Le Kitesurf : Entre Aventure Aérienne et Maîtrise des Éléments

Le kitesurf est un sport de glisse extrême qui consiste à utiliser une planche et une grande aile, ou un cerf-volant, pour glisser sur l’eau. Apparue à la fin des années 90 et popularisée au début des années 2000, cette activité a rapidement conquis un large public. Le kitesurf consiste à naviguer sur une petite planche en étant tracté par un cerf-volant (kite en anglais) que l’on pilote à l’aide d’une barre. Le véritable décollage commercial survient à la fin des années 1990 : les ventes d'ailes passent de 100 exemplaires en 1997 à plus de 15 000 en 2001, et dépassent les 100 000 unités annuelles en 2010. En France, on compte aujourd'hui plus de 50 000 pratiquants réguliers.

Une Genèse Riche en Innovations

Dès l’après-guerre, on peut retrouver divers documents qui évoquent l’utilisation d’un cerf-volant de traction sur l’eau. On retrouve notamment dans les archives de la Nasa et de la marine américaine des études sur des ailes de cerf-volant permettant aux naufragés ou aux astronautes de se déplacer dans des embarcations de secours gonflables. Dans les années 1975, au moment du premier choc pétrolier, plusieurs compagnies, notamment pétrolières, relancent des études afin de diminuer la consommation de leurs bateaux. Ainsi, John Bridge dépose un brevet pour un spinnaker aérien le 7 mai 1979, Dieter Strasilla pour une voile de traction commandée le 16 août 1975 ou British Petroleum pour une voile sustentée marine le 21 mai 1981. En parallèle, la firme Zodiac, spécialisée alors dans le matériel de sécurité et de secours d’aviation, reprend les études de la Nasa.

En 1984, les frères bretons Dominique et Bruno Legaignoux déposent le brevet d'une aile courbe à structure gonflable, qui deviendra le principe fondateur de toutes les ailes modernes. En 1992, Laurent Ness (champion de France 1997 de char à cerf-volant) se fait tracter par un cerf-volant delta sur une planche de funboard à La Grande-Motte. Les Legaignoux créent la société Wipika en 1993 pour commercialiser un petit bateau gonflable accompagné d’une aile de traction. Ils l’arrêtent en 1995, mais Manu Bertin teste leurs voiles à Maui avec Laird Hamilton. En février 1997, il fait la une de Wind Magazine, magazine de planche à voile, sur les vagues de Hawaï. Raphaël Salles, véliplanchiste, crée la société française F-ONE en 1994 au départ pour commercialiser la planche à voile puis pour développer des planches directionnelles inspirées du funboard, avec la mise au point par Laurent Ness qui développe du matériel de char à voile. Dans le même temps que Damien Richard, Franz Olry développe des planches twin-tip. Les Legaignoux lancent Wipika en juin 1997 pour commercialiser des barres de traction et ailes produites par NeilPryde en France, fabrication transférée en 1998 chez Lam Sails, fabricant de parapente en Chine.

L'Évolution de la Sécurité et des Standards

Dès 1995, la Fédération française de vol libre (FFVL), qui a été créée pour développer le deltaplane puis le parapente, accepte d’envisager de prendre la délégation du ministère des Sports pour développer le cerf-volant puis un groupe de pratiquants passionnés demandera à la Fédération de voile (FFV) (qui refusera) et à la FFVL d’accepter cette nouvelle discipline, le kitesurf, encore peu répandu en 1998. La FFVL accepte et elle crée la formation de moniteurs dès 1997 dans les trois disciplines (terre, neige, eau), utilisant l’École nationale de voile (ENV). Lors du développement de 2000 à 2003, quelques accidents graves (tétraplégies) et mortels incitent la FFVL à demander la qualification de sport à risque en environnement spécifique. Il est identifié dès cette époque un problème d’impossibilité à larguer les ailes lors des situations de tractions excessives et des instabilités des ailes dans certaines configurations. La FFVL initie une norme française pour les sécurités publiée par l’Afnor en 2005 : un largueur de barre qui neutralise (ou du moins réduit) la traction de l’aile puis un second largueur de voile en cas extrême.

En 1998 apparaissent les premiers systèmes de largage permettant au kitesurfer de se désolidariser d’une aile située à 20-25 m de lui, système bien utile quand les choses tournent mal. Une autre amélioration apparaît en 2004-2005 : le depower. Cette ligne centrale permet de réguler l’assiette du kite dans les airs, donc la puissance du moteur. On comprend dès lors que toute étude publiée avant 2006 est à considérer avec prudence (il faut laisser le temps aux kitesurfers de s’équiper d’un nouveau matériel plus sûr, mais coûteux).

Lire aussi: Choisir sa combinaison Rip Curl

Analyse Physiologique et Contraintes Physiques

Le “moteur” est constitué par le kite maintenu par le vent. Selon la position de l’aile, le kitesurfer peut se déplacer latéralement, ou s’élever dans les airs. En racing (course), le kitesurfer se déplace latéralement par rapport au sens du vent sur une eau plus ou moins clapoteuse. L’effort est quasi isométrique (seuls de petits mouvements d’amortis avec les genoux et les hanches sont observés) avec une torsion de la ceinture scapulaire par rapport à la ceinture pelvienne (on regarde où l’on va). En freestyle (discipline d’expression), discipline entrecoupant les traversées de nombreux sauts plus ou moins hauts et incluant des figures réalisées dans les airs ou sur l’eau, les chocs en réception sont parfois très importants, contraignant les membres inférieurs des pieds au rachis. En cas de pratique de saut « déhooké », donc détaché du harnais, les contraintes sont assimilables à celles induites par un palonnier de ski nautique, mais la tension de la barre de kitesurf n’est pas constante, car dépendant directement du mouvement du kite.

Les vibrations induites par la tension des lignes auxquelles est accroché le pratiquant et les vibrations induites par la planche rebondissant sur le clapot sont responsables de contraintes physiques. Le kite est soumis à des variations rapides des flux d’airs, et l’élasticité des lignes amplifie encore l’amplitude des vibrations transmises au pratiquant. La fréquence des vibrations principales est de 0,5 Hz. Valsecchi a enregistré les contraintes durant la pratique en utilisant un accéléromètre tridimensionnel. Plus de 200 km de tests sur quatre emplacements différents ont été effectués avec un unique kitesurfer et une unique planche. La vibration dominante est située selon l’axe z (des pieds à la tête à une valeur moyenne de 5,51 m/s).

Épidémiologie des Traumatismes

Le kitesurf est un sport extrême en plein essor. L’épidémiologie des traumatismes est toutefois mal connue. Quelques enquêtes prospectives ou rétrospectives permettent de déterminer une incidence moyenne des lésions de 6 à 7 pour 1 000 heures de pratique. Les déclarations adressées à la Fédération française de vol libre sont limitées, du fait du nombre limité de licenciés, estimé à moins de 20 % des pratiquants réels. L’incidence des lésions est définie par le nombre de lésions survenues au décours de la pratique rapporté au nombre d’heures de navigation, fixé à 1 000 heures. En général, sur une pratique de loisir, il est rapporté 5,9 à 7 lésions pour 1 000 heures de pratique. Toutefois, dans l’étude rétrospective de Wegner et Wegener, une incidence bien plus élevée de lésion est rapportée. Ceux-ci rapportent 31 lésions/1 000 h chez le grand débutant, et 19,6 lésions/1 000 h chez le débrouillé, contre seulement 6,1 lésions/1 000 h chez le pratiquant expert.

Certaines études publient des chiffres impressionnants, comme cette étude menée par questionnaire sur le web retrouvant 105 lésions/1 000 h, mais qui prend en compte tous types de lésions y compris les excoriations cutanées. Une étude rétrospective récente menée par Baumbach sur 202 kitesurfers retrouve une incidence de lésion de 18,5/1 000 h de pratique, avec un net sur-risque féminin (41,7/ 1 000 h). Là aussi, coupures et simples hématomes sont répertoriés. Si l’on élimine cette traumatologie très bénigne, les auteurs rapportent 10,6 lésions/ 1 000 h, mais avec là encore un sur-risque féminin (21,2/1 000 h versus 9,6/1 000 h). Seuls 9,5 % des kitesurfers interviewés ont consulté un médecin suite au traumatisme, mais, dans 80 % des cas, la prise en charge a été chirurgicale. Les lésions rencontrées semblent plus souvent aiguës (76 %) que chroniques (24 %) dans un échantillon de 38 compétiteurs. Les diverses études retrouvent une prédominance des lésions des membres inférieurs (45-70 %). Les membres supérieurs représentent le deuxième site lésionnel (16-22 %) suivis par le tronc (4-15 %) et la tête (2-34 %). Les entorses (18-40 %), contusions (13-34 %), dermabrasions (18-28 %), lésions musculo-tendineuses (17- 18 %) et plaies (17-18 %) sont le plus souvent rencontrées.

Pourquoi Tester le Kitesurf : 8 Raisons Fondamentales

  1. Vous pouvez commencer même si vous n’êtes pas sportif : Pour débuter le kitesurf, il n’est pas nécessaire d’être Musclor ou d’avoir un long passé de carrière sportive derrière soi. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, manier la voile n’est pas si physique et n’importe qui peut y arriver.
  2. Vos muscles vont se développer sans que vous vous en rendiez compte : Avec les entraînements et le temps passé à pratiquer, vos muscles vont se développer avec, on ne vous le cache pas, quelques courbatures au début ! Ce qui est génial avec le kitesurf, c’est surtout qu’on a l’impression de s’amuser et non de se muscler. Pourtant, en tenant sa voile et en restant bien solide sur ses jambes, on se gaine et on sollicite toutes les parties du corps.
  3. Vous allez rapidement avoir de super sensations : Le kite est un sport nautique et aérien qui offre très rapidement de super sensations. Rien que glisser sur l’eau en silence en se sentant seul au monde est complètement grisant. Les sauts offrent ensuite l’impression de voler puisqu’on peut rester dans les airs quelques secondes. Sans compter qu’en kite, la marge de progression est quasiment infinie !
  4. La sécurité est désormais une priorité : Si la discipline semblait assez dangereuse à ses débuts, avec l’élargissement de la pratique, la sécurité s’est considérablement améliorée. D’une part, les pratiquants sont sensibilisés aux règles de sécurité à respecter pour ne pas se blesser, aux conditions dans lesquelles pratiquer et aux sites propices ou non. D’autre part, le matériel a été revu et des systèmes ont été ajoutés pour perdre complètement sa puissance en cas de nécessité. Vous n’avez donc pas de soucis à avoir de ce côté-là ! Le kite n’est pas plus dangereux que le snow ou le VTT par exemple.
  5. Vous allez découvrir une super communauté : Même s’il s’agit d’un sport individuel, la communauté des kitesurfeurs est très soudée et toujours prête à s’entraider. C’est un vrai point positif. Sur la plage, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous aider. Et il en est de même si vous rencontrez un problème une fois à l’eau. Entre passionnés, on se comprend et vous vous ferez rapidement des « ami(e)s de kite » pour partager vos nouvelles expériences !
  6. Vous allez booster votre confiance en vous : Au fur et à mesure de votre progression, vous allez arriver à maîtriser les éléments : l’eau et le vent deviendront de véritables alliés. Mais vous allez aussi réaliser des choses que vous pensiez impossibles comme ce premier saut, puis ce premier grab ! Autant de petites victoires qui vous feront vous sentir fort et boosteront votre confiance en vous !
  7. Le kitesurf, c’est aussi voyager partout dans le monde : On pourrait croire qu’un plan d’eau est un plan d’eau et que toutes les mers sont les mêmes quand on pratique le kite. Pourtant, il n’en est rien ! Vous allez vite avoir envie de découvrir de nouveaux horizons. Et une fois que vous aurez rider les eaux turquoise d’un lagon au cœur de paysages somptueux, vous voudrez juste recommencer ! Certains spots sont des incontournables pour tout rider qui se respecte et ils vous emmèneront tout autour du monde.
  8. Vous allez faire pâlir vos proches d’envie : Votre teint bronzé toute l’année, votre confiance en vous et bien évidemment les vidéos que vous allez rapporter de vos exploits susciteront l’envie de tous vos proches. Pourquoi ne pas leur faire tester ce sport à leur tour ?

Équipement et Apprentissage : Les Fondamentaux

Le matériel nécessaire à la pratique du kitesurf se compose de 4 éléments de base : l’aile, les lignes et la barre qui raccordent celle-ci au harnais et enfin la planche. L’aile de kitesurf est à la croisée des chemins entre un cerf-volant et les voiles de planche à voile et parapente. On distingue 2 types principaux d’ailes de kitesurf. Les premières « à boudins » munies d’une partie rigidifiée par gonflage et faisant office de flotteur lui permettant de redécoller depuis l’eau. L’autre type est dit « à caissons », se caractérisant par un profil souple comparable au parapente.

Lire aussi: Combinaison kitesurf : le guide complet

Les planches de kitesurf se divisent en 2 catégories principales : mono et bidirectionnelle, dites « twin tips ». Le harnais de kitesurf est une pièce cruciale de l’équipement du kitesurfeur. Le harnais culotte répartit la force sur la ceinture, le bas du dos et le haut des cuisses, tandis que le harnais ceinture permet une plus grande liberté de mouvement, idéal pour le freestyle. L’apprentissage du kitesurf ne demande qu’une bonne condition physique et une taille minimum le rendant accessible à partir de 12 à 14 ans environ. Avec le matériel récent, un peu de patience et une bonne pédagogie, on s’initie très facilement. L’apprentissage des bases se fait en 7 à 8 heures pour les plus doués, soit 4 à 5 jours à raison de 2 h par jour.

Prévention et Pratiques de Sécurité

La pratique du kitesurf nécessite une grande vigilance sur la plage comme sur l’eau. Avant d’aller dans l’eau, vérifiez toujours les prévisions météorologiques. Déterminez si la force du vent et les conditions dans l’eau sont adaptées à votre niveau. Évitez les vents forts du large, les rafales et les eaux encombrées ou parsemées d’obstacles. Assurez-vous de connaître les conditions locales et les risques potentiels. Portez toujours une protection lorsque vous surfez. Un casque et une competition vest, notamment, atténuent le choc en cas de collision, et un harnais avec option « quick-release » vous permet de vous détacher rapidement en cas d’urgence. La combinaison de surf est un élément important de votre équipement car il vous tiendra chaud si vous devez passer de longues heures dans l’eau.

Vérifiez et entretenez régulièrement votre matériel de kitesurf. Vérifiez que les joints et autres connexions ne sont pas usés ou endommagés. Ayez conscience de votre niveau et n’essayez pas de faire des choses qui sont hors de votre portée. Ce principe s’applique également aux conditions extrêmes : si vous ne pouvez pas y faire face, restez sur la terre ferme. Le kitesurf est souvent pratiqué dans des endroits assez fréquentés. Respectez les autres kitesurfeurs et pratiquants de sports nautiques, les nageurs et les baigneurs. Gardez une distance de sécurité avec les autres et évitez les endroits bondés. Les techniques d’autosauvetage peuvent vous aider à faire face efficacement aux situations à risque. Pratiquez des techniques telles que faire atterrir vous-même votre kite, vous laisser traîner vers l’avant et relancer votre kite depuis l’eau. Dans la mesure du possible, surfez toujours avec un ami ou une amie.

Diversité des Disciplines

Freeride, freestyle, wakestyle, kitefoil : les différentes pratiques du kitesurf permettent de varier les plaisirs et impliquent de nombreuses possibilités de spécialisation, il est donc possible de se perfectionner dans un domaine en particulier. Le freeride est la pratique la plus répandue ; le rider navigue librement sur l'eau avec son aile de traction, en quête de sensations pures, sans contrainte de parcours. Le freestyle consiste à réaliser des figures acrobatiques en l'air grâce à la puissance de l'aile de traction - rotations, grabs, kiteloops, megaloops. Le wave riding utilise les vagues comme terrain de jeu, similairement au surf. Le kitefoil, apparu en 2008, marque une nouvelle dimension : la planche décolle de l'eau, supprimant presque toute friction, et permet de naviguer avec très peu de vent. Le wakestyle, inspiré du wakeboard, privilégie les figures réalisées avec l'aile basse, en s'affranchissant du harnais. Enfin, la course et la vitesse restent des domaines compétitifs où les records tombent régulièrement.

Lire aussi: Kitesurf: Spots et Conseils

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *