Le monde de la course au large est jalonné de destins exceptionnels, et celui de Thomas Ruyant, navigateur originaire de Malo-les-Bains dans les Hauts-de-France, en est un exemple frappant. Sa trajectoire, forgée par une passion précoce pour la voile et une détermination sans faille, l'a conduit à devenir une figure emblématique des transatlantiques et des courses autour du monde. De ses débuts sur des dériveurs en solitaire aux commandes d'IMOCA de dernière génération, Thomas Ruyant incarne l'évolution et l'excellence de la voile de compétition.
Des Racines Nordistes à l'Appel du Large
Né à Saint-Pol-sur-Mer, Thomas Ruyant avait quelques prédispositions à la voile de compétition, bien que son parcours initial ait été diversifié. La navigation, le Dunkerquois la découvre un peu plus tard, d'abord par la croisière familiale, tandis que son enfance est également marquée par d'autres disciplines. Passionné par plusieurs activités, il pratique en effet également la course à pied et le hockey sur glace. Grandissant à mi-chemin entre la plage et la patinoire, le jeune Thomas choisira d'abord le hockey sur glace. Dans cette discipline qui allie la rudesse à la technique, il trouve peut-être les premiers ingrédients de son parcours de marin.
Au début des années 2000, c'est finalement la voile de compétition qui capte son attention. Il s'essaye d’abord à l’équipage, en First Class 8, ou au solitaire, sur un Laser. Si de son propre aveu, ses débuts « ne sont pas fameux », ils n’augurent en rien de la suite de l'histoire. Après quelques expériences en Mumm 30, le Nordiste se retrouve vite à la barre de son premier projet : un proto pour le circuit Mini 6,50. Il poursuit son parcours en Mumm 30, où il découvre la navigation au large en rejoignant les équipages du Défi Jean Bart et de Courrier Dunkerque.
Sa première grande victoire et le début d’une longue épopée transatlantique surviennent en 2009. Au terme de deux « cycles » de deux ans dans la catégorie, il décroche la victoire de la Mini Transat 6.50, reliant La Rochelle à Salvador de Bahia. L’année suivante, il remporte la Route du Rhum dans la catégorie Class40 après une traversée de l’Atlantique mémorable. Ce triomphe vient clore une saison sportive où il domine l’ensemble du circuit. Désireux d’affiner sa maîtrise de la course au large en solitaire, il enchaîne ensuite avec trois saisons en Figaro.
Les Premiers Défis en IMOCA et le Vendée Globe
L'entrée de Thomas Ruyant dans le circuit des IMOCA marque un tournant majeur dans sa carrière. En 2015, Thomas est appelé par l’association Le Souffle du Nord pour participer au Vendée Globe 2016-2017. Lors de sa première course en IMOCA, la Transat Jacques Vabre, il termine à une honorable quatrième place avec son ami Adrien Hardy. Lors de son premier Vendée Globe, il prend le départ avec l’ambition de se mesurer aux meilleurs et de porter le message de l’ONG Projet Imagine, qui célèbre les héros du quotidien.
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Cette édition sera malheureusement marquée par un incident majeur. Alors qu’il navigue en huitième position, son IMOCA est endommagé dans une collision avec un ofni. L’édition précédente était encore plus frustrante. Course terminée, c’est un miracle de le voir rallier la Nouvelle-Zélande avec un Souffle du Nord quasi coupé en deux. Bien qu'il soit contraint à l'abandon après que son IMOCA se disloque en mer, Thomas refuse de céder et survit à deux jours d’angoisse avant de rejoindre le littoral, dans des circonstances encore mystérieuses. De ces avaries, le skipper garde sûrement un petit goût de revanche.
Après cet incident, Thomas met tout en œuvre pour se présenter au Vendée Globe 2020 dans les meilleures conditions possibles. Pari réussi pour le Dunkerquois, qui termine à la 5e place, après avoir passé les deux-tiers de la course dans le trio de tête, faisant preuve d’une combativité hors pair pendant ses 80 jours de course. Connu pour aller assez loin dans l’effort et la souffrance, le marin démontre là toute sa ténacité. Malgré sa pugnacité, ses efforts seront douchés quelque temps plus tard par une avarie de foil. Il terminera son tour du monde à « cloche pied », avec un IMOCA handicapé sur un bord. Cette performance, bien que non victorieuse, confirme sa place parmi les marins les plus compétitifs du circuit.
L'Ère des Transatlantiques et les Bateaux Performants
Peu importe le support, Thomas Ruyant pourrait être défini comme le roi des transatlantiques. Il est aujourd'hui l'un des skippers les plus accomplis de la voile de compétition, avec six victoires transatlantiques sur quatre supports différents. Ces succès incluent la Mini Transat 2009, la Route du Rhum 2010 en Class40, la Transat AG2R 2018 en Figaro 2 aux côtés d’Adrien Hardy, les Transat Jacques Vabre en 2021 et 2023 sur un IMOCA avec Morgan Lagravière, et enfin, la Route du Rhum 2022 en solitaire, sur un IMOCA. Cette trajectoire l'a vu accumuler six victoires transatlantiques sur quatre supports différents.
Ce palmarès impeccable dans les alizés est le fruit d'une préparation méticuleuse et d'une maîtrise technique constante. Dernièrement, il triomphe à nouveau sur la Route du Rhum, après un duel intense avec Charlie Dalin sur Apivia. Depuis ses débuts, il a enchaîné les podiums sur le circuit IMOCA Globe Series, en équipage sur The Ocean Race Europe, en double ou en solitaire. Il a notamment brillé avec son IMOCA Linkedout (connu aussi comme Advens 1), un voilier qui lui a permis de remporter la Transat Jacques Vabre 2021 et la Route du Rhum 2022. Ce bateau, perfectionné au fil des ans, a servi de banc d'essai et de source d'inspiration pour la conception de ses navires ultérieurs. Les quatre années d'optimisation sur Linkedout ont mené Thomas Ruyant à ces victoires et ont largement influencé le développement de son nouveau monocoque.
De For People à Vulnerable : La Naissance d'une Nouvelle Génération d'IMOCA
Toujours aussi déterminé, Thomas met à l'eau un tout nouvel IMOCA volant mi-juin à Lorient, avec un objectif clair : remporter le Vendée Globe 2024. Le nouveau voilier de Thomas Ruyant a été mis à l’eau ce jour à Lorient, le 18 juin. L'équipe de TR Racing, écurie de Thomas Ruyant, a dévoilé ce jeudi 16 mars 2023 le nouveau 60 pieds du skipper nordiste. Cet IMOCA dessiné par le cabinet Finot-Conq et Antoine Koch et conçu pour le Vendée Globe 2024 portera le nom de For People. Mis à l'eau et mâté dans la foulée à Lorient, le 60 pieds présente des similitudes avec Paprec-Arkéa, notamment au niveau du dessin de carène. Au départ de ce Vendée Globe 2024, Vulnerable est l'un des deux IMOCA issus de la collaboration entre le cabinet Finot-Conq et Antoine Koch, l'autre étant le Paprec Arkéa de Yoann Richomme. Les deux ont été lancés en 2023.
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Ce bateau est surtout le fruit des quatre années d'optimisation sur Linkedout. Le skipper Thomas Ruyant mettra à l’eau son nouvel IMOCA pour défendre son titre sur la Route du Rhum, qu’il a remportée en 2022. La vision derrière ce nouveau design est ambitieuse : « L'idée avec cette carène et ce nouveau bateau est d'augmenter les vitesses moyennes au large. » Le cockpit est très bas, avancé, tout proche du pied de mât. Très spacieux et lumineux, il laisse imaginer des déplacements rapides et aisés entre le poste de barre et la colonne centrale, en solitaire comme en équipage. « Un avion de chasse », résume Ruyant. « On a vraiment travaillé la partie aérodynamique. Il sera plus puissant que l’ancien. »
Le projet de cet IMOCA s'appuie sur une structure d'ingénieurs et de techniciens hautement qualifiés. Situé sur la base sous-marine de Lorient, le bâtiment de TR Racing bourdonne depuis des mois. Une vingtaine de personnes - ingénieurs, techniciens composites, préparateurs - s’affairent encore mi-mai à concevoir les rares pièces manquantes encore au voilier. Achevés, ces prototypes sur-mesure sont transportés à quelques centaines de mètres de là seulement, au cœur des chantiers CDK, où la monture de carbone, appelée à devenir "l’un des bateaux les plus rapides du monde", repose sagement.
L'IMOCA, d'une longueur de 18,28 m et d'une largeur de 5,10 m, est doté de foils, d'un tirant d'eau de 4,50 m et d'un tirant d'air de 29 m. Il est équipé de 4 ballasts, de safrans relevables, d'un mât-aile avec outriggers, d'un moteur thermique diesel in-board de 35 ch et de panneaux solaires. S’il a connu quelques soucis de jeunesse, avec notamment un fond de coque à revoir au moment de la Rolex Fastnet Race, l’IMOCA Vulnerable de Thomas Ruyant semble aujourd’hui pleinement fiabilisé. Son palmarès parle de lui-même : en 2023, il a déjà remporté la Guyader Bermudes 1000 Race et la Transat Jacques Vabre. Il a accumulé 25 000 milles au départ de ses grandes courses.
La Campagne "Nous Sommes Tous Vulnérables" et le Soutien Équipe
Début 2024, TRRacing, l’entité qui soutient les projets de Thomas Ruyant et Sam Goodchild, lance une campagne de sensibilisation avec un message fort : « Nous sommes tous vulnérables ». Pour mettre en avant cette cause sociale et environnementale, les deux IMOCA adoptent le nom de « Vulnerable ». Cette initiative donne une dimension supplémentaire aux défis sportifs, en associant la performance à une cause sociétale. Advens, une entreprise française leader de la cybersécurité, forte de son indépendance et de plus de 400 experts, est l'un des sponsors, mais son rôle a évolué. Advens veut avoir de l’impact sur le monde, et cette campagne en est une illustration. Toutefois, l'entreprise Advens, partenaire historique, a financé la construction du voilier, avant de se retirer du projet.
Cette situation illustre les défis de financement dans la course au large. Sans partenaire financier, le Normand se démène actuellement pour ne pas rester à quai. "Tout est prêt ! La conjoncture économique n’est pas idéale, mais on garde confiance, on connaît le potentiel de notre bateau," affirme Thomas Ruyant. Rares sont les nouveaux projets IMOCA à avoir émergé depuis la fin du dernier Everest des mers. L'actualité internationale, les soubresauts du commerce mondial ont tout fait capoter au dernier moment. "Dans ces circonstances, les entreprises semblent avoir du mal à s’inscrire sur un projet de sponsoring dans la durée," constate-t-il. Il défend pourtant l'investissement : "On reste un sport mécanique, qui peut coûter cher, mais les retombées sont là. Sur notre dernière Route du Rhum, en équivalent espace publicitaire, on a terminé à 50 millions d’euros." Loin de se décourager, le marin a encore quelques pistes et sait que les prochaines semaines seront cruciales. "Selon moi, le pari technologique est déjà relevé."
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Favori à plus d’un titre, Thomas Ruyant semble n’avoir rien laissé au hasard pour sa nouvelle campagne autour du globe. Il est désormais épaulé par une structure encore plus importante - qui comprend même un deuxième IMOCA avec son ancien plan Verdier, barré par Sam Goodchild - et on ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de performer. Sam Goodchild, qui court pour la même équipe que Thomas Ruyant, à bord d'un Vulnérable également, se positionne comme un allié de taille.
Vivre la Course : Expériences et Stratégies en Mer
Les performances de Thomas Ruyant en mer sont marquées par une combinaison de vitesse, de stratégie et de résilience. Thomas Ruyant a pris pour la première fois la tête du Vendée Globe ce jeudi matin. Il a été le premier skipper à sortir du Pot-au-Noir, une zone instable et redoutée des navigateurs. Après onze jours de mer, le dunkerquois a été le premier skipper à sortir du Pot-au-noir, une zone de convergence intertropicale connue pour sa météo instable, et redoutée des navigateurs. Il pointe désormais à un peu plus de 21 000 milles nautiques de l'arrivée. Thomas Ruyant, l'un des favoris de la course, avait pourtant chuté à la 11ème place mercredi soir. Mais dans la nuit, le skipper et son voilier Vulnerable ont doublé les bateaux de tête par l'ouest. Une stratégie adoptée il y a quelques jours, et qui semble finalement avoir été payante, Thomas Ruyant a été deux fois plus rapide que ses concurrents pour sortir du Pot-au-noir. Au classement, Sam Goodchild est deuxième, à quelques encablures seulement.
Ces moments intenses sont ponctués de défis constants. Les dernières heures de course ont été plutôt agréables. « Le vent adonne, ça me permet d’utiliser d’autres voiles que le J3, ce qui est bien. J’ai été un peu moins rapide que les premiers du groupe, il y a eu un décalage qui leur permet d’avoir un meilleur angle pour avancer. On va essayer de trouver le meilleur passage pour traverser le pot-au-noir et j’espère qu’on va se rapprocher de deux qui sont devant. Je ne lâche pas, j’essaie de trouver les meilleures configurations pour remonter. Tout est encore possible, je ne perds pas espoir ! »
Le quotidien du navigateur est aussi fait de moments périlleux. « J’ai passé une nuit compliquée, il y avait de l’orage, j’étais au près dans du vent fort. C’était un peu flippant, il y avait des éclairs partout autour du bateau, dans tous les sens. » Face à de telles conditions, l'endurance est primordiale. « Je vais être ralenti dans les 24 prochaines heures, mais derrière je vais faire un paquet de milles avec le front, il va falloir mettre du rythme et rester bien devant, continuer d’aller vite. Ça peut être une opportunité pour recoller ! » La mer peut être impitoyable. « J’ai 5 mètres de houle, la mer est désordonnée, ce n’est pas évident d’aller vite. On essaie de trouver le bon angle pour passer la mer et d’avoir la bonne configuration de voiles. Ce sont des conditions dignes de l’Indien ! On n’a pas beaucoup de répit, mais j’ai quand même eu une super journée hier, à l’avant de cette petite dépression. Ça glissait bien, c’était agréable. »
Les stratégies de course sont constamment ajustées. « Charlie (Dalin) s’en sort super bien avec son option Sud, il va avoir une belle avance. Je ne veux pas que l’écart avec devant soit trop grand, je veux rester dans le match. À l’échelle du Vendée Globe, ça reste une avance raisonnable. On reste des chasseurs ! » Malgré les péripéties, la détermination demeure. « Tout roule à bord ! On a passé une belle journée et une belle nuit. C’est sympa de retrouver du vent après une période de pétole assez longue. La journée a été bien rythmée avec des bascules de vent et pas mal d’empannages. Ce n’est pas facile d’être dans le bon sens à chaque fois, c’était assez fatiguant. Finalement, d’avoir été au Nord, Nord-Ouest de la flotte, c’était pas mal. Ça a permis de récupérer le vent un peu avant, de sortir un peu plus vite de la zone sans vent. Le jeu continue, ça va être marrant ! »
Même les problèmes techniques sont gérés avec pragmatisme. « Mon problème de voie d’eau est réglé, ce n’était pas très compliqué et ça fonctionne surtout ! Et puis je suis content de voir que Sam (Goodchild) s’en sort bien aussi par le Sud. » Il décrit la situation : « J’ai des capteurs de présence d’eau à bord et c’est l’un d’eux qui a sonné et m’a prévenu de la fuite à l’avant du bateau. J’ai essayé de faire les choses provisoirement mais ce n’est pas facile : j’ai beaucoup d’eau sur le pont en ce moment. Ça me prend pas mal d’énergie : trente minutes à une heure toutes les deux heures mais ça ne m’empêche pas de naviguer. C’est comme ça, on aura d’autres soucis et les autres aussi. »
Le skipper dunkerquois Thomas Ruyant, toujours quatrième au classement du Vendée Globe avec son Imoca Vulnerable, partage des images de sa course en solitaire et des albatros qui l'accompagnent. Le navigateur s'apprête à affronter une dépression australe particulièrement hargneuse. Le 10 décembre 2024 à 19h24, il a été noté que des élèves du collège Sacré-Cœur de Saint-Pol-sur-Mer suivaient son parcours. Il a terminé à la 7ème place du Vendée Globe, franchissant la ligne d'arrivée le samedi 25 janvier à 5h49.
Dynamiques d'Équipage et Préparation Future
Les succès de Thomas Ruyant ne sont pas seulement le fruit de ses talents en solitaire ; ils sont aussi le résultat de collaborations fructueuses. Thomas Ruyant disputera à l’occasion de cette 17ème édition de la Transat Café L’Or (ex- Transat Jacques Vabre - Route du café), sa dernière course à bord de l’IMOCA Allagrande Mapei, plan Conq Finot Koch lancé sous les noms de For People puis Vulnerable en 2023. Vainqueur à deux reprises de cette transat en double en compagnie de l’ami Morgan « Momo » Lagravière, Thomas fait désormais équipe avec le skipper d’Allagrande Mapei, l’Italien Ambrogio « Bogi » Beccaria.
Il entretient des relations solides avec ses co-skippers. « Il est vrai que j’entretiens avec Momo une relation très étroite, fraternelle, soudée par nos succès sur cette transat. Momo est un performer de tout premier plan, un marin instinctif, addict de la vitesse et de la performance vélique, un pur et rare talent. » La complicité est également présente avec son nouveau partenaire : « Bogi et moi nous ressemblons beaucoup, de par nos parcours similaires bien sûr, mais aussi dans notre manière de naviguer, de mettre de l’intensité dans nos courses. Momo me laissait maître de la navigation et de la stratégie météo. Bogi s’implique beaucoup dans ces secteurs du jeu. Nous aurons beaucoup d’échanges à ce sujet. Son envie de bien faire et de performer est énorme. »
Ces navigations partagées renforcent les liens et les compétences. « Nos navigations du printemps et de l’été, longues et intenses, nous ont naturellement rapproché. Une vraie complicité existe désormais entre Bogi et moi. Je me retrouve en lui, en son approche de la navigation, toute en énergie et en engagement. C’est un excellent barreur et régleur. Notre lecture de la météo et des plans d’eau est souvent la même. Nous sommes en phase. » Ces expériences incluent plusieurs milliers de milles de navigation partagée lors de la Course des Caps et The Ocean Race Europe, de l’Allemagne au Monténégro, où une véritable complicité s’est forgée, dans l’adversité mais aussi dans la victoire. Une victoire sur cette même Transat et un Vendée Globe plus tard, c’est avec la même envie, la même passion que Thomas s’élancera en compagnie cette fois de l’Italien Ambrogio Beccaria en direction de La Martinique.
L'apprentissage collectif est une composante essentielle de la performance. « Il est certain que tous les concurrents qui ont pris part l’été dernier à The Ocean Race Europe, et à la Course des caps, épreuves en équipage, ressortent grandis de ces multiples expériences. Nous avons régaté au contact durant plusieurs semaines, autour des îles Britanniques puis autour de l’Europe. Nous avons affronté à peu près toutes les conditions météos imaginables, de la grosse brise à la pétole. Nous avons connu à répétitions toutes les allures possibles, et naviguer à quatre nous a permis de solliciter à fond nos machines. Nous en avons tiré une somme colossale d’enseignements. Nous avons rôdé nos réflexes avec nos binômes de la transat. Nous partons avec énormément de certitudes et de confiance. »
La stratégie pour les courses à venir est déjà en place. « Je ne pense pas que le passage obligé aux Canaries ait une grosse influence sur les scénarii de course. Au regard de ce que nous savons de la météo à quelques heures du départ, la route Sud s’impose naturellement. On est majoritairement sur une configuration au portant, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Cette transat Café L’Or s’annonce sans grosse surprise, avec un départ au près dans la Manche, dans du vent de Nord Ouest, une dorsale à négocier, et une dépression Sud à observer, qui nous imposera soit du près soit du reaching pour rejoindre les Canaries. Les Alizés ne sont pas encore très virulents. Tout dépendra de cette dépression. »
L'avenir est également dans ses pensées. La quête d’un ou plusieurs partenaires pour l’accompagner vers le Vendée Globe 2028, à bord d’un nouvel IMOCA sur plans Koch actuellement en construction, mobilise toute son énergie à terre, en plus de l’animation des équipes de TR Racing qui continuent à gérer la préparation technique d’Allagrande Mapei. Partir en course, sur cette Transat, vers la Martinique, est une véritable récréation. Il rêve de vents puissants, au portant et de grosse mer, pour libérer une dernière fois la puissance et la magie de ce bateau extraordinaire. Son objectif est de « clore en beauté la belle histoire de ce bateau ! »