La sécurité en mer repose sur des éléments fondamentaux, et parmi eux, la brassière ou le gilet de sauvetage occupe une place prépondérante. En cas d’incident, ces équipements permettent non seulement d’améliorer votre protection, mais surtout d’être repéré et secouru. Désigné dans la réglementation sous le terme d’Équipement Individuel de Flottabilité (EIF), le gilet constitue la première barrière contre le risque de noyade. Il a pour fonction de maintenir le porteur à la surface de l’eau et, selon son niveau de performance, d’assurer le retournement automatique du corps sur le dos afin de libérer les voies respiratoires, même en cas de perte de connaissance.
Comprendre les catégories de flottabilité
La flottabilité d’un gilet est exprimée en Newtons (N), unité qui mesure la force exercée pour maintenir un corps à la surface. Les normes européennes ISO 12402 définissent quatre grandes classes. Il est essentiel de rappeler que ces chiffres correspondent à une flottabilité type pour un porteur de 70 kg ; l'efficacité réelle varie selon le poids, la taille et les vêtements portés.
- 50 Newtons (Aide à la flottabilité) : Ces équipements ne garantissent pas la sécurité d’une personne inconsciente. Ils sont conçus pour soutenir une personne consciente sachant nager, à proximité du rivage et des secours (voile légère, dériveur, canoë-kayak).
- 100 Newtons : Adaptés aux eaux calmes et à la navigation côtière. Ils sont recommandés pour les nageurs et non-nageurs dans les eaux protégées et intérieures, bien qu'ils n'assurent pas toujours le retournement d'une personne inconsciente équipée de vêtements lourds.
- 150 Newtons : Adaptés à toutes les eaux. Ils garantissent le retournement sur le dos d'une personne inconsciente, même équipée d'une vareuse ou d'un ciré.
- 275 Newtons : Destinés à la haute mer et aux conditions extrêmes, assurant un retournement efficace même avec des vêtements lourds.
Gilets en mousse vs Gilets gonflables : Quelles différences ?
Le choix entre la technologie à flottabilité permanente (mousse) et la technologie gonflable dépend de votre programme de navigation et de votre besoin en mobilité.
Gilets à flottabilité permanente (en mousse)
Ces modèles utilisent des mousses à haute densité enfermées dans du tissu ou du PVC. Moins chers à l’achat, ils assurent une flottabilité constante sans mécanisme de déclenchement. Robustes, ils résistent à l’abrasion, aux micro-organismes et aux hydrocarbures. Cependant, ils sont plus encombrants, ce qui peut limiter le confort lors de manœuvres prolongées. Ils offrent néanmoins une protection physique non négligeable en cas de choc à bord.
Gilets gonflables
Plus onéreux mais bien plus compacts, ces gilets allient sécurité et confort. Portés par-dessus les vêtements, ils n’entravent pas les mouvements, facilitant ainsi les déplacements sur le pont. La flottabilité est assurée par une cartouche de CO₂ qui gonfle une vessie instantanément. Il existe trois modes de déclenchement :
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- Manuel : Un poinçon doit être actionné par le porteur. Il est idéal pour les activités où l'on souhaite éviter tout déclenchement intempestif (pêche, voile légère). Il n'offre aucune protection en cas de perte de connaissance.
- Automatique à pastille de cellulose : Le système contient un élément soluble qui libère un ressort percutant la cartouche au contact de l’eau. Très fiable, il nécessite cependant de vérifier la date d'expiration de la pastille.
- Automatique hydrostatique : Ce système utilise une valve qui ne s'active qu'après une immersion à une certaine profondeur. Il est insensible aux embruns et à la pluie, ce qui le rend idéal pour les navigations exigeantes ou la régate.
Critères de choix et réglementation
Avant de prendre la mer, il est impératif de respecter la division 240, qui impose la présence d'au moins un gilet par personne à bord. Pour les enfants de moins de 30 kg, un gilet de 100 N minimum est obligatoire, quelle que soit la zone de navigation, et doit être spécifiquement adapté à leur morphologie (sangle sous-cutale, poignée de halage, couleurs vives).
Au-delà de 6 milles d’un abri, la flottabilité minimale exigée est de 150 N, assortie de l’obligation d’un harnais et d’une longe par bateau pour les unités à moteur, et par personne pour les voiliers. Pour choisir le modèle idéal, posez-vous les questions suivantes : la navigation se fera-t-elle en solitaire ? Par mer formée ? Porterez-vous des vêtements lourds ? Le meilleur gilet est avant tout celui que vous porterez réellement, car un gilet non porté ne protège personne en cas de chute.
Entretien, contrôle et durabilité
La durée de vie d’un gilet de sauvetage est limitée par les agressions extérieures (rayons UV, sel, humidité). Un entretien rigoureux est donc indispensable pour garantir sa fiabilité. Après chaque utilisation en mer, il est préconisé de rincer le gilet à l’eau douce. Le stockage doit se faire dans un endroit sec, aéré et à l’abri du rayonnement solaire.
Pour les gilets gonflables, une inspection visuelle régulière est essentielle. Vous devez impérativement remplacer la cartouche de CO₂ après chaque utilisation ou si elle semble corrodée. Pour les systèmes automatiques, la pastille doit être changée à sa date d'expiration. Tous les gilets gonflables sont équipés d'un embout de gonflage buccal de secours. Il est fortement recommandé de disposer à bord d'un kit de réarmement adapté. Pour les professionnels, un contrôle général périodique incluant la vérification de la flottabilité et des coutures doit être réalisé tous les 12 mois.
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