Le kitesurf est l'un des sports les plus cool que vous puissiez pratiquer sur l'eau, ou de regarder le Red Bull King of the Air. Cette discipline nautique, également connue sous les noms de kiteboarding, planche aérotractée (terme officiel recommandé par la Commission générale de terminologie), flysurf ou surf aérotracté, attire chaque année de nouveaux passionnés. Le kitesurf, également connu sous le nom de kiteboard, est un sport nautique qui combine des éléments de la voile, du surf, du wakeboard et de la planche à voile. Les pratiquants utilisent un cerf-volant, c'est-à-dire une aile, pour exploiter la puissance du vent et se faire tracter sur une planche semblable à une planche de surf. Grâce à la puissance du vent, les kitesurfeurs peuvent atteindre des vitesses élevées, effectuer des sauts et des acrobaties, et glisser sur l'eau de manière extrêmement dynamique et amusante.
Le plaisir est intense en kitesurf et la progression tout autant. Une fois que vous maîtrisez les rudiments liés au matériel et au vent, vous pouvez commencer à prendre plus de vitesse et même à sauter en effectuant des figures. Ensuite, dévaler les vagues ou vous éloigner de la côte est une autre possibilité encore plus motivante. Contrairement au wingfoil où tu tiens l'aile à la main, en kitesurf l'aile vole à distance. Pour tout savoir sur ce sport, nous avons sollicité Luke Denny, instructeur britannique, ainsi que le triple champion du monde de la discipline Kirsty Jones.
L'évolution historique du kitesurf et ses pionniers
Les origines du sport de kitesurf sont relativement récentes. C'est dans les années 1980 que le concept de cerf-volant de traction a été appliqué aux sports de glisse, comme le ski et le skateboard, ou aux véhicules à roues, comme le buggy, grâce aux recherches du Néo-Zélandais Peter Lynn. En 1982, le Français Rolad Le Bail fait breveter le “BirdSail”, précurseur du cerf-volant. Le kitesurf est né aux États-Unis dans les années 1980. En 1984, les frères bretons Dominique et Bruno Legaignoux déposent le brevet d'une aile courbe à structure gonflable, qui deviendra le principe fondateur de toutes les ailes modernes.
Au début des années 1990, les frères Corey et Bill Roeseler de Seattle créent le “Kiteski”, un grand cerf-volant acrobatique en forme de “delta” à deux câbles, équipé d'une barre d'enroulement à ressort qui permet de le récupérer et de le relancer à partir de l'eau. En 1992, les premiers kitesurfeurs testent ce concept sur des planches de funboard, et le sport commence à se structurer. Plus tard, au milieu des années 1990, le shaper de planches de surf Jimmy Lewis et l'un des pionniers du kitesurf, Lou Wainman, ont commencé à expérimenter les premières planches twintip, c'est-à-dire bidirectionnelles. C'est ensuite grâce au travail des frères français Bruno et Dominique Legaignoux et à leur “WInd Powered Inflatable Kite Aircraft”, acronyme WI.P.I.K.A., breveté à Hawaï, que le kitesurf tel que nous le connaissons aujourd'hui est devenu, à la fin des années 1990, une véritable discipline sportive, sûre et accessible à tous.
Le véritable décollage commercial survient à la fin des années 1990 : les ventes d'ailes passent de 100 exemplaires en 1997 à plus de 15 000 en 2001, et dépassent les 100 000 unités annuelles en 2010. En France, on compte aujourd'hui plus de 50 000 pratiquants réguliers. En 2005, l'arrivée des ailes de type "bow" révolutionne la sécurité et la maniabilité. Depuis 2014, le kitesurf sur foil (kitefoil) ouvre une nouvelle dimension : la planche décolle de l'eau, supprimant presque toute friction, et permet de naviguer avec très peu de vent.
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Les disciplines du kitesurf
Selon votre niveau, vos sensations recherchées et les conditions du spot, plusieurs disciplines s'offrent à vous :
- Freeride : La pratique la plus répandue - elle représente la majorité des kitesurfeurs. En freeride, le rider navigue librement sur l'eau avec son aile de traction, en quête de sensations pures, sans contrainte de parcours. C'est la discipline idéale pour progresser, explorer de nouveaux spots et développer sa technique à son rythme.
- Freestyle : Le freestyle consiste à réaliser des figures acrobatiques en l'air grâce à la puissance de l'aile de traction - rotations, grabs, kiteloops, megaloops. En freestyle old-school, les figures sont exécutées avec l'aile en position haute (à midi). Le freestyle new-school (ou wakestyle) se pratique avec l'aile basse. En compétition de freestyle, les sauts peuvent dépasser plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
- Wave riding (vagues) : Le kitesurfeur utilise les vagues comme terrain de jeu, similairement au surf, en traçant des courbes dans la vague avec une planche directionnelle.
- Kitefoil : La planche est équipée d'un foil (mât + aile sous-marine) qui, à partir d'une certaine vitesse, soulève la planche hors de l'eau. Sensation de vol garantie, et navigation possible avec très peu de vent (à partir de 10 nœuds).
- Wakestyle : Inspiré du wakeboard, cette discipline privilégie les figures réalisées avec l'aile basse, en s'affranchissant du harnais.
- Course et vitesse : Pratique compétitive sur parcours ou en ligne droite. Le record du monde de vitesse sur 500 mètres est de 57,97 nœuds (107,36 km/h), détenu par Alexandre Caizergues, établi en 2017 à Salin-de-Giraud.
Compétences, condition physique et âge requis
La plupart des débutants sont complètement novices dans les sports de glisse, les sports nautiques et l’utilisation d’une voile. "Beaucoup n'ont jamais piloté un cerf-volant ou pratiqué un autre sport nautique dans leur vie. Certains n'ont même jamais mis de combinaison" explique Kirsty Jones. Pas besoin d’être un bodybuildeur pour le kitesurf. Le kitesurf n’est pas un sport requérant une grande force musculaire, au contraire de la planche à voile et du wakeboard, qui sollicitent la force musculaire des bras. En kitesurf, c’est que le harnais qui porte le poids du corps. Les bras et les mains contrôlent en légèreté la barre.
Un kit est plutôt léger, donc inutile de se muscler en conséquence. Les conditions physiques nécessaires pour apprendre le kitesurf sont d’être à l’aise dans l’eau, d’avoir de l’équilibre sur ses jambes et d’avoir assez de souplesse dans une position accroupie pour le waterstart. Tous les participants doivent savoir nager et avoir une condition physique minimale. La pratique d'autres sports de glisse similaires (snowboard, wakeboard, skateboard, voile, planche à voile, surf, etc.) peut également vous aider à progresser plus rapidement.
Il n'y a pas de limite d'âge spécifique pour pratiquer le kitesurf. Le poids est un critère plus déterminant que l'âge. Généralement, les premiers cours de kitesurf sont possibles à partir d'environ 10 ans, mais cela peut varier en fonction du poids de l'enfant. Certaines écoles accueillent les enfants dès 7 ou 8 ans avec du matériel adapté. De même, il n'y a pas de limite d'âge supérieure : le kitesurf se pratique à tout âge, la force du vent faisant l'essentiel du travail.
L'importance des cours et le rôle de l'instructeur
Tout kitesurfeur qui respecte ce sport conviendra aisément que les cours pour débutants sont essentiels. En plus de vous aider à vous lever sur la planche, un bon instructeur vous fournira le savoir-faire et les procédures de sécurité essentiels. Sans cette connaissance, vous êtes un danger pour vous et pour les autres, que ce soit sur l’eau ou sur la plage. Apprendre le kitesurf tout seul est la fausse bonne idée : c'est possible en effet, mais très déconseillé ! Il faut bien prendre en compte les bourrasques de vent et autres dangers et paramètres de ce sport. C'est pour cela que d'un point de vue sécurité, on conseille fortement de démarrer le kitesurf par des cours en école.
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S'inscrire à un stage de kitesurf, c'est suivre une formation sur plusieurs jours. Votre rôle de débutant sera facilité car l'instructeur suit une méthodologie pour vous faire découvrir le kitesurf étape par étape. Vous pouvez trouver des écoles de kitesurf et des instructeurs dans le monde entier. Assurez-vous que l'école que vous choisissez soit certifiée par une organisation de kitesurf reconnue dans le monde entier, comme l'IKO (International Kiteboarding Organization) ou la VDWS. "Mais je pense que cette certification ne suffit pas. Un instructeur ayant beaucoup d'expérience pourra mieux vous accompagner. Ce dernier doit aussi simplement être attentionné envers vous, afin de vous procurer toute la confiance dont vous avez besoin pour débuter. Et n’ayez pas peur de vous renseigner sur le kit que vous utiliserez", confirme Denny.
Organisation de l'apprentissage et progression
Combien de temps faut-il pour apprendre le kitesurf ? Compte 10 à 15 heures de cours minimum pour être autonome et naviguer en sécurité. Nous recommandons de prendre 12h de kitesurf pour débuter, ce qui permet de se fixer des objectifs tels que devenir autonome, pouvoir atteindre le niveau Waterstart avant de pouvoir considérer qu'on a bien acquis les bases. L'apprentissage se déroule généralement selon la chronologie suivante :
- Pilotage au sol : Apprentissage de la fenêtre de vol à l'aide d'une petite aile d'entraînement (trainer kite). Le trainer kite est un excellent moyen d'apprentissage pour maîtriser et comprendre la fenêtre de vol.
- Découverte de la sécurité : Systèmes de largage, règles de priorité, analyse du spot.
- Nage tractée (body drag) : Déplacement dans l'eau sans planche à l'aide de la traction de l'aile pour comprendre la puissance.
- Waterstart : La technique pour se lever sur la planche depuis l'eau.
- Premiers bords et navigation au près : Apprendre à naviguer « au près » pour revenir à son point de départ.
Pour valider cette autonomie, votre apprentissage doit être certifié par un instructeur qualifié. Ils peuvent vous donner une carte indiquant que vous avez atteint le niveau approprié (niveau 3 pour IKO) pour être indépendant et rider seul. Ensuite, il faut tout simplement se sentir prêt à rider sans instructeur.
Comprendre l'environnement : le vent et la météo
Le vent est l’élément principal du kitesurf, c’est lui qui permet au kite de voler. Il est important de comprendre le vent, de savoir ce qu'il faut faire dans les situations critiques et de connaître le matériel à utiliser. Avant de commencer une session de kitesurf, il est essentiel de vérifier l'équipement et les conditions météorologiques. Le vent doit être suffisant, ni trop fort ni trop faible, et la zone de navigation doit être sûre.
Vous pouvez consulter des sites web spécialisés comme Windguru ou Windfinder pour vérifier les prévisions. On dit qu'il est possible de faire du kite de 12 nœuds (22 km/h) à 30 nœuds (55 km/h) pour les débutants ; avec plus de 30 nœuds de vent vous vous mettez en danger. De plus, accepter que la force du vent et sa direction puissent changer par rapport aux prévisions est un défi. Il faut savoir vivre avec cette incertitude quant aux conditions climatiques.
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Le matériel de kitesurf décrypté
Le kitesurf repose sur trois éléments indissociables : l'aile (ou voile) qui génère la traction, la planche qui vous porte sur l'eau, et le harnais qui vous relie à votre aile. Le kit de kitesurf est léger et facile à transporter.
L'aile (ou voile) de traction
La taille dont vous avez besoin dépend de votre gabarit et de la force du vent. Différentes tailles d'ailes sont conçues pour fonctionner efficacement dans des plages de vent spécifiques.
- Grandes tailles (12m² et plus) : Adaptées aux vents légers, de 8 à 15 nœuds.
- Tailles moyennes (9m² à 11m²) : Polyvalentes pour des vents modérés de 12 à 20 nœuds.
- Petites tailles (5m² à 8m²) : Conçues pour des vents forts de 18 à 30 nœuds.
Les plus courantes sont les ailes gonflables à boudins, qui disposent d'une bride sur le bord d'attaque. Leur structure rigidifiée par gonflage leur permet de redécoller de l'eau en cas de chute - un atout majeur pour les débutants.
La barre de contrôle et les lignes
La barre doit être compatible avec votre aile. La plupart du temps, la barre comporte 4 ou 5 lignes qui sont reliées à l'aile et vous permettent de la diriger. Les lignes sont fabriquées dans des matériaux très résistants comme le Dyneema et le Kevlar.
La planche
La planche détermine la maniabilité, la vitesse et le style de ride.
- Twin-tip : Symétrique et équipée d’ailerons aux deux extrémités, la twin-tip permet de naviguer dans les deux sens sans changer les pieds. Les débutants commencent souvent par des twin-tips de grande taille, plus stables et faciles à maîtriser.
- Directionnelle : Inspirée du surf, elle brille dans les vagues.
- Foil : Grâce à son aileron hydrodynamique, le kitefoil “vole” au-dessus de l’eau dès 8-10 nœuds.
Le harnais (ou trapèze)
Le harnais transfère la traction de l'aile vers votre corps et soulage vos bras.
- Harnais culotte (ou d'assise) : Souvent choisi pour les débutants car il entoure les hanches et dispose de sous-cutales, facilitant le waterstart sans remonter sur la poitrine.
- Harnais ceinture (de taille) : Plus adapté aux sauts et offrant une plus grande liberté de mouvement.
Les accessoires de sécurité et de confort
Le leash de sécurité, le couteau de sécurité, le gilet de flottaison (qui laisse un espace pour votre barre) et un casque spécialement conçu pour le kitesurf complètent le kit indispensable.
Choisir la bonne combinaison en néoprène
Que vous soyez surfeur, kitesurfeur ou adepte du wingfoil, la combinaison est l'équipement essentiel qui vous accompagne dans toutes vos sessions. Plus qu'une simple protection contre le froid, elle détermine votre confort, votre liberté de mouvement et la durée de vos sessions sur l'eau.
L'épaisseur du néoprène détermine le niveau d'isolation thermique de votre combinaison. Elle est généralement exprimée en millimètres avec deux chiffres, par exemple 3/2 mm, où le premier chiffre indique l'épaisseur du torse et le second celle des membres.
- Intégrale (Fullsuit) : Couvre tout le corps. C'est la combinaison la plus polyvalente, idéale pour les eaux fraîches à tempérées. En Bretagne, une 4/3 mm est recommandée pour l'automne-hiver-printemps, tandis qu'une 3/2 mm suffit pour l'été.
- Shorty : Manches et jambes courtes, parfaite pour l'été et les eaux chaudes.
- Long John/Jane : Sans manches avec jambes longues.
Le kitesurf nécessite une combinaison résistante et confortable sous le harnais. Beaucoup de kitesurfeurs optent pour une combinaison légèrement plus épaisse que les surfeurs car ils restent souvent immobiles sur l'eau en attendant le vent, ce qui refroidit plus vite.
Conseils d'achat et budget : Neuf ou Occasion ?
Il n’est pas nécessaire d’acheter tout de suite, car tout bon instructeur vous fournira le matériel de kitesurf nécessaire pendant les cours. Vous aurez une meilleure idée de ce qu’il vous faudra acheter une fois le cours terminé. Le spot sur lequel vous prévoyez de rider est un facteur important dans l’achat de la taille de votre cerf-volant.
Un kit kitesurf neuf complet (aile + barre + planche + harnais) représente un investissement compris entre 1 500 € et 4 000 € (ou 1500 à 2500 CHF pour les packs d'entrée de gamme). La planche twin-tip d'entrée de gamme se situe entre 300 € et 600 €. Pour les budgets plus serrés, vous pouvez opter pour du matériel de la saison précédente, vendu neuf avec garantie à prix réduit.
Le matériel d’occasion est une possibilité (souvent 30 à 40 % moins cher), mais il est préférable d’acheter du neuf en ce qui concerne l’aile, la barre et les lignes. Les équipements évoluent constamment, et il est déconseillé d'acheter une aile d'occasion dont on ne connaît pas l'historique car les systèmes de sécurité peuvent être défaillants. Si vous optez pour du matériel d'occasion, assurez-vous qu'il soit soigneusement vérifié.
Parmi les marques reconnues pour leurs produits de haute qualité et leur innovation, on retrouve notamment Naish, Duotone (anciennement North Kiteboarding) et la marque française F-One.
Évolution vers le niveau intermédiaire
À ce stade, vous avez déjà acquis les bases et vous êtes à l'aise avec les manœuvres de base telles que le waterstart et la navigation. Maintenant, vous êtes prêt à approfondir vos compétences et à développer votre style de navigation.
L'objectif principal de cette étape est de développer votre capacité à remonter au vent. Apprenez à utiliser efficacement la puissance de l'aile et à ajuster votre angle de navigation pour maximiser votre progression contre le vent. Pour progresser vers un niveau avancé, apprenez à naviguer en utilisant pleinement votre harnais afin de soulager vos bras, et commencez à explorer des manœuvres comme le jibe et le tack.
Les manœuvres de tacking et de jibing font partie intégrante de la progression :
- Le tacking (virement de bord) : Consiste à passer d'une trajectoire de navigation à l'autre en traversant le vent. Pour effectuer un tack, commencez par choquer la barre pour décharger la puissance de l'aile. Pivotez ensuite votre aile vers l'avant en laissant passer le vent derrière vous.
- Le jibing (empannage) : Est le virage vers le vent, vous permettant de maintenir votre cap tout en changeant de direction. Pour réaliser un jibe, commencez par envoyer l'aile vers l'arrière pour accumuler de la puissance. Pivotez votre corps et votre planche dans la nouvelle direction tout en gardant l'aile sous tension.
Lors de l'apprentissage de ces manœuvres, assurez-vous de choisir un endroit dégagé et sécuritaire, loin des obstacles, et gardez une position équilibrée avec les genoux fléchis.