Royan, station balnéaire de la côte Atlantique, porte une histoire riche et complexe, marquée par la dévastation de la Seconde Guerre mondiale et une reconstruction audacieuse qui en a fait un laboratoire d'urbanisme. Cet article explore l'histoire de Royan, de sa destruction en 1945 à sa renaissance dans les années 1950, en mettant en lumière les acteurs clés, les défis rencontrés et les choix architecturaux qui ont façonné son identité unique.
Témoignage: La Maquette de Royan, un Projet Collectif
L'histoire de la reconstruction de Royan est intimement liée à la création d'une maquette de la ville, un projet ambitieux visant à présenter aux futurs habitants la vision des architectes pour la nouvelle Royan. Henri Zimmer, architecte DPLG, arrive à Royan en novembre 1950 pour participer à cette reconstruction. Sa fille, initialement "atterrée" par ce "tas de décombres", va finalement s'impliquer dans le projet de la maquette.
L'idée de cette maquette est née de la volonté de rendre plus concrète la vision de la reconstruction, bien au-delà des plans et des élévations. Henri Zimmer rejoint une équipe d'anciens camarades des Beaux-Arts, dont Louis Simon, de l'atelier Pontrémoli-Lecomte, ainsi que Patou et Morisseau. La jeune fille est introduite dans cet atelier où de jeunes élèves de Claude Ferret, professeur à l'École régionale d'Architecture de Bordeaux et Urbaniste en Chef de Royan, s'affairent sur de grandes planches à dessins. Loiselet supervise la réalisation de la maquette, assisté par un menuisier et, plus tard, par un certain Bertrand.
L'équipe travaille dans des conditions artisanales, avec des outils rudimentaires tels que planches, T, équerres et crayons. La première étape consiste à aménager les courbes de niveaux sur un immense plateau. Face à la rareté du carton, Loiselet opte pour une structure en bois recouverte d'une feuille de carton. La jeune fille apprend à réduire à l'échelle les plans et les façades des bâtiments, puis à les découper et à les coller sur le carton. Les tuiles sont minutieusement reproduites en traçant des rainures sur du carton peint en rose. Un chirurgien de Saint-Georges-de-Didonne fournit des scalpels pour la découpe précise des cartons.
L'ambiance de l'atelier est joyeuse et décontractée, ponctuée de blagues et de chants d'atelier. Les architectes recréent instinctivement l'atmosphère de leurs ateliers d'architecture, où les anciens épaulent les nouveaux dans un esprit de collaboration. Les futurs propriétaires défilent pour discuter de l'aménagement de leurs demeures, exprimant souvent leur nostalgie pour l'ancienne ville et leur déception face aux projets proposés. Une vieille dame, coiffée d'un chapeau à fleurs, devient une habituée, discutant de sa maison tout en regardant les architectes travailler.
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Un autre sujet de conflit est la place des commerces dans le projet, chacun souhaitant être en façade. La maquette révèle que le centre administratif est prévu sur la place Charles de Gaulle, en face de la galerie commerciale, reliés par un portique.
La maquette prend forme, avec ses bâtiments encastrés dans les courbes de dénivellations. Des figurines d'allumettes, surnommées les "Grouillots", animent la plage et les rues. Des petites voitures et des modèles réduits de bateaux complètent le tableau.
L'arrivée du ministre de la Reconstruction, Claudius Petit, est un moment important. Il est accueilli par un tonitruant "pompier", le chant national de l'école des beaux-arts. En posant les mains sur la maquette, il se retrouve avec de la peinture bleue, car la "mer" n'a pas eu le temps de sécher.
La maquette est ensuite présentée au salon des Arts Ménagers de Paris, où Royan est présentée comme la ville la plus "design" reconstruite après la guerre. La jeune fille accompagne la maquette à Paris, où elle recolle les piliers du front de mer malgré le froid glacial.
Elle perd ensuite la trace de cette maquette. Elle croit savoir qu'elle a été exposée au sous-sol de la mairie.
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La Destruction de Royan: Un Traumatisme Collectif
Le 5 janvier 1945, Royan est anéantie par les bombardements alliés, ne laissant que des ruines. Seuls les quartiers situés à l'ouest et à l'est sont partiellement épargnés. La reconstruction s'annonce comme un défi immense, tant sur le plan matériel que psychologique. Les travaux de déblaiement durent plusieurs années.
La Reconstruction de Royan: Un Laboratoire d'Urbanisme
En 1949, Royan est déclarée "laboratoire de recherche sur l'urbanisme", aux côtés de villes comme St-Dié, Dunkerque, Calais, Le Havre et Toulon. Le projet est confié à l'architecte bordelais Claude Ferret, qui cumule les fonctions d'urbaniste et d'architecte en chef. Royan devient alors un chantier d'expérimentation architecturale, où les idées novatrices prennent forme.
La reconstruction de Royan est marquée par une volonté de modernité et de rupture avec le passé. Claude Ferret conçoit un plan d'urbanisme audacieux, qui privilégie les lignes épurées, les espaces ouverts et l'intégration de la nature dans la ville.
Les Symboles de la Renaissance de Royan
Le Front de Mer
Le front de mer, épousant la courbe de la plage, est conçu pour séparer la vie balnéaire de la vie urbaine. Les bâtiments, avec leurs arcades et leurs appartements, forment un croissant de 600 mètres de long. Le portique, démoli en 1986, offrait une vue d'ensemble de Royan.
Le Casino
Le casino, conçu par Claude Ferret et Marmouget, était une perle architecturale des années 1950. Il est démoli en 1985, suscitant la controverse.
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L'Église Notre-Dame
L'église Notre-Dame, reconstruite par Guillaume Gillet et Bernard Lafaille, est un symbole de la renaissance de Royan. Son architecture audacieuse, avec ses poteaux en béton armé en V, en fait un monument phare du XXe siècle.
Le Marché Central
Le marché central, conçu par Louis Simon et André Morisseau, est un autre exemple de l'architecture moderne de Royan. Sa voûte en béton, sans pilier intérieur, est une prouesse technique.
Le Label "Ville d'Art et d'Histoire"
En 2010, Royan reçoit le label "Ville d'Art et d'Histoire", reconnaissant la richesse de son patrimoine architectural et urbain. Ce label met en valeur la gestion du patrimoine, la qualité architecturale de l'après-guerre, le patrimoine comme facteur de développement durable et de lien social, et le patrimoine comme outil de communication.
Royan Aujourd'hui
Aujourd'hui, Royan est une ville dynamique qui attire les touristes et les retraités. Son architecture unique, ses plages, son port de plaisance et ses événements culturels en font une destination prisée.
La ville continue d'évoluer, avec des projets de réhabilitation et de modernisation. Les travaux du Palais des congrès visent à retrouver la façade d'origine et à supprimer les ajouts récents.
Royan offre un cadre de vie agréable, avec un littoral préservé, des forêts de pins et des dunes. La résidence "La Grand Voile" propose des logements adaptés aux seniors, contribuant à l'attractivité résidentielle de la ville.
Le SIVOM et le Développement de la Région
Le SIVOM de la presqu'île d'Arvert et de la Côte de Beauté a joué un rôle important dans le développement de la région, notamment dans les domaines de l'assainissement, de la gestion des déchets et de l'aménagement du territoire.
Le SIVOM a réalisé un programme global d'assainissement, avec la création de plusieurs stations d'épuration. Il a également participé à la transformation du terrain d'aviation de Médis en aérodrome.