu’en avril 1943 - le 6 avril, précisément, pour l’édition en langue anglaise (reliée toile) et une quinzaine de jours plus tard pour l’édition française (reliée toile ou simplement brochée). À en croire la presse américaine de l’époque et les quelques informations communiquées à Saint-Exupéry par son éditeur après parution, le livre connut un bon accueil aux États-Unis. On sait aussi qu’il y eut plusieurs réimpressions successives, tant en langue française qu’en traduction anglaise, avant 1947.

Outre son activité d’écriture, Saint-Exupéry, souffrant plus que tout d’être soustrait au terrain de l’action militaire, chercha sans relâche à regagner une unité aérienne. Parvenu à ses fins, il rallia Alger en mai 1943 et réintégra son escadre de rattachement, le « II/33 ». Il y reprit, malgré son âge et non sans intermittence, une activité de pilote. Il disparut au cours d’une mission de reconnaissance le 31 juillet 1944. Ce n’est qu’après-guerre, et donc à titre posthume, que la maison Gallimard, en contrat avec Saint-Exupéry depuis 1929, publia Le Petit Prince. Gaston Gallimard, qui souhaitait en faire un livre d’étrennes, avait dans un premier temps envisagé une publication fin 1945. De fait, le livre n’arriva sur les tables des libraires qu’en avril 1946, précédé cependant par la parution des bonnes feuilles dans le numéro 2 de Elle, en novembre 1945. Le Petit Prince est alors à l’aube d’une aventure éditoriale sans précédent : le chef-d’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry devint un des livres emblématiques de l’après-guerre et eut tôt fait de conquérir les lecteurs français de tous âges ; il a fait, depuis, le tour du monde.

Un livre phare dans le catalogue jeunesse

Après 1945, les maisons d’édition rajeunissent, égayent la présentation de leurs livres, lancent de nouvelles collections. La sortie du Petit Prince au début de l’année 1946 inaugure cette embellie éditoriale, de courte durée, qui s’efforce de renouveler le répertoire littéraire en s’attachant, notamment, le concours de grands auteurs contemporains. Pendant la guerre, après le départ de Jacques Schiffrin exilé aux États-Unis, la maison Gallimard n’a publié que peu d’ouvrages pour la jeunesse. La publication du Petit Prince, qui paraît en même temps que les Contes du milieu du monde de Guy de Pourtalès, annonce des temps nouveaux qui feront bientôt de Gallimard l’un des principaux éditeurs français pour la jeunesse. Mais à cette date, les livres pour enfants forment encore un secteur marginal de son catalogue. L’édition du Petit Prince se situe donc dans la continuité de ces orientations qui, depuis les origines, réservent une place importante à l’expression artistique, associée à des textes de haute qualité littéraire. Cette politique éditoriale s’inscrit, plus ou moins directement, dans le sillon du mouvement de pédagogie esthétique qui s’est engagé dans toute l’Europe du Nord au début du XXe siècle, et auquel ont adhéré un certain nombre d’éditeurs : animé par des enseignants, des collectionneurs, des écrivains et des artistes, attaché à la défense « des droits de l’enfance à la beauté », il encourageait le développement de la création artistique pour l’enfance dans tous les domaines de son environnement familial et scolaire, au nom d’un objectif pédagogique nouveau : l’éducation esthétique, considérée comme l’un des outils du développement harmonieux de l’individu et de la société.

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Les chiffres d’une réussite mondiale

Près de 10 000 exemplaires du premier tirage du Petit Prince, disponibles dans les librairies françaises depuis avril 1946, avaient été vendus à la fin juin, les ventes enregistrées sur l’exercice suivant (de juillet 1946 à juin 1947) se limitant au solde de cette impression initiale. Faut-il conclure à un succès mitigé pour un auteur aussi prestigieux ? Il convient de noter d’une part que la première réimpression du conte, seulement brochée, est commandée à l’imprimeur le 12 novembre 1947, pour une livraison en librairie avant Noël. Cette réimpression, tirée à 11 000 exemplaires, est suivie dès février 1948 d’une seconde, cette fois à 22 000 exemplaires. Les ventes cumulées de juillet 1947 à juin 1948 dépassent les 23 000 exemplaires. Le phénomène est en route, le livre a trouvé sa place dans le cœur des jeunes lecteurs français. Dès 1948, l’ouvrage de Saint-Exupéry devient le livre pour enfants le plus vendu du fonds NRF. Les réimpressions se succèdent à un rythme très soutenu : en 1958, Gallimard comptabilise déjà dix-neuf réimpressions de la version brochée, tirée entre 22 000 et 55 000 exemplaires. Dix ans après sa sortie en librairie, le livre s’est vendu à 450 000 exemplaires : une moyenne d’environ 50 000 exemplaires vendus par an. Il s’est diffusé au seuil des années 1980 plus de deux millions d’exemplaires du conte dans son édition d’origine et sa version reliée plus luxueuse. C’est cependant après 1980 que le rythme s’accélère, sous l’effet d’une diversification des publications de Gallimard. Au final, c’est près de onze millions d’exemplaires de l’ouvrage qui ont paru en soixante ans, dont plus de la moitié au format poche. L’ouvrage, vendu à plus de deux cents millions d’exemplaires dans le monde, dont douze millions d’exemplaires en France, est traduit en 600 langues et dialectes, ce qui en fait l’ouvrage de littérature le plus traduit après la Bible.

La question des dessins et de l’identité graphique

En 1999, « Folio » repartait de l’édition américaine pour établir fermement le texte et ses illustrations d’Antoine de Saint-Exupéry. C’est ainsi que l’astronome put enfin voir, dans sa lunette, une étoile qui avait malencontreusement été omise dans l’édition française de 1946 ! À cette occasion, il s’avéra que les dessins américains différaient de ceux reproduits en France. La maison Gallimard ne disposant pas à l’époque des dessins originaux du conte, fut obligée de faire réaliser des copies par l’intermédiaire de son photograveur pour obtenir un rendu satisfaisant. Un véritable travail de dessinateur fut effectué à cette occasion, fort bien fait et discret, mais tout de même peu fidèle aux détails et couleurs des aquarelles de l’auteur. Aujourd’hui, l’ensemble est rétabli tel qu’en ses premiers jours et très exactement conforme à ce que Saint-Exupéry, de son vivant, avait souhaité. Cet aspect a son importance, maintenant qu’il est bien entendu que la genèse du personnage du petit prince fut bien graphique.

Les sources d’inspiration d’un mythe

Le conte est à la fois le constat de la désolation et celui de la consolation. En pleine Seconde Guerre mondiale, l’écrivain affirme que la reconquête d’un monde plus humain est possible par une reconsidération du lien amoureux et amical. Pour la chercheuse Nathalie Prince, autrice de « Saint-Exupéry. Du vent dans le cœur », Le Petit Prince arrive à cristalliser la question de l’amitié, de l’amour, de la responsabilité, des relations absurdes des hommes, de la guerre. Le Petit Prince est aussi un récit à clef. Différents éléments de la vie d’Antoine de Saint-Exupéry se retrouvent dans le conte : son accident d’avion en Libye en 1935, les paysages sud-américains, la rose en référence à sa femme Consuelo, ou les renards dont il s’occupe quand il est à Cap Juby au Maroc en 1927-1928. En dehors de la vie de l’auteur, l’écriture du Petit Prince est aussi imprégnée du contexte historique de 1942. Les baobabs dans le texte peuvent être interprétés comme une référence à la montée du nazisme. Le personnage du petit prince aurait aussi été inspiré à Saint-Exupéry par la personnalité de Pierre Sudreau. Une autre histoire, tenace au Québec, affirme que le Petit Prince serait inspiré de Thomas De Koninck, fils de son ami Charles De Koninck chez qui il a séjourné à Québec en 1942. Saint-Exupéry fait poser Denis de Rougemont pour dessiner les croquis du Petit prince. Dans son ouvrage historique consacré à l’opération Condor, l’écrivain français Pablo Daniel Magee écrit que la fameuse figure du boa ayant avalé un éléphant, visible dans les premières pages du Petit Prince, serait inspirée par la forme du Cerro Patiño, une colline située sur la rive opposée à l’Hôtel del Lago, au bord du lac Ypacaraí, au Paraguay. Sauf à lire l’ouvrage comme une « autobiographie discrète », la mort de son frère François, qui le nommait « le roi soleil », en juillet 1917 marque peut-être le passage d’Antoine du stade d’adolescent à celui d’adulte.

Structure narrative et philosophie du conte

Le langage et les illustrations, simples et dépouillés, pour être compris des enfants, constituent pour le narrateur le support privilégié de l’expression symbolique de la vie et de ses mystères. Les chapitres relatent le voyage et les rencontres du petit prince qui le laissent souvent perplexe, en raison de l’incohérence voire de l’absurdité du comportement des hommes. L’œuvre peut aussi se lire comme une invitation à retrouver l’enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants… ». Le narrateur est un aviateur qui, à la suite d’une panne de moteur, doit se poser en catastrophe dans le désert du Sahara et tente seul de réparer son avion. Très surpris par cette apparition incongrue, l’aviateur obéit mais aucun de ses dessins ne convient au petit prince. Excédé, le narrateur dessine alors la caisse du mouton : « Ça, c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans ». Peu de temps après, le petit prince demande à l’aviateur si un mouton mange des fleurs, lequel répond « oui, même les fleurs qui ont des épines ». Jour après jour, le petit prince raconte son histoire au narrateur. Il vit sur une autre planète, appelée par les grandes personnes « l’astéroïde B 612 », « à peine plus grande qu’une maison ». Sa planète a été découverte, en 1909, par un astronome turc que personne n’a pris au sérieux à cause de ses vêtements traditionnels. Les activités du petit prince consistent essentiellement à ramoner les volcans et à arracher les baobabs pour qu’ils n’envahissent pas sa planète. Une aquarelle pleine page montre une planète rendue inutilisable par trois baobabs qu’il aurait fallu arracher à temps. Ces activités terminées, le petit prince contemple les couchers de soleil ; son astéroïde est si petit qu’il lui suffit de déplacer sa chaise de quelques mètres pour cela : une fois, il a vu le Soleil se coucher quarante-quatre fois, soit l’âge de Saint-Exupéry, à la suite. Ayant assisté à la naissance d’une rose superbe - orgueilleuse, coquette et exigeante -, le petit prince découvre que l’amour peut avoir des épines. Il quitte alors sa planète et part explorer les étoiles, en quête d’amis pour un voyage initiatique qui le conduira jusqu’à la planète Terre. Il dit au narrateur qu’il n’aurait jamais dû quitter sa planète, car « il ne faut jamais écouter les fleurs ». C’est tracté par un vol d’oiseaux sauvages que le petit prince s’évade de sa planète. Il arrive alors devant un jardin de roses et réalise que sa fleur n’est pas unique au monde et cette déception le rend bien malheureux. Puis il rencontre le renard ; ce dernier lui explique ce que signifie le terme « apprivoiser », un usage bien trop oublié par les hommes qui permet de tisser des relations. « On ne voit bien qu’avec le cœur. ». Plus tard, le petit prince rencontre successivement un aiguilleur de trains et un marchand avant de trouver l’aviateur - avec lequel il reste huit jours. Guidé par la fragilité et par la candeur du petit prince, celui-ci finit par découvrir un puits dans le désert : « Ce qui embellit le désert, dit le Petit Prince, c’est qu’il cache un puits quelque part. ». Peu après, le petit prince explique au narrateur qu’il est arrivé sur Terre depuis près d’un an : il doit rentrer sur sa planète pour s’occuper de sa fleur dont il se sent désormais « responsable ». Il ne peut en revanche emporter son corps trop lourd et alors le serpent, qui parle toujours par énigmes, accepte de le « libérer » en le mordant. En compagnie de l’aviateur, le petit prince revient sur le lieu exact où il était arrivé : « Il tomba doucement comme tombe un arbre. ». Le lendemain, l’aviateur ne retrouve pas le corps du petit prince et en conclut qu’il est bien rentré sur sa planète. Ayant terminé de réparer son avion, il rentre chez lui. C’est alors qu’il se rend compte qu’il n’a pas dessiné de courroie pour attacher la muselière qu’il a promise au petit prince. Il dessine le lieu du désert d’où il est reparti. « J’aurais aimé commencer cette histoire à la façon des contes de fées. » Le regret du narrateur est clair.

Symboles et personnages clés

Le Petit Prince demeure l’incarnation de l’innocence, de la curiosité et du questionnement philosophique. C’est un personnage qui, tout en apparaissant comme un enfant, porte un regard plein de sagesse sur le monde des adultes. Sa relation avec la rose est au cœur de sa quête de l’essentiel : apprendre à aimer, à protéger et à comprendre les besoins de l’autre sans attentes excessives. La rose représente la beauté, la vulnérabilité et l’amour qui a besoin de soins et de dévouement. Elle est à la fois capricieuse et fragile, à l’image des relations humaines qui nécessitent beaucoup d’attention et de patience. Le renard est sans doute l’un des personnages les plus emblématiques. Il enseigne au Petit Prince la véritable signification de l’amitié : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. ». Le renard incarne l’idée que la valeur de l’amitié réside dans le temps investi à apprivoiser l’autre. Les autres personnages que le Petit Prince rencontre (le roi, le vaniteux, le buveur, l’allumeur de réverbères ou le géographe) sont des caricatures de traits humains souvent absurdes et de comportements adultes dépourvus de sens. Ces personnages permettent ainsi à Antoine de Saint-Exupéry de dénoncer la vanité, le conformisme et la superficialité. Le narrateur, qui est aussi aviateur, représente quant à lui la réconciliation entre le monde de l’enfance et celui des adultes. Sa rencontre avec le Petit Prince est un éveil spirituel, une prise de conscience de la beauté simple de la vie qui se trouve au-delà des soucis quotidiens.

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Une portée culturelle et éducative universelle

« Le Petit Prince » occupe une place unique dans la littérature moderne. Son phénomène d’édition a été tel que le livre est entré dans le domaine public en 2015 dans de nombreux pays, ce qui lui a permis de s’étendre encore davantage au niveau mondial. Tous les formats s’en sont emparé, de la bande dessinée en passant par le film d’animation ou encore la comédie musicale. L’influence du Petit Prince dépasse clairement la littérature. Son message humaniste a touché des millions de personnes et les différentes lectures possibles de l’œuvre en font un véritable outil de réflexion, utilisé tant par les enfants que par les adultes. L’œuvre de Saint-Exupéry résonne dans des contextes sociaux et politiques variés, devenant un symbole de paix et de dialogue interculturel, très apprécié comme outil pédagogique de premier ordre dans les écoles du monde entier. Le conte de Saint-Exupéry est souvent utilisé comme un outil d’apprentissage. Pour les enfants, « Le Petit Prince » est un moyen de découvrir des valeurs telles que l’amitié, la responsabilité et la curiosité. Pour les adultes, il constitue une invitation à l’introspection, à la critique sociale et à l’humanisme. Les citations célèbres du livre, telles que « On ne voit bien qu’avec le cœur » ou « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé » demeurent des enseignements intemporels qui continuent d’inspirer les lecteurs de toutes générations.

Adaptation et héritage médiatique

Les adaptations sont innombrables. En 1954, paraît « Le Petit Prince » lu par Gérard Philipe et Georges Poujouly. L’enregistrement, devenu mythique et récompensé par le Grand Prix de l’Académie du disque, propose un montage d’extraits du conte sur une durée de trente-quatre minutes. En 1967, première adaptation cinématographique par le réalisateur lituanien Arünas Zebriünas. En 1974, Stanley Donen réalise une adaptation cinématographique pour la Paramount. En octobre 1977, Jacques Ardouin monte une adaptation théâtrale à Paris, jouée durant de longues années au Lucernaire. En 1997, parution du CD-Rom « Le Petit Prince », adapté et mis en scène par Romain Victor-Pujebet. Le texte est lu par Sami Frey. En 2002, une comédie musicale basée sur « Le Petit Prince » a été mise en scène par Jean-Louis Martinoty avec des musiques de Richard Cocciante. En 2003, un opéra basé sur « Le Petit Prince » a été composé par Rachel Portman. En 2015, le film d’animation réalisé par Mark Osborne mélange animation en stop-motion et 3D. Il met en scène une jeune fille découvrant l’histoire du Petit Prince à travers un aviateur excentrique. Le théâtre n’est pas en reste, avec par exemple la création, le 22 mars 2006, au Théâtre Michel, du Petit Prince d’après Antoine de Saint-Exupéry, dans une mise en scène de Virgil Tanase. Un parc à thème entier, inspiré de l’œuvre, ouvre ses portes le 1er juillet 2014 en France, en Alsace, à Ungersheim.

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