Eliud Kipchoge, un nom qui résonne avec force pour quiconque s'intéresse à la course à pied, est bien plus qu'un simple athlète. Véritable légende vivante, il incarne un modèle de rigueur, de constance et de résilience, prouvant que courir ne repose pas uniquement sur les jambes, mais aussi et surtout sur la force inébranlable du mental. De ses débuts prometteurs sur 5 000 mètres jusqu'à ses exploits inégalés sur la distance mythique du marathon, il n'a jamais freiné, repoussant sans cesse les frontières de ce qui était jugé possible. Pourtant, ces derniers jours, un débat insolite agite les réseaux sociaux, questionnant la capacité de ce coureur d'exception à se mesurer à une épreuve radicalement différente : l'Ironman. Cette joute fictive soulève une interrogation fascinante sur la transférabilité des compétences sportives d'élite et pousse à analyser les facettes méconnues des athlètes dans des disciplines qui ne sont pas les leurs.
Eliud Kipchoge, le Maître Incontesté du Bitume
Naissance d'une Étoile et Premiers Pas Olympiques
Né le 5 novembre 1984 au Kenya, Eliud Kipchoge n'a pas attendu hier pour commencer à forger sa légende. Son parcours athlétique est jalonné de succès précoces et d'une progression méthodique. Il a débuté sa carrière sur la piste, s'illustrant notamment sur 5 000 mètres. Son talent s'est révélé au plus haut niveau international, comme en témoignent ses médailles olympiques : il a remporté une médaille de bronze aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, suivie d'une médaille d’argent à Pékin en 2008. Ces premières victoires ont rapidement établi sa réputation d'athlète de classe mondiale, capable de rivaliser avec les meilleurs sur des distances exigeantes.
L'Ère du Marathon et la Redéfinition des Records Mondiaux
Après ne pas avoir été sélectionné pour les Jeux olympiques de Londres en 2012, Eliud Kipchoge a opéré une transition stratégique et couronnée de succès vers le marathon. Cette décision marquera un tournant décisif dans sa carrière. Il a couru son premier semi-marathon en un temps impressionnant de 59 minutes et 25 secondes à Lille. L'année 2013 fut également celle de son premier marathon, qu'il a remporté à Hambourg avec un chrono de 2 heures et 5 minutes, signant ainsi une entrée fracassante dans la discipline.
Son palmarès sur marathon est à faire trembler les mollets des plus aguerris. Eliud Kipchoge est double champion olympique de marathon, ayant décroché la médaille d'or à Rio en 2016 et de nouveau à Tokyo en 2021. En septembre 2022, il a établi un nouveau record du monde du marathon à Berlin, fixant la barre à 2 heures 1 minute et 9 secondes, un exploit unanimement salué dans le monde entier et qui a marqué l'histoire de l'athlétisme. Mais ses réalisations ne s'arrêtent pas là. En 2017, lors du projet Breaking2 lancé par Nike, il a frôlé la barrière mythique des deux heures, réalisant un temps de 2 heures et 25 secondes. Puis, en 2019, il est devenu le premier homme à courir un marathon en moins de deux heures, avec un chrono de 1 heure 59 minutes et 40 secondes lors de l’Ineos 1:59 Challenge à Vienne. Bien que ce chrono n'ait pas été homologué en raison des conditions spécifiques de la course, cette performance reste gravée dans les esprits comme une prouesse inouïe. Peu de personnes ont couru un marathon plus vite que le temps nécessaire pour un footing dominical agrémenté d'une pause café. Plus récemment, pour sa première participation au marathon de Boston, le recordman du monde a connu une décevante sixième place, signant ainsi sa plus mauvaise performance en dix ans et échouant à compléter son objectif de remporter les six plus grands marathons mondiaux, démontrant que même les légendes peuvent rencontrer des défis.
La Philosophie du Dépassement de Soi : "No Human Is Limited"
Le succès d'Eliud Kipchoge ne repose pas sur une potion magique, mais sur un mode de vie simple et une discipline de fer. Son carburant est une alimentation locale et équilibrée, composée de légumes, de fruits, de haricots et de thé kényan. Son entraînement est structuré de manière rigoureuse, atteignant jusqu'à 200 à 230 kilomètres par semaine, incluant des sorties longues, des séances de fractionné, et une récupération bien intégrée. Depuis plus de vingt ans, il est entraîné par Patrick Sang, qui a su faire de lui un modèle de constance et de performance.
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Sa philosophie est parfaitement résumée par sa citation emblématique : "No human is limited". Pour lui, chacun peut repousser ses limites à force de travail acharné, de patience et de détermination. Ce message inspirant ne se cantonne pas au domaine sportif ; il incite chaque individu à viser une meilleure version de soi-même, peu importe le domaine. Sur la plateforme Finishers, où l'on estime que la vraie course est celle contre soi-même, Kipchoge est l'incarnation même de ce dépassement. Car, peu importe si un athlète met 2 heures ou 6 heures pour finir un marathon, chaque finisher est considéré comme un héros.
L'Ironman : Un Défi au-delà de la Course
L'Ironman est une discipline d'endurance ultime, une version "mastoc" du triathlon qui teste les limites physiques et mentales des athlètes. Cette épreuve exigeante consiste en l'enchaînement de trois segments : 3,8 kilomètres de natation en eau libre, 180,2 kilomètres de cyclisme, et un marathon complet de 42,195 kilomètres de course à pied. Il s'agit d'un effort interminable, que les plus grands champions accomplissent en un peu moins de 8 heures, requérant une polyvalence et une résistance hors du commun. Cette triple confrontation pose la question de savoir si les qualités intrinsèques d'un champion dans une discipline spécifique, aussi dominante soit-il, peuvent se transposer avec succès à un défi aussi éclectique.
Le Débat qui Enflamme la Toile : Marchand, Pogačar ou Kipchoge ?
L'Origine de la Controverse sur les Réseaux Sociaux
Depuis quelques jours, un étonnant débat a fait surface sur les réseaux sociaux, captivant l'attention des amateurs de sport et allant bien au-delà des discussions habituelles sur X. Il ne se passe pas un jour sans qu'un nouveau débat n'affole les réseaux sociaux, mais certains prennent une grande ampleur que d'autres. C'est le cas depuis un dimanche où la question posée par le compte "Kultur" a embrasé la toile : "S'ils s'affrontaient sur un Ironman, qui de Léon Marchand, Tadej Pogacar ou Eliud Kipchoge l'emporterait ?" En 48 heures, la publication a généré près de six millions de vues et des milliers de réponses, témoignant de l'intérêt colossal que suscite cette confrontation fictive. Cette question insolite agite les réseaux sociaux, du moins ceux dont l’algorithme a perçu qu’ils prenaient du temps à le perdre devant des vidéos de sport. Si Léon Marchand, Tadej Pogacar et Eliud Kipchoge s’alignaient sur un Ironman, qui franchirait la ligne d’arrivée le premier ?
Les Forces en Présence : Des Champions dans Leur Domaine
Pour aborder cette joute fictive, il est essentiel de rappeler les qualités exceptionnelles de chacun des trois athlètes concernés, chacun référence dans leur discipline :
- Léon Marchand : Nageur français le plus titré de sa génération, il est un futur champion de natation, doté d'une technique de coulée remarquable et d'une maîtrise parfaite des quatre nages. Quadruple champion olympique, il a récemment brillé aux Mondiaux de Singapour en s'offrant deux médailles d'or et un nouveau record du monde sur 200m 4 nages. Il est également le détenteur des records du monde de la spécialité sur 200 et 400 mètres.
- Tadej Pogačar : Déjà considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs coureurs cyclistes de l'histoire, il n'en déplaise aux nostalgiques de la préhistoire cycliste. Quadruple vainqueur du Tour de France, lauréat du Giro en 2024, il est aussi champion du monde en titre. Seules trois courses majeures manquent à son palmarès : la Vuelta, Milan-San Remo et Paris-Roubaix, ce qui illustre l'étendue de sa domination.
- Eliud Kipchoge : Ancien détenteur du record du monde sur marathon avec son temps de 2h01'09", il reste une référence mondiale sur 42 kilomètres, même si son record a été battu par Kelvin Kiptum. Capable de courir un marathon en moins de deux heures dans des conditions spécifiques, il possède également deux titres olympiques sur la distance.
Ces trois athlètes, chacun légende dans leur sport respectif, sont devenus des figures emblématiques du sport mondial. Si certains les admirent, d'autres n'hésitent pas à les comparer, d'où l'engouement autour de cette question de l'Ironman.
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La Natation : Le Premier Obstacle pour le Marathonien
La Brève mais Cruciale Épreuve Aquatique
L'Ironman débute par une épreuve de 3,8 kilomètres de natation en eau libre. Bien que cette distance puisse sembler courte comparée aux 180 kilomètres de vélo ou au marathon complet, elle représente un défi de taille pour les athlètes non habitués au milieu aquatique. Le débat sur les réseaux sociaux a suscité un fort intérêt, et les réponses, parfois plus folles les unes que les autres, se sont multipliées.
Félix Pouilly, ancien cycliste reconverti en triathlète et vainqueur de l'Ironman de Nice en 2021, a apporté son analyse sur cette question. Il a d'abord rappelé que la comparaison était difficilement entendable, relevant que "les gens se font un avis sur une discipline qu'ils ne connaissent pas du tout". Cependant, il a souligné que la partie natation est souvent "un peu ridicule" dans le contexte global de l'Ironman. Selon lui, la distance est trop courte pour créer des écarts insurmontables. Par exemple, à l'Ironman de Nice, les cinq moins bons nageurs ont nagé en environ 1 heure et 30 minutes, contre un peu plus de 45 minutes pour les meilleurs. Cet écart, bien que significatif, n'est "rien du tout" à l'échelle de l'épreuve complète. En effet, la natation représente une fraction minime du temps total de l'Ironman.
L'Avantage des Cyclistes Face aux Nageurs en Ultra-Endurance
L'analyse des spécialistes suggère que même si Eliud Kipchoge ne possède pas les compétences d'un nageur de haut niveau comme Léon Marchand, il serait tout à fait capable de terminer l'épreuve de natation. Félix Pouilly estime que "penser que Pogacar ne puisse pas terminer quatre kilomètres de nage avec une combinaison qui flotte et à son rythme, ça n'a pas de sens". Il ajoute que "même les mauvais nageurs n'abandonnent pas", ce qui peut arriver sur les deux autres disciplines. Karoly Spy, entraîneur de Louis Richard (vainqueur de l'Embrunman en 2024), table même sur un temps entre 1 heure 5 minutes et 1 heure 10 minutes pour Tadej Pogacar pour le segment natation. Ce retard serait évidemment rattrapé après quelques kilomètres sur le vélo.
Cédric Fleureton, ancien triathlète et double vice-champion d'Europe, abonde dans ce sens. Il explique que Léon Marchand, bien que champion olympique de natation et nageant 12 à 16 kilomètres par jour, et créant potentiellement une avance de 45 minutes sur l'eau face à des non-nageurs, se retrouverait en souffrance une fois sorti de son élément. Les nageurs ne sont généralement pas très habiles dans les autres sports parce qu’ils évoluent beaucoup en milieu aquatique. D'un point de vue biomécanique, les sports portés comme le cyclisme et la course à pied seraient de ce fait une vraie souffrance pour lui. Ludovic Chorgnon, alias "Ludo le Fou", connu pour ses 41 Ironmen en 41 jours, va plus loin en expliquant que son entraîneur de natation, qui sort souvent en tête après l’eau libre dans un Ironman, il le rattrape au bout de 60 kilomètres en montagne.
Pour Eliud Kipchoge, le défi serait de minimiser les pertes sur ce segment. Bien qu'il n'ait pas d'expérience connue en natation de compétition, un athlète de son calibre mondial possède une capacité d'apprentissage et une résilience physique qui lui permettraient vraisemblablement de franchir la ligne d'arrivée de la partie aquatique, surtout avec l'aide d'une combinaison de natation qui favorise la flottabilité. Cependant, il sortirait probablement de l'eau avec un retard significatif sur les spécialistes, un handicap à compenser sur les segments suivants.
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Le Cyclisme : Le Cœur de l'Ironman et le Point Faible de Kipchoge
La Prépondérance du Segment Vélo
Après la natation, les athlètes de l'Ironman doivent affronter 180,2 kilomètres à vélo, un segment qui, selon les spécialistes, représente environ 50% du temps total de l'épreuve. C'est sur cette partie que se jouent souvent les plus grands écarts et que les compétences spécifiques des cyclistes prennent tout leur sens. Félix Pouilly a clairement indiqué que les "gros nageurs sont pénalisés" sur ce segment, car ils ne sont "pas taillés pour rouler et courir derrière". Une tendance semble d'ailleurs avoir émergé dans l'esprit des personnes qui suivent le débat : avec 180 kilomètres à effectuer sur son vélo, Pogacar semble être le mieux armé pour réaliser cette discipline.
Pour Félix Pouilly, le cyclisme est le sport qui prépare le mieux à l'Ironman. Il a même affirmé que "s'il faut répondre, je dirais le cycliste à 300%". Il a pris son propre exemple de cycliste dans l'équipe de Roubaix Lille Métropole avant d'effectuer une transition express vers le triathlon et l'Ironman. "J'étais un 'petit' cycliste et dès mes premières épreuves je mettais des volées à des spécialistes de la course après les 180 kilomètres de vélo", s'est-il souvenu. Et de poursuivre : "Courir après avoir fait du vélo c'est incomparable. Sur l'ultra-endurance, il n'y a pas photo."
Les Cyclistes, Champions de la Reconversion et de l'Adaptabilité
Cette réflexion est partagée par Karoly Spy, qui a écrit sur X qu'"un cycliste, ça peut courir très vite sur marathon Ironman, plus vite qu’un coureur". Il est intéressant de noter que l'ancien cycliste Félix Pouilly a apporté son analyse et a choisi l'un de ces trois champions. Cette observation est corroborée par de nombreux exemples de cyclistes professionnels ayant réussi leur reconversion dans le triathlon et l'Ironman. Lilian Calmejane, jeune retraité du peloton professionnel, a par exemple terminé 42ème sur 1617 participants lors de son premier triathlon, celui de l'Alpe d'Huez, malgré une expérience douloureuse de la nage en eau libre. Avant lui, des coureurs comme Laurent Jalabert et Alexandre Vinokourov ont été sacrés champions du monde Ironman dans leur catégorie d'âge en 2023 et 2024 à Nice, respectivement. Laurent Jalabert a d'ailleurs construit son titre en étant lâché sur la natation (86ème), mais en rattrapant tout le monde sur la partie vélo avant de résister sur le marathon. Cette capacité à compenser un déficit initial par une performance cycliste écrasante est une constante chez les anciens routiers.
L'Adaptabilité du Cycliste face à l'Endurance de l'Ironman
Ce scénario aurait de grandes chances de se reproduire en faveur de Tadej Pogacar. Selon Cédric Fleureton, "on peut penser que Pogacar parcourrait les 180 kilomètres en quatre heures contre six heures pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type d’effort, ce qui lui donnerait un grand avantage". Eliud Kipchoge, malgré sa force mentale et son endurance légendaire en course à pied, se retrouverait confronté à une épreuve où son physique léger de 53 kg, optimisé pour la course à pied, pourrait devenir un désavantage. Sur 180 kilomètres à vélo, ses 53 kg sur la balance l’obligeraient à une trop grande débauche d’énergie pour limiter la casse par rapport à un Tadej Pogacar, dont le corps est habitué à générer et soutenir une puissance considérable pendant de longues heures. Ludovic Chorgnon souligne qu'"il est plus facile de transposer les qualités du cyclisme à la course à pied que l’inverse". En cyclisme, il y a de l’aérodynamisme, de la puissance, de la fréquence. Se coucher sur un vélo, c’est facile, mais rester couché dessus pendant 180 km, c’est encore autre chose, ce qui explique pourquoi de nombreux fans de cyclisme estiment que Remco Evenepoel, en spécialiste du contre-la-montre, ferait encore plus de dégâts que Pogacar dans un tel scénario.
La Course à Pied Post-Cyclisme : Un Marathon Inédit pour Kipchoge
Un Marathon Sous le Signe de la Fatigue
Le dernier segment de l'Ironman est un marathon complet de 42,195 kilomètres, la distance de prédilection d'Eliud Kipchoge. Cependant, courir un marathon après avoir déjà nagé 3,8 kilomètres et pédalé 180,2 kilomètres est une expérience radicalement différente de celle à laquelle il est habitué. La fatigue cumulée des deux disciplines précédentes transforme l'effort et pourrait anéantir l'avantage de Kipchoge en tant que recordman du monde de la distance.
Cédric Fleureton exprime cette idée en déclarant : "Kipchoge, tu lui mets 180 kilomètres dans les panards, je ne suis même pas sûr qu’il court aussi vite que Pogacar. Ça serait un chemin de croix pour lui aussi." L'impression générale partagée par Karoly Spy, coach de Louis Richard, est qu'"un cycliste ça peut courir très vite sur marathon Ironman, plus vite qu’un coureur." Bien que cela puisse paraître contre-intuitif, les cyclistes développent une endurance musculaire et cardiovasculaire qui, combinée à une transition efficace, leur permet de performer sur la course à pied finale. Il ne faut pas oublier que les cyclistes courent un peu dans leur préparation, et "courir est universel". Ludovic Chorgnon tempère toutefois, en indiquant que s'il rattrape "d'abord les nageurs, puis les cyclistes" sur les fins de course dans sa spécialité, il ajoute : "Sauf Tadej Pogacar. On ne remonte pas deux heures au Slovène sur un marathon."
La Physiologie des Athlètes en Question
Le contraste est frappant entre les physiologies des trois athlètes. Tandis que Léon Marchand, avec ses 77 kg, est optimisé pour les efforts courts et intenses en milieu aquatique, et que Tadej Pogacar est taillé pour l'endurance musculaire et la puissance sur vélo, Eliud Kipchoge, avec ses 53 kg, est l'archétype du coureur de fond, doté d'une économie de course exceptionnelle et d'une capacité à maintenir un rythme élevé sur de longues distances.
Cependant, après l'énorme effort des 180 kilomètres de vélo, la capacité de Kipchoge à exploiter pleinement sa supériorité en course à pied serait fortement compromise. La question n'est plus de savoir s'il peut courir un marathon vite, mais s'il peut courir un marathon vite après avoir déjà dépensé une quantité considérable d'énergie sur les deux segments précédents. Pour les athlètes non spécialisés dans le triathlon, la difficulté de l'enchaînement et la différence de taille entre les distances pénaliseraient le coureur de marathon et le nageur, habitués pour leur part aux efforts d'endurance sur des temps de passages inférieurs généralement à cinq minutes.
Ludovic Chorgnon souligne également que pour un nageur, le marathon, "si tu es un peu lourd [Marchand pèse 77 kg] et que t’as pas de technique, tu cours avec une caravane." Ce qui met en lumière les difficultés que rencontrerait Léon Marchand sur ce segment final, une fois sorti de son élément et de sa filière énergétique habituelle.