# Maîtriser le Kayak : Techniques et Conseils Essentiels pour Maintenir sa Vitesse et Optimiser son Effort

Le kayak est une activité nautique passionnante qui permet d’explorer rivières, lacs et mers en toute liberté. Cependant, pour en profiter pleinement, il est essentiel de savoir bien utiliser sa pagaie et d'adopter les bonnes techniques. Une mauvaise approche peut rapidement entraîner de la fatigue, des douleurs musculaires et, inévitablement, un manque d’efficacité dans la propulsion, conduisant à une perte de vitesse. Pour pagayer efficacement sans vous épuiser ou vous blesser, une compréhension approfondie de la posture, de la technique de pagayage, de la préparation physique et de l'adaptation aux conditions est cruciale. Cet article explore les stratégies fondamentales pour non seulement maintenir, mais aussi optimiser votre vitesse en kayak, en se basant sur des principes de biomécanique, de physiologie et d'expérience pratique.

L'Importance Capitale d'une Posture Optimale et d'une Coordination Holistique

Le point de départ de toute technique de pagayage efficace réside dans une posture irréprochable au sein de votre embarcation. Pour pagayer efficacement sans vous épuiser ou vous blesser, vous devez veiller à bien vous positionner dans votre kayak. Adopter la bonne posture est vital pour ne pas se faire mal. Dans un kayak, il faut s’asseoir confortablement, rester droit et garder les jambes fléchies. Vos genoux sont posés contre les bords du kayak, offrant ainsi un point d'appui et une stabilité essentiels. Votre dos reste bien droit, bien calé dans le siège réglable afin d'éviter le mal au dos, ce qui est une préoccupation majeure pour de nombreux pagayeurs. Un dos arrondi réduit votre puissance et peut provoquer des douleurs. Votre corps est détendu et très légèrement incliné vers l'avant, une inclinaison subtile qui favorise l'engagement des muscles du tronc et améliore la portée de votre coup de pagaie. Positionnez vos pieds sur les cales prévues à cet effet et choisissez la position en fonction de votre taille. Une bonne posture est essentielle pour optimiser votre pagayage et éviter les douleurs, car elle permet une meilleure transmission de la force générée par le corps vers la pagaie.

Pagayer ne se limite pas à bouger les bras ! Ce mouvement requiert une coordination entre bras, buste et jambes. Si vous ne mobilisez que vos bras, vous vous fatiguerez plus rapidement et votre efficacité en sera grandement diminuée. La force doit venir du buste, et non des bras : mettez en pratique et vous gagnerez en efficacité et en confort de pagayage. Maintenir un bon alignement corporel assure que l'énergie est canalisée de manière optimale, transformant chaque coup de pagaie en une propulsion maximale sans gaspillage d'effort. En négligeant cette coordination, on observe souvent une prise trop serrée de la pagaie qui entraîne une fatigue prématurée des avant-bras, des crampes et des douleurs aux poignets. Éviter la crispation est donc une conséquence directe d'une bonne intégration du mouvement corporel.

Les Finesses du Pagayage : Techniques Avancées pour Maintenir le Cap et la Vitesse

Maintenant que vous avez établi une posture solide, la manière dont vous interagissez avec l'eau via votre pagaie devient le facteur déterminant de votre vitesse et de votre direction. Pour réaliser un pagayage efficace, commencez votre mouvement en tournant votre buste du côté de la pagaie. Gardez le dos bien droit et le buste légèrement penché en avant pendant toute la gestuelle. L’une des premières questions que l’on se pose est comment prendre de la force ; mais l'efficacité du pagayage ne signifie pas pagayer plus fort, mais plutôt pagayer intelligemment. Utiliser tout son corps est la clé, et la rotation du tronc est primordiale pour ne pas se fatiguer rapidement.

Pour avancer droit, ramez uniformément de chaque côté et au plus près de votre embarcation. Le problème, c’est qu’un canoë-kayak ne va jamais totalement droit, il bifurque toujours à cause d’un coup de pagaie plus efficace d’un côté que de l’autre, ou à cause du courant par exemple. Pagayez toujours du même côté pour des ajustements directionnels. Si vous avez de la vitesse, utilisez votre pagaie comme gouvernail. En la laissant traîner dans l’eau, sans la coller au bateau, votre embarcation va légèrement tourner. Si vous souhaitez aller à gauche, la personne derrière devra faire le gouvernail à gauche et la personne devant devra pagayer à droite. Inversement si vous souhaitez tourner à droite. Enfin, dans un kayak biplace, on est deux à faire avancer le bateau. Il faut échanger, se coordonner et pagayer ensemble pour aller au même endroit, la communication étant alors primordiale pour maintenir une trajectoire et une vitesse constantes.

Lire aussi: Découverte des Pays de la Loire en canoë

Il est également crucial de bien saisir la pagaie un peu plus large que vos épaules, les coudes hauts et droits. Pour pagayer, utilisez le creux de la pâle. Orientez les pales de manière à ce qu’elles soient légèrement inclinées vers l’avant lors de l’entrée dans l’eau. Maintenir un bon rythme est fondamental : alternez vos coups de pagaie de manière régulière sans précipitation.

Une distinction importante doit être faite entre les embarcations. Dans le langage courant, les termes “canoë” et “kayak” sont utilisés sans différencier chaque embarcation. Dans le kayak, la pagaie est double, ce qui est idéal pour apprendre et manœuvrer son embarcation. Dans le canoë, la pagaie est simple, ce qui est donc plus complexe à manœuvrer, car on ne pagaie que d’un côté à la fois (pour tourner, on utilise la pagaie comme un gouvernail). Cette différence d'outil implique des techniques de propulsion et de direction distinctes, bien que les principes de coordination corporelle restent les mêmes.

Les conditions de navigation influencent directement votre manière de pagayer. Sur des rivières avec du courant, les techniques se sophistiquent. Pour simplifier un peu, quand votre bateau se trouve en travers dans le courant, un coup de pagaie AVAL (du côté aval du bateau par rapport au courant) va avoir tendance à le faire tourner sur place, et un coup de pagaie AMONT (du côté amont) va le faire avancer. Si on applique au stop en bateau court : quand je suis à proximité du contre, j'oriente tout d'abord mon bateau vers la berge concernée avec un coup de pagaie aval (c'est à dire une quasi-circulaire) et je me propulse vers le contre juste après, avec un coup de pagaie amont. Ce second coup de pagaie n'est en aucun cas un appel. C'est plutôt une propulsion orientée, le fameux coup de pagaie qui permet de pagayer seulement à l'intérieur de sa trajectoire, car il est vrai qu'il peut également servir à affiner un peu la trajectoire/la rotation, même si sa fonction première reste de faire avancer le kayak. S'il y a vraiment très peu de place (rivière très étroite par ex.), il est parfois nécessaire de remplacer ce premier coup de pagaie AVAL par une dénage AMONT (ou plutôt une retrocirculaire). On enchaîne donc une retrocirculaire puis une propulsion du même côté AMONT.

De manière générale, une pale qui reste plus de 2 secondes dans l'eau en creekboat est une pale morte. En deux secondes, votre bateau a largement eu le temps de perdre toute sa vitesse relative, et donc l'appel devient inefficace. Mon conseil serait de travailler ces propulsions orientées pour parvenir à s'orienter ET se propulser dans le même geste, et du côté où l'on pagaie. Les bateaux sont tellement courts et en même temps tellement lents qu'il faut savoir combiner les deux actions en un seul mouvement, au lieu de dissocier les deux gestes comme on l'a toujours fait en kayak long. Concernant la prise de carre, elle va dépendre de ce que vous souhaitez obtenir. Dans un Magnum, par exemple, une prise de carre marquée aura tendance à empêcher le bateau de déraper, ce qui est idéal si l'on veut se propulser vers le contre.

Développer la Force : Comprendre les Nuances pour le Kayak

La notion de force est omniprésente dans toute activité physique. Dès que nous bougeons, nous produisons de la force. Bouger, se mouvoir, être en mouvement, c’est développer de la force. Sans force, on ne pourrait pas bouger. C’est ce qui explique, entre autre, que l’entretien de celle-ci permet de mieux vieillir, de rajouter de la vie aux années. Cependant, il faut être clair sur les définitions pour savoir de quoi on parle et ainsi pouvoir planifier et programmer ce que l’on souhaite développer dans le contexte du kayak.

Lire aussi: Parcours et Activités Canoë-Kayak Creuse

Beaucoup associent "force" à "puissance", mais il est essentiel de distinguer ces termes. La puissance n’est pas une qualité physique et est un marqueur objectif de l’énergie fournie. Des tests en musculation pour le kayak mesuraient le chemin parcouru par la barre pour essayer de rendre équitable les résultats des tests en endurance de force, sous l’ère de Kersten Neumann. En effet, bien que deux athlètes puissent réaliser la même performance, celle-ci n’est pas égale en regard de leurs différences morphologiques, comme abordé dans l'article sur la morphologie en kayak. C’est pour cela que la comparaison de performance est difficile entre deux personnes sans ajustement.

Ainsi, nous distinguons plusieurs types de force. Il y a d’abord l’endurance de force que l’on assimile à des charges légères, simplifiée ici de 0 à 50% de son maxi (la charge que l’on ne peut soulever qu’une seule fois) et où l'on va réaliser au moins 20 répétitions. L’idée étant de se trouver majoritairement dans la filière oxydative, même si cela ne se produit jamais sous une barre de musculation de manière isolée. Plutôt que de parler de temps de répétitions, nous pouvons également aborder cela sous le prisme du temps sous tension, c’est à dire de la durée de la série. Par exemple, à partir d’un effort dépassant les 1 minute, de manière répétée (en série), nous serions en endurance de force. Cela pourrait permettre de mieux quantifier les efforts entre plusieurs athlètes par rapport à ce que l’on souhaite développer et l’amplitude que l’on a afin de développer ce que l’on souhaite, comme abordé dans l'article sur l’entraînement en kayak. Parce que 20 répétitions pour un athlète avec une envergure d’1m50 ne prennent pas le même temps que pour une personne avec une envergure de 2 mètres.

Quand on cherche à comprendre comment prendre du muscle, on fait souvent le raccourci entre prendre de la force et prendre du muscle. On peut penser que plus on soulevait lourd, peu importe le nombre de répétitions, plus cela permettait de devenir musclé. Cependant, prendre de la force est essentiellement une adaptation nerveuse. Autrement dit, prendre de la force, mettre plus lourd sur les barres, au sens de la force maximale, c’est optimiser l’utilisation de son système nerveux.

Quand on débute une activité, plusieurs choses se mettent en place. Premièrement, nous progressons en synchronisation intermusculaire, c’est à dire entre tous les muscles qui participent au mouvement. Bien que l’on puisse toujours progresser de ce côté-là, rapidement, nos mouvements deviennent plus fluides, moins saccadés, moins tremblotants. Deuxièmement, nous progressons en synchronisation intramusculaire, c’est à dire entre les fibres musculaires situées au sein du même muscle. Plus nous répétons un geste, plus nous en devenons expert, sachant donc que la progression nerveuse ne se finit jamais. Ainsi, si nous répétons des exercices avec peu de répétitions fréquemment, nous allons progresser techniquement et mettre plus lourd sur ceux-ci, mais est-ce ce que nous recherchons ? À devenir expert d’un exercice de musculation ? Quid du transfert ?

D’autres facteurs influencent l’expression de la force comme l’état de notre système hormonal que l’on va influencer par l’alimentation, les compléments alimentaires, par mettre “notre” bonne musique, par s’entraîner à plusieurs, et par de nombreux facteurs que l’on ne soupçonne pas aux premiers abords. Démontrer sa force est également une question de morpho-anatomie, de longueur de segments. Plus ceux-ci sont longs et plus il est difficile de mettre lourd sur les barres sans forcément développer moins de force, au contraire. On peut également progresser en force de contraction de chaque fibre et en vitesse de celle-ci, ce que l’on nomme le RFD (Rate of Force Development) afin d’être plus explosif, plus rapide. Mais ce que vous devez surtout retenir, c’est que prendre de la force est essentiellement nerveux. Certes, prendre du muscle va générer du potentiel à exploiter (plus de muscle = plus de fibres donc potentiellement plus de force si on arrive à s’en servir) mais les gains nerveux sont presque sans fin. Surtout, comme expliqué dans le petit livre “La Force”, à partir d’une certaine masse musculaire, cela ne crée plus de potentiel exploitable car la contraction musculaire, la transmission de l’influx nerveux, comme on le pensait auparavant, ne se fait pas de manière “verticale” d’une insertion à sa terminaison mais plutôt de manière horizontale. Ainsi, plus un muscle est gros, au-delà d’une certaine grosseur propre à chaque individu, moins cela crée de la force exploitable comme si on avait une “perte d’influx nerveux” ne servant plus à rapprocher véritablement nos insertions de nos terminaisons musculaires.

Lire aussi: Tradition et innovation dans le canoë-kayak olympique

Quelle Musculation pour le Kayak : Stratégies et Pertinence de l'Effort

Comme vous le comprenez désormais, prendre de la force consiste à identifier la force que nous souhaitons développer et à réaliser les efforts pour. De nombreuses questions se posent quant à la pertinence des différentes approches en musculation pour le kayak. Est-ce que progresser sur mon maxi va réellement me faire aller plus vite sur l’eau ? Sachant que cela nécessite d’être frais nerveusement sur les séances de musculation et qui va donc se répercuter sur mes séances de vitesse en bateau ? Sans compter les risques à soulever lourd comme l’explique Bruno Dazeur dans l’épisode 92 des Secrets du Kayak ? Il faut toujours regarder le ratio avantages / inconvénients, sachant qu’ici, l’être humain n’est pas fait pour soulever lourd de base, ce qui se répercutera forcément négativement à terme, et plus on met lourd, plus la technique se dégrade. Soulever plus lourd au développé couché en levant les fesses n’a aucun sens pour le kayak dans une optique de transfert. Alors prendre des risques si c’est pour ne pas aller plus vite sur l’eau, quel intérêt ?

Je pose ces questions car je suis de moins en moins convaincu des nombreuses séances de musculation pour progresser en force maximale quant à leurs intérêts pour le kayak, sachant que les efforts sur l’eau sont essentiellement aérobies, le 200 mètres n’étant plus au programme. Ronan Tastard, par exemple, revenait sur sa carrière et les nombreuses séances de musculation de 2 heures où il se serait bien vu faire autre chose de plus productif.

Se pose alors la question des efforts de force-endurance, entre 30 et 60 secondes de temps sous tension, mais à condition que cela ne fasse pas prendre trop de muscle. Heureusement, il y a une sacrée marge avant de devenir trop musclée à moins d’être un super athlète hyper réactif. En théorie, je dirais que cela a plus de sens car les progrès en force-endurance vont se répercuter sur les efforts d’endurance de force qui sont l’effort type du kayak et du canoë de course en ligne. C'est à l’inverse des progrès en force max qui se situent bien trop loin sur le spectre pour avoir un quelconque transfert (peut-être sur le départ ? Et encore, à mon avis, il y a des choses plus intéressantes en bateau à faire pour la plupart). Cette course au maxi est, pour moi, une hérésie, en dehors de booster l’ego, qui génère plus d’inconvénients que d’avantages. Mais dans la course à la performance de haut niveau où chaque détail compte, peut-être que cela peut se concevoir au cas par cas, comme évoqué avec Maxence Barouh dans l’épisode 56 des Secrets du Kayak où il s’agit de prendre tout ce que l’on peut prendre.

Malgré tout, nous avons une quantité d’énergie limitée. A-t-on également un intérêt à travailler son endurance de force à coup de séries très longues alors que les efforts que nous faisons majoritairement sur l’eau sont de l’endurance de force, de l’EB1 et ses dérivés pour 70-80% du temps ? Est-ce que cela ne rajoute pas une couche de fatigue inutile ? N’en faisons-nous pas déjà assez pour développer de nouveaux capillaires, augmenter notre nombre de mitochondries et leur efficacité, sans parler des adaptations générales au niveau du cœur ? Jusqu’où peut-on aller ? Est-ce que si l’on a le choix entre une séance de musculation pour le kayak et une séance en bateau, et que l'on n’a que 3 ou 4 créneaux pour s’entraîner chaque semaine, on n’a pas intérêt à plutôt aller sur l’eau ? Je pense que si !

Est-ce que faire 2 heures de musculation pour améliorer sa force au sens large du terme a du sens ? Pour moi, le premier but de la musculation pour le kayak est de compenser les déséquilibres que créent l’activité afin de réduire son risque de blessure. On parle alors de renforcement musculaire. Faire du gainage dans tous les sens, que ce soit de l’anti-flexion, de l’anti-extension, de l’anti-inclinaison et enfin de l’anti-rotation a également du sens pour moi puisque tout est transmission. Mais passer 3x2 heures en salle de musculation pour développer sa force max en mettant le plus lourd possible et parfois en utilisant des techniques pour mettre encore plus lourd comme de faire de l’excentrique alors que l’effort est concentrique en kayak, cela me semble désuet pour 99% des pratiquants que nous sommes. Bien sûr, à haut niveau, cela peut se concevoir au cas par cas car le meilleur stimulus peut être celui que l’on n’a jamais fait. Il ne s’agit pas non plus de ne rien faire, mais à mon avis, il semble important de se concentrer sur le spectre force-endurance et force-vitesse principalement, la force maximale n’ayant que peu d’impact sur la performance et l’endurance de force, en dehors des fameux tests de deux minutes qui testent surtout la puissance (la quantité d’énergie fournie), peut avoir son intérêt si l’on estime que l’on n’en fait pas déjà assez de ce côté-là sur l’eau. Mais sont-ils prédictifs de la performance sur l’eau ? D’où l’importance de pratiquer à la “bonne dose”.

Quid des techniques d’intensification que l'on voit parfois réaliser comme le superslow qui consiste à ralentir exagérément ses mouvements ? Du point de vue sportif, je n’en vois aucun intérêt direct pour le kayak. Par contre, je vois plus d’intérêt au stato-dynamique qui peut mimer un départ en kayak. Mais sinon ? Comme en musculation classique, on se perd avec des techniques en musculation pour le kayak qui n’ont ni queue ni tête parce qu’il faut changer alors qu’il n’y a pas de raison objective de le faire, notamment de changer d’exercices régulièrement puisque dans ce cas, les progrès seraient essentiellement “nerveux” et ce qui nous intéresse, ce sont plutôt des changements structurels, la création de potentiel.

Ce qui doit importer au plus haut point est la notion de transfert. Est-ce que ce que je fais en salle de musculation m’aide à progresser au kayak ? Parce que je vais mieux transmettre ? Parce que je vais “mieux” fonctionner en restaurant le bon fonctionnement de mes articulations ? Parce que je vais avoir moins de compensations ? Est-ce que faire 3 fois par semaine du développé couché et du tirage planche a du sens sachant que plus je répète un mouvement, plus mes progrès sont d’ordre nerveux sur les exercices en question et qu’il n’y a pas de “transfert” sur l’eau, les mouvements se trouvant loin de la spécificité du kayak et du canoë ? D’autant plus quand cela fait 10 ans que l'on en fait et que les seuls progrès que l'on peut espérer sont de l’ordre de 2.5 kg de plus sur ses barres par an ? Cela me semble de l’énergie gâchée. Atteindre un certain niveau d’endurance de force et de force-endurance me semble toutefois intéressant mais pas aussi déterminant dans la performance comme on pourrait le penser au vu de l’énergie que certains et certaines dépensent en salle de musculation.

La Question du Transfert et la Personnalisation de l'Entraînement

Avant toute chose, il faut se poser les bonnes questions vis-à-vis de sa pratique. Bien sûr, il existe des bases indispensables qui peuvent former un programme généraliste à visée du plus grand nombre. Mais, si l’on a appris quelque chose ces 20 dernières années, c’est que l’on doit tendre vers la personnalisation. Voir des athlètes de haut niveau faire tous le même programme de musculation en kayak n’a pas de sens. Chaque individu est unique : ses forces ne sont pas celles de son voisin, et ses faiblesses non plus. Pour moi, tout doit partir d’une analyse de l’activité mais surtout de l’individu.

De quoi ai-je besoin pour aller plus vite ? Ai-je forcément besoin de gagner de la force au tirage planche ? Une athlète qui réalise 1.3 fois son poids de corps au tirage planche peut se demander si elle ne manque pas de force pour performer, autrement dit, si elle ne devait pas mettre l’accent dessus au détriment de son développement aérobie qui au final est ce dont elle manque. Nous sommes tellement formatés par la “force max” que nous en oublions que le kayak et le canoë de course en ligne ne sont pas des épreuves de force maximale, tout comme ce ne sont pas vraiment du sprint ou de la vitesse au sens strict du terme.

Je crois qu’il serait plus judicieux, si l'on parle de musculation pour le kayak, de partir de l’analyse morpho-anatomique et articulaire pour éventuellement déceler des préférences, à l’instar des préférences motrices dont on peut discuter avec des experts. Pourquoi suis-je fait ? Pour quoi ne suis-je pas fait ? Quelles sont mes limitations ? Est-ce que je manque de rotation externe au niveau de l’épaule ? Est-ce que je dois forcément faire des exercices pour renforcer l’infra-épineux ? Et si oui, comment ? Bras au corps ? Bras au niveau des épaules pour inclure une plus grande sollicitation du petit rond ? C'est par cette introspection et cette analyse individualisée que l'on construira un entraînement véritablement efficace et pertinent pour le pagayeur.

#

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *